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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 13:00


On est toujours un peu surpris de rencontrer régulièrement des opinions négatives sur la langue Esperanto de la part de gens qui n'en connaissent pas grand chose et qui, a priori, n'ont pas, en apparence, de motivations émotionnelles particulières sur le sujet.
Dans les motivations émotionnelles (l'émotion étant souvent tapie derrière une apparente raison) on trouve le plus souvent une fascination irrationnelle pour ce que représente la langue anglaise, vecteur d'une culture anglo-saxonne (essentiellement américaine) elle-même véhiculée par une superpuissance qui aurait irrémédiablement imposé ses choix à la fois économiques via le capitalisme mondialisé et culturels via ses moyens de communication, ses productions cinématographiques, télévisuelles ou musicales et sa maîtrise technologique. La conséquence logique de cette croyance étant  la suprématie linguistique universelle et définitive de l'anglo-américain dans tous les domaines . Moins souvent on rencontre la croyance dans l'échec (lui aussi irrémédiable) de l'Esperanto comme outil de communication commun parce que considéré comme un projet utopique (le propre de l'utopie étant d'être une construction intellectuelle souvent brillante ..mais malheureusement inapplicable !), une création d'intellectuels (plutôt de gauche, d'ailleurs) qui ne marche pas !
Dans cette affaire il apparaît, en fait, que l'âge de l'interrogé est un discriminant très important car à diverses époques du 20ème siècle, les controverses, les attitudes des Etats vis-à-vis de l'Esperanto en pleine guerre froide ou lors des conflits mondiaux, les positions de certains organismes ont pu en donner une image négative qui a marqué durablement les mémoires de ceux qui ont vécu la deuxième moitié du 20ème siècle.
Autant, en effet, un jeune de la génération Internet peut manifester soit de la curiosité pour une idée nouvelle (dans le sens où il en entend parler pour la première fois) soit un désintérêt complet parce que motivé ou attiré par d'autres sujets que la linguistique, autant un adulte mûr manifestera très rapidement une opinion assez souvent négative en faisant référence à des connaissances historiques ou à des souvenirs qu'il va puiser dans sa mémoire.
Il a donc semblé intéressant de retracer l'historique de l'Esperanto au cours du 20ème siècle afin de mieux comprendre ce sentiment d'ensemble plutôt négatif qui est porté par les adultes et les anciennes générations.

Dès le 1er congrès mondial de 1905 à Boulogne s/mer, deux tendances se font jour au sein des congressistes. L'une, purement humaniste voyant dans ce nouvel outil un moyen de dialogue entre les peuples favorisant la Paix Universelle (chère au créateur, le Dr Zamenhoff) et l'autre, plus militante voyant dans l'esperanto un moyen d'émancipation des travailleurs contre l'exploitation capitaliste. Ces deux tendances coexistent encore de nos jours au sein du Mouvement et il est clair qu'autant la 1ère tendance humaniste pouvait rassembler les suffrages de tous les gens de bonne volonté, autant  la 2ème tendance n'a pas manquer de braquer contre elle, par son militantisme révolutionnaire, des franges entières de la population.
Dès 1906, au congrès de la CGT d'Amiens, une motion était adoptée préconisant l'emploi et la diffusion de l'esperanto dans toutes les instances en vue de favoriser les relations internationales inter-syndicales. En 1907, c'est Jaurès lui-même qui propose que l'esperanto soit la langue de travail de l'Internationale Socialiste à Stuttgart. Pas de quoi rassurer le bourgeois surtout à cette époque d'affrontements idéologiques musclés !!
Le début du 20ème siècle correspond pourtant à la phase ascendante de l'esperanto :
En 1912, le gouvernement républicain de Sun Yatsen instaura l'apprentissage de la langue internationale dans les Ecoles Normales chinoises, lui donnant une impulsion encore sensible aujourd'hui malgré le système communiste et la révolution culturelle de Mao.
En 1921, plusieurs pays la proposèrent comme langue de travail de la SDN (Société des nations). Cette chance historique de s'imposer au plan international fut malheureusement contrecarrée par l'action de la France qui voulait maintenir les prérogatives du français comme langue diplomatique universelle ! (on sait ce qu'il en advint !)
Dans les années 20, en France, le congrès des instituteurs proposa plusieurs fois, en vain, que l'esperanto soit enseigné dans toutes les écoles. Il fallut attendre le Front Populaire pour que son enseignement soit favorisé.
En 1921 naquit l'association SAT, créée par un anarchiste, qui rassembla tous les mouvements de gauche dans l'entre-deux-guerres et eut une influence considérable particulièrement en Europe Centrale.
Le coup d'arrêt fut donné lors du second conflit mondial. Les dictatures fascistes en interdirent l'usage, de même que Staline qui y voyait la langue des espions !
La langue internationale connut un regain de forme au lendemain de la guerre. D'abord par le biais du Vatican, le pape PIE XII décidant d'en élargir l'usage, le jugeant plus pratique que le latin en tant que langue religieuse universelle. Puis l'UNESCO fit, en 1955, une recommandation en sa faveur. Enfin, en 1960, la Nouvelle-Zelande fut à 2 doigts d'en décider l'apprentissage dans ses écoles.
A partir de 1960, la régression fut nette tant dans l'usage que dans l'enseignement ou l'action politique. En pleine guerre froide et conflit idéologique Est - Ouest, ce ne fut pas le support inconditionnel de Fidel Castro à la cause esperantiste qui allait redorer le blason d'un Mouvement qui, de l'avis de beaucoup, n'avait pu saisir sa chance au bon moment et était donc à classer dans les PERDANTS de l'Histoire. La suprématie politique et économique américaine, particulièrement après 1945, fit le reste en imposant les standards anglo-saxons, décrédibilisant d'autant l'esperanto, affublé au passage du terme peu élogieux de "progressiste" par la propagande anti-communiste américaine qui suggérait ainsi que son camp était plutôt celui d'en face !

Ce rapide survol historique met bien en évidence les causes principales du sentiment souvent négatif ou pour le moins mitigé des générations adultes concernant l'esperanto :

         -  Echec de la reconnaissance internationale (SDN, UNESCO) et nationale (Nelle Zelande, France,..)

         - Connotation anarcho-socialo-internationaliste puis "progressiste" en pleine guerre froide.

         -  Diffusion massive de l'anglo-américain dans le monde occidental via la suprématie américaine après 1945.

Mais l'histoire n'est pas finie et la messe n'est pas dite !  Un changement rapide va s'opérer dès les années 90 avec la chute du Mur de Berlin, la diffusion mondiale d'Internet et bien d'autres raisons que nous aurons l'occasion d'évoquer dans un prochain article et qui vont faire reverdir le Mouvement esperantiste, enfin débarrassé des oripeaux idéologiques dont on l'avait affublé et lui redonner de grandes raisons d'espérer.

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 09:10


Le premier groupe bancaire mondial du 399 Park Avenue de New York n'en finit pas de défrayer la chronique avec ses renflouements de capital à répétitions.
Ce groupe dont les Encours de dépôts et de crédits atteignaient les sommes fabuleuses de 500 Milliards € en fin 2006 a enregistré - à tout seigneur, tout honneur - les pertes (fictives ou réelles) les plus sévères dans la crise des "subprime". Le Groupe en est, à ce jour et depuis l'automne dernier, à environ 35 Milliards $ de dépréciations d'actifs avec un résultat net divisé par 6 par rapport à l'exercice précédent !
Alors que fait-il pour remettre de l'ordre dans ses comptes et "améliorer sa structure de capital" (selon la jolie formule des spécialistes) ?
Et bien, il lève des capitaux sur le marché ! Simple, non ?
Il vient encore, ces deux dernières semaines, de lever 10 Milliards $, ce qui fait que, depuis le début de la crise, il a ainsi récolté près de 40 Milliards $ !
Un communiqué récent du Groupe indique avec une évidente satisfaction, que ces nouvelles émissions de titre ont rencontré un "intérêt marqué" tant la demande semble forte !
Etonnons-nous que cette demande soit forte ! Avec une valeur d'action divisée par 2 en un an, participer à de telles émissions est une très bonne affaire...pour ceux qui regorgent de $ (pays du Golfe, Asie avec la Chine en tête) et qui ont tout intérêt à racheter (à vil prix) d'excellents actifs américains plutôt que des Bons du Trésor US qui rapportent tripette !!

Citigroupe fait penser à un propriètaire terrien criblé de dettes qui mettrait en vente son patrimoine à moitiè prix et qui serait tout joyeux de constater qu'il se vend décidèment fort bien !

Le problème, c'est qu'à ce jeu-là il lui faudra bientôt prendre son baluchon et quitter ses terres !


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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 11:40
 

Averto : Tiu artiklo, dedicxita de la komuneco "Vivu Esperanto", estas la sama kiel tiu publikigita fresxdate en la komuneco " l'actualité sans prise de tête" kun la sekva titolo : " Une solution linguistique réaliste pour l'Europe"

Estis plurfoje evokita la neceso de komuna komunikadilo por la Euxropa Unio, interalie en du fresxdataj artikloj de la dua kaj la dekkvina de aprilo. La rapida foriro de multaj lokaj dialektoj same kiel la refavorigxo de regionaj lingvoj longtempe sufokitaj per naciaj subpremintaj politikoj pledas pri komunikadilo, kiu estus samtempe neuxtra vidalvide la cxeestaj lingvajxoj kaj kiu favorigus la praktikon de la lingvoj oficiale rekonitaj kaj nerekonitaj per la Euxropa Unio.
Mondonivele la statistikoj indikas, ke meze de la sep mil cxeestaj lingvoj, pli ol tri mil estas uzitaj per malpli ol dek mil personoj kaj komdamnataj malaperi dum la dudek unua jarcento. Malsupernivele, en Euxropo, meze de la cent dudek tri censitaj, pli ol la duono estas en malfacila pozicio kaj cxirkaux tridek estas en proksima estingado. La esplodo de la intersxangxoj, al kiu ni spektas hodiaux, same ke la mallongigxo de la interkulturaj distancoj estas havontaj teruran laminatefekton pri la vidmanieroj, la kulturoj kaj la lokaj lingvajxoj, kies relativa apartigado kaj longdauxreca volo permesis gxistiutage la transvivadon.
Lauxkoncerne la Euxropo, kiu elektis por la mallongtempo, la plurlingvan vojon kaj malgraux la hazardaj sukcesosxancoj  - videble fresxdatan artiklon laux tiu temo - necesos forta euxropkomuna politika volo kun la fortigo de naciaj efikaj politikoj por firme teni la elektan kabon kun la cxiamnuna risko nememvole favori la anglan lingvon jam reganta en la internaciaj intersxangxoj kaj kies plifortigo nur povos laminati kaj margxenigi la aliajn euxropajn lingvojn.

Realeca politiko por la longtempo devus respondi al la sekvaj trudadoj :
              - Elekto de komuna kaj neuxtra komunikadilo, evitante cxiun tension, superregadon,  frustracion kaj refuton cxe la euxropaj popoloj.
              - Elekto de simpla ilo (fonetike, gramatike, vortare, vortkonstruajxe, frazkonstruajxe), kiu permesus rapidan lernadon.
              - Solvo al la kruca problemo de la kunligo inter lingvo akj kulturo.
              - Akirado desde la primlernejo sed ankoraux de la adoltoj, per la konstanta, organizita aux memvola, trejnado, de la bazoj kaj majstreco de tiu komuna komunikilo
              - Propedeuxtikaj kaj rekonitaj kvalitoj de la komuna komunikadilo, faciliganta kaj kuragxiganta la akiron de novaj regionaj kaj naciaj lingvoj.

Fakta nuna kaj sen "a priori" ekzameno montras, ke respondanta ilo al tiuj kriterioj ekzistas ...desde pli ol unu jarcento !
Ne temas pri nova lingvo cxar gxi estas vivanta desde1887 ! Gxi havas historion, kulturon, kiu kreskigis crikaux si la produkton de multaj originalaj verkoj sed ankaux de multegaj tradukoj. Tiu lingvo funkcias kaj gxi estas uzita cxiutage cxiemonde per kelkaj milionoj parolantoj. Desde gxia kreado, gxi disvolvigxas kaj kreskigas gxian largecon. Ekzemple, la komenca vortaro konceptita de gxia kreinto komprenis 900 radikojn. Nun gxi posedas 16.000 radikojn cxar cxiu teknika kaj profesia diferencigo kreis en gxi sian propran vortaron, generale laux la plej
diskonitaj radikoj en la euxropaj lingvoj kaj tio subkontrole Internacian Akademion tiel, ke la lingvo aplikigxu al cxiuj agadsektoroj.
Gxia simpleco kaj gxia potenco estas lauxditaj per cxuij, kiuj serioze ekzamenis gxin. Al granda gramatika simpleco (dek ses fundamentaj reguloj, sen escepto) gxi asocias remarkindan leksikan potencon per la uzado de la algluigxo (asocio al radiko de nevariaj kaj sensokonstantaj afiksoj, evitante la fenomenon de polisemio ( multobla senso de unu vorto aux unu vortgrupo - oftfoje renkontita ekzemple en la angla lingvo) kaj tiel farante lingvon kies lernadfacileco estas estimata
faktore 10 kompare de plejmulto de la naciaj lingvoj.
La kreinto de tiu lingvo, tamen el slavjuda origino, sed kiu konis dek euxropajn lingvojn krom la juda, volis konstitui gxin esence el la romanogermanaj lingvoj, ricxaj kun la vokaloj kaj cxiuj pli malpli derivitaj de la latina lingvo. Pro tio, ke gxi havas 60% latinajn, 30% germanajn kaj nur 10% slavajn radikojn kaj gxi pli pensigas al la franca, itala aux hispana ol la angla, germana aux rusa lingvoj.
Gxia kreadprincipo fakte estas proksimume de tiu el la modernaj naciaj lingvoj kvankam gxia procezo korespondas al la humana inteligentirmaniero mallongtempe tiam, ke nacia lingvo korespondas al tiom natura, kiom politika uzadirmaniero trelongperiode. Prenu la ekzemplon de la moderna franca lingvo, naskingxinta de politika decidajxo : La dekreto de Villiers-Cotteret en 1539 el regxo François Unua, kiu imponis gxin por la administraj dokumentoj (anstatauxe la latina), transforminte gxin
de facto en oficiala nacia lingvo por la tuta teritorio, tio, kio dauxris pli da kvin jarcentoj, tiom forta estis la rezisto de la regionaj lingvoj ! Sed tiu epoka franca lingvo estis
romida lingvo, gxi mem sintezio influita de la politikaj fortoj kaj de la graveco de la
lingvoj de "oï" (pikarda, normanda, burgunda,...) kaj de "oc" (provenca, akvitania, ktp...)
Unuparte do, pripensita, logika sintezio konstruita de simpleco kaj rigoreco kaj aliparte farema aglomerado atentante de fortkomparoj de la aliaj cxeestaj lingvajxoj, de politika fluktuanta povo kaj de cxio, kion povas dreni la uzado plurcentjare (  ortografaj kaj elparolaj nekoheradoj, multoblaj gramatikaj kaj semantikaj neregulecoj, lokalizitaj kaj malnovaj esprimoj, ...)
Tiu lingvo estas Esperanto, pripensita, kohera, logika lingvo, kiu havas nenion artefaritan cxar naskigxinta el niaj euxropaj lingvoj , lingvo tiom ricxa kiom tutalia kaj plurfoje pli, lingvo, kiu kuntiras la superregadon de neniu popolo , apartenanta al neniu cxar al cxiu, lingvo, kiu malfermas la aceson al tutaj kulturoj en la respekto de cxiu.
La esperanta lingvo malfermas la vojon por la malkovrigxo kaj la partigo de cxiuj kulturoj, kies multaj estus ignoritaj sen gxi ! Kiel percepti, ekzemple, la fantastan kaj legendan poezion de finnina sagao aliamaniere de la traduko de esperantista eldondomo ( 150 estas tramonde hodiaux, ofertante pli da 30.000 titoloj) ?
Lauxdemande cxu gxi povas konstitui ponton inter multlingvismo kaj civitaneco, la respondo pozitiva estas. Necesas la Euxropo identigitan lingvon, saltotabulo por euxropa civitaneco kaj kiel plejbona portilo, ke lingvo konstruita el gxiaj plejgravaj propraj lingvoj ?
Tiu rolo do povas sinsxargxita per la esperanta lingvo, kiu garantias al cxiu euxropa civitano tutan lingvistikan neuxtrecon kaj egalecon,  nepre necesa kondicio por auxtentikaj inter-euxropaj intersxangxoj finfine dekompleksitaj kaj ne plu sube de nacia ajn lingvistika superado.
Ankaux ponto al multlingvismo estus cxar, danke al gxiaj propeuxdikaj kvalitoj kaj al gxia lernadfacileco, gxi faciligas kaj kuragxigas aliaj lingvaj akiradon.
Restas finarangxi la problemo de la legitimeco de la esperanta lingvo kompare al la angla, jam forte establita kaj interalie kiel dua lingvo por la plejmulto de la euxropanoj. Sen refuti la cxeestan situacion, sxajnas evidente, ke forta memvolista ago  estus necesa el la Euxropa Komisio lauxforme unue informad-kaj-klarigkampanjoj de la sercxadataj celoj, evitante cxiun frontan konflikton kun la nuna superada lingvo klarigante, ke far-permeso havus longtempe neakcepteblajn konsekvencojn por la Euxropa Unio kaj cxiuj el gxiaj landanaroj.

Klara estas la kultura esperantmesagxo. Neniel gxi celas elpusxi la cxeestajn lingvojn kun la kulturoj kies ili estas subtenantaj. Gxi nur deziras alporti al la civitanoj politikneuxtran kaj lernadfacilan komunikadilon.

Restas al euxropaj Establoj akcepti tiun mesagxon kaj al la kolektiva konscio eliri el sia fatalista apatio pri sia komunparolumo !



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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 09:11



On a déjà plusieurs fois évoqué la nécessité d'un outil de communication commun pour l'Union Européenne, notamment dans deux récents articles des 02 et 15 avril derniers. L'obsolescence rapide de nombreux parlers locaux ainsi que le retour en faveur de langues régionales longtemps étouffées par des politiques nationales coercitives plaident en faveur d'un outil de communication qui serait à la fois neutre vis-à-vis des parlers existants et qui favoriserait la pratique des langues reconnues ou non reconnues officiellement par l'UE.
Au niveau mondial, les statistiques indiquent que parmi les 7.000 langues existantes, plus de 3.000 sont utilisées par moins de 10.000 personnes et quasiment condamnées à disparaître au cours du XXIème siècle. A un niveau moindre, en Europe, parmi les 123 langues recensées, plus de la moitié sont en situation difficile et une trentaine proches de l'extinction. L'explosion des échanges auquel nous assistons aujourd'hui ainsi que le raccourcissement des distances inter-cultures vont avoir un terrible effet de laminoir sur les modes de vie, cultures et parlers locaux dont un relatif isolement et la volonté de pérennité avait permis jusqu'à ce jour la survie.

Pour ce qui concerne l'Europe qui a choisi, pour le court terme, la voie du plurilinguisme et malgré des chances de succès aléatoires - voir article récent à ce sujet - il faudra une volonté politique communautaire forte renforcée par des politiques nationales efficaces pour maintenir le cap choisi avec le risque toujours présent de favoriser involontairement la langue anglaise déjà dominante dans les échanges internationaux et dont le renforcement ne pourra que laminer et marginaliser les autres langues européennes. 

Une politique réaliste pour le long terme devrait répondre aux contraintes suivantes :
              - Choix d'un outil de communication commun et neutre, évitant toute tension, prédominance, frustration et rejet au sein des peuples européens.
              - Choix d'un outil simple (phonétique, grammaire, vocabulaire, construction des mots et des phrases) permettant un apprentissage rapide.
              - Solution au problème crucial du lien entre langue et culture
              - Acquisition dès le primaire mais aussi par les adultes, via la formation permanente volontaire ou organisée, des bases et de la maîtrise de cet outil commun.
              - Qualités propédeutiques reconnues de l'outil commun, facilitant et encourageant l'acquisition de nouvelles langues régionales et nationales.

Un examen factuel et sans a priori montre qu'un outil répondant à ces critères existe...depuis plus d'un siècle !
Il ne s'agit pas d'une nouvelle langue puisqu'elle est vivante depuis 1887. Elle a une histoire, une culture qui a développé autour d’elle la production de nombreuses œuvres originales mais aussi de très nombreuses traductions. Cette langue fonctionne et elle est utilisée tous les jours partout dans le monde par plusieurs millions de locuteurs. Depuis sa création, elle se développe et étend son envergure. A titre d'exemple, le vocabulaire initial conçu par son créateur comprenait 900 racines. Il en compte désormais 16.000, car chaque spécificité technique ou professionnelle y a créé son propre vocabulaire, en général selon les racines les plus répandues dans les langues européennes, et cela sous le contrôle d'une Académie Internationale de sorte que la langue puisse vraiment s’appliquer à tous les secteurs de l’activité.
Sa simplicité et sa puissance sont vantées par tous ceux qui l'ont sérieusement examinée. A une grande simplicité grammaticale (seize règles fondamentales, sans exception) elle associe une puissance lexicale remarquable par l'usage de l'agglutination (association à une racine d'affixes invariables et de sens constant, évitant le phénomène de polysémie - sens multiple d'un même mot ou groupe de mots - très fréquent dans l'anglais par exemple) en faisant ainsi une langue dont la facilité d'apprentissage est estimée d'un facteur 10 par rapport à la plupart des langues nationales.
Le créateur de cette langue, pourtant d’origine judéo-slave, mais qui connaissait dix langues européennes outre le yiddish, voulut la constituer essentiellement à partir des langues romano-germaniques, riches en voyelles, et toutes plus ou moins dérivées du latin. C’est pourquoi elle est basée à 60 % sur des racines latines, à 30 % sur des racines anglo-saxonnes, et à 10 % seulement sur des racines slaves et qu'elle fait plus penser aux langues française, italienne ou espagnole qu’à l’anglais, à l’allemand ou au russe.
Son principe de création est, en fait, très proche de celui des langages nationaux modernes bien que son processus corresponde à la démarche d'une intelligence humaine sur une courte durée alors qu'une langue nationale a fait l'objet d'une démarche d'usage tant naturelle que politique étalée sur une très longue période. Prenons l'exemple du français moderne, issu d'une décision politique : Le décret de Villers-Cotteret de 1539 du roi François 1er qui l'imposa dans les actes administratifs (en remplacement du latin), le transformant de facto en langue nationale officielle censée s’étendre à tout le territoire, ce qui lui prit d'ailleurs plus de 5 siècles tant la résistance des langues régionales fut forte ! mais ce français de l'époque venait du roman, lui-même synthèse influencée par les forces politiques et le poids des langues d'oÏ (picard, normand, bourguignon, saintongeais,..) et d'oc (provencal, aquitain, auvergnat,...). 
D'un côté donc, une synthèse raisonnée, logique, construite avec simplicité et rigueur et de l'autre une laborieux agglomérat tenant compte des rapports de force des différents parlers existants, d'un pouvoir politique fluctuant et de tout ce que peut drainer l'usage  pendant des siècles (incohérences d'orthographes et de prononciations, irrégularités grammaticales et sémantiques multiples, tournures vieillottes ou localisées, etc...)
Cette langue, c'est l'Esperanto, langue raisonnée, cohérente, logique, langue qui n’a rien d’artificiel puisque issue de nos langues européennes, langue aussi riche que toute autre, et parfois même davantage, langue qui n’entraîne la domination d’aucun peuple, n’étant celle d’aucun d’entre eux mais celle de tous, langue qui ouvre l’accès à toutes les cultures dans le respect de chacune.
L’espéranto ouvre la voie à la découverte et au partage de toutes les cultures, dont beaucoup sans lui resteraient ignorées. Comment saisir , par exemple, la poésie fantastique et légendaire d'une saga finlandaise si ce n'est via la traduction d'une maison d'édition esperantiste (il en existe aujourd'hui 150 de part le monde, offrant plus de 30.000 titres) ?
A la question, peut-il constituer un pont entre multilinguisme et citoyenneté ?, la réponse est positive. L’Europe a besoin d’une langue identitaire, tremplin d'une citoyenneté européenne et quel meilleur support qu'une langue construite à partir de ses principaux langages ?.
Ce rôle peut donc être assumé par l’Esperanto qui garantit à chaque citoyen d'Europe une neutralité et une égalité linguistiques totales, condition indispensable pour de véritables échanges inter-européens enfin décomplexés et non plus sous quelque dominance linguistique nationale. Pont vers le multilinguisme il le serait aussi car, grâce à ses qualités propédeutiques et à sa rapidité d’apprentissage, il facilite et encourage l'acquisition d’autres langues. 
Reste à régler le problème de la légitimité de l’esperanto par rapport à l’anglais qui est déjà bien installé, et notamment comme seconde langue pour la plupart des européens. Sans réfuter la réalité actuelle, il apparaît évident qu'une action volontariste forte serait nécessaire de la part de la Commission Européenne sous forme d'abord de campagnes d'information et d'explication des buts recherchés en évitant tout conflit frontal avec la langue actuellement dominante et en expliquant qu'un laisser-faire aurait des conséquences inacceptables pour l'Union Européenne et l'ensemble de ses peuples, à long terme. 

Le message culturel de l'esperanto est clair. Il ne vise pas à supplanter les langues existantes, avec les cultures dont elles sont porteuses, il souhaite seulement apporter aux citoyens un langage de communication politiquement neutre et facile à apprendre.

Reste aux organismes européens à accepter ce message et à la conscience collective européenne de sortir de sa fataliste apathie à l'égard de son parler ensemble.


NB : Les curieux peuvent naviguer sur Google en tapant le mot "esperanto"

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 13:21



Après la folie meurtrière d'un vingtième siècle pourtant si prometteur de progrès dans tous les domaines, après deux guerres mondiales épouvantables ayant causé des dizaines de millions de morts et des destructions apocalyptiques, après 40 ans de terreur nucléaire, voici qu'est apparu, dès la première année du siècle nouveau, un mouvement international qui s'est donné pour but de mener une réflexion pacifique sur le devenir du monde et de ses populations et dont les premières assises eurent lieu à Porto Alegre dans ce grand pays du Brésil promis à un brillant avenir économique.

Vilipendé, moqué, ridiculisé par les puissances en place, ce mouvement aussi qualifié "altermondialiste" car il pose comme principe qu'un autre monde est possible, a été perçu par l'opinion comme l'anti-thèse du Forum de DAVOS où se réunissent chaque année dans le luxueux confort d'une station suisse les savants économistes et les plus beaux représentants des puissances industrielles et financières de la planète afin d'élaborer, entre gens du (même et beau) monde, non pas un monde plus juste (plaisanterie que ces gens-là laissent aux rêveurs de toutes sortes !) mais un système économique mondialement plus efficace, en clamant le faux principe que l'augmentation globale de richesses profite à tout le monde (alors qu'ils savent très bien que cela profite d'abord et avant tout à eux-mêmes...et très accessoirement aux autres !)
Ce mouvement nouveau se matérialise chaque année dans le FORUM SOCIAL MONDIAL (WSF pour les anglophones) dont les trois premières éditions eurent lieu sur son lieu de naissance à Porto Alegre. Les suivantes eurent lieu à Mumbai (Inde), de nouveau à Porto Alegre puis en trois lieux différents (Caracas, Karachi et Bamako) et enfin en 2007 à Nairobi (Kénya). Pour l'édition WSF2008 il a été décidé de faire en lieu et place d'un Forum centralisé, des multitudes de Forums à travers le monde, sous forme de Journées d'Actions sur l'ensemble des thèmes supportés par ce mouvement dont l'audience est maintenant mondiale. C'est ainsi que plus de 1600 organisations et individus du monde entier ont répondu à son appel de mobilisation - voir site www.wsf2008.net -
Pour 2009, Le Conseil international a décidé le retour à un Forum centralisé qui aura pour site BELEM en Amazonie brésilienne.

On peut, bien entendu, gloser à longueur de pages et beaucoup ne s'en privent pas, sur l'amateurisme, le manque de réalisme, la vision biaisée du système libéral ou néo-libéral, les vues égalitaires, le parfum ringuardo-collectiviste ou l'utopique justice que recèlent nombre de déclarations altermondialistes. Elles ont toutefois le mérite de proposer une autre vision du monde non plus basée sur la puissance financière et le rapport de forces mais sur la recherche de l'équité et la primauté de la valeur humaine sur la valeur économique, s'opposant ainsi  à cette implacable et cruelle "realpolitik" économique, fatale damnation des faibles, périodiquement en crise et que les puissants voudraient éternelle et  inamovible comme, à une autre époque, la noblesse voulait le maintien en l'état d'un ordre social tout à son avantage !

Il n'empêche qu'un mouvement s'est mis en marche à l'aurore de ce nouveau siècle et qu'il diffuse rapidement ses aspirations sur tous les continents et particulièrement ceux en voie de développement. Même s'il n'abattra ni les murs de l'argent ni les égoïsmes nationaux ni la volonté de puissance des grands Etats ni les puissances financo-industrielles multinationales, au moins peut-on espérer, à l'horizon d'une ou deux générations, qu'il influence les mentalités individuelles ainsi que le comportement des organismes internationaux pour plus d'équité dans les échanges inter-continentaux, un meilleur contrôle du capitalisme mondial voire son asservissement à des causes humanitaires, un plus grand respect des valeurs humaines et de notre environnement.


Descriptif rapide du FSM - voir site www.forumsocialmondial.org.br -

Le Forum social mondial est un espace de débat démocratique d’idées, d’approfondissement de la réflexion, de formulation de propositions, d’échange d’expériences et d’articulation de mouvements sociaux, de réseaux, d’ONG et autres organisations de la société civile qui s’opposent au néo-libéralisme et à la domination du monde par le capital et par toute forme d’impérialisme. A la première rencontre mondiale de 2001 a succédé un processus mondial de recherche et de construction d’alternatives aux politiques néo-libérales. Cette définition est inscrite dans la Charte des Principes du FSM.

Le Forum social mondial se caractérise également par sa pluralité et par sa diversité. Il n’est ni confessionnel, ni gouvernemental, ni partisan. Il se propose de faciliter l’articulation, décentralisée et en réseau, d’associations et de mouvements engagés, tant au niveau local qu’international, dans des actions concrètes de construction d’un autre monde, sans prétendre pour autant incarner une instance représentative de la société civile mondiale. Le Forum social mondiale n’est ni une association, ni une organisation.





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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 10:26
 
Le Forum Mondial Social (FSM) créé en 2001 à Porto Alegre a pris récemment la décision d'utiliser l'esperanto dans la publication de ses documents sur le portail de son bureau central de Sao-Paulo - voir ci-dessous -

"La centra oficejo de la Monda Socio Forumo en San-Paŭlo akceptis aldoni esperantajn tradukojn en sia portalo. En la tradukejo http://parolumondo.com/forumo/  jam estas kelkaj tradukitaj tekstoj de la Strategia Debato kaj nun ni komencas traduki ankaŭ la Oficialajn Bultenojn EL esperanto, kiel ponto-lingvo". 

Pour  les non esperantophones : " Le bureau central de MSF à Sao-Paulo a accepté d'ajouter les traductions esperantistes sur son portail. Sur le site de traduction : http://parolumondo.com/forumo/ il existe déjà quelques textes sur le Débat Stratégique et maintenant nous commencons également à traduire les Bulletins officiels à partir de l'esperanto utilisé en tant que langue-pivot."

Après un premier refus en 2002 et suite à la réaction de Claude Piron, les nombreux échanges de ces dernières années avec les Comités d'Organisation du FSM ont permis d'aboutir à cette heureuse conclusion qui conforte le rôle mondial de la "internacia lingvo" dans les échanges internationaux.

A noter l'évolution des mentalités concernant les problèmes de communication internationale au cours des derniers FORUMS et notamment celui de Mumbaio-Barato (Inde) au cours duquel émergea le besoin de discuter d'un langage démocratique après constat que l'anglais ne résolvait pas les problèmes de la communication internationale et parfois même l'empêchait par la menace qu'il faisait peser sur les autres langues - voir texte original ci-dessous -

"En la postaj forumoj, ĉefe en Mumbaio - Barato (Hinda Unio) la partoprenantoj ekrimarkis la neceson diskuti pri "Lingva Demokratio" kaj ke la angla ne nur ne solvos la problemon de la internacia komunikado, sed foje eĉ malhelpas ĝin, per ĝia altrudo sur aliaj lingvoj. "




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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 13:10



On a montré dans un récent article que la solution préconisée par la Commission Européenne - Voir L'impossible plurilinguisme européen du 30/03/08 - était sans doute vouée à terme à l'échec du fait des coûts en ressources financières et humaines qu'elle implique et de sa complexité de mise en oeuvre. Même si elle semble être une solution acceptable à court terme et exprimer le mieux l'identité européenne, les risques d'instabilité d'un tel projet sont grands et conduiraient sans doute, à terme, à une domination encore plus forte de la langue nationale anglaise, au détriment des cultures et des autres langues nationales européennes menacées de provincialisation.

Deux options restent donc ouvertes, soit le "tout-à-l'anglais" soit le choix d'un outil de communication "non national".

Nous allons examiner dans cet article la première option du " tout-à-l'anglais "

Cette option apparaît sans doute  à beaucoup comme la solution naturelle voire évidente si l'on fonde son appréciation sur l'observation des faits et le ressenti journalier. En effet, l'anglais ou plutôt l'anglo-américain domine manifestement la vie internationale et semble s'être imposé dans les assemblées, colloques, organismes internationaux aussi bien que dans les affaires, les publicatons scientifiques et médicales à tel point qu'il ne semble plus possible à un chercheur de faire connaître le résultat de ses travaux en dehors de ce vecteur. De même les médias, la publicité, le langage de tous les jours sont littéralement envahis de formules ou d'expression (du genre "Shake ta life", superbe méli-mélo franco-anglais, beaucoup plus "in" que l'académique "Secoues ta vie"  !) dans l'emploi desquels se complait béatement, par snobisme, mode ou instinct grégaire, une frange significative de la population active de nombreux pays notamment européens.
Un tel modèle linguistique n'a pourtant qu'une efficacité apparente mais il est d'une iniquité absolue comme nous le verrons plus loin. On peut donc s'étonner qu'une assez forte proportion de la population européenne partage un tel aveuglement contraire à ses intérêts et un tel sentiment d'évidente et irréversible supériorité !
A noter, au passage, que cette proportion est probablement plus forte dans la zone germano-slave (Nord et Est européens), pour des raisons de plus grande proximité linguistique que dans la zone latine plus réticente au parler anglais.
Cet état d'esprit est sans doute le résultat de la combinaison de différents facteurs découlant de la superpuissance économique américaine de ces dernières décennies et de son messianisme culturel, économiquement intéressé et politiquement voulu, mais aussi de la complaisance et du manque de coordination des Etats et surtout du "suivisme" des médias toujours prompts à répercuter l'avis du plus fort, surtout s'il est étranger.
Pourtant, quoi de plus contraire à l'éthique que la domination sur un ensemble de peuples d'une langue nationale (anglaise ou autre). Citons le Pr Filleul :
" face à un Anglais de naissance, tout Européen essayant de pratiquer la langue de Shakespeare est en état d’infériorité, de faiblesse et d’inégalité, voire de ridicule. II en serait d’ailleurs de même pour toute langue nationale autre que l’anglais imposée à l’Europe comme moyen de communication ; et ce fait est en soi révoltant et inadmissible sur le plan éthique. Mais dans le cas de l’anglais le problème éthique est encore aggravé par le fait que l’anglais est la langue des Américains. Et accepter la domination linguistique anglaise, c’est accepter la domination technologique, économique, capitaliste et financière américaine "
Cette première et lourde injustice peut-elle être au moins corrigée ou atténuée par la simplicté de l'outil, sa facilité à l'appréhender et à le pratiquer, ce qui en ferait un moyen de communication à la fois pratique et d'un coût d'appropriation raisonnable pour les européens ?
Là encore, il faut revenir sur certains a priori véhiculés par les anglophones et leurs alliés, du genre " l'anglais, c'est simple et facile ! ". La grammaire est relativement simple, il est vrai, comparée à la française ou à l'allemande mais guère plus cohérente, avec de multiples traquenards et d'abord une floppée de verbes irréguliers qui représente plus de 500 mots à mémoriser n'obéissant à aucune logique  décelable ! Mais la véritable difficulté de la pratique de l'anglais est ailleurs. Elle est, d'une part, dans une prononciation complexe, incohérente et surtout variable en fonction des locuteurs, chacun la modifiant ou la traitant à sa guise ! Un alphabet de 26 lettres pour 44 sons présente en effet des défauts irrémédiables pour un outil qui se veut universel !
Un seul exemple pour le pas alourdir cet article : Un mot d'une syllabe avec 10 énonciations différentes du simple fait d'une voyelle ou d'une diphtongue coincée entre deux consonnes : bet - bit - beet - beat - bite - bat - but - butt - boot - boat qui vont donner 10 sens complètement différents : pari - morceau - betterave - battre - morsure - raquette -mais - coup - botte - bateau. Pas évident pour s'y retouver dans le cours d'une conversation !
La difficulté de la langue, on la trouve, d'autre part, dans ses innombrables polysémies (sens multiple d'un même mot ou d'un ensemble de mots) qui rendent son interprétation terriblement difficile pour des non-anglophones même très avertis et les traductions de textes parfois hasardeuses ! C'en est au point que l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale s’est lancée dans un projet de révision de la langue de l’aviation suite au nombre significatif de catastrophes causées par une mauvaise communication linguistique entre les pilotes et les contrôleurs au sol.
Qui n'a éprouvé, un jour, un désarroi certain à tenter de saisir en V.O. le sens des dialogues d'un film américain malgré de nombreuses années d'études de l'anglais ! Vous me direz qu'il s'agit souvent d'un langage peu académique, bourré d'expressions argotiques impénétrables à qui ne les connaît ! Bravo pour la transparence ! Et si la-dessus vous rajoutez l'accent du sud, de la côte est ou ouest américaine ou celui d'un canadien ou d'un australien, vous aurez alors le coktail qui vous condamne au sous-titrage ou à la devinette ! Pas terrible pour un outil de communication international !
Raisonnement de cancre, peut-être ? mais un cancre avec des années d'études de l'anglais derrière lui ! Alors bon courage à l'européen moyen pour comprendre et se faire comprendre en anglais !

Essayons de traduire dans les faits les conséquences du choix du " tout-à-l'anglais".
L'hégémonie linguistique entraîne 5 conséquences, toutes à l'avantage des anglophones et naturellement défavorables aux non-anglophones :
         - une position de quasi-monopole sur les marchés de la traduction et de l'interprétation vers l'anglais
         - une économie de temps et d'argent dans la communication internationale
         - un non-investissement linguistique dans d'autres langues
         - des ressources humaines investies dans d'autres domaines que le linguistique
         - une position dominante dans toute situation de concurrence, négociation ou conflit
NB : voir les effets distributifs - page 66 - du rapport GRIN
Des estimations faites par le British council  - voir sources citées - il découle qu'actuellement les rentrées nettes annuelles pour l'Etat anglais, du fait de la domination de l'anglais en Europe sont de l'ordre d'une quinzaine de Milliards d'€ et qu'en cas du choix du " tout-à-l'anglais", le gain pour le trésor anglais serait de l'ordre de 1 point de PIB par an ! Ce qui revient à dire que l'ensemble des Etats européens non anglophones feraient un CADEAU d'environ 25 Milliards d'€ par an au Royaume Uni (+ l'Irlande), SOIT environ 20 % du budget communautaire au titre de la prédominance linguistique de la langue anglaise !
On est évidemment très heureux pour nos amis anglais de recevoir un tel pactole...mais on l'est moins pour nos autres amis européens qui souhaiteraient certainement voir une telle somme s'investir dans des oeuvres communautaires plus créatrices de richesses.

Une telle iniquité serait-t-elle longtemps acceptée par la Communauté européenne ?


Sources :
- Communication du Pr Jacques Filleul à l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon - 1999
- Rapport GRIN de l'Université de Genève - L'enseignement des langues étrangères comme politique publique -


Same kiel cxi-supre esperante :


Oni montris en fresxdata artiklo, ke la solvo rekomendita de la Euxropa Komisio - Vidante la artiklon "La neebla euxropa plurilingvismo" datita de 30/03/08 - sendube estis tempolime dedicxita al fiasko pro gxiaj altkostoj de human-kaj-financricxfontoj , ke gxi implicas kaj pro gxia enverkigxa komplekseco. Ecx se gxi sxajnas esti akceptebla solvo kurttempolime kaj esprimi plej bone la euxropan identecon, la malstabilecaj riskoj de tia projekto estas grandaj kaj kondutus sendube, termolime, al pli aun forta superado de la nacia angla lingvo, malprofite de la kulturoj kaj aliaj naciaj euxropaj lingvoj, kiuj estus minacitaj de provincecigxo.

Du opcioj restas malfermitaj, cxu la opcia " tut-angle ", cxu la elekto de " nenacia " komunikilo.

Ni estas observadontaj en tiu cxi artiklo la unuan opcion de " tut-angle "

Tiu opcio " tut-angle " sendube sxajnas al multaj personoj, kiel la natura aux la evidenta solvo se oni starigas sian taksadon laux la fakt-observado kaj la cxiutag-sentado. Fakte, la angla aux plivole la anglusona lingvo superregxas manifeste la internacian vivadon kaj sxajnas imponigxiti en kunsidoj, kolokvoj, internaciaj establoj same kiel en la komercajxoj, la sciencaj kaj kuracaj publikajxoj en tia punkto, ke ja ne sxajnas povebla por sercxadisto konigi siajn laborrezultoj ekster tiu vehiklo ! Same la informdifuzantoj, la publikeco, la cxiutagesprimo estas letere invaditaj de formuloj aux esprimoj (tiel, ke "shake ta life" superba franca-angla  "méli-mélo" multe pli "in", ke la akademika "secoues ta vie" !) en kies uzado komplezigxas beatece, pro snobismo, modo aux grega instinkto, signifanta parto de la aktiva popolo de multaj interalie euxropaj nacioj.
Tia lingvistika modelo tamen havas nur videblan efikecon sed gxi estas absoluta maljusteco kiel ni vidos pli sube.Oni povas do miri, ke meze forta proporcio de la euxropa landanaro partigas tian kontrauxproprinteresan blindigxon kaj tian sentimenton de evidenta kaj neinversebla superforto.
Remarkeble, trapasante, ke tia proporcio estas probable pli forta en la germana-slava areo (nordo kaj easto de la Euxropo) pro pli granda lingva proksimeco, ke en la latina aero, pli ribelema al angla parolado.
Tiu pensmaniero estas sendube la rezulton de la kombinado de diversaj faktoroj defluantaj de la usona superpotenco dum tiuj lastaj dekjaroj kaj de gxia kultura mesiismo, ekonomie interesita kaj politike volita sed ankaux de la komplezeco kaj de la malkunordigado de la euxropaj sxtatoj kaj cxefe de la "sekvismo" de la informdifuzantoj cxiampretaj sekvi plejfortan avizon, precipe kiam gxi estas fremda.
Tamen, kio pli maljusta, ke la  regado de nacia lingvo (angla aux alia) sobre tuto de popoloj ! Citu la profesoron Filleul :
"Fronte al angla naskigxparolanto, cxiu euxropano  provanta praktiki la Shakespeara lingvo estas en stato de malsupreco, de malforto kaj maljusteco, eble de ridindeco.Same estus por tuta alia nacia lingvo ol la angla, kiu estus imponita al Euxropo, kiel komunikadrimedo. Kaj tiu fakto estas mem indigninda kaj neakceptebla vidpunkte de la etiko. Sed okaze de la angla, la etika problemo estas pli gravigita pro la fakto, ke gxi estas ankaux la usona lingvo. Kaj akcepti la anglan lingvan superregadon estas akcepti la usonan teknologian, ekonomikan, kapitalistan kaj financan superregadon".
Cxu tiu unua kaj gravega maljusteco eblas esti almenaux korektita aux malgravigita per la simpleco de la lingvilo, gxia facileco praktiki kaj alpreni gxin, tio, kio farus el gxi unufoje praktikan kaj konvenan alproprig-kostan komunikadilon por la euxropanaro ?
Cxi tie ankoraux, necesas reveni pri kelkaj "a priori"  transdonitaj de la anglamikuloj kaj iliaj aliancanoj tiel, ke "la angla estas simpla kaj facila !". Meze simpla la angla gramatiko vere estas kompare kun la franca aux la germana sed ne pli kohera, kun multaj kaptiloj kaj unue loto de neregulaj verboj korespondante al pli da 500 memorendaj vortoj sen malkasxebla logiko ! Sed la vera malfacileco de la anglopraktiko estas for ! Gxi estas unuparte en kompleksa, nekohera kaj lauxparolantvaria elparolado, cxiu cxangxante aux lauxvolotraktante gxin ! Alfabeto de 26 leteroj kaj 44 sonoj presentas fakte senhelpajn mankojn por sinvolant-universa komunikadilo !
Nur unu ekzemplo por nepezigi tiun artiklon : Unu monosilaba vorto kun 10 diversaj elparoladoj simple pro unu vokalo aux diftongo inter du konsonantoj :
bet - bit - beet - beat - bite - bat - but - butt - boot - boat ; kiuj donas la sekvajn tute aliajn sensojn : pari - morceau - betterave - battre - morsure - raquette -mais - coup - botte - bateau.
Ne evidenta por retrovi sin mem dum kunversado !
Aliaparte oni trovas la malfacilecon de la angla lingvo en gxiaj nenombreblaj polisemioj (multobla senso de unu vorto aux vortgrupo), kiuj igas terure malfacila ilian interpretadon por mem tre atentigitaj neanglofonuloj kaj tre hazarda la tekstradukojn ! Tio estas al punkto, ke la Organizo de la Internacia Civila Aviado decidis projekton por revizii la aviada lingvo sekve de la signifanta nombro de katastrofoj pro la malbona lingva komunikado inter la pilotoj kaj la grundkontrolantoj.
Kiu ne sentis iutage, certan konsternon kaptprovi en V.O.la senson de usonaj kinofilm-dialogoj malgraux multaj jaroj de angla lernado ! Vi diras al mi, ke temas ofte pri iom akademika lingvajxo, plena je slangaj esprimoj nepenetreblaj por tiu, kiu ne konus ilin ! Gratulon pro la travidebleco ! Kaj se cxi-supre vi plialdonas la usonan vocxtonon el sudo, easto, aux uesto aux la kanadian aux la auxstralian  prononcmanieron, vi havos tiam la koktelon, kiu kondamnas vin al sub-titoloj aux al divenajxo ! Ne terure por internacia komunikadilo !
Eble stultula argumentado ? sed estas argumentado de stultulo kun multaj anglaj lernadjaroj ! Tiam bonan kuragxon al meza euxropano por kompreni kaj komprenati per la angla lingvo !
Provu traduki per faktoj la  konsekvencojn de la elekto de la "tut-angle".
La lingva hegemonio alportas 5 rezultojn, tutaj avantagxe de angloparolantoj kaj nature neavantagxe de neangloparolantoj :
            - kvazaux-monopola pozicio en la merkatoj de tradukado kaj interpretado cele al la angla lingvo.
            - Kosta kaj tempa sxparajxo en la internacia komunikado.
            - Lingvistika neinvestado en aliaj lingvoj
            - Investitaj humanaj ricxfontoj en aliaj fakoj
            - Reganta pozicio en tutaj konkurencaj, traktadaj aux konfliktaj situacioj.
NB : Videble la disdonajn efektojn - pagxo 66 - el GRIN raporto
El la financaj taksadoj faritaj de la British Council - videble la cititajn fontojn - defluas , ke nun la netaj revenoj por la angla Sxtato, fakte de la regado de la angla lingvo en Euxropo, estas cirkaux de 15 miliardoj euxroj kaj, ke kaze de elekto de la "tut-angle", la profito por la angla Trezoro estus proksimume 1 punkto de PIB cxiujare ! Tio, kio signifas, ke la tutaj euxropaj neangloparolantaj Sxtatoj farus DONACON de 25 miliardoj euxroj cxiujare al Anglujo (+Irlando) , TIO ESTAS proksimume 20 % de la euxropa komuneca budgxeto, merite de la lingvistika superregado de la angla lingvo !
Oni estas nature tre felicxa por niaj anglaj amikoj ricevi tian paktolon ... sed malpli felicxaj ni estas por niaj aliaj euxropaj amikoj, kiuj certe preferus vidi tian monosumon investita en komunecaj pli ricxkreantaj prilaborajxoj.

Cxu tia maljusteco  estus longtempe akceptita de la euxropa Komuneco ?

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 16:51


Après vérification, la photo présentée dans l'article : " Quand les soldats se font moines " n'est pas une photo d'actualité mais une photo de film !

Voir explication à l'adresse suivante :

http://www.tibet-info.net/www/Une-photo-compromettante.html#nb1


Platissimes excuses !



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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 10:57

Voilà une surprenante photo dont la source serait (sous toute réserve) l'Agence de Communication de Grande-Bretagne en date du 08 mars dernier à LHASSA :

Des soldats chinois recevant en guise de paquetage des vêtements de moine ! Pas banal !



A partir de ce cliché, on peut échafauder différentes hypothèses :

     -  Ces soldats vont se livrer à une mission de renseignement dans les différents temples bouddhistes.

    -  L'armée chinoise, soucieuse du bon équilibre psychologique de ses jeunes soldats, les envoient faire une retraite spirituelle dans les lieux de prière. ( vision que d'aucuns qualifieront d'angélique !)

    - Ces soldats vont participer à une opération de désinformation en allant commettre des actes de violences à la place des vrais moines tibétains enfermés dans les temples.

On peut toutefois s'étonner que cette remise de paquetage se fasse en public !




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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 13:59

Après avoir senti siffler à ses oreilles le boulet Kerviel et sans doute quelques bonnes nuits d'insomnie terrifiée, accompagnée d'une petite déprime, voilà donc un Daniel Bouton qui nous revient tout requinqué et regonflé à bloc (espérons qu'il n'abuse pas d'euphorisants ou de drogues interdites !) !
Magnifique, la finance quand même ! La banque que vous dirigez  se "plante" de 5 milliards d' € et quelque temps après vous venez pérorer devant la commission des finances de l'Assemblée nationale, en qualité de président de la FBF (fédération bancaire française) pour expliquer à nos braves députés l'impact de la crise financière sur les banques hexagonales !
Allez donc, petits patrons, voir monsieur Bouton après avoir "planté" votre trésorerie de 50.000 € ! Il sera sans doute compréhensif et compatissant !

Mais le meilleur du sieur Bouton est dans son discours. La Société Générale "va aujourd'hui très bien" ! Merci pour elle ! Quant à la fraude Kerviel, elle " ne remet pas en cause notre système de mesure et de valorisation du risque puisque c'était une position entièrement dissimulée ". Ben voyons ! C'est l'évidence, un enfant comprendrait cela !
Puis, la main sur le coeur, DB affirme à nos députés (sans doute admiratifs) que sa banque sort quasiment indemne de ce traumatisme, " qu'il n'y a pas eu la moindre perte de confiance " ni " mouvement significatif de peur de la part de tel ou tel client ".

Il faut vite voter une subvention afin de tailler dans le plus beau marbre une statue à un tel homme !

Il a quand même admis que l'industrie bancaire française devait "revoir sa copie" et " s'interroger sérieusement sur la valeur du marché " c'est-à-dire à la valorisation des actifs dans les marché illiquides (pour les non-initiés : quand il n'a plus de marché et que ces fameux actifs sont devenus invendables !)

Monsieur Bouton a également affirmé à nos braves élus qu'il n' y avait pas à craindre de "credit crunch" (contraction de crédit pour les non-anglophones. Monsieur Bouton emploie des termes "in", çà impressionne toujours dans notre pays pas doué pour les langues !) ni pour les particuliers ni pour les entreprises. "Il n'y a pas la moindre raison qu'il y ait un resserrement quantitatif du crédit en France" a-t-il conclu avec force.

En voilà une bonne nouvelle ! mais, diront les esprits chagrins et les défaillances qui se multiplient dans le secteur bancaire allemand pour cause de "subprime" et le tsunami financier que nous promettent certains économistes ?
Ce tsunami promis va-t-il se briser sur un nouveau "Mur de l'Atantique" érigé par la FBF comme un certain nuage, il ya déjà bien longtemps, avait rebondi sur notre espace aérien ?

L'histoire de monsieur Bouton ressemble à un conte de fée ! Y croira qui veut !
Pour ma part, j'en reste très perplexe.

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