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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 14:44
                L'ex-first Lady, favorite depuis de longs mois des sondages pour l'accession à la Maison Blanche de janvier 2009, vient d'être fort opportunément remise en selle par les primaires du New Hampshire après avoir connu un début de Bérésina lors du fameux Caucus (drôle de système de sélection, bien compliqué au demeurant !) de l'IOwa. Sans doute a -t-elle senti le vent du boulet Obama lui siffler aux oreilles mais une madame Clinton prévenue en valant deux (pardon, quatre car il faut tenir compte de monsieur, ex-président au coeur volage mais fidèle en politique, qui conseille et assiste dans les coulisses), nul doute que ces deux compères-là, professionnels de la politique depuis plus de trente ans,  sauront tirer les leçons d'un premier échec et mettre les moyens (financiers et autres) pour faire pencher la balance du bon côté lors de la Convention Démocrate finale. Et comme du côté républicain la médiocrité semble de règle et que l'alternance est plus que probable après les "exploits" nationaux et internationaux de Bush Junior, nous avons donc une fort belle chance de connaître bientôt la première femme-président des Etats-Unis d'Amérique.

              Qui est donc cette madame H.R.Clinton ?  La question mérite d'être posée quand on connaît l'influence des Etats-Unis dans les affaires du monde tant économiques que politiques.
              S'agit-il d'une femme qui s'est prise au jeu du pouvoir lorsqu'elle assistait (avec beaucoup de conviction et de persévérance) son mari lors de ses deux mandats ?
              Est-ce une femme à l'éthique sincère, vraiment soucieuse de venir en aide aux laissés-pour-compte du libéralisme (assez sauvage, convenons-en) américain et partisane d'une meilleure répartition des richesses nationales voire mondiales ?
              Ou bien avons-nous affaire à une femme dévorée d'ambition et prête à tout (c'est-à-dire à s'approprier n'importe quelle idée pourvu qu'elle plaise à son électorat, ce qu'on appelle habituellement le populisme) pour gravir les marches du pouvoir ?

              Curieux de nature, je m'efforce depuis quelque temps de décrypter le livre autobiographique publié par madame Clinton en 2003 et paru en France en 2004 (Edition J'ai Lu). Je dis bien "je m'efforce" car j'ai été plusieurs fois tenté de l'abandonner, agacé que j'étais par les digressions interminables, un luxe de détails sans grand intérêt, des conversations datant de nombreuses années rapportées au mot près (comme si elle pouvait se souvenir aussi précisèment de ce qu'elle avait dit ou entendu !), bref d'un "blabla" qui noie le lecteur, soucieux de synthèse, dans sa recherche de traits marquants de caractère. Devant un tel déballage de faits, difficile de résister au soupçon de mise en scène et de manque de sincérité. Mais, à la réflexion, c'est peut-être faire preuve de légèreté que de se laisser aller à un tel soupçon car la mentalité anglo-saxonne est tellement différente de la notre que, sans doute, une autobiographie la-bas ne peut pas se concevoir autrement que dans une accumulation jusqu'à la nausée de faits et d'événements, de valeur très inégale, l'objectif prioritaire étant de ne rien laisser dans l'ombre, sans oublier la propension (très protestante mais sans doute assez hypocrite) de battre sa coulpe, de s'excuser pour obtenir le pardon de ses congénères. On reconnaîtra là, sans peine, une grande différence de nature avec les autobiographes français ou européens, champions de la "glissade" sur leurs périodes peu glorieuses !  
Cet étalage de faits, ce pragmatisme anglo-saxon s'accompagne, bien sûr, de commentaires soit moralisateurs soit décrivant l'opinion ou le sentiment ressenti devant le fait. Et tout cela dans un "pavé" de 650 pages d'une écriture serrée ! (Il est vrai que cette chère Hilary nous livre 56 ans d'une vie que l'on peut qualifier de bien remplie !). 
Bon, il faut donc du courage pour avaler une telle littérature mais c'est le passage obligé pour tenter de connaître la personnalité d'une future présidente de la première puissance mondiale.

              Nous procéderons donc méthodiquement au décryptage de cette autobiographie dans la 2ème partie de cet article.

              

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7 juillet 2007 6 07 /07 /juillet /2007 12:06

 

De tous temps, un peuple se prétendant élu, a su, malgré sa faiblesse numérique et un environnement la plupart du temps hostile, générer des personnalités remarquables par leurs contributions aux arts, aux sciences ou aux affaires . On peut sans conteste dire que le docteur ZAMENHOFF, un juif d'origine polonaise, a aussi marqué son siècle, pour le meilleur, en nous faisant le sublime cadeau d'une LANGUE UNIVERSELLE, l'ESPERANTO, construite avec une lumineuse et rigoureuse simplicité et prenant appui sur les langues-mères européennes. Certains esprits critiques en ont déduit que cette langue soit-disant universelle ne pouvait adresser que les populations occidentales (globalement les "blancs" par opposition aux "noirs" ou aux "jaunes") à l'exclusion des autres et que c'était encore un coup de l'impérialisme occidental triomphant ! A noter que ceux-là sont les mêmes qui acceptent, de nos jours, la domination sans partage de l'anglo-américain dans le business, les arts, le cinéma, les moeurs, etc... !!! Comprenne qui pourra ! Le contre-argument que l'on peut opposer à cette théorie réductrice est que les langues russe, arabe, française, anglaise ou chinoise ont su (souvent bien sûr par la contrainte) se répandre chez des peuples qui avaient leurs propres idiomes et qu'aujourd'hui même l'anglo-américain est enseigné et parlé dans tous les pays du monde !

Mais laissons-là de telles arguties et revenons-en à notre bon docteur.

En cette fin de 19ème siècle, dans une ville polonaise secouée par les violences raciales, un jeune médecin juif désespère de voir s'affronter et parfois se massacrer des gens qui se réclament d'ethnies différentes, juive, polonaise, russe ou allemande et qui, bien entendu, ne peuvent se comprendre et a fortiori s'estimer puisque, parlant des langues différentes, ils ne se comprennent pas . Il a alors l'intuition juste que la barrière linguistique est l'obstacle fondamental à l'entente et à la bonne intelligence entre les peuples. Il décide donc de consacrer sa vie et toute son énergie à concevoir, développer puis diffuser une langue d'usage universel qui devra, pour réussir, être d'apprentissage facile et rapide et que pourront s'approprier avec aisance tous les gens de bonne volonté afin d'abattre enfin l'obstacle linguistique à la communication humaine (qui remonte à Babel selon la légende judéo-chrétienne). En 1905, se tiendra à Boulogne-sur-mer, le premier congrès espérantiste mondial qui réunira quelques centaines de personnes. Le mouvement était lancé. Il ne s'arrêtera plus. L'ESPERANTO possède aujourd'hui des millions de locuteurs de par le monde. Les activités culturelles, les réunions, congrés régionaux et mondiaux se multiplient, les journaux, revues, publications, de même que les activités sur le web se répandent. De nombreux pays (Chine, Brésil, Japon...) sont moteurs dans son développement. C'est la seule réussite mondiale d'une langue CONSTRUITE, malgré de nombreux autres essais au cours de l'Histoire, par sa pérennité (plus d'un siècle) et la progression continue de son audience internationale.

Homme cultivé et linguiste distingué, le jeune docteur maîtrise le latin, le grec, l'hébreu mais aussi les langues nationales qui co-existent dans son environnement de vie, à savoir le polonais, l'allemand, le lituanien et le russe. Il est donc très bien placé pour mesurer les efforts nécessaires à l'acquisition d'une nouvelle langue. Pour que son projet réussisse, il lui faut éliminer tout ce qui rebute le débutant dans une nouvelle langue, lui imposant des efforts de mémorisation trop importants, à savoir les complexités lexicale et grammaticale, les irrégularités, les incohérences ainsi que les évolutions et déformations liées à l'usage. La base de son travail sera d'établir une grammaire simple, stricte et logique associée à une base lexicale réduite mais dotée d'outils de développement à la fois puissants et invariables.

Examinons rapidement les principaux piliers de l'ESPERANTO :

L'alphabet d'abord. Il comporte 28 lettres (26 en français) dont 22 issues de l'alphabet latin plus 6 lettres accentuées (que l'on représente, hors Unicode, par un petit "x" associé à la lettre de base). Pourquoi ces accents ? Parce que certaines lettres ont des prononciations différentes dans les langues européennes (exemple : le "g" qui est dur en allemand,  doux en français, prononcé "dj" en anglais) et qu'il est essentiel d'avoir une phonétique commune pour échanger et se comprendre.

La prononciation, calvaire des anglicisants, est d'une simplicité totale : Chaque lettre se prononce avec une phonétique unique et invariable. Impossible de se tromper ou d'hésiter ! En prime, l'accentuation est également unique : sur l'avant-dernière syllabe, systématiquement. Exemple : ami-a-ble (aimablement, de manière aimable. Prononcer "é" pour le "e"). L'heureuse conséquence en est une phonétique familière pour le locuteur européen mais aussi facilement accessible à tout locuteur des 5 continents. C'est ainsi que l'on comprendra immédiatement un locuteur chinois, italien, américain, japonais ou indien et bien sûr européen même s'il conserve quelques intonations de sa langue nationale. Essayez donc la même chose avec l'anglo-américain !!

La grammaire. Ceux qui ont "potassé" ou qui "potassent" encore les livres et bouquins de grammaire des langues nationales en en maudissant les pièges et les complications sans fin, ne vont pas en croire leurs yeux !! La grammaire de l'ESPERANTO est constituée en tout et pour tout d'une bonne dizaine de règles toute simples qui s'appliquent sans exception (on croît rêver !). Il serait un peu long de les énumérer toutes dans cet article mais voyons-en quelques unes : Les substantifs se terminent en -o, les adjectifs en -a, les adverbes en -e. Appliquées à une même racine de mot, ces règles vont donner : bovo (boeuf) - bova (bovin) - bove (de manière bovine). Au pluriel, on ajoutera un "j" à la dernière lettre et pour le complément d'objet direct on ajoutera un "n". Quant aux verbes, c'est aussi simple : l'infinitif se termine en -i, le temps présent en -as, le temps passé en -is, le futur en -os, le conditionnel en -us et l'impératif en -u. Et tout cela, bien sûr, sans exception aucune.

Le vocabulaire. C'est le gros morceau dans la maîtrise d'une langue. Sans une base minimale acquise, impossible de s'exprimer et de comprendre ce que l'on entend (et quand, en plus, l'accent, l'intonation, le rythme, bref la phonétique s'en mêle ...!). La grande idée de Zamenhoff aura été de choisir, autant se faire que peut, des racines communes (très souvent dérivées du latin) aux différentes langues européennes puis de faire des choix arbitraires en faveur de l'une ou l'autre de ces langues en cas d'absence d'une telle racine. La base lexicale est donc constituée majoritairement de racines latines et minoritairement de racines anglo-saxonnes et slaves. C'est ainsi que le locuteur européen reconnaîtra phonétiquement un grand nombre de racines de mots, ce qui s'avérera un avantage important dans l'appropriation de l'ESPERANTO. Mais le trait de génie n'est pas dans cette tentative, somme toute logique, de synthèse des langues européennes. Il est dans la construction du vocabulaire à partir de ces racines. Un système régulier et extrêmement productif associe un nombre important d'affixes (10 préfixes et 32 suffixes) de sens invariable aux racines évoquées ci-dessus. Le vocabulaire de base nécessaire à l'échange et à la compréhension s'en trouve drastiquement réduit. On estime d'un facteur 10 la réduction lexicale par rapport à une langue nationale. Dix fois moins de vocabulaire à assimiler. Belle performance ! 

Deux exemples pour illustrer ce système et montrer sa puissance productive : Une racine au sens évident : parol- va donner : paroli (parler) - parolo (parole) - parola (oral) - parole (oralement) - parolado (discours) - parolisto (porte-parole) - parolulo (parleur, phraseur, celui qui parle) - parolema (bavard, qui aime parler) - parolanto (parleur, orateur en cours)- parolonto (celui qui va parler) - parolinto (celui qui a parlé) mais aussi : alparoli (s'adresser à quelqu'un) - elparoli (exprimer, émettre des mots) - priparoli (discuter) - priparolo (discussion) - etc...On peut aussi appliquer le même système à une simple préposition. exemple : per (au moyen de) va donner : pera (intermédiaire) - senpera (direct, immédiat) - pere (de manière indirecte) - senpere (de manière directe) - perado (truchement, entremise) - peri (s'entremettre, procurer) - perilo (moyen, ressource) - perulo ou peranto (médiateur, négociateur) - etc...A titre de curiosté, comptez le nombre de mots différents utilisés en français pour exprimer les mêmes dérivés de ces deux racines !

L'évolution de la langue. Même avec des règles simples et strictes excluant toute particularité ou exception, une langue n'est jamais à l'abri d'évolution d'usage voire de déviances (simplifications excessives, abandon de règles, etc...) dès quelle est pratiquée par de nombreuses populations ayant des cultures différentes. L'ESPERANTO n'échappe pas à cette règle. Très tôt, des organismes internationaux ont veillé à ce phénomène et validé les évolutions considérées comme acceptables ou justifiées. Relativement peu nombreuses, les évolutions concernent notamment la sémantique de certaines racines (évolution du sens au cours du temps), l'apparition de nouvelles racines (pour suivre l'évolution des sciences et des techniques) et la disparition de quelques autres, une fréquence plus élevée de l'emploi de la forme adverbiale (final en -e) et une généralisation de la mise à la forme verbale de toute racine. Rien à voir avec les évolutions sémantiques et structurelles de l'anglo-américain sans aucun contrôle international !

Ue telle langue construite a également la capacité de s'adapter aux languages spécialisés qu'ils soient juridique, économique, commercial, scientifique, littéraire ou poêtique. A preuve les bibliothèques de livres et de documents existant aujourd'hui dans ces différentes disciplines. Elle pourrait constituer la langue-pivot idéale pour la commuauté européenne, sa trentaine de langues nationales (en attendant mieux !) et ses coûts exorbitants de translation et de traduction simultanée.

Ne manque qu'une chose : la volonté politique ! Quel dirigeant osera affronter le monstre économico-linguistique anglo-américain ? Cela viendra-t-il d'un pays émergent (pourquoi pas les chinois !) ou d'un groupe de pays lassé de l'écrasante tutelle culturelle américaine ?

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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 13:37

 

Dans notre grande revue des Maréchaux du premier Empire, nous avons vu successivement ceux que l'on a classé (arbitrairement, selon nos propres critères et sans tenir trop compte de leur popularité historique) au "top" puis un malchanceux accablé (Grouchy). Aujourd'hui, nous nous proposons d'examiner l'une des figures les plus pittoresques de l'époque :

Le Maréchal François-Joseph LEFEBVRE, duc de Dantzig.

 

 

Le goût des choses militaires lui fut sans doute transmis par son père, hussard du Roi ou gendarme selon les légendes. Tôt orphelin, il est recueilli par un oncle curé qui se met dans la tête de faire de ce neveu-là son successeur au service de Dieu. L'enfant gardera de l'enseignement de son oncle une solide formation en français, en Allemand (il faut dire au passage qu'il est né à Rouffach, en Alsace ce qui a dû grandemant faciliter la maîtrise de cette langue) mais aussi en grec et en latin ! S'il a des dispositions pour les langues, notre jeune gaillard n'en a guère pour les affaires d'église. Fatigué des soins et sermons de l'oncle, voilà notre adoslescent (il a alors 17 ans) qui fugue et s'enfuit vers Paris, balloche à l'épaule et dormant dans les fossés ! Sitôt arrivé, il s'engage dans les Gardes Françaises du Roi.

Après 10 ans de services, le voilà promu sergent. Nous sommes en 1782. Il épouse une blanchisseuse de la rue Poissonnière (la future fameuse madame "Sans-gêne" de la Cour impériale) qui lui donnera 14 enfants (les femmes étaient prolifiques à cette époque-là mais la mortalité infantile était terrible. 13 n'atteindront pas l'âge adulte !). Il est lieutenant en 1789 et son comportement pendant les émeutes de Paris sera celui d'un homme de devoir, fidèle à son serment. Il protégera le départ pour l'émigration de ses supérieurs et sera blessé en défendant la famille royale lors de son transfert aux Tuileries. Quand la République est instaurée, il sert d'abord dans la Garde Nationale puis va faire une carrière fulgurante aux armées du Nord où nous le retrouvons Général de brigade en 1793 puis Général de division en 1794 sous les ordres de Kellermann, un autre fameux général alsacien. Devenu Gouverneur de Paris, son soutien va être déterminant pour la réussite du coup d'Etat du 18 Brumaire qui amène Bonaparte au Consulat puis bientôt à la tête du pays. C'est lui qui pénètre (et non pas Murat), l'épée à la main dans la salle de réunion des Cinq-Cents et qui les expulse "manu militari", à la tête de ses grenadiers.  Napoléon le récompensera en le faisant sénateur en 1800 puis Grand-aigle de la Légion d'honneur et enfin Maréchal en 1804 lors de la première grande série de nominations militaires.  Ses rudes manières et le comportement de son ex-lingère de femme vont le desservir auprès de l'Empereur qui s'irrite que sa Cour impériale ressemble à un corps de garde !

Napoléon n'utilisera les talents militaires de notre nouveau Maréchal qu'à partir de 1805 et notamment lors de la campagne d'Allemagne de 1806 au cours de laquelle il commande à Ièna l'infanterie de la Garde impériale. En 1807 il va s'illustrer lors de la campagne contre la Prusse et après la bataille d'Eylau il va accomplir son fait de guerre le plus éclatant en s'emparant de la forteresse de Dantzig, ce qui lui vaudra de recevoir le titre de Duc. A ses artilleurs qui lui font part de leurs difficultés techniques lors du siège il a cette réponse superbe de soldat fonceur : "Je n'entends rien à vos histoires mais faites-moi un trou la-dedans et j'y passerai !"

L'année 1808 va le trouver en Espagne où il remporte de nombreuses batailles contre les espagnols mais aussi contre les anglais qui ont débarqué sur le continent. En 1809 il sert en Allemagne où sa connaissance de la langue est des plus utiles. Il va commander notamment l'armée du Tyrol sans toutefois venir à bout d'une révolte nationale. D'une fidélité sans faille, il va, à la tête de la Vieille Garde, accompagner l'empereur en Russie d'abord puis jusqu'aux ultimes combats de la campagne de France de 1814. Il ne le quittera qu'après la première abdication. Fait Pair de France par Louis XVIII, il vote par pragmatisme la déchéance de l'Empereur mais se ralliera à lui lors des Cent jours. Son âge et ses infirmités ne lui permetront pas de participer à la fin de l'épopée napoléonnienne. Il mourra en 1820 et sera enterré au Père Lachaise à côté du tombeau de Masséna.

Profil sympathique que celui de cet homme du peuple plongé dans les tourmentes historiques de son époque. Personnalité fort pittoresque aux manières frustres, c'est un homme bourru mais juste, au caractère trempé, populaire car proche de ses hommes qu'il emmène au combat avec la courage et la bravoure tranquilles du soldat de métier qui fait son devoir jusqu'au bout avec une fidélité sans faille. Voilà un bel exemple d'homme de devoir et de panache aux engagements indéfectibles.

 

 

 

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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 11:09

 

Les progrès spectaculaires réalisés par la science moderne dans l'étude du fonctionnement du cerveau humain et de celui des mammifères supérieurs ont permis d'établir des connaissances scientifiques indiscutables résumées par Claude Allègre dans le dernier chapître de son livre "Un peu plus de science pour tout le monde". L'auteur, excellent vulgarisateur au demeurant, nous donne en termes simples et compréhensibles par tous, un état des connaissances actuelles que l'on résumera succinctement ci-dessous et qui ne manque pas de nous interpeller sur notre propre vision des formes d'activité cérébrale que nous dénommons pensée, rêve, imagination, inventivité, conscience et, en allant plus loin encore, âme.

Place à la science d'abord ou plus exactement aux neurosciences : C'est le 19ème siècle qui voit leur éclosion dans la découverte des éléments fondamentaux du fonctionnement du cerveau. On va ainsi passer des connaissances élémentaires au plus complexes à travers les travaux de nombreux savants dont beaucoup passeront à la postérité. C'est d'abord la découverte du Cortex et de ses zones d'activité par Gall puis les zones fonctionnelles spécialisées par Broca et Wernicke, le Neurone et les réseaux neuroniques par Golgi, ce qui aboutira à l'établissement de l'Homoncule ou cartographie des sensations reçues et des ordres donnés par le cerveau. On découvrira bientôt que le fonctionnement du cerveau est de "type global" en ce sens que les zones spécialisées collaborent entre elles via le réseau global neuronal pour aboutir aux fonctions élaborées comme celles de nos 5 sens (sens que nous partageons d'ailleurs avec les animaux qui ont, la plupart du temps, dans ces domaines des performances nettement supérieures aux notres !). On concevra ensuite que le cortex frontal est le véritable chef d'orchestre de l'activité cérébrale. C'est son extraordinaire développement chez l'homme qui en fera un "être pensant" à la différence des animaux...quoique la distinction ne soit pas aussi nette que d'aucuns l'auraient souhaité ou aimé croire, au vu de récents travaux sur les performances cognitives de certains de nos cousins singes...dont nous nous séparames il y a seulement quelques millions d'années (c'est-à-dire rien en terme d'évolution de l'Univers). On va également prendre conscience de la formidable complexité du réseau neuronal (100 millions de milliards de connexions possibles) à laquelle rien ne semble ressembler dans l'Univers connu. Et puis on va commencer à savoir répondre à la question : Comment çà marche ? en découvrant l'influx nerveux (composé d'impulsions électriques constantes de 20 millisecondes et de 100 millivolts) et sa propagation (quelques dizaines de mètres à la seconde, ce qui peut paraître lent comparé à la vitesse des circuits électroniques), les canaux ioniques, les synapses, les neurotransmetteurs ou inhibiteurs (molécules chimiques dans les deux cas)) qui transmettent ou bloquent l'information entre les synapses, ce qui explique au passage le rôle des drogues médicinales ou autres sur le comportemet cérébral, le rôle des enzymes et des gènes dans les processus cérébraux. Bref, tout un chacun comprendra que l'on aborde avec l'étude du comportement du cerveau un domaine hyper-complexe dont on est loin d'avoir perçé tous les secrets ! On va enfin comprendre aussi ou, pour le moins, se faire une bonne idée des processus physiologiques de la mémorisation (sur laquelle nous reviendrons) immédiate et longue. 

Nous voilà donc armé d'un arsenal scientifique qui nous éclaire, même si bien des choses échappent encore à l'investigation, sur les principes de fonctionnement de notre cerveau. Les nouveaux outils à notre disposition, en permettant l'expérimentation et l'établissements de faits scientifiques nous ont fait définitivement quitter les domaines de l'imagination et de la pure spéculation des siècles précédents. Est maintenant directement accessible la réalité physiologique correspondant à notre moi profond, c'est-à-dire, à nos idées, nos réflexions, nos inventions et phantasmes, nos rêves, notre imagination, en somme notre pensée, notre conscience voire notre âme...au risque de bousculer sérieusement nos idées ou nos certitudes sur des sujets aussi fondamentaux surtout quand le spirituel et le religieux s'en mêlent ! 

Une première vérité essentielle doit être prise en compte : Le stockage des informations dans notre cerveau correspond à un processus très concret. Nous codons et enregistrons les images et les sons tels que nous les percevons. Tout objet perçu va être codé sous forme d'un graphe, c'est-à-dire d'un réseau de neurones activé. Le "graphe neuronal" comme l'appelle JP Changeux est une réalité physique, une représentation fidèle de la réalité, pas un concept "éthéré" ou théorique. L'objet réel est ainsi devenu "objet mental" que nous allons pouvoir revoir "en pensée", réutiliser, modifier, associer à d'autres objets, intégrer dans d'autres contextes, etc... A partir de là et en sachant que les liens neuronaux sont souples et flexibles, il est facile d'imaginer que le cerveau sous l'influence d'une stimulation (externe ou interne) va pouvoir associer, modifier, combiner, mélanger les objets mentaux qu'il détient pour en créer de nouveaux. Le langage en est un exemple "parlant" : A partir de mots, de phrases, de textes stockés en mémoire, le cerveau va pouvoir créer de nouvelles phrases, de nouveaux discours, de nouveaux concepts. Nous voici aux portes de la pensée abstraite.

Deuxième notion essentielle : La combinatoire neuronale et la souplesse des réseaux neuronaux permettent de construire de nouveaux graphes neuronaux synthétiques qui ont une réalité physique dans le cerveau mais qui sont fictifs par rapport au REEL. Nous voici en train de "penser" c'est-à-dire de manipuler physiquement via notre cerveau des objets mentaux. Cette aptitude à la pensée, si on la laissait à l'état sauvage, ne s'éléverait sans doute que peu au-dessus de la condition animale. Vont entrer en jeu l'apprentissage, la formation puis l'enseignement afin d'apprendre à domestiquer, à organiser rationnellement cette pensée, à accumuler des connaissances mais aussi à les gérer harmonieusement. La pensée abstraite, représentation neuronale du monde, est ainsi constituée d'éléments tout aussi concrets que le monde extérieur dont elle construit une représentation. Façon de dire que nos idées ne sont pas des notions "éthérées" qui flotteraient dans l'espace. Elles ont un réalité physique sous forme d'objets neuronaux. Quand on dit à quelqu'un : "mes idées, je les garde pour moi !" on ne pense pas si bien dire. Elles sont concrètement dans notre tête et nulle part ailleurs !

Troisième notion essentielle : Le cerveau est une machine qui fonctionne en "massivement parallèle" et d'une manière statistique permettant de corriger par le grand nombre de transmissions instantanées les petits dysfonctionnements locaux d'origine chimique ou électrique. Le cerveau fait continuellement du "multitâches" comme disent les informaticiens, c'et-à-dire qu'il est capable de procéder à une multitude d'opérations en parallèle (parfois en "s'embrouillant" un peu, chez les sujets "émotifs" en particulier ou chez les vieillards !). N'oublions pas qu'il a à sa disposition des quantités phénoménales de connexions possibles !. Sa "puissance" va dépendre de l'inné (constitution, génétique) mais aussi grandement de l'acquis de connaissances et de l'environnement éducatif (durant la jeunesse notamment).

Que dire maintenant de l'imagination ? Elle va correspondre à la création dans notre cerveau de graphes neuronaux inédits, eux-mêmes combinaisons de réseaux déjà existants et de nouveaux qui vont aboutir à des perceptions nouvelles ou des reconstructions de réalités (externes ou abstraites). Mais du point de vue neuronal, la fabrication d'une situation purement imaginaire sera tout aussi matérielle que le stockage d'une situation observée. Quand on dit de quelqu'un qu'il vit "dans son monde", "sur son nuage" ou "dans sa bulle" on décrit quelqu'un dont le cerveau crée en permanence des interférences entre ses objets mentaux imaginaires et ses objets mentaux observés (ou conçus selon des critères rationnels). Un petit enfant en train de jouer est un autre exemple typique de "mixage" d'objets mentaux sous l'influence du plaisir.

Quid de l'innovation et de la création ? Elles vont consister à rapprocher des graphes neuronaux éloignés les uns des autres et les faire cohabiter sous l'influence de la réflexion, donc d'une activation forte du cortex frontal (on va alors "se creuser" la tête !) que l'on a vu plus haut être le chef d'orchestre et le grand organisateur de la pensée. On peut aussi imaginer des cas de rapprochements fortuits sous une influence extérieure (Newton et la pomme lui tombant dessus pendant sa sieste sous un pommier ou Archimède inventant son fameux principe dans son bain !) Ces rapprochements soudains, on peut aussi les qualifier d'intuitions qui se révéleront géniales, vraies ou fausses selon le cas !. On peut ausi rapprocher ce phénomène à celui de l'impression ressentie devant une situation nouvelle. Le cerveau en éveil fait alors une analyse rapide de toutes les informations perçues en parallèle par nos sens et en propose une synthèse (que notre jugement estimera fiable ou douteuse selon le cas)

Le rêve, quant à lui, procède d'une manière semblable à l'innovation mais cette fois hors du contrôle de la volonté. Au ralenti dans les phases de sommeil profond, le cerveau peut fonctionner "à plein régime", hors de tout contrôle, pendant le sommeil paradoxal (ce qu'on peut mesurer par les rafales d'impulsions électriques qu'il émet). Là, tous les scénarii, tous les mixages de réalités et de fictions sont possibles. C'est l'imaginaire totalement débridé. Certains rêves se répéteront, d'autres seront prémonitoires ou proches d'une situation passée ou sans lien aucun avec la réalité....

Venons-en maintenant à la conscience. On peut distinguer très schématiquement deux niveaux de conscience. Une concience naturelle, primaire qu'on rapprochera de la perception de sa propre existence et de la faculté de pouvoir "penser sur soi", faculté qui semble correspondre à la fameuse discontinuité qui nous sépare des animaux. Là, les choses semblent claires : c'est le fort développement du cortex frontal de l'homme qui lui a permis d'atteindre le niveau de conscience de soi (dans le cadre d'une vie sociale) puis de l'exprimer par le langage. Le deuxième niveau de conscience, quant à lui, est essentiellement lié d'abord à l'apprentissage (pour la survie et l'acquisition d'habitudes ou de comportements) puis à l'éducation pour tout ce qui touche aux activités de la vie sociale, à la maîtrise des techniques, à la culture, à l'éthique, à la morale ou à la religion. C'est d'ailleurs essentiellement par la formation que le cerveau va "se construire" et créer la plus grande partie de ses objets mentaux et de sa propre organisation. Difficile d'imaginer par exemple que la conscience du bien ou du mal soit innée en l'homme sauf à croire en une intervention divine. Sans l'éducation, l'homme ne peut être dirigé, comme l'animal, que par ses instincts de survie, de groupe, de domination ou d'allégeance, ses réflexes de peur ou de plaisir.....La science n'incluant pa le fait divin dans sa démarche ne peut retenir que l'acquis pour la formation de la conscience.

Enfin, qu'en est-il de l'âme ? Tout dépend du point de vue dans lequel on se place et de la vision (spiritualiste ou matérialiste) que l'on a du monde ! Le débat sur la nature de l'âme et son immortalité dure depuis 25 siècles et n'est sans doute pas prêt de s'arrêter ! Cinq siècles avant le Christ, les philosophes grecs Leucippe et Démocrite, bientôt suivis par Epicure donnent naissance à la doctrine matérialiste en niant toute différence de nature entre l'âme et le corps qui naissent, évoluent et meurent ensemble avec retour de leurs constituants dans le grand ballet cosmique des atomes (qui, eux, sont immortels). Fascinante intuition qui se révéle fort proche (la technicité moderne en moins) des positions de la science d'aujourd'hui ! Au cours des siècles puis plus récemment la doctrine matérialiste subira des "ravalements" modernistes concoctés par les Marx, Engels, Auguste Comte, Sartre et d'autres mais le fond de l'affaire ne changera guère ! Les doctrines spiritualistes fluctueront quant à elles au long des siècles en se partageant schématiquement  entre deux courants principaux : Un lien personnel entre Dieu et l'homme (vision judéo-chrétienne et religions monothéistes) ou Principe divin cosmique, "âme du monde" des stoïciens, dont l'âme de l'homme recueillerait une parcelle.

Finalement, tout bien considéré, l'apport des neurosciences a quelque chose de rassurant. Elles nous permettent de mieux en mieux comprendre "comment çà marche" autour de nous et en nous-mêmes en réduisant de plus en plus le "mystère" dû à notre ignorance . Nous sommes maintenant moins naïfs et moins crédules devant les phénomènes naturels. On nous fera de moins en moins "prendre des vessies pour des lanternes" (quoique...!) mais rien n'empêchera jamais à l'homme de croire, contre vents et marées, en un grand principe universel (qu'il appelle Dieu, Nature ou grand Horloger) et à une autre vie au-delà de sa mort charnelle. Le besoin de croire qui est au-delà du rationnel sera toujours plus fort que la raison raisonnante. 

L'esprit mènera le monde encore bien lontemps...!

 

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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 10:22

 

Le SRM a déjà été évoquée par deux fois sur ce blog. Une première fois, en janvier dernier, pour en donner une description inspirée des écrits de l'économiste américain Joseph STIGLITZ, prix Nobel d'économie et une deuxième fois, tout récemment, pour en faire l'historique depuis sa création à la fin de la deuxième gerre mondiale. Ces deux articles aboutissaient à la conclusion que l'équilibre des finances mondiales et leur aptitude à accompagner le développement économique harmonieux de la planète rendaient nécessaire et urgent une profonde réforme du Système de Réserve Mondial afin de faire face aux redoutables défis de notre futur proche et lointain qui ont pour noms : soutien au développement des pays pauvres, évolutions démographiques, échanges équilibrés entre blocs économiques à la fois rivaux et partenaires, gestion des ressources non renouvelables ou réchauffement climatique.

Le système financier mondial fonctionne mal. Ceci est une évidence pour les économistes professionnels mais aussi pour les gens qui, avec leur bon sens, s'intéressent à l'évolution du monde. On pourrait même dire que ce système marche sur la tête quand on en regarde les résultats ! En effet, d'une manière globale, on constate que les flux d'argent vont du Sud (les pays pauvres ou en développement) vers le Nord (les pays riches ou développés), ce qui est pour le moins paradoxal ! De quoi donc sont composés ces flux, est-on en droit de se demander ? Eh bien, pour partie des gigantesques dettes contractées (sur les mauvais conseils du F.M.I.) par les pays pauvres pour leur développement et pour autre partie de l'acquisition de Bons du Trésor américains et (de plus, en plus) d'autres pays à monnaie forte en vue de la constitution de réserves monétaires nécessaires pour inspirer confiance au marché financier. Et ces réserves, suite aux crises récentes de 1997 dans le Sud-est asiatique notamment, ont augmenté dans des proportions telles q'elles représentent environ 30% du PIB des pays développement soit un montant estimé à fin 2006 de 3.350 MILLIARDS de dollars ! Ainsi donc le système financier mondial est, à la fois, générateur d'un haut degré d'instabilité économique et financière et constitue une gigantesque "pompe à dollars" fonctionnant à l'envers, au détriment des pays pauvres et en développement ! Facteur aggravant, la faible rémunération de ces réserves imposées par le système représente un coût exorbitant pour les pays concernés qui ont désespérèment besoin d'emprunter (à des taux beaucoup plus élevés et à court terme, d'où un gros facteur de risque supplémentaire) pour subvenir aux besoins de leurs populations. Le différentiel de taux d'intérêt  entre les emprunts à court terme et les réserves, qui représentent effectivement le "coût des réserves" (et ce que les économistes appellent les "coûts d'opportunité") est estimé de l'ordre de 10% ! Un simple calcul montre que le coût de ces réserves s'élèvent aujourd'hui à plus de 300 milliards de dollars soit le QUADRUPLE de l'aide des pays riches aux pays pauvres ! Cela laisse rêveur !

Le SRM, tel qu'il fonctionne aujourd'hui, représente donc un coût très lourd pour les pays pauvres et en développement. Il profite d'abord aux pays riches et notamment aux Etats-Unis détenteurs de la seule monnaie de réserve officielle (même si cela est de moins en moins vrai !) mais son principal défaut n'est pas là ! En "gelant" dans les réserves d'aussi colossaux montants monétaires, il engendre une DEPRIME de l'économie mondiale. Ces réserves, mises en quelque sorte "sous clef", sont stérilisées et ne sont pas dépensées en investissement et en consommation, réduisant d'autant la "demande globale mondiale", thermomètre de l'économie planétaire. Mesurons plus précisèment l'ampleur du problème : L'ensemble des pays détient à ce jour plus de 4.500 milliards de dollars à titre de réserves avec un taux de progression de l'ordre de 17% / an ! Autrement dit, chaque année, 750 milliards de dollars de pouvoir d'achat sont retirés de l'économe mondiale, comme si on les enterrait ! Il faut donc que ce déficit de demande globale mondiale soit compensée d'une manière ou d'une autre pour ne pas affaiblir l'économie mondiale et l'entraîner vers la récession. Un seul pays peut compenser ce déficit, les Etats-Unis devenus le consommateur de dernier ressort, le pays aux déficits abyssaux, le pays le plus riche du monde et vivant très largement au-dessus de ses moyens ...mais jusqu'à quand ? On en est arrivé à cette situation absurde dans laquelle la bonne santé de l'économie mondiale est à ce jour dépendante des folles dépenses des ménages américains et du laxisme monétaire de leur gouvernement ! Cette situaton absurde est en même temps terriblement dangereuse car son équilibre tient à un fil : la confiance accordée par le monde à la monnaie américaine. Que cette confiance s'amoindrisse ou s'écroule suite à un événement inattendu et c'est le monde entier qui coure à la catastrophe (sous la forme prévisible d'une sévère DEFLATION mondiale engendrée par l'inévitable hausse brutale des taux d'intérêt américains destinés à soutenir le dollar).

Il ne s'agit pas de pure spéculation ou d'une vue de l'esprit ! On a assisté dans un passé récent à de brutales fluctuations du dollar, notamment une chute de 37% de sa valeur par rapport à l'Euro entre février 2002 et décembre 2004. Dans un passé plus lointain, au cours des années 70, le dollar soumis à des attaques spéculatives a dû abandonner sa convertibilté en or et laisser les marchés financiers déterminer son taux de change. Le SRM dans sa forme actuelle est donc générateur d'INSTABILITE. Pire, il souffre d'un mal caché fondamental : il s'AUTODETRUIT ! En effet, le pays à monnaie de réserve est conduit à s'endetter de plus en plus avec pour conséquence de rendre sa monnaie inapte à jouer un rôle de monnaie de réserve !

Devant de tels risques d'instabilité et d'autodestruction, des réactions se font jour. Des banques centrales importantes (celles de Chine et du Japon notamment) ont décidé de diversifier leurs réserves dans le but de réduire le risque lié au dollar et de mieux gérer la valeur globale de leurs avoirs. Elles ont constaté que le dollar est devenu, de part son instabilité et son taux de change, un mauvais instrument pour stocker de la valeur. Aujourd'hui, du fait d'un taux d'intérêt proche de zéro du Yen, les épargnants japonais préfèrent acheter de l'Euro plutôt que du dollar, poussant par-là à la hausse la monnaie européenne. C'est un exemple parmi d'autres du remplacement du dollar par l'Euro devenu, de fait, une deuxième monnaie de réserve. D'autres initiatives vont plus loin et visent à remplacer le système à une ou deux monnaies de réserve par un système d'"échange de réserves". Le Japon avait été le promoteur d'une telle solution au plus fort de la crise asiatique dans les années 90. Ce projet a été repris en 2000 par les Etats du Sud-est asiatique, membres de l'ASEAN, dans le cadre de l'initiative de CHIANG MAI de coopération économique et financière régionale visant à mieux résister aux crises financières futures. Tout récemment encore, les Etats d'ASIE de l'EST (ASEAN plus le Japon, la Chine et la Corée du Sud) viennent de décider la mise en oeuvre d'un système multilatéral de devises croisées sans toutefois aller jusqu'à envisager une monnaie unique asiatique sur le modèle de l'Euro, les contentieux historiques étant encore trop importants entre le Japon et ses voisins. Dans un tel système, l'échange croisé de réserves revient à créer un système coopératif d'assurance mutuelle, ce qui est le but naturel recherché.

Le SRM dans sa forme actuelle et pour en corriger les défauts les plus évidents se présente de plus en plus comme un système HYBRIDE. Le moment semble donc venu d'une REFORME FONDAMENTALE, ce qui nous ramène à la solution, d'une simplicité remarquable, proposée par KEYNES lors de la céation du F.M.I. : créer une monnaie fiduciaire nouvelle (il l'avait baptisée le "Bancor") qui servirait de monnaie de réserve pour tous les Etats. A noter qu'un premier pas avait été fait dans ce sens mais d'une manière épisodique et sans une généralisation efficace par le F.M.I. avec la création des DTS (droits de tirage spéciaux). La proposition de réforme de STIGLITZ vise à étendre le concept de nouvelle monnaie fiduciaire qu'il baptise "greenbacks mondiaux" et qui aurait le fonctionnement simplifié suivant :

            - Versement annuel par chaque Etat adhérent d'une contribution d'un montant spécifié (fonction de sa puissance économique) à un Fonds de Réserve Mondial qui émettrait simultanèment des "greenbacks mondiaux" pour le même montant et les remettrait à l'Etat membre pour qu'il les garde dans ses réserves, lui permettant d'acquérir de ce fait un actif (sous la forme d'une créance sur les autres Etats). 

            - Dans l'état actuel des taux de changes flottants, la valeur des "greenbacks mondiaux" détenus uniquement par les banques centrales, serait définie par la moyenne annuelle ou pluriannuelle d'un panel de quelques monnaies parmi les plus importantes.

           - Possibilité, en cas de crise, de tranformer l'actif décrit ci-dessus en convertissant les "greenbacks mondiaux" correspondants en dollars, euros, yens ou toute autre monnaie nationale selon les besoins (achats de nourriture ou d'équipements, recapitalisations,...) 

           - Montant des émissions annuelles de "greenbacks mondiaux" lié aux accroissements de réserves afin d'abolir l'impact dépressif du SRM actuel. Pour un ratio Réserves/PIB à peu près constant et une croissance mondiale de 5% par an, ces émissions annuelles pourraient être d'environ 200 MILLIARDS de dollars voire du DOUBLE si l'on prenait pour base le ratio Réserves/Importations avec une croissance des importations deux fois plus rapide que celle du PIB mondial (40.000 Milliards de dollars).

         - Création d'un mécanisme stabilisateur par compensation/financement des déficits commerciaux mondiaux par une émission annuelle des "greenbacks mondiaux" qui serait prioritairement destinée à la protection ou au développement des biens publics mondiaux (santé, environnement, lutte contre la pauvreté, biodiversité, écologie...) et au développement des pays pauvres.

Pour reprendre une conclusion de Joseph STIGLITZ, cette idée de nouvelle réserve mondiale n'est sans doute pas une idée neuve mas c'est sûrement une idée dont l'heure est venue.

Reste à espérer que les Etats aient la sagesse de l'adopter et de la mettre en oeuvre !         

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 08:30

 

Le dernier nommé des maréchaux de Napoléon ....et même le "dernier des derniers" voire la honte de la corporation si l'on en croît la détestable réputation qui lui a été faite par Napoléon d'abord dans ses mémoires puis par les historiens de l'époque, après la funeste journée du 18 juin 1815 à Waterloo !

L'Empereur lui-même avait à St Hélène trempé la plume dans le fiel lorsqu'il fit écrire par Las Cases dans ses mémoires ce jugement à la fois terrible et définitif : " Le maréchal Grouchy avec 34.000 hommes et 108 pièces de canon a trouvé le secret qui paraissait introuvable de n'être, dans la journée du 18, ni sur le champ de batallle de Mont-Saint-Jean: ni sur Wavres... La conduite du maréchal Grouchy était aussi imprévoyable que si, sur sa route, son armée eût éprouvé un tremblement de terre qui l'eût engloutie...". L'étude critique des différents documents contradictoires produits par l'Empereur sur cette fameuse bataille perdue a, depuis, mis en évidence une certaine mauvaise foi de sa part ou, pour le moins, un souci de justifier a posteriori certaines décisions prises au cours de cette journée en réarrangeant des déplacement de troupes voire en accablant ses subordonnés (il faut bien dire que le choix des Maréchaux qu'il avait fait pour cette campagne de Belgique ne fut pas des plus heureux !) sans trop se soucier de la réalité des faits ! 

Comme quoi, même les grands génies ne résistent pas au besoin très humain de s'auto-justifier lorsque le destin leur devient défavorable.

 

 

Pauvre Grouchy ! Il va payer pour les autres ! Ce brave et courageux soldat, brillant chef de cavalerie, fidèle d'entre les fidèles, aristocrate et fils d'officier noble, fait un début de carrière prometteur dans l'armée royale puis, en 1789 (il a 21 ans) il se prend d'enthousiasme pour les idées révolutionnaires (voilà qui est plutôt sympathique de la part d'un fils de noble famille !) et s'enrôle dans l'armée républicaine dans laquelle il va rapidement franchir les grades vu son expérience des armes. Exclu un moment de l'armée à cause de ses origines nobles, il reprend du service après la chute de Robespierre et devient le chef d'état-major de Hoche en Vendée. Il est désigné comme chef de l'expédition d'Irlande dont le débarquement échoue. Lors de la première campagne d'Italie, sa conduite au feu est remarquable. Ensuite, sous le Consulat, on le retrouve à l'armée du Rhin, sous les ordres de Moreau (le grand rival de Bonaparte à l'époque) participant glorieusement à la victoire de Hohenlinden. Son attachement à Moreau lui vaudra naturellement l'antipathie du nouveau premier Consul et bientôt Empereur. Revenu en grâce en 1806, il va participer à la tête d'une division de dragons aux batailles de Lubeck, Eylau et Friedland et sera plusieurs fois blessé. Envoyé en Espagne, il sera chargé par Murat de mater l'insurrection de Madrid et en sera nommé Gouverneur. Rentré en France, il est de suite rappelé et s'illustre à Wagram. Il devient grand dignitaire de l'Empire. Il participe à la campagne de Russie à la tête du 3ème corps de cavalerie et son rôle sera déterminant à la victoire de la Moskowa pour l'enlèvement des redoutes russes. Il se distingue en protégeant la retraite de la Grande Armée. Au retour en France il se fâche avec l'empereur auquel il réclame sans succès (il a alors 45 ans et les grandes chevauchées ajoutées à ses multiples blessures lui sont devenues sans doute pénibles) un commandement d'infanterie. Fidèle à son serment il reprend toutefois du service dans la cavalerie lors de la campagne de France de 1813. Il est blessé en reprenant Troyes puis de nouveau et grièvement à Craonne. Au retour de l'ile d'Elbe, le revoilà au premier rang des fidèles, se mettant au service de la Patrie. Envoyé comme commandant en chef de l'armée des Alpes, il la réorganise et prépare la défense des frontières de Savoie et du Pièmont puis revient à Paris. Devant tant de dévouement, Napolén le fait Maréchal un mois avant la campagne de Belgique et lui confie l'un des 4 corps d'armée qui vont y participer.

 

 

Après avoir battu les prussiens à Ligny le 16, il reçoit de l'Empereur la mission de poursuivre Blücher et de l'empêcher de joindre ses forces à celles de Wellington. Cette mission s'avérera essentielle pour la suite des évènements : Napoléon veut maintenir les 4 corps de Blücher au large du Mont St Jean où il veut maintenant battre les anglais de Wellington. Les corps de Blücher battus le 16 par l'aile droite française ne sont ni détruits ni en déroute. Napoléon les croît hors d'état de nuire pour quelques jours mais ses estimations, sur la base de rapports optimistes concernant la retraite prussienne, sont fausses. Première erreur funeste. Les prussiens ne font pas retraite. Blücher est un dur-à-cuire et un chef expérimenté. Il reforme ses corps ébranlés, se replie vers Wavres et laisse son 4ème corps intact en rideau devant Grouchy pour cacher ses intentions. Dans la journée du 17 et la matinée du 18, il dirige ses forces vers l'aile gauche de l'armée anglaise qui attend l'assaut des français à Mont St Jean. Le contact n'a jamais été interrompu entre Wellington et Blücher, ils ont su parfaitement coopérer et coordonner leurs opérations. Ce sera la clef de leur victoire. A l'inverse, le contact n'a pas été ou mal assuré avec l'aile droite de Grouchy et là, la responsabilité en incombe d'abord à Soult, chef d'état-major en remplacement de Berthier et donc responsable de la coordination des 4 corps français. Soult n'a pas cru ou voulu croire (suivant en cela aveuglèment le sentiment de Napoléon) à un retour de Blücher et il a tout bonnement négligé, par légèreté, manque de rigueur ou incompétence, la liaison avec l'aile droite française.  Quand, dans l'après-midi du funeste 18 juin, les corps de Blücher vont jaillir sur le champ de bataille de Mont St Jean et assaillir le flanc droit français, il sera alors trop tard pour rappeler Grouchy que l'on a laissé sans ordres et la bataille sera perdue. 

Pour l'orgueil français et la réputation de l'empereur, il fallait des responsables à ce désastre. On ne chargea pas trop le Maréchal Ney, le "brave des braves", le héros de la retraite de Russie, celui qui sera fusillé pour sa fidélité à l'Empereur. Et pourtant, il n'avait pas été très bien inspiré pendant toute cette affaire. Il aurait pu bousculer les anglais dès le 16 et les empêcher de se mettre dans une forte position défensive (la grande spécialité de Wellington) le 17. Houspillé par l'empereur et voulant réparer sa bourde il pêchera par la suite par excès de précipitation, lancant ses escadrons sur les carrés anglais sans préparation d'artillerie suffisante, ce qui revint à les envoyer au massacre, la puissance de feu anglaise étant redoutable. Il accumulera ainsi les fausses manoeuvres à la grande colère de Napoléon qui ne semblait déjà plus maîtriser la situation. A cinq heures, les carrés anglais n'étaient pas rompus..et Blücher survint !

On ne s'en prit pas trop non plus au maréchal Soult, le héros d'Austerlitz, le "premier manoeuvrier d'Europe" comme l'avait ou l'aurait appelé Napoléon après son assaut victorieux sur le plateau de Pratzen. Pourtant son incompétence en tant que chef d'état-major, semble avoir été notoire. Durant cette campagne, ses ordres brouillons, ses contre-ordres, avaient semé la pagaille dans les corps d'armée et sans doute aussi perturber la confiance dans la tête de leurs chefs. Son manque de contrôle de l'aile droite avait conduit tout droit au désastre. On ne s'en prit pas plus à la troupe peu aguerrie, peu expérimentée parce que trop jeune qui, en partie, s'était débandée à l'arrivée des prussiens. Restait le bouc-émissaire parfait, le tout nouveau Maréchal Grouchy qui n'avait pas su neutraliser Blücher et, qui plus est, entendant la furieuse canonnade de Mont St Jean n'avait pas osé transgresser les ordres de Napoléon malgré les supplications de plusieurs de ses officiers. Imperturbable, il avait décidé, non pas de"marcher au canon" comme sans doute son instinct lui suggérait mais bien de continuer à talonner le corps prussien en rideau devant lui, le battre à Wavres puis s'ouvrir la route de Bruxelles...alors que le sort de la bataille se jouait au Mont St Jean ! Apprenant le 19 le désastre français il se repliera sur Reims en ordre après s'être frayé un chemin au travers des armées anglaises et prussiennes !

Alors, que penser d'un tel chef de corps ? On ne peut guère lui reprocher des idées de trahison (à la différence de bien d'autres !). C'était un fidèle absolu. On ne peut non plus lui reprocher de la couardise. Ses conduites au feu et ses multiples blessures témoignent de son courage physique. On peut certes lui reprocher de s'être fait "enfumer" par Blücher, de ne pas avoir surveillé d'assez près les mouvements ennemis ou d'avoir trop attendu des ordres de l'Etat-major qui venaient pas. Que ne les a-t-il sollicités, ces fameux ordres, pensera-t-on ! Pas si simple car c'était alors risquer d'agacer l'Empereur qui n'appréciait guère les recommandations ou les injonctions de ses officiers, surtout sur le champ de bataille ! Sans doute est-ce sa confiance absolue dans le génie militaire de Napoléon qui l'aura retenu d'outrepasser des ordres défaillants plus que la crainte de faire mal ou l'indécision d'un chef dépassé par les évènements ou ayant, selon le moderne principe de Peter, atteint son niveau d'incompétence. Ce baroudeur aux multiples campagnes connaissait trop l'importance de la discipline au combat et n'agissait pas sans ordre. Si l'Empereur avait besoin de lui, il l'appellerait. Point barre ! La vraie raison de son attitude est sans doute là.

Cela lui valut, au regard de l'Histoire, l'injustice d'être considéré comme le principal responsable de la défaite. A Marengo, le futur Napoléon avait été sauvé d'une défaite similaire par l'arrivée d'un Desaix qui, lui, n'avait pas hésité à "marcher au canon" ! Mais à cette époque-là, on se battait à l'instinct. C'était la victoire ou la mort (la guillotine fut un temps la sanction des généraux vaincus !). Les Etats-majors étaient peu garnis et les généraux surveillés par les commissaires de la république ! C'était encore le temps des élans héroïques et des grands meneurs d'hommes. En 1815, Grouchy n'était pas Desaix, l'élan héroïque avait fait place au doute, le pays était fatigué. Les meneurs d'hommes, usés par trop de campagnes, ne croyaient plus beaucoup en l'étoile d'un maître lui-même fatigué, bedonnant, sans doute miné par la maladie  et qui n'avait peut-être plus cette fameuse "vista"qui, selon le mot de Wellington, valait 50.000 hommes sur le champ de bataille. C'était la fin d'une époque militairement glorieuse mais économiquement et socialement désastreuse. La paix revenait enfin ...mais avec elle l'ancien régime !

 

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 09:36

 

Sentiments bien mitigés hier soir à l'annonce des résultats du premier tour de l'élection présidentielle. On avait gardé jusqu'à la fin l'espoir d'une grande surprise mais on savait que cet espoir ne s'appuyait guère sur des données solides. La répétition, sondage après sondage, de l'avance systématique de plusieurs points de Ségolène sur Bayrou sans réelle tendance au resserrement lors des derniers jours ne laissait, sans être un expert statisticien, que peu de place au doute et si les caciques socialistes ont angoissé jusqu'à la fin, c'est d'abord à cause de leur traumatisme de 2002 et ensuite de leur piètre talent en mathématiques !

Du côté des bonnes nouvelles, c'est d'abord les 6.820.000 électeurs qui se sont prononcés pour le changement des règles politiques dans la conduite des affaires du pays. C'est un très beau succès qui fait renaître un Centre arbitre. Succès malheureusement insuffisant pour changer profondément la donne et dynamiter une bonne fois ce clivage gauche - droite qui fige depuis cinquante ans les forces politiques françaises dans des attitudes à la fois imbéciles et suicidaires avec les résultats économiques que l'on connaît depuis 25 ans ! Succès insuffisant, en effet, car sans trâce de scrutin proportionnel même limité, le nouveau Centre a bien peu de chances de se faire entendre. Le risque est même grand de le voir se faire laminer lors des prochaines élections législatives par la loi d'airain du scrutin majoritaire à deux tours qui va réinstaller pour 5 ans les forces traditionnelles de gauche et de droite à l'Assemblée Nationale. Et nous voilà reparti pour une législature de débats stériles qui font la honte de notre démocratie et dont se gaussent les étrangers qui assistent aux débats publics du mercredi à l'Assemblée Nationale, d'anathèmes vengeurs, d'accusations de bêtise, d'incompétence, d'irréalisme, d'ultra-libéralisme, de soumission au capital, d'indignations hypocrites, d'effets oratoires inutiles, de lois défaisant les lois précédentes, etc....Bref, une gabegie de talents et de temps. Voilà ce qui attend notre pays qui a pourtant tant besoin de réformes pofondes !

On qualifiera aussi de bonnes nouvelles le relatif laminage des extrêmes et d'abord du Front National (même s'il conserve ses presque 4 millions d'électeurs) qui pousse la bêtise jusqu'à proposer au pays un véritable suicide économique par le retour au Franc (on imagine la spéculation mondiale qui se déchaînerait contre notre monnaie au vu de nos résultats économiques ! Obligés de remonter en catastrophe les taux d'intérêt pour protéger le Franc, nous irions tout droit vers la dépression économique ! Ils sont très forts les économistes du FN ! à se demander où ils ont fait leurs études ! ), le rejet de l'Union Européenne (nous serions au ban de l'Europe, position sympathique s'il en est et si favorable aux affaires !) et la fermeture des frontières (comme si on en était encore au 19ème siècle et comme si nous étions encore totalement maîtres de notre destin national dans une économie mondialisée !) De l'autre côté de l'échiquier politique, les "zozos" de la "gauche-gauche" sont, eux aussi, heureusement laminés même si leur cumul (Schivardi + Bové + Laguillier + Voynet + Buffet + Besancenot) regroupe autant d'électeurs que le FN (en gros 3,9 millions). Grosso modo on se retrouve donc aujourd'hui dans une configuration de type 80/20 (cette fameuse règle que l'on retrouve décidèment partout !) entre des partis de gouvernement et des extrêmes de contestation.

Cela pourrait constituer une bonne situation pour la mise en place d'un consensus national dans la conduite des affaires et dans le cadre d'une effective social-démocratie. Hélas, on sait d'avance que ce consensus n'aura pas lieu. Les forces traditionnelles de Gauche, les éléphants, les caciques, les cadres, les élus socialistes et bien sûr les zozos de la gauche-gauche vont hurler (on les entend déjà !) au rassemblement contre la droite. "Tous contre Sarko ", voilà un beau slogan, simple, efficace, très "agit-prop" d'une certaine époque. On descendra dans la rue, s'il le faut (Besancenot) pour faire obstacle à la droite ! Les  sociaux-démocrates vont bien sûr se tapir dans leur tanière pour ne pas se faire éjecter lors des prochaines législatives toutes proches et le pari socialiste fera, à nouveau, allégeance à ses alliés d'extrême gauche, réduisant d'avance à néant - s'il advenait qu'il arrive au pouvoir -  toute velléité de réforme profonde et sérieuse du système français. Les "forces de progrès" auront triomphé et on pourra continuer à vilipender le capitalisme, cause de tous les maux du peuple qui souffre et qui en a marre ! Simulation de démagogie ? Le croyez-vous vraiment ?

Et si Sarko gagne comme l'annoncent les sondages du deuxième tour ? Ses déclarations d'amour au petit peuple suffiront-elles à amadouer les "masses travailleuses et populaires" (pour reprendre une formule de Georges Marchais, le fort regretté dirigeant communiste des années 70 dont l'humour et la drôlerie involontaires illuminaient les débats de l'époque) . Il faut reconnaître qu'il fait fort dans le genre, SuperSarko ! Il nous avait déjà étonné récemment avec sa déclaration publique d'amour à "Momône" Veil chargée de rameuter les troupes centristes et de tirer à boulets rouges sur le traître Bayrou (qui ne "représente que lui-même" selon notre Egérie : bravo pour les 7 millions d'électeurs qu ont voté pour lui !). Voilà qu'il récidive hier soir avec des accents déchirants en évoquant" tous ceux que la vie a brisés, aux malades, aux handicapés, aux personnes âgées, à tous ceux qui ont trop souffert ...Le plus faible a droit à autant d'amour, de respect, d'attention, que le plus fort...Bref, le nouveau rêve français". Impressionnante déclaration. L'ennui avec Sarko, c'est qu'il en fait toujours un peu trop quand il fait le gentil et quand on le voit quelques instants après, entouré de belles nanas très "16ème" frimer dans une belle bagnole, on est amené à se dire (par pur "mauvais esprit", rassurez-vous !) qu'il doit préférer cette compagnie-là à celle des caissières de supermarchés !  Tout grand homme n'a-t-il pas ses faiblesses ! Ses goûts sont décidèment très à l'ouest du "9-3" !

Dans ce cas probable d'un victoire de Sarko, que se passera-t-il ? N'ayez aucun souci, braves gens ! Tout le "peuple de gauche" (socialistes inclus évidemment, les syndicats, les fonctionnaires, tous ceux qui ont intérêt à ce que rien ne bouge) se lèvera comme un seul homme pour contrer les forces brutales du capitalisme financier et ses séides umpistes. Fi de la décision du peuple par son vote ! Le peuple a raison quand il vote à gauche, pas quand il vote à droite ! (dans ce cas-là, on a abusé de sa confiance. Cà, c'est de la lucidité de gauche !) Tout sera mis en oeuvre pour empêcher la droite de gouverner. Le feu dans les banlieues, les manifestations de masse, les grèves dans les services publics, nous aurons droit, c'est à craindre, à "la totale" !

On aura alors bouclé la boucle en retrouvant intactes voire renforcées les conditions conflictuelles de la gestion du pays. Il nous restera à patienter à nouveau cinq ans pour que l'espoir d'un consensus national se lève à nouveau ! Et pendant ce temps-là, braves compatriotes, vous pourrez pleurer sur le temps perdu, en patientant sur les quais de gare et de métro, en pensant à vos retraites amputées et en regardant les chinois, les brésiliens et autres indiens mais aussi nos amis européens et américains nous tailler des croupières dans les marchés internationaux, faire main basse sur nos fleurons industriels et autres et regarder, hilares, nos dérisoires querelles idéologiques franco-françaises en se disant :

"Ah, ces sacrés français, râleurs, chicaneurs, intellos, d'accord sur rien. Ils ne changeront jamais ! C'est comme çà qu'on les aime"  !

 

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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 13:45

 

Ainsi débute le poême de Victor Hugo, fils du général Hugo qui servit sous l'Empire, principalement en Espagne.

  " Waterloo, Waterloo, morne plaine

  "Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine...."

L'un de mes grand-pères me le récitait parfois avec cette sorte de douloureuse nostalgie qui entoure les terribles évènements de notre histoire de France et le gamin de 10 ans que j'étais alors se sentait plein de compassion pour cet empereur déchu, ces dragons hachés par la mitraille anglaise, ces derniers carrés de soldats toujours debouts dans la débandade générale. Nous faisions à l'époque des rêves héroïques...bien loin des jeux vidéos d'aujourd'hui !

Bien triste journée que ce 18 juin 1815. Toute la nuit précédente, il a plu et des rafales de vent glacé n'ont fait que rajouter à la misère du troupier qui grelotte, affamé, sous son manteau trempé. Rien de quoi remonter le moral des soldats voire des officiers déjà fragilisé par les rumeurs qui courent dans les bivouacs. Des officiers supérieurs ont fait défection la veille et ont rejoint le Roi Louis XVIII à Gand, certains Maréchaux (et notamment Soult qui a pris la place de Berthier, suicidé 3 semaines auparavant, auprès de Napoléon) ne sont pas sûrs, l'Empereur est trahi, l'ennemi est plus nombreux, en position défensive et bien au sec (ce qui d'ailleurs est faux mais on prête volontiers  aux autres le confort que l'on n'a pas soi-même). Voilà pour la troupe. Elle est jeune, inexpérimentée (sauf ceux qui ont fait la campagne de France de 1814 et les anciens de la guerre d'Espagne). Les anciens, les "durs à cuire" des campagnes européennes ne sont plus là, épuisés, trop vieux, invalides, usés, morts de faim, de froid, d'épuisement, des blessures infectées, de maladie. L'élan révolutionnaire est un lointain souvenir, ignoré des "Marie-Louises", les jeunes recrues adolescentes de 1813. La confiance absolue dans l'Empereur est érodée par tous les évènements récents, l'abdication, le retour de la royauté, l'occupation brutale du pays par les armées coalisées. Le retour de l'ile d'Elbe a sans doute créé un nouvel élan mais qui tient sans doute autant à la maladresse du régime royal rétabli qu'à l'amour pour Napoléon. Les gens raisonnables savent que c'est un retour sans lendemain. Il durera cent jours.

L'empereur lui-même a changé. Il s'est épaissi, il "bedonne" comme peuvent le constater les troupes passées en revue. Ce n'est plus le jeune général fougueux et anguleux de la campagne d'Italie, capable de chevaucher des jours durant sans repos ni le stratège méticuleux, concentré et maître de la situation à Austerlitz. Un soldat de métier sent ces choses-là et sa confiance n'est plus la même. Les campagnes (et peut-être aussi la maladie) ont usé l'organisme de Napoléon. Il n'a plus la même énergie qui galvanisait tous ceux qui l'entouraient. Il fera même preuve dans la journée du 18 juin, selon des témoins, d'une certaine apathie qu'on lui avait déjà connue lors de la campagne de Russie. Dans la nuit du 17, épuisé il dormira sans avoir le courage de reconnaître par lui-même le champ de bataille du lendemain. Certes, le temps ne s'y prêtait pas. A Austerlitz il y avait aussi le froid et le brouillard (on était alors en décembre) mais alors l'Empereur avait reconnu méticuleusement le terrain dans les jours précédents et avait amené ses ennemis à se battre exactement là où il le voulait. A Waterloo, la connaissance du terrain est sommaire, voire fausse, les cartes peu fiables. Au matin du 18, on ne sait pas où sont exactement les anglais que l'on s'apprêtent à attaquer et on ne connaît pas leurs intentions. Ce sera l'une de ses erreurs mais malheureusement pas la seule lors de cette funeste journée. Epuisé, sans énergie, le génial stratège qui a ébloui l'Europe pendant des années, n'a plus l'oeil à tout, même son fantastique coup d'oeil est mis en défaut (la faible visibilité lors de ces jours-là n'arrange rien). Il semble diriger mollement les opérations et se fie trop à Ney, piètre manoeuvrier qui va épuiser en pure perte sa cavalerie sur les carrés anglais à la redoutable puissance de feu. Il compte sur Soult pour l'organisation générale des corps de bataille mais ce dernier n'arrive pas à la cheville de Berthier et, en plus, il n'est pas impossible qu'il trahisse ! L'un des 4 corps de bataille, suite à des ordres brouillons ou mal transmis, va "se balader" lors des journées des 16 et 17 sur le champ de bataille sans être utile à quoi que ce soit. Le 18, mal engagé et dans une formation inappropriée, il va être taillé en pièces par la charge des dragons écossais. Pire, Soult ne va pas prendre soin de garder un contact étroit (alors qu'on est en pays ami) avec l'aile droite commandée par le maréchal Grouchy, lancé à la poursuite des prussiens, battus le 16 mais pas détruits alors que Napoléon les croit hors d'état de nuire avant plusieurs jours. Autre funeste erreur qui décidera du sort de la bataille. Quand Blücher surgira à la tête de ses 4 corps d'armée sur notre aile droite, en fin d'après-midi du 18 après avoir trompé lavigilance de ses poursuivants, il sera trop tard pour rappeler le corps de Grouchy - situé à une bonne dizaine de kilomètrs à l'est - et l'armée française prise sous trois feux va ployer puis bientôt se disloquer et enfin se replier en ordre voire se débander. C'est la dernière bataille de l'Aigle. Celui-ci tentera par la suite de justifier ses plans et d'occulter ses erreurs en faisant porter la responsabilité du désastre sur les circonstances contraires ou la maladresse de ses Maréchaux (Ney et Grouchy notamment) mais il semble bien que ce triste jour-là, c'est d'abord lui-même qui ait failli !

Et pourtant cette campagne de Belgique avait bien démarré, dans le plus pur style napoléonien. Une concentration efficace et discrète des troupes (pour un total de 120.000 hommes) à la frontière belge, une avancée rapide en trois colonnes vers Charleroi pour se glisser entre Wellington et Blücher afin de les battre l'un après l'autre. Les alliés (anglais, belges, hollandais, allemands et prussiens) qui se concentrent en Belgique savent que la seule chance de Napoléon c'est la surprise et la vitesse. Une grande victoire en Belgique pourrait décourager les autres alliés autrichiens et russes, en cours de concentration, et les amenait à traiter avec l'Empereur français. Il leur faut donc être liés dès que possible et n'accepter le combat qu'en position de force (Wellington est un spécialiste du combat défensif). Napoléon arrive quand même à les surprendre, les séparer et battre Blücher le 16. La première phase des opérations est donc réussie (pas suffisamment puisque Blücher reviendra en jeu le 18 pour le désastre que l'on sait). Reste à détruire les anglais. Et là tout va commencer à aller de travers. C'est d'abord Ney qui traînaille  le 17 et laisse Wellington faire une retraite paisible (à l'annonce de la défaite des prussiens) puis s'installer solidement en bordure de la forêt de Soignies. Les y déloger le 18 épuisera deux corps d'armée ainsi que la cavalerie de Ney. Comble de malchance, le terrain détrempé interdira tout déplacement d'artillerie avant la fin de matinée, retardant d'autant l'offensive sur les anglais et quand les carrés anglais seront sur le point de rompre, c'est Blücher qui décidera du sort de la bataille en surgissant sur notre droite. 

Finalement, cette défaite ne fut-elle pas un bien pour un mal ? Imaginons Napoléon vainqueur à Waterloo. Victoire difficile au vu des circonstances et sans avoir détruit les corps alliés en Belgique. Pas de quoi créer la panique dans le camp adverse et bien difficile de penser que les alliés auraient abandonné la lutte. Ils pouvaient mobiliser un million d'hommes, connaissaient à fond la stratégie napoléonnienne, pouvaient attaquer sur tous les fronts à la fois et savaient la France affaiblie, ses troupes trop jeunes, ses généraux et maréchaux fatigués, hésitants, ne croyant plus guère à la bonne étoile d'un Empereur vieillissant, beaucoup ayant fait allégeance à Louis XVIII ou prêts à se jeter dans ses bras. Ces gens-là, au premier revers, obligeraient Napoléon à une nouvelle abdication. Ce qui advint d'ailleurs, après Waterloo.

L'Empire avait vécu, la France saignée à blanc par 25 ans de guerres quasi-continuelles, retrouvaient ses frontières d'avant la Révolution et le joug d'une royauté tatillonne et revancharde.

Bien triste bilan pour ce quart de siècle de gloire miitaire et de révolution politique !

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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 09:03

 

En janvier dernier dans un premier article sur ce sujet, avait été traitée la situation actuelle du SRM et les risques de crises financières qu'il risque d'engendrer dans un futur plus ou moins proche. Dans ce nouvel article, on revient sur les origines du système afin de mieux comprendre les motivations de sa création puis son évolution jusqu'à nos jours sous l'influence des nombreux évènements qui ont accompagné le développement  mondial depuis le milieu de 20ème siècle.

Le SRM est issu des Accords de BRETTON WOODS de 1944 qui virent aussi la création du fameux FMI (Fonds Monétaire International), accompagné d'autres institutions complémentaires tels que la BIRD (Banque Internationale pour le Développement et la Reconstruction), futur constituant de la BM (Banque Mondiale) et aussi le GATT, précurseur de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce). L'idée directrice des ces accords était d'assurer une sorte de police monétaire internationale afin d'éviter le retour de crises financières aigues de type de celle de 1929 avc son chapelet de conséquences mondiales catastrophiques (grande dépression économique suivie de la seconde guerre mondiale). Le système monétaire imaginé et ratifié à BW reposait sur les 3 règles suivantes : Etablissement d'un taux fixe officiel de chaque monnaie établi sur l'or ou sur l'US dollar convertible en or (le fameux "Gold exchange standard"); Autorisation de fluctuation de ces parités fixes dans la limite de 1%; Défense par chaque Etat de sa parité monétaire via l'équilibre de sa balance des paiements. Le FMI créé dans la foulée avait donc pour mission initiale principale de garantir la stabilité du nouveau système afin de permettre l'essor du commerce mondial. Ses moyens d'intervention seront des prêts accordés aux pays en difficultés. A noter qu'à BW un premier projet de Banque Centrale Mondiale émettant une monnaie internationale avait été présenté par le grand économiste anglais J.M. KEYNES mais aussitôt repoussé par les Etats-Unis, soucieux d'instaurer la suprématie du DOLLAR dans les échanges mondiaux, avec les conséquences que l'on verra par la suite.

Comment fonctionnait donc le FMI dans le cadre des accords de BW ? Ses ressources provenaient des versements des pays membres fixés selon leur puissance économique (les "quote-parts"), lui permettant d'assurer un rôle d'intermédiaire financier entre les Etats en octroyant des prêts aux banques centrales selon leurs besoins et sous certaines conditions (notamment de se conformer au recommandations du FMI sur leur politique monétaire). Sa gouvernance était assurée par un système de votes dans lequel les voix étaient pondérées par la quote-part versée, ce qui assurait une domination écrasante des pays les plus puissants et notamment, bien sûr, les Etats-Unis détenteurs de 25% des droits de vote, d'un droit de véto (ils sont les seuls à disposer de ce pouvoir !) mais aussi bénéficiant de la possession de la seule monnaie de réserve, l'US $ convertible en or, leur pemettant de s'affranchir des règles imposées aux autres Etats concernant les déficits, ce dont ils n'allaient pas se priver par la suite ! En résumé, il s'agissait donc tout bonnement d'un système taillé sur mesure pour assurer l'hégémonie américaine sur le monde dit-libre (l'autre monde étant, quant à lui, sous la domination soviétique). Dans le chaos de l'après-guerre, d'une Europe (Russie incluse) totalement épuisée, d'un Japon détruit et d'une Chine ravagée, c'est la loi du vainqueur donc du plus fort qui s'imposait. Rien de bien surprenant ! Mais un tel système déséquilibré n'allait pas manquer de générer des soubresauts :

Dès 1960 une 1ère crise éclate, résumée par le "paradoxe de Triffin" qui n'a, à ce jour, nullement perdu de sa pertinence si l'on remplace le terme" taux de convertibilité en or" par un autre terme "niveau de confiance" :  Pour alimenter le développement économique mondial les Etats-Unis doivent fournir des quantités de plus en plus importantes de $ (seule monnaie de réserve, rappelons-le) et, en même temps, restreindre leurs émissions de monnaie pour "tenir" le taux fixe de convertibilité du $ en or ! contradiction absolue et insoluble ! Triffin, économiste américain lucide, propose alors la création d'une Unité de compte propre au FMI, convertible en or mais indépendante du $. Cette deuxième tentative de création d'une monnaie internationale est, à son tour, repoussée par le veto américain, pour des raisons faciles à deviner.

A la fin des années 60, nouvelle crise créée par une spéculation contre le $, ce qui provoque en 1968 la suspension puis la suppression de la convertibilité du $ en or par le président NIXON. En 1969, nouvelle tentative de faciliter le financement des échanges par la création des DTS (droits de Tirage Spéciaux) qui sont toujours d'actualité et maintenant basés sur un panel de monnaies parmi les plus importantes.

En 1976, c'est la fin du système de BW et, via les accords de la Jamaïque, le retour au flottement des monnaies. Le FMI perd alors son rôle initial principal de garantie des taux de changes et va se contenter de soutenir, avec un succès très contestable, les économies en difficulté dans le cadre de 3 missions principales : Accorder des prêts; Conseiller (!) les Etats membres en difficulté; Fournir l'assistance technique et la formation nécessaires. On va donc maintenant entrer dans un nouveau système dont l'instabilité va aller croîssante.

Revoyons les règles de fonctionnement mises à jour du FMI : Il y a maintenant 185 membres. Les ressources (210 milliards de DTS soit environ 300 milliards $) sont toujours assurées par les versements de quotes-parts et le système de vote n'a guère changé, assurant de fait le droit de veto aux seuls Etats-Unis. Il existe un Conseil d'administration de 25 membres, où sont présents en permanence les pays le plus puissants en termes économiques. Les décisions sont prises à l'unanimité ou à la majorité qualifiée de 85%. La politique d'intervention auprès des Etats membres a été définie dans le fameux "Consensus de Washington" document ultra-libéral dans lequel les mesures imposées aux pays solliciteurs sont du type remède de cheval, plus apte à tuer le malade qu'à le guérir : Retour à l'équilibre budgétaire par réduction des dépenses (principalement sociales ou d'infrastructure) et augmentation des impôts (pour accabler un peu plus l'indutrie balbutiante ou déjà vacillante et les acteurs économiques !), dérégulation du marché du travail (pour plus de flexibilité dans le sens de la précarité) et moins de protection sociale. Armé d'une telle théorie, le FMI allait réaliser des "miracles" dans les décennies suivantes !

Et les mises à l'épreuve du système monétaire international n'allaient pas manquer dans les dernières décennies du 20ème siècle ! Dans les années 80 c'est la crise de la Dette du tiers-monde qui éclate. Le FMI va imposer aux malheureux pays étranglés par leur dette une politique d'ajustement structurel qui va les enfoncer un peu plus dans la pauvreté. Les années 90 voient l'éclatement du bloc soviétique et le passage brutal d'économies étatiques planifiées  à des économies démocratisées (souvent en apparence, les anciens apparachiks récupérant vite leur pouvoir) et libéralisées (avec tous les excès d'un changement trop rapide et mal contrôlé). Là encore le FMI sera incapable d'apporter une aide efficace. La Russie verra son PIB s'écrouler de 40% en quelques années et sa dette prendre des proportions apocalyptiques ! A la même époque, c'est le Mexique qui entre en crise suite à un endettement excessif. Il n'en sortira qu'avec l'aide (interessée) des crédits commerciaux des Etats-Unis qui vont imposer leur politique économique (pillage des actifs et destruction des industries locales par l'importation libérée des droits de douane des produits manufacturés américains) dans le cadre d'un accord par trop défavorable (ALENA). Dans les dernières années du siècle, les crises s'enchaînent : L'Indonésie, puis la Malaisie, puis la Corée du Sud et en partie le Japon sont pris dans la tourmente, bientôt suivies par l'Argentine. Toujours les mêmes causes liées à un niveau d'endettement excessif suivi d'une perte de confiance des prêteurs réclamant brutalement le remboursement et entraînant le plongeon des pays concernés dans la crise financière. Le FMI accordera des prêts...pour le remboursement prioritaire des créanciers et non pour les corrections structurelles nécessaires ! Bel exemple d'égoïsme des pays riches vis-à-vis des pays en développement ! Les pays du Sud-est asiatique retiendront bien la leçon et on les y reprendra plus ! Quant à l'Argentine elle annulera de son propre fait les 3/4 de sa dette lors du remboursement et se passera désormais des éminents services du FMI !

Bref, à l'aube du 21ème siècle, le bilan du FMI est tout sauf satisfaisant et le système monétaire mondial n'a pas du tout trouvé son équilibre. Il porte toujours en son sein la même contradiction fondamentale liée à l'emploi presque exclusif d'une monnaie de réserve (l'US dollar) dont l'expansion des liquidités (nécessaire au développement des échange mondiaux) est financée par le déficit de la balances des paiements américains ! Devant les risques d'une perte de confiance (de plus en pls perceptible) dans la monnaie américaine, des corrections apparaîssent qui ne pourront à terme pallier la nécessaire et profonde réforme du Système de Réserve Mondiale.

Cette réforme sera traitée dans un article ultérieur.

 

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9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 08:09

 

Voici un jeune homme, fils de la Révolution, au tempérament de feu - Bonaparte lui-même le surnommera "Junot la tempête" ! - qui va peut-être incarner le mieux le mythe du Héros français. Il est grand, il est beau, il est blond, le sourire enjôleur, le visage "grâcieux et sévère tout à la fois" comme le décrira dans ses mémoires sa femme la duchesse d'Abrantes, le rire aux lèvres dans les plus grands dangers, intrépide à l'extrême, d'un courage physique absolu (à l'image du chevalier Bayard, autre Héros fameux de notre imaginaire collectif) et enfin passionné pour une noble cause (les valeurs républicaines) puis par un homme exceptionnel (Bonaparte) qu'il suivra partout après leur rencontre au siège de Toulon.

Comme tout Héros humain, il a ses faiblesses qui, chez lui, couvrent un bien large spectre : Irréfléchi, emporté (la tête près du bonnet diraient certains, une "tête brûlée" diraient d'autres), colérique, influençable, dépensier à l'extrême (flambeur dirait-on aujourd'hui), soldant ses dettes à coups de sabre, grisé par les plaisirs, grand amateur de femmes et d'honneurs mais capable d'abandonner tout cela dans l'instant pour rejoindre son Empereur sur les champs de bataille. C'est aussi le Héros malheureux (comme on les aime tant) au destin tragique. Suite aux multiples blessures reçues au feu, aux désillusions, au vieillissement précoce (25 ans d'aventures et de campagnes militaires usent un homme aussi solide soit-il), sa raison va vaciller. Revenu comme Ulysse vivre auprès de ses parents le reste de son âge, il se jettera d'une fenêtre dans un moment de folie puis s'amputera lui-même avec un couteau de cuisine pour succomber ensuite à l'infection. Dans la démesure même de cette mort, il dépasse la condition humaine pour atteindre la dimension mythique.

 

 

 

Rien ne semblait pourtant prédisposer Jean-Andoche JUNOT à un avenir héroïque. Il nait en 1771, en Côte-d'or, dans une famille aisée de la bonne bourgeoisie et après le collège entame des études de Droit à Paris. Mais voilà que surviennent les évènements de 1789 et l'avènement de la République. Comme sans doute bien de jeunes français de l'époque il est soulevé d'enthousiasme mais cet élan prend chez lui une dimension hors du commun. En 1790, à 19 ans, il s'engage dans le fameux bataillon des volontaires de la Côte-d'or qui va donner tant de valeureux soldats et officiers à la République puis à l'Empire. Le voilà dans l'Armée du Rhin. Il est élu sergent de grenadiers par ses compagnons et très vite se distingue par son intrépidité et son mépris du danger. Les conséquences de son extrême vaillance ne tardent pas : Il reçoit à la tête une terrible blessure qui se rouvrira souvent dans les années suivantes. Guéri, nous le retrouvons en France, au gré des affectations de son régiment. En 1793, il est du siège de Toulon, servant à la batterie dite des Sans-culottes et c'est là qu'il va faire la rencontre de sa vie en la personne d'un jeune capitaine du nom de Bonaparte. Une 1ère fois le capitaine demande un volontaire pour porter un pli à travers les lignes ennemies. Junot se présente. Bonaparte lui recommande de mettre des habits civils pour passer inapercu. Refus hautain de notre Héros. Il n'est pas un espion et si l'anglais veut discuter, ce sera à coups de grenades et de sabre. Bonaparte est impressionné par un tel gaillard. Une autre fois, Bonaparte a besoin d'une main sachant écrire proprement pour dicter une lettre. Une bombe anglaise explose à quelques mètres de notre écrivain d'occasion, couvrant de terre la lettre fraîchement écrite. Sans un frémissement, notre jeune Héros dit en riant : "Nous n'avions pas de sable pour sécher cette lettre, la terre fera l'affaire !". Bonaparte est définitivement conquis et s'attache les services du fugueux sergent. Notre jeune Héros sera de toutes les journées chaudes lors des campagnes d'Italie et d'Egypte. Souvent blessé, il ne sera pas avare de son sang. En récompense de sa belle conduite en Italie, il est chargé de ramener au Directoire les drapeaux autrichiens pris à l'ennemi. Il est fait colonel puis général à peine débarqué en Egypte. Il va vite se montrer digne de sa rapide montée en grade et s'illustrer au siège de St Jean d'Acre en repoussant une troupe turque de secours malgré une grande infériorité numérique. Son grand attachement à Bonaparte lui vaut un duel qui le laisse gavement blessé. Rapatrié par mer, il est fait prisonnier par les anglais qui le libéreront quelques mois plus tard mais lui feront manquer la journée de Marengo.

Toujours passionnément attaché à son maître, il va participer au 18 Brumaire et l'aider à accèder au consulat. En récompense, il est fait général de division puis Gouverneur de Paris. C'est un bien mauvais service que vient de lui rendre Bonaparte. Notre jeune Héros ne saura pas résister aux folies dépensières de sa jeune femme, se garder des mauvais conseillers et de tous ceux qui l'entourent et abusent de sa droiture et de sa naïve confiance. Il n'est ni un homme de cour ni un gestionnaire de charge et très vite les scandales financiers et autres prébendes vont se succèder au point qu'il faudra l'exiler en province, à Arras où il sera chargé de former un nouveau corps de grenadiers, tâche beaucoup plus dans ses cordes et dont il s'acquittea à merveille. Mal conseillé, il manifeste son mécontentement quand il n'est pas nommé lors de la première désignation de Maréchaux d'Empire en 1804, ce qui lui vaut un nouvel éloignement au Portugal comme ambassadeur. Lorsqu'il entend les bruits de bottes de la grande Armée quittant Boulogne, il quitte son poste à bride abattue pur rejoindre Napolén et participer à la victoire d'Austerlitz. Le voilà revenu en cour. Pas pour très longtemps car notre homme est décidèment plus homme d'action qu'homme de cour. Il sollicite maladroitement l'Empereur qui s'en débarrasse en l'expédiant à Parme juguler une rebellion. Mission accomplie, le voici de retour à Paris en 1807 où il récupère son titre de Gouverneur. Hélas les frasques et les folies de toutes sortes reprennent de plus belle. Nouvel exil en 1808 au Portugal où il se couvre de gloire. Il est fait Duc d'Abrantès mais il est gravement blessé peu après puis battu par Wellington. Il s'en sort bien en négociant une convention de retrait et peut rapatrier ses troupes, ce qui lui évite les foudres de Napoléon. De 1809 à 1812, il va se battre partout, d'Autriche en Russie en passant par l'Espagne, dans l'espoir du titre de Maréchal qui ne viendra jamais. En 1813, affaibli, s'appuyant sur une canne, vieilli prématurèment, défiguré par une balle en plein visage, proche de l'aliénation mentale, il est relevé, à 42 ans, de toutes ses fonctions et rapatrié de force chez ses parents en Côte-d'or. Il n'a plus sa tête. Cette vie folle dans les plaisirs et les dangers, l'épuisante vie de camp, les chevauchées à travers toute l'Europe, ses multiples blessures dont plusieurs à la tête, les désillusions de son attachement passionné à Napoléon, les reproches de ce dernier auront eu raison de ce Héros dont les folles passions ne pouvaient que le conduire à une fin tragique et dérisoire.

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