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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 13:53

 

 

L'astronomie est une science passionnante et la remise en service du téléscope spatial HUBBLE dans les années 2000 après correction de ses défauts de jeunesse a permis de découvrir de fantastiques spectacles dans notre environnement proche et lointain.

Aujourd'hui, on ne fera pas appel à HUBBLE mais au téléscope spatial SPITZER de la NASA et sa caméra IR embarquée pour découvrir une incroyable facétie cosmique sous l'apparence d'un "serpent galactique"!

Situons d'abord les choses. Ce "snake" se situe à environ 11.000 années-lumière (on emploiera le sigle LY pour light-year dans la suite de l'article) de la Terre dans la direction de la constellation du Sagittaire soit grosso-modo dans la direction du coeur de notre galaxie, la Voie Lactée (Milk Way pour les anglo-saxons). à peu-près au tiers de la distance Terre-coeur galaxie. Voilà pour le positionnement. Ces distances, à l'échelle cosmique, sont bien entendu ridiculement faibles. Notre galaxie-soeur ANDROMEDE est, elle, à 2,2 millions LY et quant aux autres .. Y penser donne le vertige !! A noter au passage que l'oeil perçant de HUBBLE arrive à discerner des galaxies n'ayant que quelques millions d'années d'existence (après le Big Bang) et donc éloignées de nous de quelques 14 miliiards LY ! Une pécadille ! Les images d'HUBBLE sont évidemment beaucoup plus précises dans notre environnement local (de 0 à quelques centaines de milliers LY). Mais revenons à notre sujet :

Notre serpent galactique es, en fait, constitué d'un nuage très dense de poussières, assez large pour contenir des douzaines de systèmes solaires ! Son ventre semble être le havre d'étoiles en formation (la densité d'un nuage de poussières et de gaz stellaires est la condition première de formation d'étoiles par suite d'effondrements gravitationnelles au sein du-dit nuage). A noter la présence, dans la partie droite de l'image et dans le prolongement de notre serpent d'un autre nuage dense que les astronomes soupconnent d'être le siège de formation d'étoiles massives. Sous le dit-nuage, on distingue des régions de plus faible densité qui sont chauffées et illuminées par le rayonnement Infra-rouge des étoiles qu'elles contiennent. Les zones marginales oranges et jaunes, quant à elles, corrspondent à de monstrueux développements de nouvelles étoiles. Sous le ventre de notre serpent galactique, on peut distinguer une étoile rouge dont la masse équivaut entre 20 et 50 fois celle de notre (bien petit) soleil ! Notons encore que les nombreuses étoiles bleues se situent entre nous et le serpent et constituent donc l'avant-plan de l'image. On terminera la description avec la jolie balle rouge dans la partie basse et gauche de l'image. Il s'agit des restes d'une Supernova qui explosa il y a quelques centaines de millions d'années et qui, aux dires des spécialistes, a été pour beaucoup dans la formation de notre serpent par l'effet des radiations et vents lors de sa fin de vie et du fantastique choc lors de son explosion.

Le téléscope SPITZER, grâce à ses capacités de détection dans l'IR, a pu générer cette image invisible aux télescopes optiques à cause de l'écran de poussières de la Voie Lactée. L'épaisseur des coeurs de nuages de poussières est, en effet, telle qu'un voyageur de l'espace, s'il trouvait le moyen de s'y transporter, ne verrait absolument rien, pas même une étoile au-dessus de sa tête !

Tout cele n'est-il point fabuleux !!

 

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29 janvier 2007 1 29 /01 /janvier /2007 15:08


Derrière ce titre un peu "provoc", se dissimule une rapide étude des caractéristiques d'un important dialecte de la langue romane qui joua un grand rôle dans la formation et l'établissement de notre belle langue française que tout le monde nous envie, pour pasticher une formule rebattue...mais que de moins en moins de gens parlent dans notre monde anglicisé !!

Un petit survol historique, tout d'abord : Lors de l'invasion des Gaules par Jules César (pour mémoire dans les années -50 avant J.C.) les peuplades gauloises se répartissaient entre 3 grands peuples : les Aquitains, les Belges et les Celtes. Leurs dialectes, suffisamment proches pour qu'ils puissent à peu-près se comprendre, dérivaient d'un dialecte de la langue Kimrique désignée ensuite sous le nom d'Armorique et qui s'est conservé sans trop d'altérations jusqu'au 19ème siècle en basse-Bretagne. Pour des raisons faciles à comprendre, Jules César d'abord, l'empire romain ensuite voulurent imposer l'usage du latin aux peuples gaulois vaincus. Leur projet linguistique fut grandement favorisé par le fait de l'absence de langue écrite chez les gaulois (à l'exception des druides dont les rares écrits conservés utilisaient assez curieusement les caractères grecs !) et c'est ainsi que progressivement les élites gauloises des villes en vinrent, bon gré (pour les ambitieux voulant faire carrière) - mal gré, à pratiquer le latin. Pour le peuple rural (90 à 95% de la population d'alors), ce fut évidemment une toute autre histoire ! Pire, ce fut la langue gauloise qui absorba le latin telle une éponge, imposant sa construction, confondant et simplifiant les conjugaisons, altérant les mots, introduisant des auxiliaires verbaux en lieu et place des temps latins compliqués, mélangeant les radicaux celtes aux terminaisons latines, bref, créant une sorte de "sabir" celto-latin qui prit le nom de rusticus, entendu en Gaule par à peu-près tout le monde au 5ème siècle, selon le témoignage de Grégoire de Tours. C'est de cet idiome rustique que devaient naître plus tard le Roman-wallon et le Picard, sources de la langue française. A cette époque et au cours des siècles suivants, notre fameux rusticus subit des influences considérées par les spécialistes comme secondaires en provenance du monde grec (via Massilia, la future Marseille) et du monde germanique (via les invasions barbares et la constitution des royaumes francs). La langue tudesque des envahisseurs francs ne put triompher du langage local. Charlemagne renonca à l'imposer à sa cour impériale et son fils Charles le chauve prononça en langue romane, descendante de notre rusticus, le fameux Serment de Strasbourg qui partagea en 852 l'empire de Charlemagne entre ses fils. Au hasard des siècles suivants et des invasions étrangères d'autres influences mineures purent s'exercer sur le patois picard.

Dans le midi de la France, occupé plus tôt et plus massivement par les romains, l'influence latine fut naturellement plus forte, ce qui entraîna, dans les siècles suivants, une différentiation nette et définitive entre la langue d'Oïl et la langue d'Oc jusqu'au divorce linguistique complet au 12ème siècle et la séparation de la France selon une curviligne allant de Bordeaux à Lyon.

A partir du 12ème siècle, la répartition linguistique dans la pays d'Oïl fut globalement la suivante : Le langage de Paris considérée comme la langue littéraire qui devient le Roman, le langage des trouvères proche du parisien mais conservant des locutions et des formes provinciales et enfin le langage populaire divisé en autant de sous-dialectes et autres patois qu'il y avait de régions, provinces, lieux et petits pays plus ou moins isolés les uns des autres. De ce langage populaire émergeaient les 3 dialectes principaux suivants : le Normand, le Bourguignon et le Picard. C'est ce dernier, aux dires des spécialistes, qui a le mieux conservé la physionomie primitive de la langue romane et qui a le plus influé, notamment par le nombre considérable de poêtes et de trouvères picards au cours du moyen-âge, sur la formation de la langue française. A preuve de cette affirmation quelque peu péremptoire dans laquelle on pourrait soupçonner une partialité atavique de la part de l'auteur, on citera l'extrait d'un discours que prononca l'écrivain Rivarol à la cour de Berlin en 1784 : " ...si le provencal eût prévalu, il aurait donné au françois l'éclat de l'espagnol et de l'italien mais le midi de la france ne put supporter la concurrence du Nord et l'influence du patois picard s'accrut avec celle de la Couronne. C'est donc le génie clair et méthodique de ce jargon et sa prononciation un peu sourde qui domine aujourd'hui dans la langue françoise." On ne saurait dire plus clairement les choses !

L'un des caractères distinctifs du patois picard et qui en fait grandement son charme et son attrait est l'emploi fréquent des comparaisons au point que certains adjectifs s'emploient presque toujours avec cet accessoire obligé. Beaucoup de ces comparaisons drôles et pittoresques ont été adoptées, après transcription en bons français, par les gens des villes et sont encore souvent présentes dans notre langage courant d'aujourd'hui. On ne résistera pas au plaisir d'en citer quelques exemples en langue originale facilement traduisibles :

         Adroit de ses mains comme eine vake (vache) d'esse queue

         Ahuri comme eine glaine (poule) à trente-six poussins

         Ame noërde (noire) comme ein cul de keudron (chaudron)

         Avoir un coeur d'artichaut; en donner une feuille à tout le monde

         Bâti comme l'as ed'treufe (l'as de trèfle)

        Connu comme el'loup blanc

        Contint (content) comme eine glaine qu'avale ein cleu (clou)

        Einrheumé (enrhumé) comme ein leu (loup)

        Ete d'eine humeur d'hérichon (hérisson)

                ....et bien d'autres aussi savoureuses !

Pour les gens curieux d'en savoir plus sur cet idiome ancêtre du français, je recommande le Glossaire étymologique et comparatif du patois picard ancien et moderne de Jules Corblet, publié en 1851 et accessible via internet sur le site www.lexilogos.com

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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 17:43

Cet article fait référence au livre intitulé - Un autre Monde - de l'économiste américain Joseph STIGLITZ, prix NOBEL d'économie, déjà cité dans des articles précédents. Au cours de ses activités d'abord à la Banque Mondiale puis comme conseiller du président Clinton, cet économiste de renommée mondiale a été à la fois acteur et spectateur de la vie économique internationale et il nous fournit, à travers son livre, un éclairage précieux sur les réalités économiques du monde actuel. L'état des lieux et le diagnostic de J.STIGLITZ sur le système de Réserve mondiale sont résumés dans le présent article. Ses propositions de réforme feront l'objet d'un prochain article.

En préambule, une constatation évidente : Le système de Réserve (on parle ici de devises et de monnaies) mondiale fonctionne mal !! Les flux d'argent vont majoritairement des pays pauvres vers les pays riches !  Cela semble paradoxal mais c'est pourtant bien réel et cela permet aux Etats-Unis (qui empruntent 2 milliards $ chaque jour aux pays pauvres) de vivre béatement (mais jusqu'à quand ?) au-dessus de leurs moyens...et sur le dos du reste du monde (duquel ils "pompent" des ressources financières correspondant à leurs énormes déficits !). Mais pourquoi de tels flux et surtout dans ce sens-là ? Pour deux raisons essentiellement ! La première est le remboursement des dettes gigantesques contractées - en $ et via des prets principalement à court terme -  par les pays pauvres. La seconde, c'est l'accumulation de réserves fiduciaires (généralement en $ mais avec une dérive récente vers l'€ et le yen) des pays asiatiques échaudés par la crise de 1997-1998 (crise en Malaisie notamment) et soucieux de se protéger des chocs économiques brutaux, des risques liés aux emprunts à court terme...et de la politque du FMI ! (catastrophique pour les pays en difficulté - voir l'article de novembre 2006 sur la gestion de la dette -). C'est ainsi qu'en quatre ans les réserves d'Asie orientale ont plus que doublé passant de 1.000 à 2.300 milliards $ (la Chine à elle seule accumulait en mi-2006 900 milliards $ soit l'équivalent de la moitié de son PIB !). L'ensemble des réserves des pays en voie de développement devrait atteindre à fin 2006 3.500 milliards $, ce qui représente un quadruplement sur une période de 30 ans ! Il ya aussi une autre raison cachée, liée au taux de change, qui encourage les pays en développement à développer leurs réserves : vendre de la monnaie locale pour acheter du $ affaiblit le taux de change et stimule les exportations et donc l'emploi local.

Pour les pays en développement, ces réserves représentent un cout élevé du fait du rendement net assez misérable des Bons du Trésor américain (1 à 2 %). Il s'agit donc en fait de fonds gelés pour des raisons sécuritaires et qui manquent dramatiquement aux dits pays pour leurs investissements prioritaires (en infrastructures, hopitaux, routes...) et donc leur développement équilibré. Facteur aggravant, l'accumulation mondiale de ces réserves (4.500 milliards $ en 2006 avec une progression annuelle de 17%) déprime et affaiblit les échanges globaux et le pouvoir d'achat des pays concernés. Seul le pays bénéficiant de la principale monnaie de réserve (les Etats Unis, on l'aura déviné) peut compenser ce déficit de demande globale par ses déficits abyssaux et ainsi éviter une déflation générale !

Ce système, à terme, est intenable car la montée continue de l'endettement américain finira (cela commence déjà) par miner la confiance dans la monnaie de réserve et rendre sa valeur de plus en plus instable (des variations énormes ont déjà pu etre constatées comme entre février 2002 et décembre 2004 avec l'effondrement de 37% de la valeur du $ par rapport à l'€). On constate aujourd'hui une désaffection progressive des banques centrales pour la monnaie de réserve (du fait de sa volatilité et des faibles rendements proposés) et leur souci de diversifier leurs stocks de devises, au profit notamment de l'€, ce qui ne manque d'ailleurs pas de créer des problèmes à l'Union européenne (plus précisément au groupe EURO) avec l'appréciation de sa monnaie et les conséquences négatives sur les échanges commerciaux et l'emploi.

En bref, le problème récurrent du système actuel (instabilité de la principale monnaie de réserve et réduction de la demande globale) est, à ce jour, parfaitement identifié. Mais comment ce problème se résoudra-t-il ? Plusieurs scénarios sont possibles allant de la sortie du $ (de son statut de monnaie de réserve) d'une manière ordonnée et progressive sur plusieurs années jusqu'au krash type 1929 qui serait déclenchée par un évènement ou un ensemble d'évènements fortuits et donc bien difficiles à anticiper. Un argument solide pour une sortie en douceur est la force stabilisatrice créée par la détention massive de $ par le Japon et la Chine. Les banques centrales de ces deux pays sont réputées pour leur sagesse et elles n'ont pas intéret à se délester massivement de leurs $ sous peine de voir la valeur de leur stock résiduel de devises chuter brutalement. Il est donc fort probable qu'elles diversifieront très progressivement leurs stocks. Il existe, en fait, une dépendance mutuelle (objective dirait un vieux marxiste) entre les Etats-Unis et leurs deux partenaires, ce qui peut etre considérée comme un gage de stabilité. Il existe pourtant un autre danger : c'est l'asymétrie entre les situations respectives de la Chine et des Etats-Unis. Autant il serait facile pour la Chine de réorienter sa production vers ses propres consommateurs et ses propres investissements...autant il serait difficile pour les Etats-Unis de trouver une autre source de financement bon marché de leurs déficits ! 

C'est cette asymétrie-là qui pourrait jouer un bien vilain tour à l'Oncle Sam (mais aussi, dans la foulée, à l'ensemble de l'économie mondiale - Revoilà le péril jaune ! -) dans les années à venir !

Il serait donc fort sage d'envisager sans trop attendre une réforme de fond du système de Réserve mondial. Ce sera l'objet d'un prochain article.

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16 décembre 2006 6 16 /12 /décembre /2006 17:43

L'extreme fin du XXème siècle a vu éclore un nouveau concept, très prisé de la France des affaires qui ne déroge pas au penchant bien français pour "l'intellectualisation" de tout ce qui a l'air nouveau ! Son nom un peu mysterieux, l'Intelligence Economique, ne peut qu'interpeller l'imagination de tout un chacun. Celui qui aura lu trop de livres d'espionnage imaginera des ex-espions au chomage, nostalgiques de la guerre froide, se recyclant dans le "renseignement" économique et allant extirper, tels des ombres maléfiques, les secrets (souvent bien mal gardés) des sociétés innovantes pour les revendre aux sociétés concurrentes ou au plus offrant. Un autre moins romantique verra dans l'éclosion de ce concept les conséquences de la diffusion mondiale de l'information sous toutes ses formes et de la quasi-impossibilité d'en assurer le controle.

Le propos n'est pas de nier l'existence de l'espionnage économique, invention non récente mais qui n'a pu que s'amplifier d'une manière sans doute considérable par le moyen des nouvelles technologies de diffusion et de traitement de l'information. Des affaires importantes dans ce domaine défraient régulièrement la chronique et sont là pour en confirmer la réalité. L'Intelligence Economique dont nous traitons ici ne recouvre, de manière très stricte, que la collecte, l'analyse et l'exploitation d'informations relatives à un domaine déterminé en vue d'une plus grande efficacité économique. Elle se distingue donc très clairement de deux autres activités : la Sureté (qui concerne la protection du secret et le contre-espionnage) et l'Investigation (qui concerne les enquetes judiciaires, administratives, légales ou illégales et l'espionnage). La récente Académie de l'Intelligence Economique propose la définition suivante : " l'intelligence économique recouvre les actions pratiques, les procédures et les moyens permettant, d'une part, de comprendre , grace à la maitrise de l'information, l'environnement économique de l'Entreprise, et d'autre part, d'agir ou de réagir, si possible par anticipation"

On utilisait auparavant un terme - La Veille Economique - qui recouvrait de nombreux aspects du nouveau concept et qui n'est heureusement pas tombé en désuétude. En effet, pour un entrepreneur lucide et organisé (2 qualités majeures dans ce métier sous réserve de réveils douloureux !), veiller à ce qui se passe autour de soi à tous points de vue (technologie, commerce, juridiction, droit des affaires et du travail, concurrence locale et étrangère, évolutions des besoins, etc...) relève du bon sens et de l'organisation. Une fois cela dit, restent à mettre en place les bons procédés, choisir les bons outils ...et n'y pas consacrer trop de ressources surtout si on est une PME ! C'est sans doute au niveau de la modernité des outils proposés que les acteurs de l'IE vont faire oeuvre d'innovation.

Quatre concepts sont regroupés sous cette appellation : L'IE proprement dite (son évolution et enrichissement), le KM (Knowledge Management ou Gestion de la Connaissance), la Veille et le Lobbying.

La méthodologie générale se décompose en 3 phases principales qui sont : la Collecte, l'Analyse et le Traitement, la Diffusion auxquelles vont s'associer des outils de recherche/analyse de données, de protection, d'évaluation et benchmarking.

Les outils disponibles sur le marché sont de 6 types qui ne seront pas détaillés ci-joint mais qui peuvent etre consultés sur le site www.veille.com : Les Portails sur moteurs et réfèrencement, les Moteurs généralistes et spécialisés, les metaMoteurs (Ariane6, Kartoo, Ixquick...), les Agents de recherche (Kalimage, AgentLand, BullEye...), les Agents de veille ( Wysigot, Agentia, MyUpdate...) et enfin les Solutions Serveurs (ApertoLibro, WatchEdition, LexiQuest....)

Afin de préciser un peu les choses, examinons les caractéristiques de l'outil de veille Cybion Eye (développé avec le soutien du MINEFI) : Cet outil assure l'exécution des 3 phases de la méthodologie générale décrite plus haut avec pour objectif l'automatisation intelligente (économie de moyens et efficacité) de ces phases. Pour la 1ère phase de collecte/identification des sources, il ne va pas retenir les outils du marché (Crawlers et metaMoteurs) jugés insatisfaisants mais gérer un système d'apprentissage afin d'aboutir à une collecte à la fois plus rapide, plus fréquente et plus exhaustive. Il va donc sélectionner et filtrer les articles adéquats et constituer une base de données structurée et référencée qui sera exploitée dans la suite du processus, lui-meme régi par un ensemble de règles (sources, fréquence de collecte, critères de sélection, profils utilisateurs, etc ...) sous le controle d'un administrateur. Il s'agit, à l'évidence, d'un outil vivant dont la mise à jour et l'entretien sont essentiels pour la qualité du résultat.

Querls acteurs rencontre-t-on sur ce marché ? Pour la clarté des choses on va les répartir en 4 catégories : Les Cabinets spécialisés (une cinquantaine répertoriés en France), Les Courtiers en information, les Editeurs (une quarantaine) et enfin une pléiade d'Associations (64 référencés à ce jour) et d'Organismes divers et variés parmi lesquels le Gouvernement français tout d'abord qui a lancé dès 2003 une véritable politique publique de l'IE mais aussi l'ANVAR, le MEDEF, le CFCE , le CEPIT et de nombreuses Chambres de Commerce (CCIP et des Chambres Régionales) sans oublier les Universités et Grandes Ecoles qui proposent des mastères (EISTI, ESIEE par exemple)

L'information sur le sujet est, quant à elle, assurée par des réseaux, des blogs (ex : le Blog de l'IE sur le site des Echos), des annuaires, des cercles, des livres (voir la Documentation Française à titre d'exemple) et autres publications.

Cette nouvelle activité a engendré une dizaine de nouveaux métiers répertoriés par l'Académie de l'IE (déjà citée plus haut) : formateur, veilleur, analyste, auditeur, consultant, éditeur de logiciels, directeur ou responsable, délégué général et enfin lobbyiste.

L'activité relative à l'IE est promise à un bel avenir dans le sillon de la nouvelle Economie immatérielle (ou de la connaissance ou des services selon le terme que l'on préférera).

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11 décembre 2006 1 11 /12 /décembre /2006 12:08



On entend beaucoup parler actuellement des futurs rapports de force entre les pays développés et les pays émergents et particulièrement la Chine qui, à écouter certains, va dominer le monde dans les prochaines décennies.
Sans se laisser impressionner par les "futurologues" plus ou moins patentés (qui ont d'ailleurs la fâcheuse réputation de se tromper systématiquement) aux hypothèses hasardeuses, tentons de nous faire notre propre idée en partant des chiffres de 2005 et en posant quelques hypothèses que l'on qualifiera de "raisonnables" (avec une grande humilité et en s'appuyant sur des estimations - discutables certes - mais toutefois assez probables, sauf énormes catastrophes planétaires, continentales ou régionales.
L'histoire nous apprend que l'on n'est à l'abri de rien surtout dans une projection de 40 ans !!). On ne parlera bien entendu dans le reste de l'exposé que de $ courants, sans donc tenir compte de l'érosion monétaire (paramètre bien hasardeux à fixer sur 40 ans !!)


LES FORCES EN PRESENCE :

Bien sur, il y a d'abord les USA, super-puissance politique et économique qui représente actuellement environ 30% du PIB mondial. Ensuite l'Union Européenne (UE) qui, à 2% près, a le même poids économique (mais, hélas, pas le même poids politique, loin s'en faut !) que les USA. Puis viennent le JAPON qui représente 10% du PIB mondial, la CHINE qui en représente 5% et enfin le groupe BRIM (BRESIL - RUSSIE - INDE et MEXIQUE, souvent et curieusement oublié des "futurologues") qui associe des pays ayant des PIB voisins (entre 750 et 800 Milliards de $) pour un total de 3.112 Mds $ soit 7% du PIB mondial. Tout le monde est à peu près d'accord pour considérer que nous avons là les principaux acteurs économiques du futur à moyen/long terme.


EVOLUTION DES POPULATIONS :

On va poser le principe (très simplificateur) que les populations nationales vont globalement rester stables. Pour les pays développés, l'hypothèse est raisonnable sous réserve de régulation des flux d'immigration. Pour la Chine et le Japon aussi. De même pour la Russie, le recul prévisible de la population slave devant se compenser par des arrivées de populations périphériques (la nature ayant horreur du vide comme disaient les savants du 17ème siècle). Pour le Brésil, l'Inde ou le Mexique, là ce n'est pas gagné ! et il y aura sans doute des progressions significatives de population mais dont on ne tiendra pas compte dans nos calculs de PIB/habitants. Pour le monde entier, les démographes envisagent une stabilisation de la population humaine aux alentours de 9 milliards d'individus.


TAUX DE CROISSANCE :

Les USA d'abord. Ils ne pourront sans doute pas tenir une croissance moyenne de 4% sur les 40 prochaines années. Le $ perdra (il l'a déjà perdu en partie) son statut de monnaie de RESERVE mondiale et les USA, bon gré mal gré, ne pourront plus vivre au dessus de leurs moyens et à crédit au dépens des autres pays riches ou pauvres. Ils devront donc réduire drastiquement leurs déficits abyssaux et leur train de vie. Leur modèle économique conservera toutefois son efficacité et son pouvoir d'attraction. On fera l'hypothèse d'un taux moyen de croissance de 3%.

L'UE (à 25, 27, 28, 30 ou plus pays membres) : Le modèle social européen restera un relatif handicap de croissance (comparé aux autres modèles) surtout si la valeur loisir l'emporte sur la valeur travail/pouvoir d'achat (comme peut le faire craindre un tout récent sondage français). Par ailleurs, l'union politique et la cohérence économique de l'Europe resteront sans doute longtemps des objectifs lointains. Il semble donc difficile de faire une hypothèse de taux moyen de croissance supérieur à 2% (peut-être même un peu optimiste !)

La CHINE : La sagesse et l'habileté des dirigeants chinois (magiciens surdoués de la "realpolitik") leur permettra sans doute de maintenir une croissance très forte pendant plusieurs années en faisant appel, d'une manière controlée et intelligente, aux capitaux et technologies occidentales (et de se les approprier ensuite !) mais ensuite le poids des contraintes internes et externes seront sans doute telles que le taux de croissance moyen deviendra plus raisonnable. On fera l'hypothèse d'une croissance moyenne de 10% pendant 10 ans puis de 6% sur les 30 années suivantes. On n'est, bien sur, pas à l'abri d'un cataclysme économique ou politique ou d'une explosion sociale (dans 5, 10 ou 20 ans ?) qui viendrait "chahuter" fortement notre hypothèse !

Le JAPON : Aura su tirer les leçons de ses 10 récentes années de déflation et les énormes investissements qu'il prévoit dans l'économie de la connaissance lui permettront sans doute de maintenir un taux moyen de croissance équivalent à celui des USA. L'hypothèse sera donc d'un taux moyen de croissance de 3% pour le pays du soleil levant.

Le groupe BRIM : Ce groupe possède un fort potentiel de croissance grâce à ses richesses naturelles et au dynamisme de populations souvent très jeunes mais les risques d'accidents de parcours paraîssent très importants. La maîtrise et la régulation de la croîssance (population, déficits, développement industriel et des services, investissements étrangers, etc...) sera sans doute pour ces pays un défi permanent. On fera l'hypothèse (peut-etre optimiste) d'un taux moyen de croissance de 6% (il y aura surement des disparités de développement entre ces 4 pays).

Le MONDE : Son PIB 2005 est de 44.385 Milliards de $. Compte-tenu des différentes hypothèses retenues ci-dessus et de la probabilité de décollage économique du continent africain (sans doute pas condamné à la récession perpétuelle) on fera l'hypothèse d'un taux moyen de croissance de 5%.


EN RESUME ET SELON LES HYPOTHESES RETENUES:

Le PIB des USA progressera de 326% à 40.600 Mds$ pour un PIB/Hab de 136.990$

Le PIB de l'UE progressera de 221% à 27.105 Mds$ pour un PIB/Hab de 58.630$

Le PIB du JAPON progressera de 326% à 14.690 Mds$ pour un PIB/Hab de 114.770$

Le PIB de la CHINE progressera de 1490% à 33.137 Mds$ pour un PIB/Hab de 25.400$

Le PIB du gpe BRIM progressera de 1029% à 32.020 Mds$ soit environ 8.005 Mds$ par pays

Le PIB du MONDE progressera de 704% à 312.470 Mds$


ENSEIGNEMENTS A TIRER DE CETTE PROSPECTIVE :

Pour ce qui concerne la puissance économique (représentée grossièrement par le PIB), la 1ère constatation est que les puissances occidentales perdront fortement de leur superbe. Le couple USA/UE ne représentera plus qu'un peu plus de 20% du PIB mondial alors qu'il en représente aujourd'hui 60% ! La chute de l'UE sera vertigineuse (passant de 27.6% à 8.7% soit une chute des 2/3) alors que les USA résisteront mieux (passant de 28.1% à 13.0% soit une chute de 54%!). La Chine se positionnera entre les USA et l'UE et sera la seconde puissance mondiale à 10.6% du PIB mondial, loin devant le Japon qui en représentera moins de 50%. Le groupe BRIM sera sensiblement au meme niveau que la Chine, chacun des pays le constituant (pour rappel : Brésil, Russie, Inde, Mexique) représentant environ le 1/4 du PIB chinois et environ la moitié du PIB japonais ou encore un petit 1/3 du PIB de l'UE.

 Pour ce qui concerne le niveau de vie moyen (représentée très grossièrement par le ratio PIB/hab), la comparaison avec le niveau de vie américain (en 2045) s'établira comme suit :

     Régression forte de l'UE (passe de 0.63 à 0.43) avec un niveau inférieur de plus de moitié au niveau américain.

     La Chine progressera fortement  (de 0.04 à 0.185) tout en restant à un niveau faible (moins de 20% du niveau US) et sous réserve d'une population stabilisée au niveau actuel.

     Le Japon se maintiendra à 0.84. Son niveau de vie sera le double de celui de l'UE.

     Le Brésil progressera fort (de 0.10 à 0.32) pour atteindre - à population constante -  le 1/3 du niveau américain.

     l'Inde fera de même (de 0.017 à 0.054) tout en restant - à population stable (!!!) à un niveau très faible de l'ordre de 5% du niveau américain.

     La Russie progressera dans les mêmes proportions que le Brésil ou l'Inde mais du fait de sa relativement faible population atteindra un niveau de vie de l'ordre de 40% de l'américain.

     Le Mexique, à la progression identique, atteindra - à population stable (?) - 56% du niveau de vie américain, le meilleur résultat après le Japon et supérieur d'1/3 au niveau européen.

      Le MONDE, quant à lui, représenterait à population constante (une pure vue de l'esprit !) environ 35% du niveau américain. Sur la base des projections démographiques et des hypothèses prises dans cette étude, le niveau de vie moyen mondial devrait atteindre le quart du niveau américain.

Tout ceci, encore une fois, n'est qu'une projection sur la base d'hypothèses estimées, à tort ou à raison, raisonnables.

Mais le monde est-il et surtout sera-t-il raisonnable tout au long de la moitié du 21ème siècle ?

  

 

 

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24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 11:47

Dans un article de septembre, au sujet de la mondialisation, j'avais évoqué les voix qui s'élevaient aux Etats-Unis, notamment celle de Joseph STIGLITZ, pour l'établissement de nouvelles règles dans les échanges mondiaux.

Dans son livre intitulé - Un autre Monde - ce Nobel d'économie traite le sujet de la dette du tiers-monde (incluant les Etats en situation de développement) et après avoir décrit les ravages causés par la gestion catastrophique des récentes crises financières par le FMI et la Banque mondiale, analyse les causes des ravages causés et préconise des solutions de stabilisation des marchés financiers mondiaux. Le but de cet article est de fournir une synthèse de la pensée de l'auteur et d'en dégager les grandes lignes pour les lecteurs pressés qui n'auraient ni le gout ni le temps de lire un (gros) bouquin d'économie !

Les récentes crises financières, d'abord : Elles sont apparues dans toutes les parties du monde (Amérique latine, Amérique du sud, pays de l'ex-URSS, Asie du Sud-est...) avec à peu-près toujours le meme scénario : Un poids de la dette (en $, pratiquement la seule monnaie de réserve mondiale) devenu insupportable pour des économies en crise. Les mesures correctives adoptées (sur les "judicieux" conseils du FMI et de la Banque Mondiale - nous y reviendrons) ont systématiquement aggravé le mal jusqu'à atteindre des proportions démentes (à titre d'exemples : une inflation de 3.086%  en Argentine en 1989, une chute du PIB de 40% en Russie et de 70% en Moldavie dans les dernières années du 20ème siècle avec un service de la dette atteignant 75% du budget moldave !!) et déclencher des défaillances officielles telles que la déclaration de défaut de paiement de l'Argentine en 2002 et celle de la Russie en 1998.

Quel est donc le fait générateur de ces dettes qui deviennent ingérables ? C'est bien sur le fait que les pays concernés ont générallement trop emprunté (ou que les pays développés leur on trop preté). Monsieur de La Palisse en aurait dit tout autant. Mais le secret de l'affaire réside dans les modalités des emprunts contractés : Ces emprunts sont générallement à court terme ou remboursables sur simple demande (ce qui signifie que les banques étrangères peuvent retirer leur argent au moindre signe de difficulté, ce qu'elles ne se privent pas de faire, enfoncant du meme coup le pays dans la crise). D'autre part, on oblige ces pays emprunteurs à supporter l'essentiel voire la totalité des risques financiers qui peuvent survenir ensuite, à savoir : hausse des taux d'intéret, fluctuation du taux de change des monnaies, baisse des revenus. Que surviennent une catastrophe naturelle ( tsunami, inondations, sécheresse, tremblement de terre...) ou économique (effondrement des marchés d'exportation, hausse brutale des taux d'intéret du $..) et meme un pays ayant emprunté modérément  et ayant une économie saine peut se retrouver dans une galère avec une hausse insupportable du service de sa dette !

Le fait générateur de la dette étant identifié, voyons maintenant les moyens (ou l'absence de moyens) mis en oeuvre pour corriger le problème. Première constatation : Il n'existe pas de cadre juridique international solide pour régir la restructuration des dettes souveraines et leur trouver une issue à la fois équitable et rapide. Meme chose pour les dettes privées (emprunts contractés par les entreprises ou personnes privées des pays concernés auprès des établissement financiers nationaux ou internationaux). Les pays surendettés n'ont d'autres possibilités que de se tourner vers le FMI ou la Banque Mondiale qui vont pouvoir imposer leurs conditions (léonines) voire priver le ou les pays de leur souveraineté économique. Générallement, le FMI va preter de nouveaux fonds (qui vont d'abord servir à rembourser les intérets de la dette) et imposer une politique déflationniste (réduction drastique de l'inflation, augmentation des impots, réduction des dépenses de protection sociale et d'éducation et de santé, relèvement des taux d'intéret intérieurs) qui va saigner à blanc le pays et augmenter la misère de la population. Mais qu'importe ! L'essentiel est que les banques occidentales retrouvent leurs billes ! L'auteur décrit en particulier le scénario complet du drame argentin qui trouva son dénouement en 2002 avec la déclaration de défaillance (pour sa dette privée mais aussi la publique). Le gouvernement argentin eut alors le courage de s'opposer au FMI et d'exiger une restructuration de sa dette, ce qui lui permit de retouver, suite à une dévaluation massive du peso, une forte croissance de l'ordre de 8%. L'Argentine avait dominé sa peur du FMI et montré l'exemple aux autres nations.

Que faire de cette dette quand les pays ne peuvent manifestement plus payer (les PPTE ou Pays pauvres Très Endettés)? La communauté internationale a fini par admettre en 1996 qu'il fallait faire des allègements sous forme de remises de dettes mais en en confiant les conditions ..au FMI !. Un mouvement dit Jubilé 2000 a permis, grace à la mobilisation de l'opinion publique, de porter le programme d'allègement à environ 50 milliards de $. Enfin, en 2005, les dirigeants du G10 ont quasiment effacé les dettes des 18 Etats les plus pauvres du monde. Bref, tous ces efforts récents sont louables mais n'apportent pas une solution globale à l'endettement du tiers-monde et des pays en voie de développement. Il faut donc proposer autre chose.

Les Etats-Unis possèdent un code efficace des faillites permettant aus sociétés qui se mettent sous la protection du fameux "chapitre 11" de se réorganiser rapidement (dettes converties en actions, anciens actionnaires totalement ou partiellement évincés au profit des créanciers, pas d'arret de l'activité, accès au crédit). L'auteur préconise la création d'un "superchapitre 11" plus favorable aux pays débiteurs en cas de calamité économique majeure afin de permettre une restructuration accélérée de la dette. Mais il faut également intervenir en amont et en particulier décourager les emprunts à court terme proposés par les banques occidentales et générateurs de la plupart des risques financiers.

En résumé, l'auteur cite 5 réformes cruciales qui s'imposent pour aboutir à une bonne gestion de l'endettement. D'abord supprimer les conséquences nuisibles (voir plus haut)  des interventions des organismes internationaux tels que le FMI. Ensuite, revenir au pret contracyclique (preter davantage quand le pays va mal, à l'inverse du pret procyclique qui exige le remboursement quand le pays en a le plus besoin !). Puis réduire le risque de la volatilité des taux de change et des taux d'intéret (emprunter dans la monnaie locale et non en $). Enfin, emprunter prudemment et mettre en place une législation internationale des faillites.

Tout cela semble frappé au coin du bon sens mais dans les relations internationales rien n'est jamais simple et il faut aussi (grandement) compter sur l'intéret à court terme et l'égoisme des pays développés (et notamment du plus important d'entre eux, les Etats-Unis, très satisfaits de possèder la principale monnaie de réserve mondiale, ce qui leur permet de vivre - sans grands risques pour l'instant -  au-dessus de leurs moyens aux dépens de la communauté mondiale) qui se satisfont d'une politique à courte vue favorable à leurs intérets immédiats.

Il y a d'autres sujets abordés dans le livre de Joseph STIGLITZ. Un autre article sera consacré à la réforme du système de réserve mondiale.

 

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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 10:37

Lorsqu'Antoine Pinay quitte le gouvernement Debré en janvier 1960, personne ne croit à un départ définitif. Il a pourtant définitivement renoncé à toute activité politique de premier plan. Sans doute confus et affecté par le départ de son gouvernement d'un homme aussi populaire, De Gaulle lui offrira un peu plus tard la présidence d'une grande entreprise nationale qu'il refusera.

Sans se départir d'une attitude de discrètion, il se montrera sévère envers les évolutions économiques et surtout le dirigisme étatique du pouvoir gaulliste.

Malgré sa retraite son influence politique restera forte et il sera fortement sollicité pour s'opposer à la réélection de De Gaulle en 1965 mais il s'abstiendra en évoquant son age - 74 ans - et sa lassitude du pouvoir. En 66, impressionné par la fière retraite de son ancien ministre des Finances, De Gaulle reprendra contact avec lui et l'invitera plusieurs fois - hors protocole - à l'Elysée

Après le départ du Général, il sera à nouveau sollicité pour la Présidence mais préférera donner son soutien à Pompidou. Chaban-Delmas 1er ministre sous la Présidence Pompidou lui offrira un ministère élargi couvrant les Finances et les affaires économiques mais il ne donnera pas suite et le poste reviendra, à la grande déception de Pompidou, à Giscard d'Estaing. Courant 1972, il est régulièrement reçu par Pompidou qui fait grand cas de ses avis. Il acceptera de devenir le premier Médiateur de la République, fonction qui restera longtemps marquée de son empreinte.

Lors de l'élection présidentielle de 1974, il soutiendra Giscard d'Estaing qui l'emporte sur François Mitterrand. Entretemps, il a accepté de présider la Société de Diffusion des Techniques, chargée de promouvoir la technologie française de part le monde. Son prestige, son parler simple et sa réputation de grand économiste feront merveille dans sa nouvelle activité.

En 1977, il renonce à sa fonction de maire et son héritier est battu par le candidat de gauche. En 1979, il renonce à sa fonction de président du Conseil Général de la Loire et se retire définitivement dans sa maison de St Chamond, au milieu de ses rosiers et de ses massifs de rhododendrons.

Au crépuscule de sa vie, il ressent fortement la solitude car il ne se reconnait pas dans cette fin du vingtième siècle. S'il est émerveillé par les progrès techniques, il ressent avec beaucoup de peine la disparition de la solidarité entre voisins et du sens civique ainsi que l'appauvrissement moral ambiant. On continue à solliciter ses avis. Son honnéteté morale, son désinteressement et son attachement au service public mais aussi son remarquable sens politique ont une valeur d'exemple pour les hommes politiques. Un grand quotidien, lui rendant hommage, le surnomme " Ministre à vie de la confiance nationale". Jamais homme politique n'aura su comme lui faire de la confiance une politique.

Lors de l'élection présidentielle de 1981 il prend partie pour Giscard d'Estaing qui va pourtant etre battu par Mitterrand dont il désapprouve l'alliance avec les communistes et sur lequel il a un jugement sévère : "François Mitterrand est sans doute un homme politique mais ce n'est pas un homme d'Etat".

Ayant atteint la stature d'un mythe, il sera régulièrement consulté jusqu'à la fin de sa vie par les hommes de pouvoir, partenaires et adversaires confondus. Son plus grand mérite aura été d'incarner pour la postérité la VERTU politique dont Montesquieu faisait la pierre angulaire de l'exercice de la Démocratie.

 

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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 10:37

Lorsqu'Antoine Pinay quitte le gouvernement Debré en janvier 1960, personne ne croit à un départ définitif. Il a pourtant définitivement renoncé à toute activité politique de premier plan. Sans doute confus et affecté par le départ de son gouvernement d'un homme aussi populaire, De Gaulle lui offrira un peu plus tard la présidence d'une grande entreprise nationale qu'il refusera.

Sans se départir d'une attitude de discrètion, il se montrera sévère envers les évolutions économiques et surtout le dirigisme étatique du pouvoir gaulliste.

Malgré sa retraite son influence politique restera forte et il sera fortement sollicité pour s'opposer à la réélection de De Gaulle en 1965 mais il s'abstiendra en évoquant son age - 74 ans - et sa lassitude du pouvoir. En 66, impressionné par la fière retraite de son ancien ministre des Finances, De Gaulle reprendra contact avec lui et l'invitera plusieurs fois - hors protocole - à l'Elysée

Après le départ du Général, il sera à nouveau sollicité pour la Présidence mais préférera donner son soutien à Pompidou. Chaban-Delmas 1er ministre sous la Présidence Pompidou lui offrira un ministère élargi couvrant les Finances et les affaires économiques mais il ne donnera pas suite et le poste reviendra, à la grande déception de Pompidou, à Giscard d'Estaing. Courant 1972, il est régulièrement reçu par Pompidou qui fait grand cas de ses avis. Il acceptera de devenir le premier Médiateur de la République, fonction qui restera longtemps marquée de son empreinte.

Lors de l'élection présidentielle de 1974, il soutiendra Giscard d'Estaing qui l'emporte sur François Mitterrand. Entretemps, il a accepté de présider la Société de Diffusion des Techniques, chargée de promouvoir la technologie française de part le monde. Son prestige, son parler simple et sa réputation de grand économiste feront merveille dans sa nouvelle activité.

En 1977, il renonce à sa fonction de maire et son héritier est battu par le candidat de gauche. En 1979, il renonce à sa fonction de président du Conseil Général de la Loire et se retire définitivement dans sa maison de St Chamond, au milieu de ses rosiers et de ses massifs de rhododendrons.

Au crépuscule de sa vie, il ressent fortement la solitude car il ne se reconnait pas dans cette fin du vingtième siècle. S'il est émerveillé par les progrès techniques, il ressent avec beaucoup de peine la disparition de la solidarité entre voisins et du sens civique ainsi que l'appauvrissement moral ambiant. On continue à solliciter ses avis. Son honnéteté morale, son désinteressement et son attachement au service public mais aussi son remarquable sens politique ont une valeur d'exemple pour les hommes politiques. Un grand quotidien, lui rendant hommage, le surnomme " Ministre à vie de la confiance nationale". Jamais homme politique n'aura su comme lui faire de la confiance une politique.

Lors de l'élection présidentielle de 1981 il prend partie pour Giscard d'Estaing qui va pourtant etre battu par Mitterrand dont il désapprouve l'alliance avec les communistes et sur lequel il a un jugement sévère : "François Mitterrand est sans doute un homme politique mais ce n'est pas un homme d'Etat".

Ayant atteint la stature d'un mythe, il sera régulièrement consulté jusqu'à la fin de sa vie par les hommes de pouvoir, partenaires et adversaires confondus. Son plus grand mérite aura été d'incarner pour la postérité la VERTU politique dont Montesquieu faisait la pierre angulaire de l'exercice de la Démocratie.

 

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18 novembre 2006 6 18 /11 /novembre /2006 17:48

Après les soubresauts de la guerre et de la libération, Antoine Pinay reprend sa marche vers le pouvoir. En moins de 3 ans, sous l'étiquette C.N.I. ((Conseil National des Indépendants) il retouve ses positions politiques d'avant 1940 et devient, dès septembre 48, secrétaire d'Etat aux affaires économiques dans le gouvernement radical Queuille. Il participera en cette qualité au 1er plan de stabilisation de l'économie et des prix dans les années 50, sous la direction du ministre des Finances Petsche. Il est ensuite nommé ministre des Travaux Publics sous le gouvernement Pléven. En 1952, en pleine débacle financière et inflation galopante, Vincent Auriol appelle notre homme à la Présidence du Conseil où il fera merveille : C'est le miracle Pinay.

Il met en place, en dépit de nombreuses résistances dans et hors son propre camp, un train de grandes mesures de stabilisation des prix, d'amnistie fiscale, d'emprunt et de budget équilibré, le tout dans un climat de confiance retrouvée. Il sera notamment le 1er à imposer la distinction entre les dépenses d'exploitation de l'Etat assurées par l'impot et les dépenses d'investissement finançées par l'appel à l'épargne. Il faut s'arreter un instant sur les originalités de l'emprunt Pinay : Garantie-or, rendement de 3.5% sur 60 ans, exonération de l'impot sur le revenu, exonération des taxes proportionnelle et progressive et des droits de succession, ce que l'opposition dénoncera comme un cadeau aux "nantis". Le résultat sera le drainage de 15 milliards en or et de 195 milliards en liquidités soit une ponction de 4.5 % de la masse monétaire de l'époque.

Pourtant, à l'automne, les nuages s'accumulent car les prévisions budgétaires se révèlent trop optimistes et un faisceau d'événements économiques jouent défavorablement (tassement de la conjoncture internationale, réduction des importations américaines après la guerre de Corée, reprise de la concurrrence allemande et faible compétitivité -déjà ! - de l'industrie française). Sa proposition de réforme fiscale (avec création de la TVA en remplacement des taxes sur la production et les transactions) est mal accueillie et il démissionne fin décembre devant l'impossibilité de faire voter le nouveau budget. Sa plus grande réussite aura été de détruire la psychose de l'inflation en redonnant confiance dans la monnaie et dans l'Etat. Son départ est regretté par une majorité de français, du jamais vu sous la 4ème République !

En 1953 le voilà propulsé à la présidence du C.N.I. devenu le C.N.I.P. (Conseil National des Indépendants et Paysans). Son esprit européen le pousse à défendre le projet de la C.E.D. (Communauté Européenne de Défense) qui sera bientot torpillé par les radicaux socialistes ayant à leur tete Edouard Herriot. En 1995 il accepte, à la demande de René Coty, de former un nouveau gouvernement mais y renoncera vite devant le faible soutien de son propre parti et des radicaux. Quelque temps après il accepte le ministère des Affaires Etrangères dans le nouveau Cabinet d'Edgar Faure et aura à régler l'épineux problème de la Sarre qui deviendra après referendum un nouveau lander allemand. Il représentera la France à la conférence de Genève en 1955, 1er pas vers la fin de la guerre froide, conférence au cours de laquelle il aura des entretiens "musclés" avec Kroutchev, les deux hommes n'étant pas des adeptes du langage diplomatique ! Son role sera très actif dans l'émancipation du Maroc puis il défendra devant l'O.N.U. la position française sur l'Algérie. Il quitte son ministère lors de la dissolution de l'Assemblée par Edgar Faure et les nouvelles élections amènent l'éclosion du poujadisme (12.5% des suffrages contre 15% pour le CNIP). En fin 56 il est à nouveau sollicité par René Coty pour former un nouveau gouvernement mais la chambre lui refuse l'investiture.

Il sera horrifié par le "pronunciamiento" de l'armée en Algérie lors de la journée du 13 mai 58 et la création du Comité de Salut Public. Il pense rapidement à De Gaulle comme ultime recours du pays au vu de la paralysie du gouvernement et sera le 1er visiteur politique d'importance à faire le pélerinage de Colombey avant que René Coty ne fasse appel au général pour constituer un nouveau gouvernement dont il confiera les Finances à Antoine Pinay afin de juguler l'inflation (de 16% en 58 !). Notre homme va donc concevoir une politique d'urgence assez semblable à celle de 1952 avec amnistie fiscale, recours à l'emprunt garanti-or (basé sur le Louis cette fois !) et stabilisation des prix. Son esprit d'indépendance va cependant vite se heurter au dirigisme gaullien, notamment sur la question algérienne. Pour assurer le redressement à long terme de l'économie française il faut un plan global d'austérité. Ce sera le plan Rueff-Pinay dans lequel De Gaulle, conscient de la gravité de la situation économique, jettera tout son crédit ( création du nouveau franc, dévaluation de près de 20%, retour à l'équilibre budgétaire et libéralisation des échanges). Pour assurer le succès de ce plan drastique diversement accueilli par l'opinion, Antoine Pinay sera reconduit aux Finances dans le 1er gouvernement Debré de janvier 1959 mais le contentieux avec l'équipe gaulliste ira en s'aggravant et il quittera le gouvernement en début 1960.

Ce départ fera l'effet d'un coup de théatre dans les opinions française et internationale qui prendront conscience des profondes dissensions au sein du gouvernement. La légendaire correction d'Antoine Pinay le retiendra d'étaler en public ses profondes divergences et ses nombreux désaccords avec le régime gaulliste.

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18 novembre 2006 6 18 /11 /novembre /2006 12:25

Les commentaires outranciers de Thierry Breton (qui manque pour le moins de la plus élémentaire des prudences. Grave quand meme pour un ancien grand patron d'industrie ! A qui donc se fier ? Ou alors est-ce le pouvoir politique qui rend fou ?) n'y changeront rien. Le ciel économique français est lourd de menaces.

La première mauvaise nouvelle est venue de la croissance nulle du PIB pour le 3ème trimestre. On pouvait penser à un accident de parcours après le mirifique (et trompeur) résultat du 2ème trimestre qui avait vu ce cher Breton se "lacher" sans retenue !

Depuis les mauvaises nouvelles s'accumulent : D'abord la création d'emplois nette s'écroule au 3ème trimestre. Conséquence de la 1ère mauvaise nouvelle diront les optimistes gouvernementaux impavides. Hélas, la série continue et cette fois c'est beaucoup plus grave : Le taux de croissance de l'investissement industriel sera sans doute proche de zéro cette année et les prévisions des industriels pour l'année prochaine ne sont guère optimistes.

Sans jouer les Cassandres, force est de constater que sur la période 2001 - 2007 l'investissement industriel n'aura guère progressé...alors que l'économie mondiale galope au rythme de 5% et que nos concurrents investissent à tour de bras ! La France est sur la pente (savonneuse) de la désindustrialisation et nos experts d'invoquer les (bonnes) raisons bien connues à la fois conjoncturelles (croissance trop rapide des couts de production pesant sur les marges, € trop élevé par rapport au $, au Yen et au Yuan) et structurelles (la fiscalité française qui n'incitent pas les industriels à revenir en France). On rajoutera au niveau conjoncturel la mauvaise passe de l'industrie automobile qui était l'arbre qui cachait (en partie) la foret.

Alors, est-ce l'amorce du déclin ? Accepter le déclin de l'industrie, c'est accepter le déclin de toute l'économie française. Bien que l'industrie ne représente plus que 20 % de notre PIB, tous les secteurs de services qui en dépendent ont besoin d'une industrie dynamique pour fonctionner. Si l'industrie s'écroule, c'est la débandade.

Prions le ciel que les conseillers de Sarkosy lui soufflent les bonnes réponses économiques. Quant aux conseillers de la nymphe Ségolène, ce n'est malheureusement pas demain qu'ils comprendont (ou accepteront de comprendre pour ne pas faire injure à leurs capacités intellectuelles) comment fonctionne une économie moderne.

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