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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 13:14
Cà bouge chez les milliardaires !!

Après 13 années de règne sans discontinuer sur ses pairs, Bill Gates vient d'être détrôné par son second Warren Buffet qui, en une année, a vu sa fortune progresser de 10 milliards de $ grâce à son fonds d'investissement Berkshire Hathaway, ce qui l'amène à la coquette somme de 62 milliards $ (que peut-il bien faire d'une fortune pareille à 77 ans sinon se vautrer dans sa baignoire remplie de grosses coupures !)

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Ce "pauvre" Bill dont la fortune est estimée en 2007 à 58 milliards $ s'est même vu dépassé par l'ex-troisième, Carlos Slim magnat des Télécoms mexicaines qui pointe à 60 Milliards $ !
Vient en 4ème position le fameux indien Mittal, roi de l'acier, avec 45 milliards $.
A noter le "break" de 15 Milliards $ derrière le trio de tête qui ne semble pas prêt d'être rejoint.
Les indiens (pas ceux d'Amérique avec leurs plumes, leurs calumets et leurs bisons, les autres) placent quatre des leurs dans le nouveau "top ten", ce qui montre la progression remarquable du continent indien.
Notre champion Bernard Arnault avec ses 25 milliards $ rétrograde à la 13ème place.

Autres éléments significatifs :
                - Le nombre de milliardaires a doublé en 4 ans. Ils sont 1.125 à ce jour à se partager la bagatelle de 5.200 Milliards $ !
NB : détail amusant, le chiffre précédent correspond aux pertes des bourses mondiales pour le mois de janvier 2008 ! Riez, petits porteurs !
                - Les plus nombreux (469) sont toujours aux USA soit un bon 40% du total
                - La Russie vient derrière par le nombre avec 87, suivie de l'Inde (53), la Chine (42), le Brésil (18) et la France (14)
                - Moscou est la capitale mondiale des milliardaires devant New York !

Le plus jeune milliardaire n'a que 23 ans. Il s'agit de l'américain Marc Zuckerberg, fondateur de Facebook, avec "seulement" 1,5 milliard $.

"Cocorico" ! Nous avons la femme la plus riche du monde avec Liliane Bettencourt (17ème dans le classement Forbes avec 23 milliards $) première actionnaire du groupe L'Oréal.

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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 12:04

 

Depuis la mythique Tour de Babel, les langages des hommes se sont diversifiés à tel point qu'aujourd'hui des milliers de langues et autres dialectes se partagent la communication humaine orale ou écrite.
La mondialisation récente des échanges de toutes natures associée au raccourcissement des distances voire à leur annihilation par les télécommunications rendent plus nécessaires que jamais la mise en oeuvre d'une politique mondiale de communication internationale si on en veut pas que celle-ci reste l'apanage de chanceux linguaphones dont la langue maternelle (ou ses versions bâtardisées) est suffisamment répandue de part le monde pourqu'ils aient une chance, sans trop d'effort de leur part, d'être à peu-près compris dans de nombreuses contrées. 
Au jour d'aujourd'hui et très schématiquement, les communautés linguaphones vraiment internationales sont fort peu nombreuses. Deux sont d'importance mondiale : La chinoise (par sa masse continentale à laquelle s'ajoute Formose et la diaspora) suivie de l'anglaise (Angleterre, Etats-Unis, l'ex-Commonwealth dont l'Inde auquel s'ajoutent les communautés internationales scientifiques et des affaires, sans oublier le snobisme inglamaniaque), les autres communautés (hispanique, française, russe, allemande, swahili,...) pouvant être considérées comme de second ordre.

A partir de cet état des lieux, une constatation, peu contestable de bonne foi, peut être faite : Solutionner la communication mondiale par l'étude de langues étrangères de plus en plus nombreuses est IRREALISTE. 
Il est en effet établi que le nombre de personnes capables intellectuellement de pratiquer correctement 2 ou 3 langues étrangères est infime et non significatif à l'échelle mondiale. D'autre part, dans la mesure ou une telle solution serait possible, l'investissement nécessaire en temps et en argent serait faramineux !
Sauf donc d'adopter comme langue universelle l'une des grandes langues vivantes du moment (nous y reviendrons dans un autre article) , la logique et le bon sens devraient donc conduire l'homme rationnel et sensé - mais l'est-il vraiment ? - à la recherche puis l'adoption d'un "outil commun", construit de telle manière que sa simplicité, sa logique, sa stabilité, sa facilité d'apprentissage lui permettent d'être adopté et assimilé par tous, tout en protégeant les cultures locales des ingérences "internationalistes". 
Cet "anti-Babel" existe-t-il ou est-ce une vue de l'esprit ?
Eh bien OUI, il existe et depuis 120 ans !
L'Esperanto est, en effet, une langue construite sur des fondamentaux européens mais à vocation universels, à la fois simple et rigoureusement logique, dont le temps d'apprentissage est estimé générallement plus court d'un facteur 10 que celui des principales langues vivantes actuelles. Par ailleurs, il constitue une véritable école de logique pouvant fournir la base d'un enseignement préparatoire aux autres langues (les maternelles et les étrangères selon les populations auxquelles on s'adresse). Les nombreux essais pratiqués dans différents pays ont tous conclu à un vif intérêt et une grande facilité d'appropriation de l'Espéranto par les jeunes enfants déclenchant motivation, confiance en soi et goût de la découverte des langues.

L'homme rationnel et sensé, au vu de tels avantages comparatifs tant humains que financiers devrait se dire que voilà une bien belle idée à exploiter au plus vite. Peut-être pourrait-il, s'il est précautionneux, émettre un doute sur les qualités communicatives de ce langage et se demander s'il est bien apte à faire face à tous les besoins ?
L'interrogation est légitime et de grands noms de la littérature (par exemple Maurice Genevoix, de l'Académie Française), de la linguistique et de la Sémantique y ont apporter des réponses positives.

Le terrain semblerait donc déblayé pour une "acceptance" générale de cette solution ! 
Hélas, trois fois Hélas, c'était sans compter avec les forces de l'immobilisme et du conformisme !
Le conformisme du plus grand nombre d'abord : l'individu moyen qui ne fait ordinairement pas de la linguistique sa tasse de thé, ne sait guère en quoi peut bien consister une nouvelle langue "construite" (par opposition à une langue issue d'une évolution naturelle ou, bien souvent, de la fusion plus ou moins dirigée de différents dialectes locaux). Il va donc se fier à ce qui se raconte, aux "on-dit" voire au commentaire fumeux , saisi un soir par inadvertance à la TV, d'un journaleux guère mieux informé mais qui fait semblant de. Il va naturellement se raidir devant une nouveauté qu'il n'appréhende pas, en pratiquant un amalgame du genre : "construite = synthétique = artificielle = contre nature = danger". Et si, en plus, on lui dit que çà pourrait menacer sa culture, alors là, c'est la sortie garantie des aéro-freins ! Fort de ces connaissances fraîchement acquises, notre français moyen va pouvoir briller au Café du Commerce voisin avec ce zeste de dédaigneuse moquerie de "celui qui sait que çà ne marche pas " et colporter ainsi la rumeur autour de lui.
L'immobilisme institutionnel ensuite. Alors là on se heurte aux "gens informés", aux "gens qui savent et qui décident" et qui supportent mal qu'on vienne leur souffler une solution qu'ils n'ont pas eux-mêmes, malgré leur science infuse, imaginée et préconisée !  Ils vont alors faire feu de tout bois pour s'y opposer, utilisant une panoplie d'arguments allant du poids sociologique de la langue, de son manque d'âme populaire, de son art, de sa littérature, de sa culture, etc.... oubliant ou faisant exprès d'oublier que l'Esperanto est d'abord un outil pratique de communication et ne prétend nullement remplacer une langue maternelle ! L'interview d'un ancien ministre de la Culture est resté dans les mémoires un modèle du genre !

Malgré tous ces obstacles, l'espérantiste convaincu reste confiant car il sait qu'avec Internet la diffusion de la "internacia lingvo" est de plus en plus rapide, que les réseaux se développent et que partout des associations se lèvent. Il se rappelle aussi qu'il a fallu trois siècles pour que les chiffres indo-arabes, pourtant bien plus pratiques que les chiffres romains ou grecs, se répandent dans le monde civilisé de l'époque !


Consulter l'article "Quel parti la langue française peut-elle tirer de la défense et de l'illustration de l'esperanto ?  sur le site SAT AMIKARO   www.esperanto-sat.info/article708.html


Same kiel ĉi-supre esperante :

 
Ekde la mita Babelturo la humanaj lingvoj diversiĝis tiel, ke hodiaŭ miloj de lingvoj kaj aliaj dialektoj partigxas parole kaj skribe la humanan komunikadon .
La freŝdata tutmondiĝo de ĉiajnaturaj interŝanĝaĵoj  asociata al la mallongiĝo de la distancoj aŭ ilia detruo mem per la telekomunikadoj pli necesigas ol neniam la efektivigon de tutmonda politiko de internacia komunikado se oni ne volas, ke tiu lasta restu la apartenon de bonŝancaj lingvanuloj, ties patrina lingvo (aux ĝiaj bastardiĝaj versionoj) estas sufiĉe divastigita tra la mondo por ke ili havu ŝancon, sen tro da peno el sia parto, esti aproksime komprenitaj en multaj landoj.
Tiutage kaj tre skeme, la realaj lingvistikaj internaciaj komunecoj estas tre malmultaj. Du el ili estas tutmondoskale. La ĉina - per sia kontinenta maso al kio necesas aldoni Formoson kaj la ĉinan diasporon - kaj la ingla - Anglujo, Usono, eks-Commonwealth, kies Hindujo, aldonante la aliaj internaciaj scienciaj kaj ekonomiaj komunecoj senforgesante la inglamanian snobismon - la aliaj lingvistikaj komunecoj (hispania, franca, rusa, germana, swahilia....) povante esti konsideritaj kiel duaordaj.
Deirante tiun lokstaton, bonfide nekontestebla konstato povas esti farita : solvigi la internacian komunikadon per lernado de fremdaj lingvoj pli kaj pli multaj estas NEREALISTA.
Estas efekte
starigi, ke la nombro de personoj kun intelekta  kapableco praktiki korekte du aux tri fremdaj lingvoj estas malmultega kaj nesignifa tutmondskale. Aliaparte, laŭ ke tia solvo estu ebla, la necesa investo tempe kaj mone estus senmezura ! 
Aparte do adopti unu el la plej grandaj tiutempe vivaj lingvoj kiel universala lingvo (ni revenos tiupunkte en alia artikolo) , la logiko kaj la bonsenso devu do konduki la racian homon - sed ĉu reale estas ? - al la serĉo kaj la apreniĝo de "komuna lingvilo" konstruita tiel, ke sia simpleco, logikeco, stabileco, lernofacileco, permesu sian adopton kaj asimilon per ĉiuj, kun la protektado de la lokaj kulturoj kontraux la internaciismaj enmiksiĝadoj !

Ĉu tia "kontraŭ-Babelo"  ekzistas aŭ ĉu estas nur spiritvidado ? 

JES JA, ĝi ekzistas kaj ekde cent dudek jaroj !! 

Esperanto estas efekte lingvo konstruita ekde europaj sed alvoke tutmondaj fondaĵoj, unufoje simpla sed ankaŭ rigore logika, ties lernotempo estas generale estimata malpli longa per dekfaktoro ol lernotempo de la plejgrandaj aktuale vivaj lingvoj. Krom ĝi konstituas realan logiklernejon, kiu alportpovas la fondon de  preparanta lernado por aliaj lingvoj (patrinaj aux fremdaj laŭ la koncernitaj landanaroj). La multaj provadoj praktikaj en diversaj landoj tute positive konkludis al vigla intereso kaj grandfacila alproprigo de la junaj infanoj por la esperanta lingvo kun motivo, memkonfido kaj malkovremo de fremdaj lingvoj. 
La racia kaj bonsensa homo, vidinte tiajn komparajn avantaĵojn, tiom humanaj kiom financaj devus diri al si, ke jen estas bone bela ideo ekspluati plejrapide. Eble li povus, se li estas  singardema, esprimi dubon pri la realaj komunikaj kvalitoj de tiu esperanta lingvo kaj demandi al si ĉu ĝi estas kapabla alfronti ĉiujn lingvajn demandojn ? 

La pridemando legitima estas kaj grandaj nomoj el la literaturo (ekzemple Maurice Genevoix, el la Franca Akademio), el la lingvistiko kal la semantiko alportis positivajn respondojn. 
Ŝajnus do, ke la tereno bone malembarasita estas por ĝenarala akceptiĝo de tiu lingva solvo. 
Ve ! Trifoje Ve ! Estis senzorge pri la senmoviĝitaj kaj konformiĝitaj fortoj
 !! 

Unue la senmoviĝado de la plej granda nombro : La meza persono, kiu ne faras ordinare sian teotason el la lingvistiko, apenaŭ konas, ekde kio "konstruita" lingvo estas farita (kontraŭ al viva lingvo el natura evolucio aŭ, tre ofte, ekde pli kaj malpli aranĝita miksado de lokaj dialektoj). Li do estas fidonta al kio oni rakontas, al "onidiro" aux eble al malklara komentario, aŭdita iuvespere kaj malatente en televido, el gazetisto apenaŭ plibone informita sed kiu simulas scion. Li nature streĉiĝas antaŭ novaĵo, kiu ne povas majstri, praktikante amalgamon tiel, ke : "konstruita = sintetika = artefarita = kontraŭnatura = danĝera" ! Kaj se, plue, oni diras al li, ke tio povus minaci sian kulturon, tiam, estas garantiita eliro de sekurbremsoj !  Plifortigita per tiaj freŝe akiritaj scioj, nia meza franculo povos spriti ĉe la najbara "Kafejo de Komerco" kun tiu zesto de malŝata moko de "tiu, kiu scias, ke tio ne funkcias" kaj tiamaniere kolporti la onidiron ĉirkaŭ si.

Poste, la institucia senmoviĝado. Tiam tie, oni luktas kontraŭ la "sciaj personoj" , la "sciaj kaj regaj personoj" kaj kiuj elportas tre malbone, ke aliaj neregaj personoj orelblovas solvon, ke ili mem ne imagis aux rekomendis, malgraŭ ilia infuza scienco ! Do ili faros tutlignan fajron kaj kontraŭdiros kun panoplio de  argumentoj desde la sociologpezo de la lingvo, ĝia populara animomanko, ĝia febla arto, ĝia iom konita literaturo, ĝia iom ekzista kulturo, ktp...forgesante aux ŝajnante forgesi, ke la unua celo de la esperanta lingvo estas praktika komunikadilo kaj ne aspiro al anstataŭigo de patrina lingvo ! La intervjuo de franca kultura eksministro memorigxis kiel specomodelo ! 

Malgraŭ tiuj ĉiuj obstakloj, la konvinkita esperantisto konservas sian konfidon, ĉar li scias, ke danke al la tutmonda Interreto la disdoniĝo de la internacia lingvo estas pli kaj pli rapida, ke samideanretoj disvolviĝas en multaj landoj kaj, ke ĉiuloke esperantasocioj stariĝas. Ankaŭ li memoriĝas, ke necesis tri centjaroj al la indo-arabaj ĉifroj, malgraŭ multe plibona praktikeco ol la romanaj kaj grakaj, por disvastiĝi en la tiuepoka civilizita mondo ! 


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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 10:40

Au milieu du XXème siècle dans les écoles catholiques on racontait aux jeunes adolescents (dont je faisais alors partie) la belle et édifiante histoire d'une jeune bergère, née à Domrémy en Lorraine, petite enclave française en pays bourguignon, très pieuse, très obéissante et bonne gardienne de ses moutons qui, un jour, entendit des voix dans son jardin. C'étaient les voix des saintes Catherine et Marguerite et aussi celle de l'Archange St Michel qui lui enjoignaient de sauver le royaume de France alors en grand péril, de sauver la ville d'Orléans et de faire couronner le Dauphin Charles à Reims. Fort troublée par ces angéliques visions, la jeune adolescente qui n'avait alors que 13 ans ne se laissa convaincre d'agir qu'au bout de 3 ans et s'en vint - sans l'autorisation des ses parents - demander au sieur de Baudricourt, de lui donner destrier et escorte pour s'en aller voir le Dauphin à Bourges. Premier refus du capitaine qui renvoya rudement notre jeune bergère à ses moutons. Courageuse, la petite bergère renouvela sa demande un an après et cette fois le capitaine accepta de lui fournir l'escorte et ce dont elle avait besoin pour le voyage. Arrivée à Bourges, elle convainquit le Dauphin de voler au secours d'Orléans dont les anglais levèrent bientôt le siège. L'armée royale soulevée d'enthousiasme, Pucelle en tête, vainquit l'anglais en maints combats et emmena le dauphin se faire sacrer Roi à Reims
La suite de la belle histoire était dramatique et tournait même à la tragédie héroïque : Plus ou moins abandonnée par le nouveau Roi Charles VII, notre héroïne était faite prisonnière à Compiègne puis bientôt vendue aux anglais qui, par vengeance, l'envoyaient au bûcher après un procès inique dirigé par un infâme évêque français à la solde des anglais, nommé Cauchon (çà ne s'invente pas, un nom pareil ! Analogie immédiate garantie avec un animal réputé pour sa saleté et sa lubricité ! Même le grand poête et dramaturge Paul Claudel s'y laissa aller avec son fameux "ergo porcus sum" qu'il mit dans la bouche de ce pauvre évêque - pourtant fort renommé de son temps - dans l'une de ses oeuvres !) 

Je ne sais si on raconte encore de nos jours une pareille histoire ! A l'époque, la canonisation (fortement souhaitée par le pouvoir politique à la fin du XIXème siècle) de la sainte était encore présente dans les esprits et l'Eglise pouvait donc appuyer la version "mission divine" de toute son autorité. Aujourd'hui, le côté idyllique et infantile de ce mythe fait sourire ou ricaner, ce qui n'empêche d'ailleurs pas l'un de nos partis politiques de célébrer tous les ans le culte de la Sainte Jeanne, redevenue championne moderne du nationalisme français (elle l'avait déjà été en 1870 puis en 1914) !

Car cette histoire est bourrée d'invraisemblances même pour ceux qui croient en la divine Providence et aux miracles !  Ne voilà-t-il pas, en effet, une petite bergère inculte, fille de pauvres laboureurs, ne parlant sans doute que son patois lorrain qui entend les voix de 2 saintes qui n'ont jamais existé (les recherches historiques lancées par le pape Jean XXIII n'ont rien donné !) et qui lui parlent en français (réponse de Jeanne lors du procès de Rouen) ! Ne la voilà-t-elle pas chevauchant un destrier (a-t-elle appris l'équitation en gardant ses moutons ?) au milieu de son escorte puis faisant ses confidences (toujours en bon français de l'époque) à l'oreille du Dauphin et s'adressant à la cour de ce dernier dans une langue correcte et remarquée par les chroniqueurs ? Ne la voilà-t-elle pas caracolant, bannière au poing,  à la tête des troupes royales et en imposant aux rudes capitaines par son autorité et ses connaissances militaires (mais où donc avait-elle pu acquérir une telle science de la guerre ?)  Ne la voilà-t-elle pas tançant les grands du royaume et s'adressant à eux comme à ses pairs ? Ne la voilà-t-elle pas se battant avec rage, l'épée à la main, au milieu des bourguignons avant d'être désarconnée puis prise à Compiègne ? Ne la voilà-t-elle pas enfin, lors de son procès, se défendant avec une pugnacité de juriste professionnel et une intelligence qui désarconnent ses accusateurs ?  Pas mal, me direz-vous, pour une bergère douce, timide et inculte même touchée par la "grâce" divine !  La transformation de la jeune paysanne en chef de guerre tient en effet du miracle ! 
Il semble beaucoup plus plausible que tout cela tienne de la mystification et d'une opération politique d'envergure magistralement orchestrée !

En son temps déjà, le mythe naissant fut mis en doute par beaucoup, à commencer par les autorités ecclésiastiques ! Même ce falot Charles VII ne dut pas y croire beaucoup car une fois son objectif politique atteint (sacre à Reims établissant définitivement sa légitimité) il se désintéressa de la Pucelle jusqu'à carrément la laisser tomber après sa capture ! Dans les siècles suivants et particulièrement au siècle des Lumières, siècle de scepticisme religieux, la thèse de la mission divine fut battue en brêche de vilaine manière par des écrivains comme Beaumarchais, Voltaire voire Montesquieu ! Il fallut attendre la fin du XIXème siècle et notamment la désastreuse guerre de 1870 pour voir se renouveler le culte de la bonne Lorraine née dans un pays que venaient de nous arracher ces damnés prussiens !  Le nationalisme échevelé que connut la France jusque dans les années 20 exploita à fond le mythe de la Pucelle protectrice et salvatrice de la Nation française. L'exploitation politique fut telle que les historiens du XXème siècle adoptèrent la version officielle - Gambetta n'avait-il pas dit " On ne touche pas à Jeanne d'Arc ! " - et que même encore aujourd'hui ce que la plupart des gens savent de cette histoire se réfère essentiellement au contenu du mythe !
Il semble bien que pour beaucoup de gens, hier comme aujourd'hui, mieux vaut une fausse histoire merveilleuse qu'une réalité prosaïque !

Qu'en est-il alors de cette "réalité prosaïque" ? Force est de reconnaître qu'elle est bien difficile à établir d'une manière certaine car les textes, les chroniques du temps, voire les témoignages aux deux procès (celui de la condamnation à Rouen de 1431 puis celui de la réhabilitation en 1456) sont tellement imprégnées de  la légende et parfois si contradictoires que l'on est sûr de bien peu de choses, même l'âge réel de l'héroïne est douteux ! C'est dire la complexité du sujet !
Une manière intéressante d'aborder la question est de s'interroger sur le besoin, à l'époque, d'un tel mythe salvateur. Sa nécessité saute aux yeux ! . Le royaume de France était au bord du gouffre, pris en tenaille par l'anglais et le bourguignon. Le moral est alors au plus bas, les anglais semblent invincibles, les maigres troupes royales sont incontrôlables, leurs chefs travaillent le plus souvent pour leur propre compte, les princes complotent ou se rallient à l'anglais et le Dauphin Charles, réfugié à Bourges, doute de tout et d'abord de sa légitimité. Ne le dit-on pas batard, sa mère Isabeau de Bavière n'étant pas un parangon de vertu et son supposé père, le Roi Charles VI étant devenu fou ? 



Seul un "miracle" c'est-à-dire un évènement extraordinaire de caractère (supposé) divin peut renverser le cours des choses, refaire l'unité du pays et soulever l'enthousiasme populaire pour une guerre de libération.
 A cette époque, pour des gens organisés et possédant des relais bien répartis, déclencher l'apparition d'un mythe ne devait pas constituer une tâche surhumaine : Les croyances et les légendes sur les différents thèmes repris par le mythe (les pastoureaux, la pucelle, l'arbre sacré, les voix divines, les oiseaux, la prophétie de Merlin, etc...) étaient dans l'air du temps. Le mysticisme, la crédulité populaire et l'extrême misère du royaume de France offraient un excellent terrain d'accueil. Restait à trouver le catalyseur !
A la tête d'une telle entreprise de mythification il fallait aussi un cerveau. L'écrivain Michel Lamy dans son livre "Jeanne d'Arc" pense l'avoir trouvé en la personne de Yolande d'Aragon, femme hors du commun, célébrée par les chroniqueurs du temps, épouse de Louis II d'Anjou, frère du Roi Jean le Bon. Elle avait pris en tutelle dès sa 2ème année le dauphin Charles puis le maria à sa fille Marie devenant ainsi sa belle-mère protectrice. Elle assura son apprentissage d'homme politique et de roi et défendit la légitimité du dauphin contre tous ceux qui en doutaient. Elle fut, sans conteste, la femme forte du royaume de France pendant une bonne partie du règne de Charles VII qui l'appelait "sa bonne mère". C'est elle qui, plus tard, jeta dans les bras de son gendre la très belle Agnès Sorel afin de gouverner à sa place ! 
A l'époque qui nous intéresse, Yolande, chef de la maison d'Anjou, reine de Sicile et duchesse de Provence, est la championne des Orléans et des Armagnacs contre le Duc de Bourgogne et bien entendu les anglais. Malgré la grande emprise qu'elle a sur son gendre (devenu le Roi Charles VII en octobre 1422, à la mort de son père Charles VI) celui-ci est un indécis, maladroit dans ses entreprises, sous la mauvaise influence de ses favoris. Un choc psychologique pour lui et pour le pays est nécessaire. Une intense activité diplomatique va précéder l'entrée en scène de Jeanne d'Arc.
Quand Jeanne commence sa mission, c'est René d'Anjou, fils de Yolande, qui l'introduit auprès du duc de Lorraine. Au passage, ce René d'Anjou est l'ami du sire de Baudricourt. Coïncidences ? Pendant son séjour à Chinon et sa rencontre avec le Dauphin, Jeanne est constamment entourée par des gens de Yolande qui va prendre en charge les frais de l'expédition d'Orléans (les caisses du Dauphin sont vides !), de la campagne militaire dans la vallée de la Loire (fameuse bataille de Patay qui brise le moral anglais) puis le long déplacement à Reims pour le sacre. Toujours Yolande ! Une véritable providence ou plutôt une femme-orchestre qui veille à la bonne marche de l'opération ? Dès le début de sa mission et alors que Jeanne n'a encore rien fait de spectaculaire, une rumeur se répand dans tout le royaume avec un synchronisme extraordinaire, colportée par les moines franciscains (alliés des Orléans contre les dominicains alliés à Bourgogne pour des raisons d'oppositions théologiques) qui sillonnent le pays : Une vierge vêtue d'habits d'homme et envoyée par Dieu va venir supporter le Roi porteur des Lys et chasser l'anglais du royaume. Voilà une rumeur qui tombe parfaitement à pic !! Autre coïncidence, Yolande et sa fille Marie, femme du dauphin, étaient affiliées au Tiers-Ordre franciscain !
On pourrait continuer ainsi à égréner toutes les coïncidences rencontrées sur le parcours de Jeanne qui illustrent les interventions bien réelles de Yolande d'Aragon et de ses alliés. Je conseille aux esprits curieux de se procurer le livre de Michel Lamy - Jeanne d'Arc - Edition de poche - référence : 10765 - publié en 1999 - afin de se faire leur propre opinion sur l'ensemble de cette affaire, au demeurant, fort complexe et dont on ne connaîtra sans doute jamais le fin mot.
Un dernier point mais d'importance : Si l'on accepte la version quasi-officielle de mission divine confiée à Jeanne, cela signifie que Dieu, en la faisant intervenir, prenait le parti de Charles VII, prince probablement bâtard, non reconnu par son père et déshérité par sa mère contre le roi anglais qui avait pour lui la légimité de droit et du sang !! Voilà qui est fort étrange et ne ressemble guère à l'idée que l'on se fait de la justice divine ! ou alors il faut prêter à Dieu des soucis géopolitiques d'équilibre européen qui laissent encore plus perplexe ! Et que dire des Saints Michel, Georges et André protecteurs respectivement des français, anglais et bourguignons ! En vinrent-ils aux mains pour régler leurs différents ? 
Tout cela a de forts relents de mythologie grecque et permet, pour le moins, d'entretenir de sérieux doutes !






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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 13:27
....qu'il sème discorde et perturbation dans son propre camp, qu'il ouvre une voie royale à la victoire prochaine de la gauche (ou des gauches, au choix, compte-tenu de leur impossibilité doctrinale chronique à s'entendre sur un quelconque programme d'ailleurs même pas ébauché !), qu'il dilapide son capital de sympathie dans l'opinion, qu'il consterne les citoyens soucieux de l'image de leur pays à l'étranger, qu'il épouvante ceux qui ont le respect des lois et des institutions...?

On pourrait ainsi poursuivre la liste des reproches à faire à ce Président , un peu trop "new look" aux yeux de beaucoup, qui semble confondre parfois présidence républicaine et vedettariat de type "showbiz", qui exhibe sa vie privée comme un animateur vedette de TV, qui s'exhibe avec quelques "happy few" milliardaires dans ces temps de disette...et qui manque de la plus élémentaire retenue présidentielle dans ses contacts populaires "musclés" !. 

Trop c'est trop pour le bon peuple qui voudrait un peu plus de dignité et de solennité de la part de celui qui le représente.

Le plus grave dans tout cela, ce n'est pas le "gros mot" lâché en réponse à l'insulte d'un triste individu (étrangement exonéré par la presse de son inqualifiable conduite, celui-là ! En la personne du président, c'est pourtant la France entière qui devrait se sentir insultée !). Il peut arriver à n'importe qui de perdre un instant ses nerfs !

Le plus grave, c'est cette personnalisation excessive du pouvoir (par les médias dans leur besoin irrépressible de sensationnel et par l'opposition politique, trop heureuse de trouver un bouc-émissaire à son mal-être et un dérivatif à ses dissensions) , favorisée en grande partie par le comportement et la manière de gouverner de l'homme-président et qui amène à juger de toute l'action politique actuelle à travers sa seule personnalité. 
Pas bon pour la démocratie, une telle situation ! 
Si un seul homme est la clef de voûte du système, l'implosion du système devient possible. Il suffirait que la conjoncture s'en mêle d'un peu trop près !

...et la conjoncture ne manque pas de s'en mêler un peu trop en ce moment ! Les scientifiques évoqueraient pour en parler leur fameuse loi de l'emm...maximum ! Le simple maintien (sans parler de son illusoire progression !) du pouvoir d'achat ne va pas être chose facile en ces temps d'explosion des prix alimentaires et énergétiques, les marges de manoeuvre budgétaires sont inexistantes, la croissance est révisée à la baisse au vu de la conjoncture financière internationale et des risques de récession aux Etats-Unis, la non-régulation des monnaies et des échanges commerciaux continue ses ravages, etc......

La grande question du moment est donc : Y a-t-il encore, dans le personnel élyséen ou ailleurs, des gens capables de raisonner l'hyper-Chef ou bien a-t-il échappé à tout contrôle ?

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 12:09
Une bonne nouvelle nous vient de l'Agence de notation américaine Standard & Poor's qui confirme sa note AAA (la plus haute dans la gamme des cotations) aux deux principaux rehausseurs de crédit américains Ambac et MBIA ainsi qu'à leur petit rival français CIFG (filiale des Banques populaires et de la caisse d'Epargne). l'Agence, tout en restant vigilante, a apprécié l'effort de recapitalisation de ces sociétés financières suite à leurs déboires dans la récente crise du "subprime".

Voilà qui devrait calmer le jeu dans les bourses mondiales et rendre aux marchés un peu de la sérénité qu'ils ont perdue depuis plusieurs mois. La bourse de New York ne s'y est pas trompée puisque les titres de Ambac et de MBIA viennent de s'envoler d'environ 20%.

Comme quoi le pire n'est jamais certain et que "plaie d'argent n'est pas mortelle" ! 

Attention toutefois au sentiment de fausse sécurité. L'alerte fut très chaude et les risques de rechute sont toujours bien présents !

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 16:39

 

Voici un bien malheureux exemple anachronique du mot fameux : " Impossible n'est pas français " que l'on tient, selon deux versions légèrement différentes, soit de Napoléon dans une lettre de 1813 soit de son ministre Fouché en 1808, d'après les sources consultées !

Il semblait, en effet, complètement impossible que l'armée française puisse être battue au cours de cette sombre journée d'octobre 1415 ! 

Dressons le décor de l'affaire en quelques mots avant de revenir en détail sur certains points : Une troupe anglaise de 10.000 hommes (peut-être plus. Il y a des divergences selon les chroniques du temps) a débarqué par surprise en Normandie à Harfleur, en a fait le siège et s'en est emparée après 5 semaines d'assaut. La tempête ayant entretemps dispersé les bateaux, la troupe anglaise ou plutôt ce qu'il en reste (pertes au combat, désertions, dysenterie...) n'a d'autre solution, après avoir consciencieusement pillé la ville conquise et jeter sur les routes les habitants rescapés, que de se replier sur Calais, possession anglaise depuis 1347. A pied la route est longue, les milices françaises locales harcèlent les anglais qui égrènent le long du chemin les blessés, les malades, les mourants. Bientôt l'Host convoqué par le Roi de France barre le chemin aux anglais, les empêchant de franchir la Somme. La situation du Roi anglais semble désespérée : Il lui reste 5 à 6 mille hommes épuisés dont à peine mille de cavalerie. Une troupe française, sur ses arrières, menace ses bagages. En face l'armée française compte 20 mille hommes voire plus dont la fine fleur de la Chevalerie (la régionale principalement, celle qui veut protéger ses terres. Les chevaliers des provinces lointaines n'ont guère eu la possibilité ou l'envie d'arriver à temps !) et un chef de guerre expérimenté, le Maréchal Boussicot. Comment est-il possible de perdre dans de telles conditions ? Et pourtant.....!!

Revenons aux anglais. Leur jeune Roi Henri V de Lancastre, usurpateur fraîchement couronné est contraint, pour maintenir son autorité et une paix intérieure fragile, de s'appuyer sur le parti de la guerre au rival français fragilisé lui aussi par la folie du Roi Charles VI et les menaces de guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Henri V concentre donc à Southhampton une petite armée de professionnels, archers pour la plupart qui ont participé aux opérations militaires de Galles, Irlande ou Ecosse. Ces rudes hommes utilisent le fameux arc gallois - le longbow - en bois d'if, d'hauteur d'homme, capable de percer une armure à 100 mètres et pouvant lancer 10 flèches par minute ! Une arme défensive terrible qui a déjà fait ses preuves notamment à Crécy, 70 ans plus tôt puis à Poitiers 10 ans plus tard à la grande confusion des troupes françaises et notamment de la cavalerie qui y fut massacrée ! Le Roi Henri V lie à lui par serment ses soldats et leur verse une solde ("six pence a day" selon le chroniqueur anglais John Stevens, ce qui ne semble pas bien cher pour risquer sa vie. Heureusement, il y a le pillage et les rançons des nobles chevaliers faits prisonniers pour améliorer l'ordinaire !). Les soldats anglais sont fortement encadrés et ont l'habitude de se battre ensemble. Il s'agit donc d'une troupe solide, disciplinée et homogène.

Quelle est, en cette année 1415, la situation côté français. Elle est politiquement désastreuse. La santé du Roi Charles VI ne lui permet plus de diriger le royaume qui est livré à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons à tel point que le gouvernement pro-armagnac n'ose pas lever les milices parisiennes, soupconnées de préférence bourguignonne, pour aller affronter l'anglais. Jean sans peur, duc de Bourgogne, le meilleur chef militaire français de l'époque, refuse de participer à la campagne et recommande à son frère, duc de Brabant d'en faire autant (conseil que d'ailleurs ce dernier ne suivra pas puisqu'il laissera la vie sur la champ de bataille). On convoque donc l'Host dans tout le royaume et on sort l'oriflamme de St Denis. La noblesse est mandée d'aller sus à l'anglais et de le bouter hors du royaume. Comment se présente-t-elle, cette armée royale ? Elle est composée, pour une grande part, de nobles chevaliers assistés de leurs servants et écuyers. Le reste, la "piétaille" méprisée par les chevaliers, est composée d'hommes d'armes, de piquiers, de "vougiers" et d'arbalétriers. Ils viennent derrière et ne sont là que pour exploiter les assauts de la cavalerie où se pressent voire se bousculent, ivres d'orgueil et de beaux coups, les beaux chevaliers dans leurs superbes armures. Pas ou peu d'archers (l'arc, c'est bon pour ces vils anglais ! ). Ah, j'oubliais ! Il y a aussi de l'artillerie (on n'en est qu'aux balbutiements !). Quelques bombardes de 1ère génération, pesantes, peu ou mal maîtrisées mais toutefois capables de faire leur petit effet à quelques centaines de mètres en terrain découvert ; ébranler une troupe compacte, par exemple, retranchée derrière ses défenses de rase campagne.Tout cet ensemble hétéroclique se mettra en place en grand désordre. Difficile, en effet, de faire obéir, encore plus de faire manoeuvrer ensemble, des grands seigneurs qui se jalousent, se défient, bref, ne pensent qu'à leur gloire personnelle et non à la victoire finale ! Il y a plus grave encore :  Le commandement est multiple. Il y a là Jean 1er comte d'Alençon, le connétable Charles 1er d'Albret, Olivier de Clisson et le maréchal Jean II de Meingre, dit Boucicot qui semble être le seul à craindre l'anglais et à peu-près le seul à avoir la tête sur les épaules dans l'optimisme général. Il est vrai qu'il a connu quelques années auparavant à Nicopolis un cuisant échec face à des archers ottomans retranchés derrière une forêt de pieux, ce qui semble avoir calmé son enthousiasme pour les charges de cavalerie inconsidérées ! Les chefs de guerre français ne sont naturellement d'accord ni sur la tactique ni sur l'opportunité des manoeuvres. Après bien des palabres, Boucicot obtient avec peine l'accord pour le combat à pied et non la charge de cavalerie, de sinistre mémoire contre les anglais (les défaites de Crécy et de Poitiers déjà évoquées). La tactique sera donc d'aller au contact de la ligne anglaise en 3 vagues successives, de l'enfoncer et de la détruire. C'est un plan qui semble logique vu la supériorité numérique (rapport de l'ordre de 3 contre 1) de l'armée française.

Comment se présentent les choses sur le terrain ? Henri V a pu finalement traverser la Somme sur un pont non gardé. Il progresse vers le nord puis, sachant l'armée française toute proche, il établit son camp en fond de vallée entre les bois d'Azincourt et de Tramecourt. Au Nord, l'armée française lui barre le chemin. Le choix anglais est judicieux. En infériorité numérique, il a choisi un front de bataille étroit, bordé des bois qui protégent ses flancs d'une attaque de cavalerie. De plus, les cieux sont anglais la nuit précédant la bataille. Une pluie lourde s'abat sans discontinuer sur les deux armées et transforme en bourbier la future zone des combats. Henri V dispose au centre sur une seule ligne ses cavaliers démontés et sa troupe à pied et sur les ailes, en saillie (technique anglaise habituelle et éprouvée), il dispose ses archers qui se protègent à l'aide de pieux fichés en terre.
De son côté, Boucicot, après les altermoiements que l'on sait, a disposé ses forces sur 3 lignes de bataille. Il a dû accepter que quelques forces de cavalerie s'établissent sur ses ailes pour, éventuellement, charger les archers anglais.
Les 3 premières heures de ce vendredi 25 octobre se passent en invectives et provocations diverses sans qu'aucune ligne ne bouge. En bon stratège, Henri V a compris qu'il lui faut mener un combat défensif, les conditions d'assaut étant détestables pour le camp qui s'y risquera. Il faut donc que les français attaquent ! Il fait alors avancer ses troupes jusqu'à portée de flèches, ce qui lui permet d'encore resserrer le front de bataille. Ne reste plus qu'à provoquer les bouillants et orgueilleux chevaliers français pour qu'ils viennent se jeter dans le piège. Une volée de flèches suffira à déclencher l'assaut - sans ordre - de la cavalerie placée sur les ailes et qui sera anéantie en quelques minutes. Devant ce spectacle, la 1ère ligne française s'ébranle et avance lentement en s'embourbant dans le terrain spongieux, sous une pluie de flèches anglaises. L'armée française na pas de contre-tir à proposer !  Les arbalétriers sont trop loins et les bombardes...sont embourbées, loin de la ligne d'assaut !  Cette 1ère ligne parvient enfin au contact et commence à ébranler la ligne anglaise. Henri V est désarçonné et à deux doigts d'être pris ou tué mais alors les archers placés en saillie sur les côtés de la ligne anglaise attaque de flanc les français, tuant ou faisant prisonniers un grand nombre de chevaliers empêtrés dans leurs armures et dans la boue. Dans une confusion extrême, les principaux princes étant déjà pris ou tués, la 2ème ligne française puis la 3ème viennent au contact sans pouvoir retourner la situation.
Les pertes françaises sont terribles pour la noblesse et l'administration royale : 5.000 chevaliers dont 7 princes de sang sont tués et 1.000 faits prisonniers. Les pertes en hommes d'armes sont mal connues (ce n'était sans doute pas très important à l'époque !). Il est probable que devant le désastre subi par les chevaliers amassés en 1ère ligne, la "piètaille", sans chefs, ait fait piteusement retraite, l'affaire étant trop mal engagée. Côté anglais les pertes sont ridiculeusement faibles (13 chevaliers et une centaine de soldats !)

Avec Azincourt, c'est le glas de la chevalerie qui sonne ! Ses méthodes de combat individualistes et irréfléchies sont dépassées car désastreuses face à des troupes entraînées et disciplinées. 
La revanche viendra 30 ans après, sous le Dauphin, futur Charles VII avec la levée du siège d'Orléans, les combats sur la Loire et la victoire de Patay (dans laquelle la mythique Jeanne d'Arc, l'improbable bergère de Domrémy, ne fut pour rien, n'ayant pas pris part aux combats !).


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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 13:52
Selon la très sérieuse compagnie Standard and Poor's c'est la somme astronomique de 5.200 MILLIARDS de dollars qui a disparu des bourses mondiales, telle belle neige fondant au soleil, et cela rien qu'au cours du mois de janvier 2008 ! 

Une somme pareille correspond aux PIB réunis de la France et de l'Angleterre pour l'année 2006 ou, si l'on veut une autre comparaison, au tiers du PIB américain !  Rappelons que le PIB est la mesure cumulée des richesses produites au cours d'une année. Les pays qui ont le plus "trinqué" dans l'affaire ont été les pays émergents avec des chutes de bourse de 16 % en Russie et en Inde et de 22 % en Chine et en Turquie, pour prendre quelques exemples éclairants !

Beau résultat que l'on doit aux apprenti-sorciers américains de la "finance moderne" (ils n'étaient pas les seuls : anglais et français ont bien fait joujou aussi avec les produits "dérivés" , "titrisés" et autres géniales innovations financières). Ces gros malins ont fait plein d'argent avec de l'argent en diffusant du risque financier (liés aux emprunts immobiliers aux US) dans toutes les bourses mondiales jusqu'à ce que le marché immobilier américain se retourne, que la crise des "subprime" passe par là, que le chateau de cartes s'écroule...et que la crise financière (mondiale celle-là) nous tombe dessus !

Dégâts constatés, ne reste plus qu'à ramer pour remonter le courant ! 

Mais rassurez-vous, braves gens, c'est l'affaire d'un an ou deux d'après les économistes !
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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 17:38
On s'émeut régulièrement d'entendre des discours extrêmistes issus de certaines sphères dirigeantes algériennes qui accusent carrément l'ex-France coloniale de génocide et en réclame repentance et réparation. A ces discours répondent systématiquement d'autres discours de la droite française, magnifiant les bienfaits, l'oeuvre civilisatrice ainsi que l'essor économique liés à notre présence. L'homme raisonnable et sensé devine bien que ces discours outranciers dissimulent des "postures" à but politique mais qu'en fut-il vraiment dans la réalité ?

Tentons de trouver une réponse, en évitant soigneusement tout manichéisme idéologique, à cette question générale par le survol des principaux événements survenus lors des 135 ans de présence française sur ce territoire.

L'intervention militaire, tout d'abord : ses raisons ou plutôt ses prétextes  ne furent guère à notre avantage ! La France révolutionnaire empêtrée dans les difficultés économiques avait, dès 1794, accumulé auprès du Dey d'Alger des dettes (via notamment d'importantes livraisons de blé) ...toujours en souffrance en 1827 !! Non seulement le gouvernement de l'époque (royauté de Charles X) faisait la sourde oreille aux réclamations mais en plus il violait un accord local en fortifiant l'entrepôt de La Calle près d'Alger. Colère légitime du Dey qui, dans son indignation, en souffleta notre consul ! Outrage bienvenu pour une royauté française en mal de reconnaissance européenne et de crédibilité intérieure qui va trouver là une occasion d'intervention militaire trop belle pour être manquée !

La conquête et la pacification ensuite : Ce ne fut pas une promenade de santé pour le corps expéditionnaire de 40.000 hommes qui débarqua en 1830 et s'empara assez rapidement de la citadelle d'Alger, obligeant le Dey à capituler. Après ce léger hors-d'oeuvre, la conquête du territoire fut un plat autrement difficile à digérer. Il fallut 20 ans pour réduire les principales résistances d'Abdel Kader à l'ouest et des tribus berbères à l'est. Et 20 ans de plus pour achever la pacification après l'ultime révolte kabyle de 1871 ! Ceux furent les civils africains qui eurent à payer le prix fort de cette martiale aventure : Un million de morts soit environ le tiers de la population autochtone de l'époque fut le résultat de cette pacification.

Quel fut le statut juridique des populations ?  Napoléon III accorda généreusement la nationalité française aux indigènes....à la grande colère des colons qui voulaient une suprématie totale et sans partage et qui s'empressèrent de faire supprimer le sénatus-consulte à la chute de l'Empereur. En 1870 on accorda la citoyenneté française aux 37.000 juifs présents sur le territoire, créant ainsi de facto une discrimination entre juifs et musulmans. Cette même année-là, suite à la terrible défaite, eut lieu une immigration massive d'alsaciens et de lorrains expulsés de leurs terres par les prussiens et auxquels on s'empressa de donner de bonnes terres coloniales en dédommagement de leurs souffrances. Enfin, cerise sur le gâteau, on promulga en 1881 le Code de l'Indigénat magnifique outil de discrimination définitive entre les citoyens français  de souche européenne (dont une bonne partie était d'ailleurs d'origine italienne ou espagnole) et les sujets français (les indigènes) privés bien entendu d'une grande partie de leurs droits politiques. Le décor du fonctionnement de la colonie était planté.

Quelles furent les conditions de vie des populations indigènes ? La réponse découle naturellement de ce qui précède ! Avec un tel code à disposition, inutile d'être grand clerc pour deviner que l'administration française confia les meilleures terres aux colons et leur octroya les meilleures conditions environnementales possibles (prêts financiers avantageux, grands travaux d'irrigation et d'infrastructures, protection juridique, sécurité civile et militaire...) afin qu'ils puissent prospérer en utilisant (on ne va pas dire "en exploitant" pour ne pas se faire traiter de "crypto-marxiste" !) une main-d'oeuvre servile et à bas prix. Cette administration était naturellement aux petits soins pour ses "pieds-noirs" si courageux, si industrieux, si générateurs de richesse et qui, en plus, bénéficiaient de forts appuis au gouvernement. Ne participaient-ils pas à la grande affaire de l'Empire français ! Il n'était, bien entendu, pas question de les ennuyer avec des "droits de l'indigène" (la formule n'existait pas encore) qui auraient pu les gêner dans leurs activités. Richesse et grandeur de la France d'abord ! L'administration française alla même plus loin. Non contente de mettre le peuple indigène au plus bas de l'échelle économique, elle s'ingénia à opprimer sa culture et ses langues. L'usage exclusif de la langue française s'imposa dans l'administration, la justice, l'enseignement, les réglements de toutes sortes, l'affichage...On imagine sans peine les difficultés de l'indigène baragouinant un "sabir" arabo-français pour défendre ses malheureux droits et se protéger des exactions !! On ferma les écoles indigènes pour les remplacer par des écoles françaises....en nombre totalement insuffisant (En 1929 il n'y avait que 6% de la population indigène qui était scolarisée dans le primaire. C'est dire !). Les grands principes républicains de laïcité et d'enseignement primaire obligatoire étaient décidèment bien loin ! Et ces "pieds-noirs" choyés en voulaient encore plus pour asseoir leur suprématie ! Ils s'opposaient à la construction d'écoles et à la mise en place de tout ce qui aurait permis d'instruire les arabes dans la crainte qu'un jour ils en viennent à contester leurs prérogatives. Une telle attitude égoïste et dominatrice allait perdurer jusqu'au milieu du 20ème siècle et la guerre d'indépendance.

Avec le 20ème siècle et ses deux grandes guerres mondiales, l'abus de pouvoir atteint son paroxysme....jusqu'à l'explosion. A la confiscation des droits, à l'humiliation quotidienne on ajouta le sacrifice imposée. Des centaines de milliers de jeunes indigènes furent enrôlés (généralement de force) dans les troupes coloniales (qui enrôlèrent ,de même, des indochinois, des malgaches, des africains... L'armée française ne pratiquait pas la discrimination pour l'envoi au "casse-pipe" !) pour aller se faire massacrer (on les mettait de préférence en première ligne et dans les coups durs. C'était autant de sang français qui ne coulait pas !) dans les tranchées de 1914-1918 et lors de la campagne de France de 1944. On les utilisa même en Indochine où y firent leurs classes de nombreux cadres de la future guerilla. Dans la liesse de la victoire de 1945 des manifestations eurent lieu dans plusieurs grandes villes pour réclamer un peu plus de liberté, un peu plus de droits au vu des sacrifices consentis. En réponse, l'administration fit donner la police et les choses tournèrent à l'émeute à Sétif avec le massacre d'une centaine d'européens. La répression militaire fut féroce (20 à 30 mille morts indigènes selon l'historien B.Stora). Les nationalistes algériens avaient leurs martyrs et une véritable guerre d'indépendance allait pouvoir commencer.

Ce que l'on a appelé  la guerre d'Algérie commence véritablement en 1954 avec des attentats meurtriers et des massacres de colons. A cette époque, un million de "pieds-noirs" font face à huit millions de musulmans. Va s'en suivre un long cortège d'attentats, de guérillas, de ratissages, d'affrontements militaires, de terrorisme urbain dans un climat international de plus en plus hostile au "colonialisme", jusqu'à ce que De Gaulle mette les pouces et décide l'abandon en 1962. Le bilan de cette guerre sera d'une trentaine de milliers de morts (civils et militaires) côté français et d'une estimation comprise entre 500.000 et un million de morts musulmans qui ont une nouvelle fois payé le prix fort dans l'aventure. A noter au passage qu'une centaine de milliers de petites gens "pieds-noirs"  (souvent des gens âgés qui n'ont plus d'attache en métropole) vont rester sur place pour le meilleur et pour le pire. Dans la précipitation du départ on "oubliera" des dizaines de milliers de harkis qui avaient fait confiance à la France et qui se retrouveront, désarmés par nos soins, livrés aux mains vengeresses du FLN. C'est sans doute le plus grand motif de honte nationale de cette malheureuse affaire.

Par manque de réalisme et de pragmatisme la France venait de râter, après l'Indochine, une deuxième décolonisation, laissant son ancienne colonie entre les mains d'une organisation guerrière au nationalisme exacerbé et marxisant, dépourvue de compétences administrative et gestionnaire, qui allait en quelques dizaines d'années ruiner le pays malgré les énormes richesses énergétiques du sous-sol, ouvrant ainsi la voie à l'extrêmisme islamique.

Bref, en toute honnêteté, ce rapide constat n'est guère flatteur pour nos couleurs ! Tout ce qui a été évoqué ci-dessus soulève plus le coeur qu'il n'engendre de fierté pour une oeuvre civilisatrice digne de ce nom. Sans doute y eut-il dans l'administration des gens dévoués et lucides, soucieux du sort des sujets français musulmans. Sans doute aussi y eut-il  chez les "pieds-noirs" des gens justes et de bons patrons appréciés et aimés de leurs employés. Sans doute y eut-il beaucoup de "petits blancs" qui vécurent en bonne relation de proximité avec les autochtones. Sans doute même y eut-il beaucoup de dévouement de la part des instituteurs, des prêtres et des missionnaires. Il semble établi que principalement dans les agglomérations importantes et au moins jusque dans les années 50, les conditions de coexistence des communautés étaient sinon idylliques du moins convenables et pacifiques. On était très certainement fort loin d'un systéme de type "apartheid" d'Afrique du sud ou de l'odieux comportement colonial britannique étalant une cynique supériorité d'homme blanc aux Indes et dans les colonies d'Afrique. Le Génie français avait su laissé une petite place à l'humanisme dans un océan d'injustice et les grands principes républicains n'étaient pas oubliés par tous. Il n'empêche ! La France, dans la ligne de la mentalité coloniale du 19ème siècle, avait mis en place en Algérie un système de société profondèment injuste à tous points de vue et n'avait jamais su, voulu ou pu l'amender. Un tel système ne pouvait se maintenir non par l'adhésion des gens mais uniquement par la force. 
Et un jour la force manqua...comme elle avait, un beau jour, manqué à tous les anciens empires bâties sur la suprématie militaire.

Seul le temps permettra l'oubli de cette tragique aventure. Quant à retisser des liens forts il y faudra, de part et d'autre, beaucoup d'intelligence politique, de tolérance et de générosité, vertus fort peu répandues dans les relations internationales !
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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 10:54
C'est sans doute chez les "tabloïds" anglais qu'il faut aller chercher l'origine de cette mise-à-nu massive et moderne de la vie, des évènements et des personnages publics que l'on peut constater aujourd'hui avec une sorte d'effarement . 
Dans la deuxième partie du vingtième siècle, ces fameux "tabloïds" se sont spécialisés dans la diffusion des petites bassesses croustillantes ou glauques des gens connus (hommes politiques, famille royale, industriels, artistes...), "régalant" ainsi un public anglais complice et amateur de ces turpitudes. Il était de bon ton en France, à l'époque, de s'insurger voire de se scandaliser des exploits de cette "presse de caniveau" et de jurer, la main sur le coeur, que l'on accepterait jamais sur le sol national de telles infâmies ! Hélas ! l'infâmie est là aujourd'hui et bien là, installée partout, sur les ondes, dans les journaux, sur les blogs, les écrans de PC et de TV...et semble-t-il encouragée par le comportement d'une majorité de citoyens et d'abord par celui des cibles elles-mêmes !
Que l'on soit au fond de la pampa argentine, dans un village tibétain, dans l'arrière-pays chinois, au fin fond du midwest américain ou dans une rizière thaïlandaise, difficile d'ignorer plus de 48 heures que le président de la République française vient d'epouser une héritière/mannequin dénudée/chanteuse italienne prénommée Carla ! La belle affaire, me direz-vous ! Si çà amuse le bon peuple !
C'est pourtant bien vrai que çà amuse le bon peuple ! Il suffit pour s'en convaincre de constater le succès immédiat et planètaire d'une telle information ! Le bon Pape ou le père Bush peuvent raconter ce qu'ils veulent au même moment, çà passerait complètement inaperçu ! C'est hélas bien vrai que tout un chacun possède ce fond de curiosité (indiscrète voire un peu honteuse mais en tout cas souvent malsaine) pour toute nouveauté concernant les personnages connus et cela, sans trop se soucier de sa réalité ou de sa vraisemblance. Ceux qui soutiendraient le contraire seraient des hypocrites ou des menteurs. Voilà une vérité bien connue de tous et guère contestable.
La "belle affaire" est sans nul doute une affaire bien plus grave qu'on ne le pense, capable de remettre en causes les fondements mêmes de notre civilisation ou d'en faire reculer de manière significative ses principaux acquis. L'important, en effet, dans l'information de type "people" (pour reprendre ce mot anglais bâtardisé) est l'élément déclencheur du stimulus cérébral (les annonceurs et publicitaires de tous acabits ont compris cela depuis longtemps !) qui va commander l'excitation et la réaction de l'individu receveur du message. Et voici qu'apparaît, lorsqu'on lève le voile ou que l'on regarde à travers l'écran de fumée, un fantastique outil d'anesthésie mentale, un déclencheur d'émotivité et d'immédiateté réactionnelle au niveau planètaire, un formidable appel aux fonctions instinctives de l'être humain...au détriment de ses fonctions réflexives qui, elles, ne sont pas "basic" comme les premières mais le fruit de l'instruction, de l'éducation, de la formation du cerveau humain nécessaire au développement et à l'épanouissement de l'être civilisé et à son cheminement vers Sa Liberté par sa réflexion propre, par la maîtrise de ses instincts et de son émotivité animale.

N''est-ce point avoir l'esprit un peu chagrin que de vouloir diaboliser cette "peoplelisation" qui peut apparaître, somme toute, assez innocente voire sympathique à beaucoup puisqu'elle désacralise et fait descendre de leur piédestal des personnages que la chance, la naissance, les évènements, la fortune, les relations, le mérite, le talent ou (la plupart du temps) un mixte de tout cela ont élevés au-dessus des autres ? S'il ne s'agissait que de cela, on pourrait souscrire à cette thèse et prendre le parti de rire ou de sourire des avatars voire des petites faiblesses bien humaines des "vedettes" du monde "people". 
Mais derrière ce jeu innocent il faut avoir la lucidité de percevoir la montée irréversible d'un dangereux pouvoir médiatique, mondial, incontrôlable et multicéphale, d'une industrie amorale construite sur le scandale, le choc émotionnel et la perversion de l'esprit. Ses armes sont la saturation des cerveaux, l'anesthésie de l'esprit critique, la réflexion noyée dans le conjoncturel, le "formatage" des esprits à de nouvelles grilles de valeurs (le fric, la frime, l'apparence, la mode, le chacun-pour-soi, l'habileté comme vertu contraire de la loyauté, le jeunisme, le refus de la vieillesse, la banalisation de la violence...) éloignées de l'Humanisme. Parlez d'élévation de l'esprit ou de progrès spirituel de l'être humain aux responsables de cette industrie-là ! On vous rirait aux nez, on vous traiterait de moraliste, de curé, voire d'ayatollah ! Comment cela ! Imposer des contraintes à l'information ! Scandale absolu ! Il faut au contraire tout dire et tout de suite, ne rien cacher, tout dévoiler. A chacun de faire le tri. Ce n'est pas leur problème si çà rend les gens idiots !  Un certain Marx parlait en son temps d'opium du peuple pour désigner les religions. En voici un autre d'opium tout aussi efficace !
Bref, "ces  gens-là" (comme disait  Jacques Brel) nous prépare avec entrain une nouvelle civilisation barbare sous la protection d'un  "Big Brother", de plus en plus Réel, celui-là, sous forme de petites caméras numériques à chaque coin de rue, dans les bus, les trains, les trams (les anglais ont pris de l'avance mais avec Supersarko nous essayons de les rattraper !)  voire bientôt dans les lieux de vie, de résidence ou de rassemblement ou sous des formes plus subtiles d'espions logiciels sur internet ou de petits capteurs d'information personnelle enfouis dans les téléphones ou les télévisions...en attendant les petits implants dans le cerveau, histoire de vérifier son fonctionnement "politiquement correct" et d'en chasser toute éventuelle "déviance" !

Allez ! Rions-en ...avant d'en pleurer mais restons vigilants !!
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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 15:21
Par les temps qui courent, les bibliographies de l'ex-First Lady ne manquent pas et tout lire serait une tâche hors de proportion avec l'ambition de ce petit blog qui est, rappelons-le, d'essayer de se faire une idée à peu près correcte de la personnalité d'Hilary Rodham Clinton. 

On ne perdra pas de vue dans cette analyse que les pires ignominies ont été écrites sur le couple Clinton pendant la durée des deux mandats présidentiels (période de 1992 à 2000) lors de campagnes de haine politique d'une folle virulence  lancées et financées par le parti Républicain qui avait, à l'époque, joué son rôle d'opposition avec une violence hallucinante auprès de laquelle les empoignades de nos politiques métropolitains feraient figure d'aimables chamailleries dans un pensionnat de jeunes filles de bonne famille ! On retrouve naturellement les relents de cette haine politique dans de nombreux écrits d'aujourd'hui selon la couleur politique des auteurs. Beaucoup de ces écrits sont donc, pour le moins, sujets à caution. 

On s'appuiera ici, pour l'essentiel, sur le livre autobiographique (écrit bien entendu par une équipe de "nègres", professionnels de la communication politique) publié en France en 2004 sous le titre " Mon Histoire" et quelques extraits d'articles de bonnes plumes américaines parmi lesquelles Carl Berhneim ("A woman in charge" paru en 2007) et quelques journalistes du New york Times de bone réputation. On ne retiendra, en particulier, que bien peu de choses d'un pamphlet-torchon au titre racoleur  "Hillary démasquée" du nommé Patrick Gofman qui a sans doute voulu faire un "coup médiatique" mais dont les accointances politiques (passant de l'extrême-gauche au front National) ainsi que les outrances verbales à répétition (de la "môme tapedur " de Chicago, dressée par un père fanatique à la criminelle endurcie faisant exécuter les témoins dangereux en passant par la lesbienne gauchiste enragée de l'Université de Wellesley) ne plaident guère en faveur de l'objectivité même si elles peuvent attirer l'attention sur certains traits de caractère de cette chère First Lady ! On savait d'avance que celle-ci n'est pas un ange ! On ne trâce pas son chemin pendant trente ans dans la politique américaine sans avoir le cuir tanné et être rompue à toutes les manoeuvres tordues. Il n' y a que les innocents pour voir de la grandeur d'âme et de la noblesse de sentiments dans la plupart des actes des hommes politiques !  Son livre autobiographique est sans nul doute dithyrambique à souhait et ne vise qu'à sublimer ses vertus. Le contraire eut étonné !  On ne pouvait décemment pas s'attendre à de l'auto-flagellation à longueur de chapîtres ! Bien que pénible à lire à cause d'un luxe de détails rapportés à plaisir et d'interminables digressions, ce livre fourmille toutefois de nombreuses informations qui sont autant de pistes dans la découverte du personnage de notre héroïne..

On insistera ici beaucoup sur l'enfance et la jeunesse de notre prétendante à la présidence US. On sait depuis Freud que tout se joue dans les premières années, époque où l'enfant absorbe, telle une éponge, toutes les impressions et exemples que lui fournit son environnement immédiat et d'abord sa proche famille.
Elle ne naît pas (en 1947 dans l'immédiat après-guerre)  avec une cuillère d'argent dans la bouche. C'est le moins que l'on puisse dire !  Sa famille fait partie de la classe moyenne du Middle West (région de Chicago). Le père qui a été apprenti boxeur puis instructeur dans la Marine pendant la guerre est un robuste gaillard au caractère bien trempé. Rien donc d'un "papapoule", plutôt un père très autoritaire, voire dur mais aussi très attaché à sa famille et avec çà ultra-conservateur ! La fille héritera de nombreux traits de son caractère qu'il avait lui-même hérité de sa mère, laquelle avait une réputation de "terreur" ! Après avoir été voyageur de commerce avant la guerre, le père monte dans les années cinquante, avec une relative réussite, une petite entreprise de textile qui va faire vivre correctement la famille. La maman est une femme au foyer, élégante, douce et sensible. Ayant connu une jeunesse très difficile et douloureuse, elle entourera d'une tendre affection ses trois enfants et manifestera toujours une grande compassion pour la souffrance des classes pauvres. La famille baigne dans un environnement méthodiste (paramètre important dans la compréhension de la personnalité d'Hillary).
Notre héroïne reçoit donc une éducation stricte, voire sévère dans laquelle on en badine pas avec la discipline et le sens de l'économie (Les parents ont été marqués par la grande dépression des années 30. A la maison, on ne gâche pas, on ne jette rien ! Ce vieux réflexe la suivra toute sa vie !).  On participe sans rechigner aux travaux domestiques et on apprend aussi à se défendre seul, quitte à faire le coup de poing si nécessaire ! Ainée de deux garçons, notre Hillary se transforme vite en meneuse, genre garçon manqué.  Elle gardera toute sa vie une admiration éperdue pour ce père pourtant avare de compliments et qui la subjuguait par son autorité ! 
Elle est bonne élève car intelligente et volontaire. Elle prend un premier job d'été à 13 ans et accomplit au même âge son premier acte politique (vérification des adresses de votants pour le compte du parti républicain - elle est alors républicaine comme papa, bien sûr !). La voici maintenant au lycée. En fille décidée, elle intègre les comités d'élèves et on la retrouve bientôt présidente du conseil d'élèves. Elle s'intéresse à la politique et aux débats oratoires pour lesquels elle manifeste rapidement des dons. Elle milite à la fois au parti républicain mais aussi dans l'église Méthodiste sous l'influence notamment d'un jeune pasteur qui va lui faire découvrir la misère d'autrui et la sensibiliser à sa responsabilité sociale. Elle sera une grande admiratrice de Martin Luther King.
En 1965 elle entre pour 4 ans à l'Université féminine de Wellesley près de Boston. C'est un véritable exil, à 1500 kms de chez ses parents mais elle avait alors, selon l'expression de ses mémoires, "les yeux tournés vers son propre avenir". Preuve de son esprit indépendant, d'un désir certain de se construire mais peut-être aussi de l'envie d'échapper à l'emprise paternelle ou familiale.
L'année 1968 représente un tournant important dans l'évolution d'Hillary. Bien installée dans sa vie d'étudiante, studieuse et travailleuse, elle est très active dans les conseils de classe mais également très impliquée déjà en politique (elle est alors présidente des étudiantes républicaines de son université).  Elle va ressentir le choc des évènements de l'époque aux Etats-Unis (guerre du Vietnam, assassinats de M.L.King et de Robert Kennedy, manifestations sur les campus) qui vont l'amener à participer aux manifestations étudiantes, à se détacher du parti républicain qui soutenait la guerre au Vietnam et décida de sa funeste extension au Cambodge, à prendre conscience de l'existence des minorités ethniques nord-américaines et de leurs problèmes. L'année 1969 sera une année d'approfondissement de sa réflexion et de consolidation des ses convictions démocrates. Elle choisit l'Université de Yale pour poursuivre ses études de Droit et prononce, en représentante de sa promotion, le discours de clôture du cursus de Wellesley. Histoire de changer d'air, elle se lance ensuite en solitaire dans un périple à travers l'Alaska, en travaillant ici ou là pour payer son voyage. C'est ce qu'on appelle avoir du caractère !
Elle arrive à Yale à l'automne 1969, dans une promotion ne comptant qu'une faible minorité de filles et se trouve rapidement plongée dans les soubresauts étudiants de l'époque (mouvement des Black Panthers, émeutes de mai contre Nixon et la guerre au Vietnam, mort de 4 étudiants). C'est l'époque aussi de ses rencontres avec des défenseurs des Droits civiques et de son implication dans la lutte contre la pauvreté et la défense des enfants d'ouvriers saisonniers agricoles hispaniques. En deuxième année de Droit elle se spécialise dans la législation sur les enfants (elle publiera son 1er article spécialisé en 1974 dans la revue d'Harvard) et participe à des auditions d'une commission du Sénat américain sur la maltraitance infantile. C'est aussi l'année où elle rencontre Bill Clinton sur le campus de Yale. Ils devinrent vite inséparables, partageant leur temps entre leurs études, les petits boulots pour arrondir les fins de mois et le militantisme démocrate (participation à la campagne de MacGovern contre Nixon notamment). Bill a déjà à l'époque des projets très arrêtés de carrière politique et nul doute qu'il ait perçu chez Hillary la partenaire idéale pour accompagner son ambition. A la fin de leurs études de Droit, au printemps 1973, ils partent tous deux faire un voyage en Europe puis ce sera l'Arkansas et le début de leur aventure politique.  

Le lecteur attentif n'a pu manquer de voir apparaître au cours de ce résumé de jeunesse la trâme psychologique de la personnalité de la future H.R.Clinton : Un sens aigu de la rigueur et de l'économie, le respect des parents et plus particulièrement du père, l'attachement fort à la cellule familiale, les convictions méthodistes, le caractère bien trempé, volontaire et indépendant, l'envie de se réaliser dans l'action - politique notamment -  et le travail, l'ambition d'influer sur les évènements mais aussi la sensibilité d'une brillante intellectuelle aux injustices, à la misère des ouvriers immigrants et des enfants, à la guerre jugée injuste du Vietnam, aux discriminations homme-femme ou inter-ethniques.

Tout cela se retrouvera naturellement dans la plupart des actions  et des intentions que l'on prêtera à la femme d'action qui va bientôt apparaitre sur le devant de la scène politique américaine, d'abord au niveau régional (en Arkansas) puis à la Maison-Blanche lors des deux mandats de son mari.

La suite de la carrière politique d'Hillary va dépendre du résultat des primaires lors d'un  prochain "Super Tuesday" qui va décider du choix du candidat démocrate à la prochaine élection présidentielle !

Si le lecteur a maintenant une vision plus précise de l'ex-First Lady américaine, ce petit blog aura atteint son but..
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