Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 13:38

C'en est devenu un mythe : Antoine PINAY ! L'homme au chapeau rond et sa fameuse rente Pinay à 3.5% basée sur l'or !

Quand on aime "chiner" parmi les vieux bouquins, on fait parfois de surprenantes découvertes ! Telle cette bibliographie d'Antoine Pinay publiée en 1990 par Christiane Rimbaud (historienne, diplomée de Sciences-Po). On découvre, au détour des pages, l'existence fabuleuse d'un "petit bonhomme", presque l'archétype de "monsieur tout-le-monde" issu - quand meme mais sans rien d'extraordinaire sur le plan de la fortune - d'une famille bourgeoise de petits entrepreneurs en chapellerie au fin fond du pays lyonnais.

Ce 1er article sera consacré à découvrir le parcours de cet homme jusqu'à la libération de 1945.

Dans un second article, nous découvrirons sa carrière politique nationale et internationale.

L'histoire commence par une enfance heureuse entre un père respecté et une mère adorée, dans une ambiance éducative empreinte de pratique et morale chrétiennes bientot prolongée par un séjour fort austère voire carrèment spartiate dans l'établissement religieux de la ville voisine. Au menu, latin, grec...histoire (la matière préférée). Il ne passe ni le certificat d'études ni le Bac (qu'il renonce à présenter, craignant un échec vu sa faiblesse en ..mathématiques ! Etonnant pour un homme qui sera un économiste renommé !! Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises !). Bref, il sort du collège les mains vides en laissant le souvenir d'un enfant vif, sage mais entété, s'insérant facilement dans le moule éducatif de l'époque (il aura toute sa vie un gout inné pour la rigueur et la discipline).

Après s'etre initié à la gestion de l'entreprise familiale, voici notre jeune homme appelé sous les drapeaux en 1912 comme simple soldat. Deux longues années d'artilleur (les meilleures années de sa vie selon ses dires. Toujours le gout de l'ordre et de la discipline) l'amène au modeste grade  de maréchal des logis et, sur le point d'etre libéré, voilà l'Europe qui prend feu ! Le jeune Antoine, patriote dans l'ame, partage l'enthousiasme général du départ au front, suivi de bien cruelles et rapides désillusions. Il prend part à la fameuse bataille de la Marne mais la guerre prend fin pour lui dès septembre 14 suite à une grave blessure au bras droit (il en perd l'usage de 3 doigts de sa main droite). Il reçoit la croix de guerre et la médaille militaire pour sa conduite exemplaire au feu (Au vu de la grande misère des "poilus" pendant les 4 ans de guerre, certains médiraient en disant qu'il a simplement eu de la chance de s'en tirer à si bon compte !). Rendu à la vie civile, il seconde son père quelque temps puis épouse la fille d'un tanneur de St Chamond qui lui abandonne rapidement la direction de l'affaire. Voici donc notre jeune homme parti pour une existence bourgeoise et paisible de notable local. Il n'a aucune attirance voire de l'aversion pour la politique et pourtant....

...il se retouve bombardé maire de St Chamond après avoir accepté à contre-coeur et non sans résistance d'etre inscrit sur une liste modérée d'Union Républicaine qui va faire un tabac aux élections municipales de 1929. C'est l'attrait de sa personnalité dont on retrouvera les constantes caractéristiques tout le long de son parcours politique (bonhommie souriante et chaleureuse, bon sens inaltérable, intelligence aigue des réalités, langage simple et convaincant, prudence et mesure en toutes choses) qui est en grande partie responsable de cette vocation forçée, vocation qui va s'avérer etre l'une des plus brillantes du siècle !. Il sera réélu maire (avec des scores de fou !) pendant 50 ans jusqu'à sa retraite politique en ...1977.

Maire de St Chamond, son activité inlassable fait des étincelles pour le plus grand bonheur de ses administrés. Dans cette petite cité triste et sans gaité,  il lance un programme de rénovation de grande ampleur. Il est l'un des 1ers maires à doter sa ville d'un office HLM (en 1930) et à créer une société d'économie mixte associant la ville et les entreprises locales. Il modernise les équipements scolaires et hospitaliers...et tout cela via une gestion rigoureuse et économe des deniers publics ! Tous les budgets municipaux qu'il présentera pendant 50 ans seronts tous votés à l'unanimité, meme par les conseillers communistes ! Il sait aussi se faire apprécier des maires des communes voisines et c'est tout naturellement, en 1934, qu'on lui propose de se présenter au Conseil Général de la Loire. Après s'etre fait prier (une coquetterie qu'il renouvellera souvent !), il est élu conseiller général, donnant l'image d'un gestionnaire indépendant, attentif aux problèmes sociaux quoique homme de droite mais inféodé à aucun parti.

Arrivent les élections législatives de 1936. Dans la 1ère circonscription de la Loire, le député sortant radical-socialiste et les autres candidats de droite sont en mauvaise posture devant la poussée du candidat communiste. Tous mes candidats anti-front populaire n'ont dautre ressource que d'appeler un homme de consensus capable de réunir la droite et les radicaux. Devinez qui ? : Ce brave maire de St Chamond dont la notoriété locale est au zénith. Bien entendu, notre homme se fait prier (des raisons familiales impérieuses, dit-il). L'affaire montera jusqu'à Paris et le président du Conseil Albert Sarrault en personne devra s'employer pour le faire accepter ! "Le Toine" comme l'appelle familièrement ses administrés se présente donc sous l'étiquette de radical indépendant, se voulant rassembleur et homme de progrès social...et il est élu après seulement 3 jours de campagne. une véritable gageure !

A la Chambre des députés, il fait une entrée très discrète. Les grandes envolées lyriques et les imprudences économiques du front populaire ne lui conviennent guère meme s'il aprécie Léon Blum et ses mesures sociales. Il noue à l'Assemblée quelques solides amitiés notamment avec Roger Salengro, Paul Reynaud et surtout Edouard Herriot auprès duquel il trouvera toujours un appui. En 1938, une opportunité lui permet, en tant qu'homme de consensus centriste opposé aux communistes, de rejoindre l'ambiance plus feutrée du Sénat où il s'inscrit à la commissison des Finances (le futur économiste montre le bout de l'oreille) dont il deviendra rapidement l'un des bons spécialistes. Il sera l'un des rares hommes politiques à percevoir le danger mortel pour les démocraties occidentales des ambitions nazies et réprouvera les accords de Munich. Il sera aussi l'un des rares hommes lucides à mesurer l'impréparation matérielle et morale de la nation devant la menace itlerienne. Depuis sa mairie de St Chamond il suivra avec le désespoir profond des anciens de 14 la débacle de juin 40. Homme pragmatique, il acceptera l'armistice devant le désastre irrémédiable et votera, le 10 juillet 40, les pleins pouvoirs à Pétain. Homme d'ordre, il sera choqué par l'entrée en dissidence depuis Londres du général de Gaulle et restera fidèle au vainqueur de Verdun. Il fera meme partie (contre son gré dira-t-il plus tard) du conseil national de 1941 chargé de rédiger une nouvelle constitution mais il refusera toutes les sollicitations pour participer aux nouveaux organismes mis en place. Les options autoritaires, autocratiques, intolérantes puis bientot racistes du régime de Vichy heurtent violemment son esprit de tolérance, libéral et mesuré. Il va très vite faire de la résistance passive et meme présenter sa démission de maire qui sera acceptée en 1943. " Je ne voulais pas etre de ce bord là", déclarera-t-il plus tard. Sans etre un héros, il ne contentera pas de courber le dos, sa mairie deviendra une officine de faux papiers et il protégera activement certains de ses administrés. Dans la fièvre de l'épuration il sera toutefois soupçonné de collusion avec le pouvoir de Vichy et ses droits civiques seront suspendus mais rapidement rétablis devant le tollé provoqué à St Chamond par cette mesure. Il sera réélu au Conseil Général de la Loire dès septembre 1945 et donc lavé de tout soupçon mais la médisance de ses ennemis politiques le poursuivra longtemps.

Suite dans le 2ème article

Repost 0
27 octobre 2006 5 27 /10 /octobre /2006 14:31

 

A force de nous rebattre les oreilles depuis des années au sujet du danger de l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère et de l'effet de serre en découlant, les écologistes ont fini par imposer à tout le monde, médias, partis politiques, économistes, conjoncturistes, etc... une pensée unique découlant d'une théorie scientifique en quelque sorte "sacralisée" lançée dans les années 80 par un groupe de scientifiques prophétisant un réchauffement généralisé du climat terrien et des catastrophes en chaine pour l'espèce humaine incapable de controler son activité.

Cette pensée unique est devenue à ce point dictatoriale dans les milieux scientifiques américains qu'un professeur du MIT, Richard Lindzen, sommité mondiale en météorologie, parle de "climat de peur" et de scientifiques de talent qui perdent leur poste ou leurs moyens de recherche pour avoir contesté la vérité officielle.

En France, on en est pas là. L'un de nos grands scientifiques, Claude Allègre, est pourtant violemment attaqué de toutes parts pour avoir émis des doutes sur le "dogme" du taux de CO2. On peut penser ce que l'on veut de Claude Allègre, en tant qu'homme politique de gauche (il eut toutefois le courage de tenter une réforme de l'enseignement supérieur mais se heurta aux puissants syndicats de l'enseignement) ou lorsqu'il écrit sur la religion (le danger de s'écarter de ses domaines de compétence !) mais on ne peut pas contester son autorité dans de nombreux domaines scientifiques et son honneteté intellectuelle (dans les sciences tout au moins)

Pour Claude Allègre, la vérité officielle est fragile, ce qui explique la violences des réactions à tout frémissement de contestation. Notre scientifique rappelle que la vapeur d'eau (80 fois plus abondante que le CO2 dans l'atmosphère) est le principal agent de l'effet de serre et que modéliser le cycle de l'eau est une entreprise très difficile et bien aléatoire. De plus, d'autres paramètres intervenant sur le climat peuvent avoir été sous-estimés ou etre mal connus (activité solaire, rayonnement cosmique galactique, role des poussières et des composés soufrés, etc ...)

Bref, ce qui est positif, c'est que l'Académie des Sciences va organiser un débat contradictoire entre scientifiques qui va permettre de comparer les opinions des uns et des autres et d'établir - non pas la Vérité (en sciences, il n'y a pas de "vérités", il n'y a que des théories qui peuvent toujours etre contredites - mais l'état des lieux des connaissances actuelles.

Il était temps, dans ce monde de plus en plus fou et de plus en plus soumis à la dictature de l'immédiat et de l'émotion, que le débat sur les évolutions climatiques se rétablisse sur des bases saines et que le droit au doute soit à nouveau reconnu !

Repost 0
20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 13:06

 

....à la candidature de représentant du PS pour l'élection présidentielle de 2007 !!

Mis à part le fait que leurs "confrontations" soigneusement orchestrées (pour éviter tout dérapage verbal ou comportemental) se déroulent dans une atmosphère de courtoisie que l'on qualifierait d'admirable si l'on en ressentait pas tout l'artifice (et du "Laurent" et du "Dominique" par-ci et du "Ségolène" par-là. Comme c'est beau les gens qui s'aiment ! Et ces trois-là s'aiment, c'est évident, çà crève les yeux !!) que peut retirer de cette opération médiatique un observateur (mais aussi électeur) sérieux qui refuse à la fois la dictature des sondages, les "effets de manche" électoraux et les explications ou raisonnements de "café du commerce" ?

Si notre observateur attendait des argumentations solides et rigoureuses de la part des candidats, il valait mieux qu'il passe son chemin ! On n'était pas du tout dans le genre !

Cette première émission organisée par LCP promettait pourtant beaucoup. On allait parler d'économie, les interventions (limitées à 3.5 minutes par réponse) étaient encadrées par deux journalistes sérieux et compétents. On allait donc avoir des réponses claires et précises aux grandes questions économiques (et surtout leur financement) que tout électeur sérieux devrait se poser sur la dette, la croissance, l'emploi, les 35 heures, les retraites, la réforme de l'Etat, etc....et accessoirement savoir quels sont les véritables clivages entre les candidats.

Sur cette dernière question, là on est fixé sur ce qui n'est, après tout, qu'une confirmation : Ségolène nous joue sa partition "populiste" avec sa politique participative, son éloge des régions (où se serait réfugié le génie français !) et quelques grandes idées générales, Dominique nous la joue sérieux et responsable avec une social-démocratie réaffirmée et Laurent nous la joue gauche radicale avec des trémolos de douleur devant les "inacceptables" inégalités qui le révoltent ! (il n'était pas social-démocrate dans le temps, celui-là ? Mon Dieu, tout le monde peut changer. Il n'y a que les imbéciles - et celui-là est loin d'en etre un ! - qui ne changent pas) !

Pour ce qui concerne les réponses aux grandes questions du moment, il faut reconnaitre que l'on a fait "chou blanc" !! Ces trois professionnels de la politique ont acquis un tel métier, une telle maitrise de l'expression qu'ils peuvent se foutrent de nous ouvertement, affirmer les pires contre-vérités, soutenir péremptoirement des choses fausses ou indémontrables, bref nous faire prendre des vessies pour des lanternes...et advienne que pourra ! Eux, ils seront soit à la Présidence ou à l'abri au Sénat, à l'Assemblée nationale ou en Région à couler des jours heureux et sans remords pendant que le bon peuple subira les conséquences de leurs choix démagogiques.

Reprenons, dans le désordre, les positions de nos trois candidats sur les principales questions :

Les 35 heures ! Fabius est cohérent avec lui-meme et applique les 35 heures à tout le monde - par souci d'équité -  sans avoir l'air de se soucier de l'impact financier (on en est à 22 Mds € d'aides, sous forme d'allègements de charges, aux entreprises grandes et moyennes - les fameux "cadeaux" au patronat - et il faudra bien aussi aider les petites !). DSK botte en touche (le "problème est derrière nous, dit-il) et renvoie au programme socialiste. Royal, sur ce coup-là, est la plus lucide (meme si elle aurait bien aimé ne pas répondre) en reconnaissant que les 35 heures pose un problème de régression sociale pour certaines catégories de salariés.

Le SMIC et le pouvoir d'achat : Vite, vite il faut remonter hardiment ce pauvre SMIC ! Fabius est, bien sur, le plus en pointe, c'est pour lui une nécessité vitale ! Les deux autres sont plus réservés. Aucun, bien entendu, pour rappeler (les journalistes présents non plus, timides ou complaisants ?) que le SMIC a été augmenté de 17 % en 5 ans par la droite ! La chose est d'ailleurs définitivement tranchée par une Ségolène aux accents de St Just : La gauche, c'est la générosité et la solidarité, la droite, c'est la brutalité !. Plus manichéen qu'elle, tu meurs ! Et ce pouvoir d'achat qui baisse (contre-vérité flagrante, le pouvoir d'achat augmente lentement mais il augmente depuis 5 ans!). Pour les besoins de la démonstration, faisons mentir les chiffres et si çà ne suffit pas mettons-les en cause, pire, accusons l'INSEE, organisme public, de mensonge et de forfaiture (toujours la virulente Ségolène !). Bref, pour convaincre le bon peuple, tous les moyens sont bons !

Les retraites : Là, tout notre beau monde se réfugie derrière le programme socialiste, Fabius étant le plus net sur l'abrogation de la loi Fillon. La solution ? Facile ! : Une nouvelle "grand-messe" type Grenelle avec les syndicats d'où sortira la solution globale (régimes spéciaux inclus) et donc le financement jusqu'en 2050 ! Pour croire à un truc pareil, il faut avoir la foi du charbonnier !

La croissance et l'emploi : Alors là, c'est le pompon ! La question malicieuse de la journaliste sur ses talents de magicienne reçoit cette superbe réponse de Royal : "Je ne suis pas magicienne, c'est le peuple français qui l'est !" (le peuple, n'est-ce-pas, ayant adopté les bons préceptes de Ségolène va ainsi libérer ses énergies créatrices, enfoncer tous les obstacles et générer les richesses nécessaires). Il fallait quand meme oser le dire ! DSK, heureusement pour lui plus lucide, s'appuie sur la confiance retrouvée (grace là aussi à une "grand-messe" avec les syndicats où tout sera mis sur la table : l'emploi, le pouvoir d'achat, la hiérarchie des salaires, etc..) qui va entrainer l'économie remise sur de bons rails vers des taux de croissance à 4% et plus. Il sait faire, il l'a déjà fait en créant deux millions d'emplois. Alors que voulez-vous de plus ? Bref, il est l'homme de la situation, c'est DSK la Science, celui qui "sait" ! (il oublie naturellement de rappeler qu'à l'époque il a profité d'une phase de croissance économique internationale dont il a été lui-meme le premier surpris. Tous les économistes sérieux le savent, le disent et l'écrivent. Silence des journalistes une nouvelle fois !). Quant à Fabius, nul doute non plus pour lui que l'élan du peuple de gauche va nous propulser vers les fortes croissances !. Pas question, bien sur, de cycle économique, de conjoncture internationale, de crise pétrolière, de croissance de nos partenaires européens, de bulle financière, de catastrophe quelconque. Nos magiciens écrivent l'avenir économique de la France hors de tout contexte international (On est un grand pays , non mais !!)

Et la dette ? : Cette dette que ces incapables de droite ont laissé filer pendant 5 ans. Là, nos "magiciens" noient le poisson en essayant de parler d'autre chose. DSK a bien dit qu'on ne distribuerait que ce qui serait produit mais ce n'est pas avec cela que l'on va rembourser la dette. Bref, sujet ennuyeux et à éviter. c'est bien plus drole de parler des inégalités qui affligent tant notre pauvre pays et de faire rendre gorge aux "riches" honteusement favorisés par la droite et aux patrons !

La réforme de l'Etat , : Passée sous silence. Sujet qui fache. On ne va quand meme pas se mettre à dos les syndicats en période électorale !

Finalement, les militants socialistes et, d'une manière plus générale, le peuple dit de gauche sont admirables. Il faut avoir gardé une ame d'enfant et un sens préservé du merveilleux pour croire dans les balivernes de leurs trois candidats (tous énarques, fils ou fille de bourgeois avec des revenus plus que confortables) ! Mais celle vers qui va ma plus grande admiration, c'est la sémillante Ségolène. Avec l'aide (officieuse) de son madré compagnon, la chouchou des sondages va etre choisie par les militants et peut-etre élue présidente de la République en n'ayant débité à longueur de discours que des banalités et des idées générales ! Chapeau l'artiste !

Bien sur, dira-t-on, ces braves militants et ce brave peuple de gauche ont besoin de croire en quelque chose. Ils aimeraient bien une vie moins dure, que leurs enfants trouvent plus vite du boulot, qu'on répare l'ascenseur social, qu'ils puissent se loger plus facilement, quil y ait plus de respect et de considération pour eux, que les richesses et les abus des puissants soient moins insolents. Ils ont sans doute raison sur bien des points.

"Il ne faut pas désespérer Billancourt" disait-on à l'époque. Aujourd'hui, est-ce en racontant des histoires aux électeurs de gauche que l'on va réduire les inégalités ? 

 

 

Repost 0
17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 11:15

 

Une intéressante étude a été récemment publiée par deux chercheurs français afin d'apporter des corrections à la mesure du PIB qui, comme chacun le sait ou le pressent, n'est qu'un indice de production très imparfait ne rendant guère compte des conditions de vie moyennes de la population d'un pays donné. Cette étude englobe 24 pays parmi les plus développés (PIB / habitant égal ou supérieur à 20.000 $ selon les données de 2004 ou plus récentes)

L'interét de cette étude réside dans sa méthode dite "du revenu équivalent" qui écarte tout critère subjectif de correction et qui, à partir d'une norme de référence de chaque correctif retenu (ils sont au nombre de 8 comme nous le verrons ci-dessous) va calculer la valeur de la correction de revenu qui serait acceptée par les populations pour atteindre la-dite norme.

A noter qu'il existe actuellement de multiples indicateurs (le plus connu est l'Indice de Développement Humain du programme des Nations-Unies pour le Développement) qui sont, pour la plupart, des indices composites avec des pondérations arbitraires leur enlevant, à l'opposé du "revenu équivalent", toute signification rationnelle. 

Voyons quels sont les critères retenus dans la méthode qui nous intéresse : Ils sont, comme vu plus haut, au nombre de 8 (cette liste pouvant faire l'objet d'ajouts d'autres critères lors de développements futurs) que nous allons examiner ci-dessous :

Correction No 1 : partir d'une bonne notion du revenu (ce que n'est pas le PIB). La référence initiale est le Revenu National (tenant compte des flux financiers via le solde de la balance des paiements. A noter que le solde global français était légèrement déficitaire en 2004) exprimé dans une meme unité, en US $ puis modifiée en PPA (Parité de Pouvoir d'Achat) selon les corrections de l'OCDE pour tenir compte du pouvoir d'achat de chaque monnaie sur son territoire national. A noter que cette 1ère correction a peu d'effet sur le classement des 24 pays concernés. L'Irlande (rapatriement des profits des sociétés étrangères) et le Luxembourg (nombreux travailleurs frontaliers) sont les plus affectés. La Suisse et la France par contre en sont les plus grands bénéficiaires.

Correction No 2 : Le temps de travail. Ici, la norme correspond à la médiane des temps de travail de chacun des 24 pays concernés soit 779 heures / an / habitant. L'estimation de la valeur d'une heure supplémentaire (ou de son contraire, une heure de loisir supplémentaire) s'avère très vite complexe selon les catégories d'individus concernés (actifs temps plein, actifs temps partiels, chomeurs, retraités, rentiers, prisonniers..) et certaines suppositions sont nécessaires pour aboutir à un résultat. A noter que cette correction est favorable à beaucoup de pays européens (et notamment la France). Elle est, par contre, défavorable au Japon, au Luxembourg, aux USA et à la Suisse.

Correction No 3 : Risque de chomage. La norme choisie est l'absence de risque de chomage et là, on va calculer le sacrifice de revenu que l'individu serait pret à payer pour ne plus risquer le chomage (sous forme d'une prime d'assurance à payer si cette assurance existait). Reste à définir cette prime d'assurance qui doit tenir compte de l'impact négatif sur le statut de l'individu, du taux de chomage et de son taux de rotation et de l'aversion au risque de la population. Là encore, des suppositions (discutables) sont nécessaires pour aboutir à un résultat. A noter que la prise en compte de ce risque n'entraine qu'une correction très faible sur le niveau de vie et cela pour trois raisons liées à la nature du chomage (durée, taux de rotation), aux montants des indemnités et la prise en compte dans le revenu moyen des pertes de revenus liées au chomage. Une estimation de la prime de risque totale montre des chiffres non négligeables de l'ordre de 4 % en France, de 5 % en Italie et de 7 % en Grèce !

Correction No 4 : L'espérance de vie : La norme (élevée) choisie est celle du Japon (75 ans). On va cette fois calculer le supplément de revenu qui serait équivalent au fait d'amener l'espérance de vie au niveau de la norme. Selon la méthode retenue (Becker et Al. 2004), le montant du sacrifice (environ 500 $/an en moyenne) pour un gain d'une année de vie supplémentaire en bonne santé peut sembler faible. Le Japon, la France, la Suède et la Suisse sont gagnants pour cette correction alors que les USA en patissent le plus, suivis par le Danemark et l'Irlande.

Correction No 5 : La composition des ménages : Cette correction est basée sur le principe que le ménage (ou le foyer familial) utilise plus efficacement ses équipements collectifs (logement, voiture, équipements ménagers,..) donc son revenu qu'une personne célibataire. La norme choisie dans ce cas étant un ménage comprenant un seul membre, la méthode de mesure utilisée (origine OCDE 2005) va entrainer un relèvement important des niveaux de vie (un couple où le revenu/t^ete est de 100 a un niveau de vie équivalent à deux célibataires ayant chacun un revenu de 141). La correction est en faveur de l'Europe du Sud, des USA, de l'Irlande et du Japon mais en défaveur globalement de l'Europe du Nord, le Royaume-uni et la France étant peu affectés.

Correction No 6 : Les inégalités : On s'appuie ici sur le principe qu'un revenu moyen n'a pas la meme valeur pour le bien-etre social selon qu'il est plus ou moins inégalement réparti. Dans la méthode utilisée (indice de Kolm-Atkinson) la situation des défavorisés est affectée d'une pondération plus forte. On aboutit à une correction assez forte au détriment du Royaume-Uni, de l'Irlande, des USA, de l'Italie, de l'Australie et du Portugal mais bénéfique au contraire au Japon et aux pays d'Europe du Nord. Cette correction est neutre par contre, pour la France, le Canada, les pays-bas et l'Espagne.

Correction No 7 : La consommation de Capital : Cette correction vise à mesurer la "richesse authentique (selon travaux réalisés sous l'égide de la Banque Mondiale) en tenant compte du besoin de reconstituer  le stock de capital pour la production future. Ce sont la Finlande, l'Autriche et la Norvège qui subissent les corrections défavorables les plus fortes.

Correction No 8 : La "soutenabilité" ou préservation de l'environnement et du patrimoine naturel (notamment l'épuisement des ressources non renouvelables) : Ici encore les méthodes de mesure sont discutables et inévitablement complexes, beaucoup de paramètres pouvant ou non etre pris en compte. Cette correction est naturellement favorable aux pays ayant développé des alternatives aux ressources fossiles, soit par le nucléaire ou l'hydraulique (la Suède, la France, la Suisse). A l'inverse, des pays comme le Luxembourg, les USA, les Pays-bas ou l'Australie subissent une perte sévère.

QUELS ENSEIGNEMENTS TIRENT-ON DE CETTE ETUDE ?

Le premier, c'est que le Luxembourgeois moyen est bien l'habitant le plus riche du monde. Le PIB/habitant du Luxembourg a une telle avance (près de 69.000$ contre 40.000$ pour le second, l'Irlande) qu'il garde la 1ère place malgré de nombreuses corrections défavorables (Revenu national, temps de travail, santé, inégalités, consommation de capital) qui lui font perdre environ 20% de niveau de vie. Les suivants immédiats sont la Norvège qui améliore son score initial et coiffe sur le poteau l'Irlande puis le Japon, auteur d'une remarquable remontée, suivi de l'Autriche et de la Suisse.

Les USA sont fortement pénalisés par les corrections et rétrogradent de la 3ème place à la 7ème place dans le classement des 24 pays étudiés. Leurs postes perdants sont le Revenu national, le temps de travail, la santé, les inégalités et la soutenabilité. Leus "bons" postes sont le risque de chomage et la composition des ménages. L'Australie et la Finlande sont deux autres perdants significatifs.

Parmi les grands bénéficiaires des corrections, on trouve dans l'ordre, le Japon (excellents résultats en précarité, santé, composition des ménages et soutenabilité), la France (voir ci-dessous), puis l'Espagne, l'Italie, l'Autriche et la Norvège.

La France tire son épingle du jeu dans cette étude. D'une place initiale moyenne voire médiocre (17ème sur 24), elle se retrouve dans le 1er tiers du classement (8ème), juste derrière les USA grace à ses bons résultats en revenu national, en temps de travail, en santé, en consommation de capital et soutenabilité.

L'examen des résultats de cette étude permet d'identifier assez clairement trois modèles économiques qui sont : Le "modèle anglo-saxon" regroupant les USA, le Royaume-uni, la Nouvelle-zélande, l'Australie et partageant de nombreuses caractéristiques (fortes inégalités, temps de travail élevé, faible consommation de capital fixe liée à une forte tertiarisation, faible taux de chomage, de courte durée). Le "modèle latin" regroupant la France, l'Italie et l'Espagne et caractérisé par un risque chomage important, un temps de loisir important et une espérance de vie en bonne santé élevée. Enfin le "modèle nordique" regroupant la Norvège, la Suède, le Danemark, l'Autriche et l'Islande et caractérisée par un taux d'égalité élevé, une faible précarité, des économies plutot intensives en capital, un temps de loisir élevé et de bonnes performances environnementales. A noter que plusieurs autres pays européens comme la Belgique, l'Allemagne, la Suisse ou la Finlande sont à la marge de ce dernier modèle suite à une divergence forte (précarité ou temps de travail selon les cas)

CONCLUSION

La correction équivalente de revenu pour les différents effets étudiés est loin d'etre négligeable et démontre la grande insuffisance de la mesure du PIB/habitant pour les comparaisons internationales. Il apparait à travers cette étude que l'amélioration du niveau de vie serait mieux assurée par des politiques publiques visant à améliorer la productivité et la santé, à protéger l'environnement et réduire la pauvreté plutot qur prioritairement ciblées sur la croissance de la production et l'exploitation des ressources naturelles non renouvelables.

Au niveau de l'Hexagone, la différence initiale considérable mesurée en PIB/habitant avec les USA (supérieure à 25%) est quasiment annihilée par les corrections successives (différence finale inférieure à 2%).

Les auteurs ne cachent pas, par ailleurs, que les paramètres choisis et les hypothèses émises lors de l'établissement des corrections sont discutables et que les résultats puissent etre sensibles à leurs modifications. Des améliorations futures sont souhaitables afin d'arriver à un indicateur plus robuste.

Enfin, d'autres corrections sont envisageables telles que les conditions climatiques et géopolitiques, les Biens publics, la production domestique, l'éducation, les relations sociales, ...pour parfaire le modèle et nécessiteront des études ultérieures.

Repost 0
15 octobre 2006 7 15 /10 /octobre /2006 12:50

TVA sociale. Bilan d'automne

Voilà quelques mois que je me penche sur cette fameuse affaire de TVA sociale (voir articles précédents). A l'approche des échéances 2007, est-il possible de faire un bilan ou, pour le moins, discerner des lignes de force dans les opinions émises de différentes parts ?

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les opinions sont partagées et qu'il n'y a vraiment unanimité sur l'idée qui est qualifiée de vraie ou de fausse "bonne idée" selon ceux qui s'expriment.

Récemment, sur le site débat2007.fr, deux économistes réputés (P.Artus de chez IXIS et M.Didier de chez REXECODE) ont émis un avis plutot favorable, l'un arguant que les effets à court terme seraient équivalents à ceux d'une dévaluation et l'autre favorable à la prise en charge par les individus plutot que par les entreprises des dépenses de santé. Un troisième économiste par contre (E.Chaney de chez Morgan Stanley) estime qu'il s'agit typiquement d'une fausse "bonne idée" et qu'il craint beaucoup pour la croissance de l'UE si l'Italie et la France, après l'Allemagne (en janvier 2007) se mettaient à augmenter leur TVA. Il cite notamment le cas désastreux du Japon (deuxième puissance économique mondiale) qui sort à peine de dix ans de déflation suite à la hausse de son taux de TVA. A contrario, l'expérience du Danemark est un exemple réussi de hausse de la TVA compensant les charges patronales sur le cout du travail !

Sur le meme site, dans une Tribune libre, P.Aunac, le chantre inconditionnel de la TVA sociale, ferraille avec un ancien directeur de la législation fiscale (M.Taly) sans beaucoup éclairer le sujet. Fin septembre, P.Fabra des Echos voit dans la TVA sociale la "consécration du capitalisme sauvage" suite à un raisonnement assez peu convaincant. Plus loin dans le temps, M.Touati de chez NATEXIS avait émis un avis défavorable, estimant que l'hypothèse de base du modèle est bancale, arguant que rien ne garantit la répercussion de la baisse des charges en faveur des salaires dont la hausse compenserait la hausse des produits importés (qui concernent aujourd'hui, selon lui, 40 % de la consommation française, principale moteur de notre croissance).

Bref, il semble bien qu'il se dégage une ligne de force majoritairement défavorable chez les économistes. Parmi ceux qui émettent un avis favorable, tous insistent pour préciser que la TVA sociale n'est surement pas la solution miracle à nos problèmes et qu'il y a des sujets bien plus importants à traiter en priorité comme la réforme de l'Etat, de l'Assurance Maladie, la libéralisation des services (qui représentent maintenant 70 % de l'activité économique globale) etc...

Coté hommes politiques, des opinions favorables se sont manifestés notamment au Sénat (Mrs Arthuis, Marini,...) avec des initiatives et des demandes d'études prospectives ainsi que dans différents partis.

Un point intéressant est de savoir ce qu'en disent nos prétendants au sacre présidentiel de l'an prochain. DSK y a été favorable à une époque mais il est devenu prudemment silencieux (la TVA étant selon les normes de gauche un impot injuste, toute hausse de TVA est naturellement frappée de la meme infamie. Mieux vaut donc ne point en parler). Sarko a bien fait quelques moulinets lors de son discours d'Agen pour fustiger la concurrence déloyale cause de pertes d'emplois et de délocalisations mais ce fut un bref passage. Quant à la sémillante Ségolène, elle ne s'abaisse pas à traiter ce genre de sujet et, de toutes façons, elle est, pour reprendre la remarque pleine de malice de son ami Fabius, "de l'avis du peuple français" ! (position fort commode et peu embarrassante). Le meme Fabius ne se hasarde pas non plus sur ce terrain-là depuis que son virage "à gauche toute" lui a fait oublier ses convictions social-démocrates !

Ce n'est donc pas du coté des politiques que viendra la lumière. Il faudra sans doute attendre les résultats allemands et les probables décisions italiennes et françaises en la matière pour avancer sur le sujet.

Façon de dire que nous en reparlerons en 2007.

Repost 0
22 septembre 2006 5 22 /09 /septembre /2006 14:55

   

On ne craint que ce que l'on ne connaît pas ou mal et la responsabilité des leadres politiques n'est pas mince dans cette méconnaissance ! Lesquels de ces leaders, en effet, osent en prendre la défense ?
Ceux de la gauche n’en parlent évidemment pas ! Ce n’est pas « tendance » et pour eux çà sent le soufre (le profit, les multinationales, le libéralisme, la libéralisation des échanges…). Cà ne peut pas être une idée de gauche puisque çà ne parle que de créer de la richesse et pas de la distribuer !..et puis c’est bien plus « payant » électoralement de faire peur aux braves français en leur disant que les polonais ou les chinois vont venir leur prendre leur boulot ! Tout au contraire, ils n’ont pas de mots assez durs pour diaboliser cette mondialisation.

Les leaders de droite, curieusement, n’aiment pas trop non plus en parler ! Le discours économique sérieux passe mal auprès du français moyen, on risque de le lasser et puis çà peut lui donner l’impression qu’on est plutôt du côté du patron ou bien on peut se faire prendre à partie si une délocalisation d’usine vient de faire la une des journaux (beaucoup de journalistes se complaisent à émouvoir le bon peuple avec la fermeture d’un atelier au fin fond de la Corrèze ou du Pas-de-Calais parce que çà fait social mais ne parlent jamais des créations d’entreprises. Il s’en est pourtant créé plus de 300.000 ces douze derniers mois, soit plus de 800 par jour !)…et puis encore, il faut bien reconnaître qu’accuser les autres (l’Europe, la mondialisation…) de nos malheurs domestiques est une faiblesse à laquelle cèdent la plupart de nos gouvernants depuis fort longtemps !

Bref, à part quelques économistes sérieux mais guère audibles, il n’y a pas beaucoup de monde pour nous éclairer sur le sujet. Par contre, il y a foison d’idéologues pour nous en dire pis que pendre !

Sur un tel sujet, il faut avoir la religion des faits. Quels sont-ils ?

D’abord, un première évidence incontournable : la mondialisation, qu’on le veuille ou non, est là et bien là ! Les échanges commerciaux entre états progressent rapidement. Ils représentent aujourd’hui 20 % du PIB mondial  (ils n’en représentaient que 8 %  il y a 30 ans) et un retour en arrière, c’est-à-dire un retour à des économies fermées sur elles-mêmes et autarciques, est à proprement parler impossible et même impensable ! L’interdépendance financière, technologique et commerciale des économies nationales est telle que le phénomène est devenu totalement irréversible. Dont acte.

Ensuite, cette progression des échanges a coïncidé avec une période d’expansion mondiale qui atteint actuellement un zénith avec une croissance supérieure à 4 % depuis 4 ans. A noter que les croissances les plus fortes sont le fait des économies émergentes (7,3 % en moyenne cette année) et particulièrement de la Chine (10 % cette année et en 2007). De telles croissances ne peuvent s’expliquer qu’à travers les effets de la mondialisation (échanges commerciaux, transferts de capitaux et de technologie) et ces effets se répercutent dans l’ensemble de l’économie mondiale faisant enfin sortir la zone Euro de son enlisement avec une croissance prévue de 2,4 % en 2006 grâce à la progression de ses échanges.

Cette ouverture économique a eu un impact très fort sur le comportement des états. Sur cette même période de 30 ans, le nombre de pays ayant accédé à la démocratie a été multiplié par 4 ! Nul ne contestera que le recul des systèmes autoritaires ou despotiques soit un bienfait pour l’humanité.

Enfin, la mise en concurrence des économies nationales contribue fortement à l’innovation et à la baisse des prix de la plupart de nos équipements domestiques (TV, Hi-Fi, informatique, électroménager, etc…) ainsi que des équipements industriels, constituant par là-même une arme efficace contre l’inflation.

La France profite, quant à elle, largement du système. Nous sommes l’un des champions mondiaux de l’exportation qui, en 2005 , a représenté 26 % de notre PIB (soit 1 français sur 4  travaillant pour la mondialisation !) et nos échanges progressent fortement avec les pays émergents (Chine, Inde, …)

Alors, tout est-il rose dans la mondialisation ?

Bien sûr que non ! Les scénarios roses, çà ne se rencontre que dans les romans à 4 sous et la vie dans ce bas monde est toujours proche du drame et de la tragédie.

D’abord les facteurs de risques sont multiples (catastrophes écologiques, climatiques, guerres, terrorisme, crise financière, chantage énergétique…) et toujours prêts à enrayer la machine économique et donc la croissance.

Ensuite, les échanges et les organismes internationaux sont aujourd’hui outrageusement dominés par les pays les plus riches qui imposent (souvent avec beaucoup de cynisme) leur loi aux autres. L’OMC est dans une profonde impasse à cause des réflexes égoïstes nationaux de nombreux pays (tout le monde veut être gagnant et ne rien céder, ce qui renvoie à la quadrature du cercle !). Cette situation engendre un risque de multiplication d’accords bilatéraux toujours préjudiciables aux plus faibles  (les Etats-unis sont les champions de ce type d’accord asymétrique).

Par ailleurs des pans entiers de l’économie mondiale, voire parfois des économies nationales sont entre les mains de « voyous » maffieux ou de dictateurs s’appropriant toutes les richesses produites pour eux-mêmes et leur clan. De même, de multiples paradis fiscaux et autres « pavillons de complaisance » faussent continuellement le jeu des échanges et de la concurrence au détriment des Etats.

Enfin, les pays développés comme la France ne sont pas à l’abri des effets de dumping liés à de bas coûts de production de pays émergents ou des effets de change défavorables (le yuan chinois actuellement) et à des délocalisations de services ou d’industries (sans toutefois perdre de vue que les 2/3 de nos échanges se font à l’intérieur de l’Union Européenne, ce qui relativise fortement les effets néfastes de la mondialisation)

En fait et pour faire simple, la mondialisation présente les mêmes caractéristiques que le libéralisme dont elle s’inspire. C’est le meilleur moyen de faire croître les richesses mais laissé à lui-même il accroît les inégalités et rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Il doit donc être encadré par des règles émises par des organismes démocratiques internationaux, acceptés par tous et faisant force de loi afin que ce ne soit plus la loi de la jungle qui domine mais qu’au contraire tous les états et en particulier les plus pauvres puissent profiter des richesses créées et connaître un développement harmonieux. C’est un bon moyen, au passage, pour réaliser le co-développement des états d’Afrique qui nous causent souci avec leur émigrants (qui deviennent nos immigrants).

La bonne nouvelle, c’est que des voix s’élèvent même aux Etats-Unis comme celle de Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001, pour préconiser un « autre monde » (titre de son récent livre) dans lequel l’état d’esprit des dirigeants évolueraient vers un sentiment d’identité mondiale afin de créer les conditions d’une mondialisation juste et acceptée de tous. Nous voilà renvoyés à un problème de société. C’est aux citoyens du monde d’agir dans leurs Etats respectifs pour que ceux-ci  ne soient plus les monstres froids que l'on connait, uniquement soucieux de leur gloire et de leur intérêt.

Pour en revenir à notre Hexagone, plutôt que de pleurer sur un danger inévitable, il nous faut développer nos avantages comparatifs (les activités industrielles et de services où nous sommes bons voire très bons – mais oui, il n’y a pas que l’Airbus, il y en a beaucoup d’autres !) , encourager et aider nos PME/PMI à grandir et à exporter, renforcer fortement l’investissement et la recherche (l’innovation est le maître mot de la compétitivité). L'idéal serait de coupler cela avec une administration plus efficace et moins dépensière, une réforme de nos comptes sociaux, une réduction de la dette libérant des marges de manoeuvre pour l'investissement, la recherche publique et les interventions conjoncturelles, une libéralisation des services (l'activité tertiaire est maintenant majoritaire dans les sociétés développées contemporaines), des syndicats réformistes

...Bref, on n'est pas au bout du chemin !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           
Repost 0
21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 17:54

La TVA sociale ne fait pas l'objet d'un débat nouveau mais semble retenir l'attention d'un certain nombre d'hommes politiques et non des moindres en vue d'une mise en application peut-etre prochaine. Si le principe est séduisant, les études d'impact sont incontournables et obligatoires sauf le risque de se retrouver dans une situation incontrolable en cas de mauvais choix lors de la mise en oeuvre.

Le principe de la TVA sociale aurait à s'appliquer sur les paramètres macro-économiques (année 2005) suivants :

- Une masse totale des cotisations patronales de l'ordre de 260 Mds € correspondant , en cas de transfert complet, à environ 35 points de TVA (voir ci-dessous)

- Des rentrées de TVA de 127 Mds € soit environ 7.5 Mds € / point de TVA

- Un volume d'exportation d'environ 446 Mds € (soit environ 26 % du PIB français) correspondant à environ 68 Mds € de cotisations patronales  (qui seraient à compenser par la TVA sociale puisque, selon la théorie, les exportations seraient affranchies de cotisations patronales)

- Un volume global d'importation de l'ordre de 460 Mds €  qui serait assujetti à la TVA sociale, ce qui correspondrait, pour compenser  le transfert des cotisations de l'export, à une augmentation  des importations de l'ordre de 15 % !  De quoi faire dresser les cheveux de tout économiste sain d'esprit !!

- Des échanges extérieurs réalisés majoritairement (70 % environ) avec nos partenaires de l'Union Européenne qui seraient donc les premiers à subir l'impact des nouvelles mesures (hausse brutale de leurs produits avec d'inévitables perte de parts de marché et ralentissement de leus exportations vers la France...)

Bref, pas besoin d'avoir fait de hautes études pour comprendre qu'une application réaliste du principe de la TVA sociale ne peut que correspondre à un transfert TRES PARTIEL des cotisations patronales. Reste à définir les taux à appliquer (fixes ou variables et selon quelles règles), les secteurs d'activité à prioriser ou à épargner afin d'optimiser la mise en oeuvre de ce principe de TVA sociale en favorisant nos exportations, notre compétitivité, notre consommation, nos revenus...sans pénaliser nos productions nationales (celles en particulier qui intégrent des produits étrangers dans leur process) et sans trop facher nos partenaires !! Bel exercice, en vérité !!

NB : Une simulation d'impact portant sur un transfert (raisonnable) de cotisations patronales correpondant à un point de PIB (environ 16 Mds €) soit 4 points de TVA supplémentaires (quand meme !)  a été faite récemment par le Centre d'observation économique de la CCI de Paris à la demande de la Commission des Finances. Les résultats fournis sont mitigés (impact nul sur le PIB, négatif sur la consommation des ménages mais positif sur l'emploi et les exportations) mais on peut discuter sans fin sur la pertinence du modèle utilisé !. I faudra sans doute d'autres études pour se faire des idées claires (et bonnes surtout !) sur le sujet.

-

Repost 0
4 août 2006 5 04 /08 /août /2006 10:28

La TVA sociale semble devenir un grand sujet d'actualité et fera sans doute l'objet de grands débats lors de la campagne présidentielle prochaine.

Essayons d'y voir clair sans se laisser abuser par les mots. Il ne s'agit pas "d'augmenter" le taux de TVA actuel (et dont de renchérir les prix à la consommation, au détriment des foyers les plus modestes, comme  tentent de le faire croire certains). Le terme "TVA sociale" est, à l'évidence et malheureusement , tout à fait impropre car il suggère de rajouter du "social" (donc une charge supplémentaire) à la TVA classique appliquée à tout ce qui est produit/vendu en France mais aussi tout ce qui est importé en tant que biens et services. Il ne s'agit pas non plus d'une nouvelle taxe sur chiffres d'affaires (qui serait interdite par Bruxelles !) mais bien d'une cotisation sociale dont le transfert favoriserait nos exportations et renchérisserait les importations limitant par là-meme l'effet "dumping" des pays à faible cout du travail ou l'effet de change des monnaies faibles.

Je ne reviendrai pas sur le principe de la "TVA sociale" qui est bien explicité sur le site spécialisé www.tva-sociale.org  dont je recommande la lecture à ceux qui souhaitent avoir les idées plus claires sur le sujet. En un mot, on soulage le cout du travail (salaires + cotisations sociales ) de tout ou partie des cotisations sociales patronales pour ce qui concerne la PRODUCTION (de biens et services) EXPORTEE et on les affecte à l'ensemble (ou partie de l'ensemble) des IMPORTATIONS. On remarque au passage que la production fabriquée et vendue en France (soit environ les 3/4 de la production nationale), n'est pas affectée par l'opération et n'en subit ni hausse ni réduction de prix.

Ce principe semble magique et donne envie d'applaudir à deux mains ! En effet, il donne un coup de fouet à nos exportations (par réduction des couts et amélioration de la compétitivité des produits français, ce qui ne peut que favoriser l'emploi et le maintien de nos industries) et réduit les effets néfastes du libre-échange en frappant les importations (et particulièrement les hyper-compétitives, source de concurrence déloyale et de délocalisation : les textiles chinois sont dans toutes le mémoires). En fait, les effets obtenus sont similaires à ceux d'une dévaluation (tant prisée par nos dirigeants dans une époque pas si lointaine !) sans les inconvénients les plus génants.

Tout cela semble donc parfait. Reste la mise en application. On a parlé plus haut de transfert de cotisations sur les importations avec donc report mécanique sur les prix. Comment s'effectuera ce report ? Sur les biens et services captifs (non remplaçables par la production nationale : on pense par exemple à l'electronique US embarquée dans les AIRBUS), le report risque d'etre automatique mais sur beaucoup d'autres produits il n'y aura sans doute qu'un report restreint voire nul (pour des questions de maintien de positions compétitives). On peut donc espérer que la hausse des prix des produits importés sera limitée, sans toutefois mésestimer les risques d'inflation importée (en première approximation, importations et exportations s'équilibrent). L'exemple danois récent (transfert des cotisations vers TVA avec hausse de 3 points de celle-ci) a montré une absence d'effet sur l'inflation, ce qui est une excellente nouvelle !. On a parlé aussi de coup de fouet aux exportations...mais à condition que les industriels jouent le jeu et n'empochent pas les réductions de cout à l'export sans répercussion sur les prix ! On peut les imaginer suffisamment lucides pour ne pas céder à une telle tentation ! Reste encore à traiter des taux de cotisation selon les secteurs et types d'activités et le montant global des cotisations patronales à transférer. On sait que ce montant annuel est assez "colossal" (ordre de grandeur : 250 Mds €!) et il ne peut etre question d'un transfert complet.

 

Des réponses à ces questions sont ardemment souhaitées !! A vos calculettes !!

NB : Une simulation sur la base d'un transfert de 1 point de PIB (16 Mds € environ) de cotisations patronales donne les résultats suivants :

- Hausse de 4 points de TVA sur les importations  ( à prix constants - voir remarque ci-dessus)

- Différentiel de prix à l'export d'environ 15 % (report complet  de réduction du cout du travail)  

Repost 0

Présentation

  • : le blog pauledouard
  • : Blog d'intérêts variés concernant l'économie, la politique, l'histoire, l'Esperanto, les sciences, l'astronomie, les souvenirs
  • Contact

Profil

  • Pauledouard
  • Ingénieur retraité. professeur d'Esperanto via Internet. Nombreux pôles d'intérêt: Actualités économiques, politiques, internationales. Histoire. Sports. Nouvelles technologies. Astronomie
  • Ingénieur retraité. professeur d'Esperanto via Internet. Nombreux pôles d'intérêt: Actualités économiques, politiques, internationales. Histoire. Sports. Nouvelles technologies. Astronomie

Recherche

Liens