Lundi 23 avril 2012
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Les multiples constats faits en Europe à la sortie toujours espérée (mais régulièrement remise en question) de la crise mondiale qui
sévit maintenant depuis cinq longues années amènent de nombreux économistes et hommes politiques à réfléchir à un nouveau modèle économique qui apporterait réponse aux récurrents problèmes des
pays européens que sont le sous-emploi chronique, la destruction continue de leurs industries traditionnelles ou la perte de leur compétitivité dans de nombreuses activités et touchant même les
services.
Une première question vient immédiatement à l'esprit : Un nouveau modèle économique peut-il être plaqué sur la société telle qu'elle
est aujourd'hui ou ne faut-il pas au contraire que la société évolue pour s'adapter à un nouveau modèle ?
La question n'est pas triviale car l'histoire récente et ancienne enseigne que la pression des évènements extérieurs n'est pas sans
influencer fortement l'évolution des sociétés et la mentalité de leurs habitants.
En se limitant à l'histoire récente et à l'examen rapide des 60 dernières années (de la sortie de la deuxième guerre mondiale à nos
jours) on met sans peine en évidence les grandes évolutions et évènements (sans vouloir les citer toutes et tous) que notre pays a connus et qui sont en grande partie dûs à des facteurs
extérieurs :
- Une croissance économique rapide liée à la reconstruction (partiellement financée par le plan Marshall) avec
fort développement des activités industrielles dans pratiquement tous les secteurs, favorisé par une demande intérieure dynamique et des exportations vers l'Europe et les colonies sans guère de
concurrence compétitive d'autres états.
- Un développement accéléré des activités de service notamment orientées vers les services aux entreprises mais
aussi vers les grands secteurs tertiaires (commerce, gestion, conseil, marketing, communications, banques, ....)
- Une décroissance rapide de la population agricole du fait de la mécanisation, de la hausse des rendements mais
aussi du fait de l'attirance de l'industrie et des services offrant aux jeunes ruraux notamment des conditions de vie plus attractives que les travaux des champs pratiqués traditionnellement par
leurs parents.
- Une montée massive de l'immigration pour satisfaire les besoins de main-d'oeuvre de l'industrie (polonais dans
les bassins miniers, européens du sud, populations nord-africaines et sub-sahariennes notamment). une grande partie de cette immigration s'installant à demeure et profitant des généreuses
conditions de regroupement familiale offertes par l'état français.
- Le choc du retour des pieds-noirs sur le territoire national dans les années 60, relativement bien absorbé grâce
à la croissance économique et à la volonté de cette courageuse population déracinée de reconstruire son avenir.
- Les deux chocs pétroliers des années 70 annoncant la fin des "trente glorieuses" et l'apparition d'un chômage
structurel s'amplifiant au fil des années.
- Les déséquilibres monétaires entraînés par les fluctuations du dollar (liées aux déficits fédéraux et aux coûts
monstrueux de la guerre du Vietnam couverts par la "planche à billets" nord-américaine) et des autres monnaies liés au dollar.
- Les effets pervers du libre-échangisme mondial réduisant ou interdisant les barrières douanières et encourageant
les "dumpings" de toutes sortes à l'exportation avec pour résultat la destruction des productions locales non compétitives.
- la position "libre-échangiste" de la Commission européenne interdisant toute préférence communautaire et
exposant les économies européennes à tous les vents de la mondialisation naissante.
- L'apparition prématurée en 1999 (ref. Maurice Allais), sans mise en place préalable d'un début de gouvernance
économique européenne, de la monnaie unique rapidement surcôtée par rapport à un dollar fluctuant selon les besoins du trésor américain.
- L'irrésistible montée en puissance de la mondialisation économique, faciliitée par la politique idéologique de l'OMC
(organisation mondiale du Commerce) et l'apparition des pays émergents (dragons asiatiques, Chine, Inde, Brésil,....) inondés par des capitaux mondiaux en quête de placements juteux et issus de
la création monétaire mondiale et notamment américaine.
- La dégradation voire la disparition tout aussi irrésistible de pans entiers de notre industrie (construction navale,
textile, sidérurgie, papier, électro-ménager, ...) et des sous-traitants concernés, se chiffrant en millions d'emplois perdus et entraînant une explosion du chômage.
- La folle progression d'une industrie financière affranchie des liens avec l'économie réelle, basée sur la spéculation
probabiliste et la cupidité à court terme, accompagnée d'une explosion des paradis fiscaux et responsable de la récente crise mondiale.
- La croissance anémique actuelle liée à la crise mondiale avec son cortège de déficits sociaux et de commerce
extérieure non maîtrisés, de perte continue de compétitivité et de dette publique s'accumulant depuis 30 ans et approchant dangereusement (85 % du PIB) une situation de
surendettement.
A première vue et sans vouloir être pessimiste, le nouveau modèle économique à trouver présente une fâcheuse ressemblance avec la
quadrature du cercle tant il semble dépendre autant des forces externes que de notre propre volonté commune (si tant est que nous en ayons vraiment une).
Gardant toutefois confiance dans notre génie national, nous
tenterons prochainement d'esquisser les grandes lignes de ce qui pourrait être notre nouveau modèle pour ce début de 21ème siècle.
NB : Il est recommandé aux lecteurs intéressés par le sujet, la lecture des derniers ouvrages de Maurice Allais, prix Nobel d'économie
en 1988
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Combats pour l'Europe.1992-1994 (1994) ;
-
La Crise mondiale aujourd'hui (Clément Juglar, 1999) ;
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Nouveaux combats pour l'Europe. 1995-2002 (2002) ;
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L'Europe en crise. Que faire? (2005) ;
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La Mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance, l'évidence empirique (Ed. Clément Juglar, 2007
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