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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 13:22

 

On a eu l'occasion sur ce blog d'évoquer dans un passé récent la destruction créatrice, phénomène économique essentiellement basé sur l'innovation technologique et décrit en son temps par l'économiste américain d'origine austro-hongroise Schumpeter.

Symbole de la marche en avant des activités humaines, le phénomène de la destruction créatrice caractérisé par l'abandon/remplacement de techniques obsolètes ou dépassées par de nouvelles techniques innovantes est, somme toute, une opération "globalement positive" - pour pasticher le mot malheureux de l'inénarrable Georges Marchais parlant du bilan de l'époque communiste - malgré les drames personnels, locaux voire régionaux pouvant en résulter.

D'une tout autre manière se présente l'action de l'intelligence destructrice développée ci-dessous et qui concerne, quant à elle, un comportement mental totalement et désespérement négatif qui enferme notre société civile dans une ronde infernale d'arguments et d'arguties contradictoires basés non pas sur une saine réflexion constructive appliquée à l'art politique du possible mais bien au contraire basés sur un esprit de système, à la fois sectaire et intolérant, véritable injure à notre intelligence collective submergée par les idéologies socialo-économiques et les querelles partisanes.

Logique de consensus ou logique d'affrontement, tel est le choix habituel et récurrent qui s'offre à tout débat démocratique. Gérer le destin d'une société humaine est chose tellement complexe qu'une sage intelligence devrait pousser les acteurs de tous bords à une constante recherche du consensus sur les sujets essentiels sans naturellement remettre en cause la libre confrontation des idées et des convictions, socle de toute véritable démocratie.

Notre malheureux pays - sans doute s'agit-il d'un avatar légué par nos ancêtres gaulois que Jules César décrivaient déjà comme un peuple de bavards chicaneurs, querelleurs et incapables de s'entendre, ce qui, au passage,  lui facilita grandement la tâche lors de sa conquête des Gaules - a depuis longtemps fait le choix de l'affrontement des idées et des "valeurs" (mot magique qui autorise la formulation savante de toutes les bêtises), méprisant et délégitimisant à l'avance toute "compromission" - entendons par là toute tentative d'une recherche pragmatique et raisonnable de solution quelle soit politique, économique ou sociétale, ayant pour but le bien commun et acceptable par tous - immédiatement considérée comme une trahison (des fameuses "valeurs" évoquées ci-dessus). 

Notre malheureux peuple qui fut qualifié un jour (sans doute un peu abusivement par l'un de ses grands admirateurs) de peuple le plus intelligent de la Terre se révèle aujourd'hui (comme hier d'ailleurs) incapable - ou alors au prix d'immenses difficultés et de passages en force - de faire évoluer ses structures, de s'adapter à l'internationalisation et à l'interpénétration des activités humaines, d'accepter les changements nécessaires à sa survie, de remettre en cause ce qui fut acquis lors des "trente glorieuses" bientôt suivies de "quarante piteuses" (le "miracle" économique d'une reconstruction du pays à la suite d'une guerre mondiale ne pouvant se prolonger éternellement !) qui risquent d'ailleurs de se prolonger encore un moment.

Glorifiant les jeux de l'esprit et l'agilité intellectuelle aux dépens de la raison et de la réflexion pragmatique, préférant les luttes idéologiques à une saine pratique du consensus, notre peuple cueille aujourd'hui les fruits empoisonnés de ses passions et se retrouve affligé de maux sociétaux qui handicaperont pour longtemps son avenir :

    - Un "mammouth" éducatif sclérosé et inadapté aux besoins de l'économie, faible dans l'apprentissage mais produisant à foison des "bac + 5, +6, +7..." qui ne trouvent pas leur place dans l'économie de marché, formés qu'ils le furent par des maîtres aux relents marxistes n'ayant que mépris pour l'entreprise et le "business".

    - Un secteur étatique surdimensionné, empêtré dans ses multiples redondances, soupçonneux, se mêlant de tout et naturellement crispé sur ses privilèges, consommant plus de la moitié de la richesse produite par le pays et encourageant un assistanat à tout-va.

     - Une économie peu compétitive perdant des parts de marché en Europe mais aussi dans le monde, minée par une faible profitabilité notamment des PME préjudiciable aux investissements, une innovation insuffisante, une faiblesse chronique dans le management et la négociation (où l'on retrouve le fameux antagonisme consensus/affrontement) et des coûts salariaux (en termes financiers et réglementaires) élevés.

    - Une formation professionnelle sous-performante, mal gérée paritairement par des syndicats politisés et mauvais gestionnaires, incapable d'assurer une adéquation convenable entre travail offert et compétence proposée.

    - un milieu médiatique tout acquis ou presque à l'un des deux camps, celui de gauche bien sûr (car dans notre beau pays il n'y a de vrais intellectuels que de gauche !) vomissant tous les soirs sarcasmes et critiques, dénonçant sur un ton outré les insuffisances gouvernementales (la pauvreté, le chômage, les mal-logés, les entreprises qui ferment, les riches toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres, bref tout ce qui ne va pas comme on voudrait que çà marche dans un monde utopique où le bonheur de vivre le disputerait à la parfaite justice sociale...!!) et contribuant ainsi à démoraliser les forces productives de la nation.

    - Un bipolarisme politique aux comportements ubuesques, uniquement orienté vers la conquête ou la préservation du pouvoir, cultivant avec délice un incroyable manichéisme destructeur stipulant que tout ce qui vient de l'autre camp est mauvais et que tout ce qui vient de son propre camp est bon, au point de se ridiculiser aux yeux des citoyens un tant soit peu raisonnables qui découvrent parfois au hasard d'un "zapping", héberlués et catastrophés, des débats parlementaires paroxysmiques et notamment le fameux théâtre surréaliste des questions orales au gouvernement.


Le citoyen raisonnable et mesuré, figé dans une stupeur affligée, ne peut que contempler, incrédule, le désastre de la belle intelligence française s'épuisant frénétiquement dans des querelles de boutiques et de pouvoir et ainsi devenant, en fin de compte, destructrice de l'avenir de notre pays.

 


 

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 10:17


Les français qui ont suivi hier soir l'émission d'Arlette Chabot : "A vous de juger" et qui parviennent à conserver leur bon sens et leur lucidité dans le récurrent débat manichéen franco-français qui opposent de manière absurde les défenseurs des riches (la droite) et les défenseurs des pauvres (la gauche) ont pu apprécier "en live" (comme on dit aujour'hui en se piquant de mauvais anglicisme) le fossé idéologique qui sépare les deux gauches françaises incarnées pour un soir par l'hexagonal Benoît Hamon et l'international DSK.
Après un premier tri dans le flot de populisme démagogique scrupuleusement entretenu par les questions de cette animatrice qui n'honore pas l'intelligence française et son sens de la mesure mais qui a trouvé dans cette ambiance de guerre civile économique soigneusement entretenue une véritable rente de situation et la promesse d'innombrables futures émissions à succès, à quel constat parvient-on ?
D'un côté, un socialisme hexagonal sans doctrine, sans grandes idées, crispé dans une opposition frontale avec le parti gouvernant, aboyant ses imprécations et mordant tel un roquet les mollets du pouvoir, l'accusant de toutes les abominations, de tous les abandons devant le pouvoir de l'argent et de toutes les traîtrises, tétanisé dans un anti-sarkozysme "primaire et viscéral" (comme on disait dans le temps de ceux qui pratiquaient l'anti-communisme) devenu ridicule à force d'exagération. Un parti qui n'ose pas s'avouer social-démocrate par peur d'une extrême-gauche de plus en plus audible grâce à un radicalisme de propos d'autant plus total qu'il ne veut ni ne peut prétendre un jour gouverner le pays. Un parti de fonctionnaires, d'élus locaux, de gens protégés qui glosent, l'esprit tranquille, sur le malheur des petites gens et des salariés du privé, qui donnent des leçons de liberté, de démocratie, de gestion voire d'économie (leur grande spécialié comme chacun le sait !). Bref un parti de notables qui n'a guère la confiance du peuple (un récent sondage indiquait que pour les 3/4 des français, la gauche ne ferait pas mieux que la droite dans les conditions actuelles !) mais qui est crédité d'une gestion correcte de nos villes, départements et régions (avec quand même une fâcheuse tendance à laisser filer les déficits et augmenter les impôts locaux !) .
De l'autre côté un haut-fonctionnaire international, patron d'une institution - le FMI -  qui monte en puissance dans le monde actuel, qui revendique son attachement à la social-démocratie (même s'il le criait moins fort lors de ses anciennes activités politiques hexagonales) et en chante la victoire idéologique. En somme, un homme responsable qui sait mesurer les enjeux internationaux, qui reconnaît la supériorité de l'économie de marché sur toute autre forme de système économique mais à la condition d'en fixer les règles de fonctionnement pour en combattre les excès et favoriser à la fois un meilleur équilibre mondial et une meilleure répartition des richesses. Allant même jusqu'à reconnaître le bien-fondé des thèses de l'Altermondialisme mais non les méthodes, il se veut d'abord pragmatique, le progrès du monde ne pouvant résulter que de la négociation entre toutes les parties (notamment les Etats du sud, grands oubliés des négociations internationales jusqu'à ce jour) et de la mise en oeuvre de politiques techniquement pertinentes. Bref, un vrai responsable politique.

Quel contraste !!


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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 10:46


Il est maintenant établi qu'aucun des deux candidats démocrates en lice dans l'élection à la présidence américaine n'est en mesure de l'emporter en nombres de "simples délégués".
La récente série de primaires de début mars, loin de mettre un terme à l'affrontement, a même remis en selle Hilary Clinton qui semblait irrémédiablement distancée. L'aptitude à rebondir de cette femme est assez impressionnant ! Voilà une qualité politique dont il faudra se souvenir.

Il reste un rendez-vous important avant la Convention démocrate du mois d'août à Denver, c'est la primaire du 22 avril prochain en Pennsylvanie, dernier grand état pourvoyeur de nombreux délégués. Le résultat dans ce grand état industriel, dont le profil d'électeur démocrate (blancs des classes populaires) est plutôt favorable à Hilary Clinton, pourra être déterminant sur la décision de vote des 800 "superdélégués" qui, rappelons-le, sont libres de leur choix d'investiture lors de la Convention démocrate. Ceux sont bien ceux-là qui feront la décision.

Le couple Clinton a fait feu de tout bois (et pas du plus odorant !) pour revenir dans la course, n'hésitant pas à employer des arguments populistes, triviaux de bas étage voire racistes. Ce faisant, cet étrange couple politique ne donne pas une belle image de lui-même et de l'Amérique, choquant tous ceux qui pourraient souhaiter que les arguments volent plus haut et surtout soient plus dignes. Les Clinton démontrent (est-ce vraiment une découverte ?) que l'élection américaine est une foire d'empoigne de bas-fonds où tous les coups sont permis et où le cynique pragmatisme anglo-saxon excelle.

A l'opposé, le candidat Obama, talentueux orateur, tient de fort jolis discours et semble vouloir prendre de la hauteur. Il vient notamment de prononcer, le 18 mars dernier, un remarquable discours à Philadelphie visant à la fois à parer la dernière attaque des Clinton concernant la "racialisation" de sa campagne (façon de faire entendre qu'il est d'abord et avant tout le candidat des noirs et non le candidat de l'ensemble de l'électorat démocrate !) mais aussi à faire oeuvre de haute politique dans l'expression de la complexité de la question raciale aux Etats-Unis et le dépassement de cette question par le traitement de la question sociale. Voilà enfin un discours à la fois habile et profondèment politique qui vise à rassembler tous les américains (blancs, noirs, métis, hispaniques,..) dans le traitement de la question sociale (enseignement, hopitaux, travail, logement, niveau de vie,etc...) et des grands choix de société.

Alors !!  Entre le pragmatisme américain au "ras des pâquerettes" des Clinton mais aussi leur expérience incontestable des affaires d'état et du monde et  la hauteur de vue d'un jeune candidat noir sans expérience étatique ni internationale , que choisir ?
Qui est le mieux armé pour affronter le "ringard" républicain McCain représentant du lobby militaro-affairiste américain, qui ne promet au monde que l'étalage de sa force et son arrogance ?

Si la sympathie va au "souffle de fraîcheur" de la candidature d'Obama, l'expérience est là pour nous rappeler que les grands orateurs ne font pas toujours de bons chefs d'état !


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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 15:21
Par les temps qui courent, les bibliographies de l'ex-First Lady ne manquent pas et tout lire serait une tâche hors de proportion avec l'ambition de ce petit blog qui est, rappelons-le, d'essayer de se faire une idée à peu près correcte de la personnalité d'Hilary Rodham Clinton. 

On ne perdra pas de vue dans cette analyse que les pires ignominies ont été écrites sur le couple Clinton pendant la durée des deux mandats présidentiels (période de 1992 à 2000) lors de campagnes de haine politique d'une folle virulence  lancées et financées par le parti Républicain qui avait, à l'époque, joué son rôle d'opposition avec une violence hallucinante auprès de laquelle les empoignades de nos politiques métropolitains feraient figure d'aimables chamailleries dans un pensionnat de jeunes filles de bonne famille ! On retrouve naturellement les relents de cette haine politique dans de nombreux écrits d'aujourd'hui selon la couleur politique des auteurs. Beaucoup de ces écrits sont donc, pour le moins, sujets à caution. 

On s'appuiera ici, pour l'essentiel, sur le livre autobiographique (écrit bien entendu par une équipe de "nègres", professionnels de la communication politique) publié en France en 2004 sous le titre " Mon Histoire" et quelques extraits d'articles de bonnes plumes américaines parmi lesquelles Carl Berhneim ("A woman in charge" paru en 2007) et quelques journalistes du New york Times de bone réputation. On ne retiendra, en particulier, que bien peu de choses d'un pamphlet-torchon au titre racoleur  "Hillary démasquée" du nommé Patrick Gofman qui a sans doute voulu faire un "coup médiatique" mais dont les accointances politiques (passant de l'extrême-gauche au front National) ainsi que les outrances verbales à répétition (de la "môme tapedur " de Chicago, dressée par un père fanatique à la criminelle endurcie faisant exécuter les témoins dangereux en passant par la lesbienne gauchiste enragée de l'Université de Wellesley) ne plaident guère en faveur de l'objectivité même si elles peuvent attirer l'attention sur certains traits de caractère de cette chère First Lady ! On savait d'avance que celle-ci n'est pas un ange ! On ne trâce pas son chemin pendant trente ans dans la politique américaine sans avoir le cuir tanné et être rompue à toutes les manoeuvres tordues. Il n' y a que les innocents pour voir de la grandeur d'âme et de la noblesse de sentiments dans la plupart des actes des hommes politiques !  Son livre autobiographique est sans nul doute dithyrambique à souhait et ne vise qu'à sublimer ses vertus. Le contraire eut étonné !  On ne pouvait décemment pas s'attendre à de l'auto-flagellation à longueur de chapîtres ! Bien que pénible à lire à cause d'un luxe de détails rapportés à plaisir et d'interminables digressions, ce livre fourmille toutefois de nombreuses informations qui sont autant de pistes dans la découverte du personnage de notre héroïne..

On insistera ici beaucoup sur l'enfance et la jeunesse de notre prétendante à la présidence US. On sait depuis Freud que tout se joue dans les premières années, époque où l'enfant absorbe, telle une éponge, toutes les impressions et exemples que lui fournit son environnement immédiat et d'abord sa proche famille.
Elle ne naît pas (en 1947 dans l'immédiat après-guerre)  avec une cuillère d'argent dans la bouche. C'est le moins que l'on puisse dire !  Sa famille fait partie de la classe moyenne du Middle West (région de Chicago). Le père qui a été apprenti boxeur puis instructeur dans la Marine pendant la guerre est un robuste gaillard au caractère bien trempé. Rien donc d'un "papapoule", plutôt un père très autoritaire, voire dur mais aussi très attaché à sa famille et avec çà ultra-conservateur ! La fille héritera de nombreux traits de son caractère qu'il avait lui-même hérité de sa mère, laquelle avait une réputation de "terreur" ! Après avoir été voyageur de commerce avant la guerre, le père monte dans les années cinquante, avec une relative réussite, une petite entreprise de textile qui va faire vivre correctement la famille. La maman est une femme au foyer, élégante, douce et sensible. Ayant connu une jeunesse très difficile et douloureuse, elle entourera d'une tendre affection ses trois enfants et manifestera toujours une grande compassion pour la souffrance des classes pauvres. La famille baigne dans un environnement méthodiste (paramètre important dans la compréhension de la personnalité d'Hillary).
Notre héroïne reçoit donc une éducation stricte, voire sévère dans laquelle on en badine pas avec la discipline et le sens de l'économie (Les parents ont été marqués par la grande dépression des années 30. A la maison, on ne gâche pas, on ne jette rien ! Ce vieux réflexe la suivra toute sa vie !).  On participe sans rechigner aux travaux domestiques et on apprend aussi à se défendre seul, quitte à faire le coup de poing si nécessaire ! Ainée de deux garçons, notre Hillary se transforme vite en meneuse, genre garçon manqué.  Elle gardera toute sa vie une admiration éperdue pour ce père pourtant avare de compliments et qui la subjuguait par son autorité ! 
Elle est bonne élève car intelligente et volontaire. Elle prend un premier job d'été à 13 ans et accomplit au même âge son premier acte politique (vérification des adresses de votants pour le compte du parti républicain - elle est alors républicaine comme papa, bien sûr !). La voici maintenant au lycée. En fille décidée, elle intègre les comités d'élèves et on la retrouve bientôt présidente du conseil d'élèves. Elle s'intéresse à la politique et aux débats oratoires pour lesquels elle manifeste rapidement des dons. Elle milite à la fois au parti républicain mais aussi dans l'église Méthodiste sous l'influence notamment d'un jeune pasteur qui va lui faire découvrir la misère d'autrui et la sensibiliser à sa responsabilité sociale. Elle sera une grande admiratrice de Martin Luther King.
En 1965 elle entre pour 4 ans à l'Université féminine de Wellesley près de Boston. C'est un véritable exil, à 1500 kms de chez ses parents mais elle avait alors, selon l'expression de ses mémoires, "les yeux tournés vers son propre avenir". Preuve de son esprit indépendant, d'un désir certain de se construire mais peut-être aussi de l'envie d'échapper à l'emprise paternelle ou familiale.
L'année 1968 représente un tournant important dans l'évolution d'Hillary. Bien installée dans sa vie d'étudiante, studieuse et travailleuse, elle est très active dans les conseils de classe mais également très impliquée déjà en politique (elle est alors présidente des étudiantes républicaines de son université).  Elle va ressentir le choc des évènements de l'époque aux Etats-Unis (guerre du Vietnam, assassinats de M.L.King et de Robert Kennedy, manifestations sur les campus) qui vont l'amener à participer aux manifestations étudiantes, à se détacher du parti républicain qui soutenait la guerre au Vietnam et décida de sa funeste extension au Cambodge, à prendre conscience de l'existence des minorités ethniques nord-américaines et de leurs problèmes. L'année 1969 sera une année d'approfondissement de sa réflexion et de consolidation des ses convictions démocrates. Elle choisit l'Université de Yale pour poursuivre ses études de Droit et prononce, en représentante de sa promotion, le discours de clôture du cursus de Wellesley. Histoire de changer d'air, elle se lance ensuite en solitaire dans un périple à travers l'Alaska, en travaillant ici ou là pour payer son voyage. C'est ce qu'on appelle avoir du caractère !
Elle arrive à Yale à l'automne 1969, dans une promotion ne comptant qu'une faible minorité de filles et se trouve rapidement plongée dans les soubresauts étudiants de l'époque (mouvement des Black Panthers, émeutes de mai contre Nixon et la guerre au Vietnam, mort de 4 étudiants). C'est l'époque aussi de ses rencontres avec des défenseurs des Droits civiques et de son implication dans la lutte contre la pauvreté et la défense des enfants d'ouvriers saisonniers agricoles hispaniques. En deuxième année de Droit elle se spécialise dans la législation sur les enfants (elle publiera son 1er article spécialisé en 1974 dans la revue d'Harvard) et participe à des auditions d'une commission du Sénat américain sur la maltraitance infantile. C'est aussi l'année où elle rencontre Bill Clinton sur le campus de Yale. Ils devinrent vite inséparables, partageant leur temps entre leurs études, les petits boulots pour arrondir les fins de mois et le militantisme démocrate (participation à la campagne de MacGovern contre Nixon notamment). Bill a déjà à l'époque des projets très arrêtés de carrière politique et nul doute qu'il ait perçu chez Hillary la partenaire idéale pour accompagner son ambition. A la fin de leurs études de Droit, au printemps 1973, ils partent tous deux faire un voyage en Europe puis ce sera l'Arkansas et le début de leur aventure politique.  

Le lecteur attentif n'a pu manquer de voir apparaître au cours de ce résumé de jeunesse la trâme psychologique de la personnalité de la future H.R.Clinton : Un sens aigu de la rigueur et de l'économie, le respect des parents et plus particulièrement du père, l'attachement fort à la cellule familiale, les convictions méthodistes, le caractère bien trempé, volontaire et indépendant, l'envie de se réaliser dans l'action - politique notamment -  et le travail, l'ambition d'influer sur les évènements mais aussi la sensibilité d'une brillante intellectuelle aux injustices, à la misère des ouvriers immigrants et des enfants, à la guerre jugée injuste du Vietnam, aux discriminations homme-femme ou inter-ethniques.

Tout cela se retrouvera naturellement dans la plupart des actions  et des intentions que l'on prêtera à la femme d'action qui va bientôt apparaitre sur le devant de la scène politique américaine, d'abord au niveau régional (en Arkansas) puis à la Maison-Blanche lors des deux mandats de son mari.

La suite de la carrière politique d'Hillary va dépendre du résultat des primaires lors d'un  prochain "Super Tuesday" qui va décider du choix du candidat démocrate à la prochaine élection présidentielle !

Si le lecteur a maintenant une vision plus précise de l'ex-First Lady américaine, ce petit blog aura atteint son but..
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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 14:44
                L'ex-first Lady, favorite depuis de longs mois des sondages pour l'accession à la Maison Blanche de janvier 2009, vient d'être fort opportunément remise en selle par les primaires du New Hampshire après avoir connu un début de Bérésina lors du fameux Caucus (drôle de système de sélection, bien compliqué au demeurant !) de l'IOwa. Sans doute a -t-elle senti le vent du boulet Obama lui siffler aux oreilles mais une madame Clinton prévenue en valant deux (pardon, quatre car il faut tenir compte de monsieur, ex-président au coeur volage mais fidèle en politique, qui conseille et assiste dans les coulisses), nul doute que ces deux compères-là, professionnels de la politique depuis plus de trente ans,  sauront tirer les leçons d'un premier échec et mettre les moyens (financiers et autres) pour faire pencher la balance du bon côté lors de la Convention Démocrate finale. Et comme du côté républicain la médiocrité semble de règle et que l'alternance est plus que probable après les "exploits" nationaux et internationaux de Bush Junior, nous avons donc une fort belle chance de connaître bientôt la première femme-président des Etats-Unis d'Amérique.

              Qui est donc cette madame H.R.Clinton ?  La question mérite d'être posée quand on connaît l'influence des Etats-Unis dans les affaires du monde tant économiques que politiques.
              S'agit-il d'une femme qui s'est prise au jeu du pouvoir lorsqu'elle assistait (avec beaucoup de conviction et de persévérance) son mari lors de ses deux mandats ?
              Est-ce une femme à l'éthique sincère, vraiment soucieuse de venir en aide aux laissés-pour-compte du libéralisme (assez sauvage, convenons-en) américain et partisane d'une meilleure répartition des richesses nationales voire mondiales ?
              Ou bien avons-nous affaire à une femme dévorée d'ambition et prête à tout (c'est-à-dire à s'approprier n'importe quelle idée pourvu qu'elle plaise à son électorat, ce qu'on appelle habituellement le populisme) pour gravir les marches du pouvoir ?

              Curieux de nature, je m'efforce depuis quelque temps de décrypter le livre autobiographique publié par madame Clinton en 2003 et paru en France en 2004 (Edition J'ai Lu). Je dis bien "je m'efforce" car j'ai été plusieurs fois tenté de l'abandonner, agacé que j'étais par les digressions interminables, un luxe de détails sans grand intérêt, des conversations datant de nombreuses années rapportées au mot près (comme si elle pouvait se souvenir aussi précisèment de ce qu'elle avait dit ou entendu !), bref d'un "blabla" qui noie le lecteur, soucieux de synthèse, dans sa recherche de traits marquants de caractère. Devant un tel déballage de faits, difficile de résister au soupçon de mise en scène et de manque de sincérité. Mais, à la réflexion, c'est peut-être faire preuve de légèreté que de se laisser aller à un tel soupçon car la mentalité anglo-saxonne est tellement différente de la notre que, sans doute, une autobiographie la-bas ne peut pas se concevoir autrement que dans une accumulation jusqu'à la nausée de faits et d'événements, de valeur très inégale, l'objectif prioritaire étant de ne rien laisser dans l'ombre, sans oublier la propension (très protestante mais sans doute assez hypocrite) de battre sa coulpe, de s'excuser pour obtenir le pardon de ses congénères. On reconnaîtra là, sans peine, une grande différence de nature avec les autobiographes français ou européens, champions de la "glissade" sur leurs périodes peu glorieuses !  
Cet étalage de faits, ce pragmatisme anglo-saxon s'accompagne, bien sûr, de commentaires soit moralisateurs soit décrivant l'opinion ou le sentiment ressenti devant le fait. Et tout cela dans un "pavé" de 650 pages d'une écriture serrée ! (Il est vrai que cette chère Hilary nous livre 56 ans d'une vie que l'on peut qualifier de bien remplie !). 
Bon, il faut donc du courage pour avaler une telle littérature mais c'est le passage obligé pour tenter de connaître la personnalité d'une future présidente de la première puissance mondiale.

              Nous procéderons donc méthodiquement au décryptage de cette autobiographie dans la 2ème partie de cet article.

              

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 09:36

 

Sentiments bien mitigés hier soir à l'annonce des résultats du premier tour de l'élection présidentielle. On avait gardé jusqu'à la fin l'espoir d'une grande surprise mais on savait que cet espoir ne s'appuyait guère sur des données solides. La répétition, sondage après sondage, de l'avance systématique de plusieurs points de Ségolène sur Bayrou sans réelle tendance au resserrement lors des derniers jours ne laissait, sans être un expert statisticien, que peu de place au doute et si les caciques socialistes ont angoissé jusqu'à la fin, c'est d'abord à cause de leur traumatisme de 2002 et ensuite de leur piètre talent en mathématiques !

Du côté des bonnes nouvelles, c'est d'abord les 6.820.000 électeurs qui se sont prononcés pour le changement des règles politiques dans la conduite des affaires du pays. C'est un très beau succès qui fait renaître un Centre arbitre. Succès malheureusement insuffisant pour changer profondément la donne et dynamiter une bonne fois ce clivage gauche - droite qui fige depuis cinquante ans les forces politiques françaises dans des attitudes à la fois imbéciles et suicidaires avec les résultats économiques que l'on connaît depuis 25 ans ! Succès insuffisant, en effet, car sans trâce de scrutin proportionnel même limité, le nouveau Centre a bien peu de chances de se faire entendre. Le risque est même grand de le voir se faire laminer lors des prochaines élections législatives par la loi d'airain du scrutin majoritaire à deux tours qui va réinstaller pour 5 ans les forces traditionnelles de gauche et de droite à l'Assemblée Nationale. Et nous voilà reparti pour une législature de débats stériles qui font la honte de notre démocratie et dont se gaussent les étrangers qui assistent aux débats publics du mercredi à l'Assemblée Nationale, d'anathèmes vengeurs, d'accusations de bêtise, d'incompétence, d'irréalisme, d'ultra-libéralisme, de soumission au capital, d'indignations hypocrites, d'effets oratoires inutiles, de lois défaisant les lois précédentes, etc....Bref, une gabegie de talents et de temps. Voilà ce qui attend notre pays qui a pourtant tant besoin de réformes pofondes !

On qualifiera aussi de bonnes nouvelles le relatif laminage des extrêmes et d'abord du Front National (même s'il conserve ses presque 4 millions d'électeurs) qui pousse la bêtise jusqu'à proposer au pays un véritable suicide économique par le retour au Franc (on imagine la spéculation mondiale qui se déchaînerait contre notre monnaie au vu de nos résultats économiques ! Obligés de remonter en catastrophe les taux d'intérêt pour protéger le Franc, nous irions tout droit vers la dépression économique ! Ils sont très forts les économistes du FN ! à se demander où ils ont fait leurs études ! ), le rejet de l'Union Européenne (nous serions au ban de l'Europe, position sympathique s'il en est et si favorable aux affaires !) et la fermeture des frontières (comme si on en était encore au 19ème siècle et comme si nous étions encore totalement maîtres de notre destin national dans une économie mondialisée !) De l'autre côté de l'échiquier politique, les "zozos" de la "gauche-gauche" sont, eux aussi, heureusement laminés même si leur cumul (Schivardi + Bové + Laguillier + Voynet + Buffet + Besancenot) regroupe autant d'électeurs que le FN (en gros 3,9 millions). Grosso modo on se retrouve donc aujourd'hui dans une configuration de type 80/20 (cette fameuse règle que l'on retrouve décidèment partout !) entre des partis de gouvernement et des extrêmes de contestation.

Cela pourrait constituer une bonne situation pour la mise en place d'un consensus national dans la conduite des affaires et dans le cadre d'une effective social-démocratie. Hélas, on sait d'avance que ce consensus n'aura pas lieu. Les forces traditionnelles de Gauche, les éléphants, les caciques, les cadres, les élus socialistes et bien sûr les zozos de la gauche-gauche vont hurler (on les entend déjà !) au rassemblement contre la droite. "Tous contre Sarko ", voilà un beau slogan, simple, efficace, très "agit-prop" d'une certaine époque. On descendra dans la rue, s'il le faut (Besancenot) pour faire obstacle à la droite ! Les  sociaux-démocrates vont bien sûr se tapir dans leur tanière pour ne pas se faire éjecter lors des prochaines législatives toutes proches et le pari socialiste fera, à nouveau, allégeance à ses alliés d'extrême gauche, réduisant d'avance à néant - s'il advenait qu'il arrive au pouvoir -  toute velléité de réforme profonde et sérieuse du système français. Les "forces de progrès" auront triomphé et on pourra continuer à vilipender le capitalisme, cause de tous les maux du peuple qui souffre et qui en a marre ! Simulation de démagogie ? Le croyez-vous vraiment ?

Et si Sarko gagne comme l'annoncent les sondages du deuxième tour ? Ses déclarations d'amour au petit peuple suffiront-elles à amadouer les "masses travailleuses et populaires" (pour reprendre une formule de Georges Marchais, le fort regretté dirigeant communiste des années 70 dont l'humour et la drôlerie involontaires illuminaient les débats de l'époque) . Il faut reconnaître qu'il fait fort dans le genre, SuperSarko ! Il nous avait déjà étonné récemment avec sa déclaration publique d'amour à "Momône" Veil chargée de rameuter les troupes centristes et de tirer à boulets rouges sur le traître Bayrou (qui ne "représente que lui-même" selon notre Egérie : bravo pour les 7 millions d'électeurs qu ont voté pour lui !). Voilà qu'il récidive hier soir avec des accents déchirants en évoquant" tous ceux que la vie a brisés, aux malades, aux handicapés, aux personnes âgées, à tous ceux qui ont trop souffert ...Le plus faible a droit à autant d'amour, de respect, d'attention, que le plus fort...Bref, le nouveau rêve français". Impressionnante déclaration. L'ennui avec Sarko, c'est qu'il en fait toujours un peu trop quand il fait le gentil et quand on le voit quelques instants après, entouré de belles nanas très "16ème" frimer dans une belle bagnole, on est amené à se dire (par pur "mauvais esprit", rassurez-vous !) qu'il doit préférer cette compagnie-là à celle des caissières de supermarchés !  Tout grand homme n'a-t-il pas ses faiblesses ! Ses goûts sont décidèment très à l'ouest du "9-3" !

Dans ce cas probable d'un victoire de Sarko, que se passera-t-il ? N'ayez aucun souci, braves gens ! Tout le "peuple de gauche" (socialistes inclus évidemment, les syndicats, les fonctionnaires, tous ceux qui ont intérêt à ce que rien ne bouge) se lèvera comme un seul homme pour contrer les forces brutales du capitalisme financier et ses séides umpistes. Fi de la décision du peuple par son vote ! Le peuple a raison quand il vote à gauche, pas quand il vote à droite ! (dans ce cas-là, on a abusé de sa confiance. Cà, c'est de la lucidité de gauche !) Tout sera mis en oeuvre pour empêcher la droite de gouverner. Le feu dans les banlieues, les manifestations de masse, les grèves dans les services publics, nous aurons droit, c'est à craindre, à "la totale" !

On aura alors bouclé la boucle en retrouvant intactes voire renforcées les conditions conflictuelles de la gestion du pays. Il nous restera à patienter à nouveau cinq ans pour que l'espoir d'un consensus national se lève à nouveau ! Et pendant ce temps-là, braves compatriotes, vous pourrez pleurer sur le temps perdu, en patientant sur les quais de gare et de métro, en pensant à vos retraites amputées et en regardant les chinois, les brésiliens et autres indiens mais aussi nos amis européens et américains nous tailler des croupières dans les marchés internationaux, faire main basse sur nos fleurons industriels et autres et regarder, hilares, nos dérisoires querelles idéologiques franco-françaises en se disant :

"Ah, ces sacrés français, râleurs, chicaneurs, intellos, d'accord sur rien. Ils ne changeront jamais ! C'est comme çà qu'on les aime"  !

 

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 12:15

 

On peut théoriser sans fin, et nos commentateurs politiques ne s'en privent pas en cette période pré-électorale, sur les clivages politiques : système/anti-système, gauche/droite, progressisme de gauche/conservatisme de droite, etc... Tous ces concepts permettent de brillantes constructions intellectuelles qui n'intéressent générallement que les initiés ou les professionnels de la politique mais qui permettent d'amuser la galerie, de faire de beaux "effets de manche" ou, pire, de réaliser de savants camouflages d'intentions plus ou moins avouables.

Tout bon citoyen s'intéressant à la chose publique et désireux d'avoir une vision claire des grands enjeux contemporains ne peut manquer de s'interroger sur ce qui caractérise l'époque actuelle comparée à un passé récent. Cette réflexion l'amène, en simplifiant sans trop d'outrance, à identifier les quelques points fondamentaux décrits ci-dessous :

Après l’échec patent des tentatives collectivistes d’organisation de la société et de la production et les désastres sociaux et économiques engendrés (il y a encore malheureusement des gens pour mettre cela en doute après les exploits des Staline, Mao, Pot Pol, Castro.. !!) force est de reconnaître qu’il n’y a qu’une seule chose qui marche si on veut à la fois le progrès social et le progrès économique : c’est l’économie de marché. Il y a 40 ans, c’était loin d’être évident pour tout le monde !

La rivalité politico-militaire Est/Ouest a été remplacée par la constitution de blocs économiques (Amérique - Europe - Asie du sud-est) à la fois concurrents et collaborant (peu ou prou) à travers des organismes internationaux encore fragiles mais qui échangent de plus en plus entre eux.

L’explosion des échanges internationaux via la mondialisation a rendu impossible le retour en arrière vers des économies nationales autarciques. S’en plaindre ne servirait à rien. Les nations doivent s’adapter ou péricliter. Au passage, cette mondialisation a permis une forte extension de la démocratie à travers le monde et une croîssance économique mondiale significative.

Cette mondialisation de l’économie et les énormes flux financiers qu’elle engendre, rend illusoire l’ambition d’un état de maîtriser les évolutions de sa propre économie, ne lui permettant que des évolutions à la marge via notamment ses politiques fiscales et sociales. En clair, un état, un pays ne maîtrise plus son propre destin. Bon gré, mal gré, il doit faire avec les autres !

Le modèle économique dominant (libéralisme économique) laissé à lui-même génère ses propres excès (financiarisation excessive, recherche du profit immédiat via les Hedge funds et autres fonds de placement divers au détriment d’un développement réfléchi et durable, délocalisations, pollutions incontrôlées, déforestations, exploitation des populations les plus faibles, sociétés multinationales et holdings financiers imposant leur loi...) considérés, à raison, comme des menaces par les populations nationales et rendant évident le besoin d'une organisation internationale puissante et contraignante, non seulement économique mais aussi politique, financière, juridique, pour la protection des faibles (populations, états, nations voire continents entiers comme l'Afrique) et la garantie ou - a minima -  la recherche de l'équilibre mondial des forces et des échanges.

A partir de tels fondamentaux que la sagesse populaire a mieux assimilés que ne le pensent souvent les hommes politiques, quelles sont les grandes options possibles - hors toute idéologie - à la disposition de nos candidats (ceux que l'on peut considérer comme sérieux, pas ceux qui rabachent un catéchisme gauchiste, alter-mondialiste, lobbyiste ou nationaliste outrancier : Aïe ! çà en fait pas mal à éliminer !) à l'élection présidentielle pour une politique nationale française ?

Tout bien réfléchi, il n'y a, en fait, que deux grandes options :

La 1ère option, la plus évidente et à peu-près partagée par les candidats (les sérieux, toujours !) à la présidence, est de chercher à renforcer l’organisation européenne (ce n'est pas une mince affaire !) et les organismes internationaux existants (OMC bien sûr mais aussi d'autres) afin de réduire les dysfonctionnements des échanges (dumpings divers, déséquilibre des monnaies et des forces en présence..), de protéger les économies européennes, d’améliorer les relations multilatérales et de protéger la nature.

La 2ème option, la plus ouverte, et sur laquelle nos candidats s'étendent beaucoup car elle conditionne directement la vie de nos concitoyens, consiste à renforcer nos moyens nationaux pour améliorer nos chances (donc notre croîssance, notre emploi, notre niveau de vie...) dans la compétition mondiale. Vaste sujet, s'il en est car il remet bien des choses en cause : nos institutions, l'organisation, le fonctionnement, les prérogatives et le train de vie de l'Etat et de l'Administration (vous savez, celle que le monde entier nous envie !), l'enseignement, la recherche, la santé, la solidarité nationale, notre économie (et donc notre fiscalité), nos habitudes, nos relations sociales...et j'en passe !! On ouvre la boîte de Pandore... ! Selon ses sensibilités, chaque candidat va retomber dans les fameux clivages qui font les délices de nos politiciens : Plus d’état pour l’un, moins d’état pour l’autre ; des réformes radicales pour l’un, quelques retouches pour l’autre ; Plus de liberté (économique) pour l’un, plus de contrôle et de planification pour l’autre ; plus d’initiative pour l’un, plus d’assistanat pour l’autre; plus de responsabilité pour l'un, plus de protection inconditionnelle pour l'autre, etc, etc ...On peut décliner tout cela à l'infini !

Fort bien ! mais que conclure au sujet de nos candidats (les sérieux, encore une fois !). Sont-ils pragmatiques ou idéologues ?

Réponse : Les deux, mon général ! On a indéniablement affaire à une nouvelle génération de politiciens pragmatiques qui connaissent parfaitement les tenants et aboutissants des fondamentaux évoqués plus haut. Ils savent très bien que leurs moyens d'actions nationaux sont limités et que le salut national ne peut-être que dans le renforcement du bloc européen, d'une part et d'une organisation mondiale plus équitable et plus efficace des affaires du monde, d'autre part. Voilà pour l'aspect pragmatique. Maintenant la politique est aussi un spectacle destiné à la séduction des foules. Et comment séduire une foule sinon en lui disant ce qu'elle aime entendre (Je t'aime, aies confiance, je ne pense qu'à ton bonheur, je te protège, je rétablis la justice, je chasse et punis les méchants...) ou en lui répétant les bons vieux refrains simplistes droite/gauche, riches/pauvres, justice/injustice (inusable celui-là !), patron/ouvriers, public/privé, favorisés/défavorisés, progrès/réaction, etc...qui interpellent l'émotion et non la raison. Voilà pour l'aspect idéologue mais il n'a plus l'excuse de la conviction des vieux tribuns illustres.  

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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 10:37

Lorsqu'Antoine Pinay quitte le gouvernement Debré en janvier 1960, personne ne croit à un départ définitif. Il a pourtant définitivement renoncé à toute activité politique de premier plan. Sans doute confus et affecté par le départ de son gouvernement d'un homme aussi populaire, De Gaulle lui offrira un peu plus tard la présidence d'une grande entreprise nationale qu'il refusera.

Sans se départir d'une attitude de discrètion, il se montrera sévère envers les évolutions économiques et surtout le dirigisme étatique du pouvoir gaulliste.

Malgré sa retraite son influence politique restera forte et il sera fortement sollicité pour s'opposer à la réélection de De Gaulle en 1965 mais il s'abstiendra en évoquant son age - 74 ans - et sa lassitude du pouvoir. En 66, impressionné par la fière retraite de son ancien ministre des Finances, De Gaulle reprendra contact avec lui et l'invitera plusieurs fois - hors protocole - à l'Elysée

Après le départ du Général, il sera à nouveau sollicité pour la Présidence mais préférera donner son soutien à Pompidou. Chaban-Delmas 1er ministre sous la Présidence Pompidou lui offrira un ministère élargi couvrant les Finances et les affaires économiques mais il ne donnera pas suite et le poste reviendra, à la grande déception de Pompidou, à Giscard d'Estaing. Courant 1972, il est régulièrement reçu par Pompidou qui fait grand cas de ses avis. Il acceptera de devenir le premier Médiateur de la République, fonction qui restera longtemps marquée de son empreinte.

Lors de l'élection présidentielle de 1974, il soutiendra Giscard d'Estaing qui l'emporte sur François Mitterrand. Entretemps, il a accepté de présider la Société de Diffusion des Techniques, chargée de promouvoir la technologie française de part le monde. Son prestige, son parler simple et sa réputation de grand économiste feront merveille dans sa nouvelle activité.

En 1977, il renonce à sa fonction de maire et son héritier est battu par le candidat de gauche. En 1979, il renonce à sa fonction de président du Conseil Général de la Loire et se retire définitivement dans sa maison de St Chamond, au milieu de ses rosiers et de ses massifs de rhododendrons.

Au crépuscule de sa vie, il ressent fortement la solitude car il ne se reconnait pas dans cette fin du vingtième siècle. S'il est émerveillé par les progrès techniques, il ressent avec beaucoup de peine la disparition de la solidarité entre voisins et du sens civique ainsi que l'appauvrissement moral ambiant. On continue à solliciter ses avis. Son honnéteté morale, son désinteressement et son attachement au service public mais aussi son remarquable sens politique ont une valeur d'exemple pour les hommes politiques. Un grand quotidien, lui rendant hommage, le surnomme " Ministre à vie de la confiance nationale". Jamais homme politique n'aura su comme lui faire de la confiance une politique.

Lors de l'élection présidentielle de 1981 il prend partie pour Giscard d'Estaing qui va pourtant etre battu par Mitterrand dont il désapprouve l'alliance avec les communistes et sur lequel il a un jugement sévère : "François Mitterrand est sans doute un homme politique mais ce n'est pas un homme d'Etat".

Ayant atteint la stature d'un mythe, il sera régulièrement consulté jusqu'à la fin de sa vie par les hommes de pouvoir, partenaires et adversaires confondus. Son plus grand mérite aura été d'incarner pour la postérité la VERTU politique dont Montesquieu faisait la pierre angulaire de l'exercice de la Démocratie.

 

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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 10:37

Lorsqu'Antoine Pinay quitte le gouvernement Debré en janvier 1960, personne ne croit à un départ définitif. Il a pourtant définitivement renoncé à toute activité politique de premier plan. Sans doute confus et affecté par le départ de son gouvernement d'un homme aussi populaire, De Gaulle lui offrira un peu plus tard la présidence d'une grande entreprise nationale qu'il refusera.

Sans se départir d'une attitude de discrètion, il se montrera sévère envers les évolutions économiques et surtout le dirigisme étatique du pouvoir gaulliste.

Malgré sa retraite son influence politique restera forte et il sera fortement sollicité pour s'opposer à la réélection de De Gaulle en 1965 mais il s'abstiendra en évoquant son age - 74 ans - et sa lassitude du pouvoir. En 66, impressionné par la fière retraite de son ancien ministre des Finances, De Gaulle reprendra contact avec lui et l'invitera plusieurs fois - hors protocole - à l'Elysée

Après le départ du Général, il sera à nouveau sollicité pour la Présidence mais préférera donner son soutien à Pompidou. Chaban-Delmas 1er ministre sous la Présidence Pompidou lui offrira un ministère élargi couvrant les Finances et les affaires économiques mais il ne donnera pas suite et le poste reviendra, à la grande déception de Pompidou, à Giscard d'Estaing. Courant 1972, il est régulièrement reçu par Pompidou qui fait grand cas de ses avis. Il acceptera de devenir le premier Médiateur de la République, fonction qui restera longtemps marquée de son empreinte.

Lors de l'élection présidentielle de 1974, il soutiendra Giscard d'Estaing qui l'emporte sur François Mitterrand. Entretemps, il a accepté de présider la Société de Diffusion des Techniques, chargée de promouvoir la technologie française de part le monde. Son prestige, son parler simple et sa réputation de grand économiste feront merveille dans sa nouvelle activité.

En 1977, il renonce à sa fonction de maire et son héritier est battu par le candidat de gauche. En 1979, il renonce à sa fonction de président du Conseil Général de la Loire et se retire définitivement dans sa maison de St Chamond, au milieu de ses rosiers et de ses massifs de rhododendrons.

Au crépuscule de sa vie, il ressent fortement la solitude car il ne se reconnait pas dans cette fin du vingtième siècle. S'il est émerveillé par les progrès techniques, il ressent avec beaucoup de peine la disparition de la solidarité entre voisins et du sens civique ainsi que l'appauvrissement moral ambiant. On continue à solliciter ses avis. Son honnéteté morale, son désinteressement et son attachement au service public mais aussi son remarquable sens politique ont une valeur d'exemple pour les hommes politiques. Un grand quotidien, lui rendant hommage, le surnomme " Ministre à vie de la confiance nationale". Jamais homme politique n'aura su comme lui faire de la confiance une politique.

Lors de l'élection présidentielle de 1981 il prend partie pour Giscard d'Estaing qui va pourtant etre battu par Mitterrand dont il désapprouve l'alliance avec les communistes et sur lequel il a un jugement sévère : "François Mitterrand est sans doute un homme politique mais ce n'est pas un homme d'Etat".

Ayant atteint la stature d'un mythe, il sera régulièrement consulté jusqu'à la fin de sa vie par les hommes de pouvoir, partenaires et adversaires confondus. Son plus grand mérite aura été d'incarner pour la postérité la VERTU politique dont Montesquieu faisait la pierre angulaire de l'exercice de la Démocratie.

 

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18 novembre 2006 6 18 /11 /novembre /2006 17:48

Après les soubresauts de la guerre et de la libération, Antoine Pinay reprend sa marche vers le pouvoir. En moins de 3 ans, sous l'étiquette C.N.I. ((Conseil National des Indépendants) il retouve ses positions politiques d'avant 1940 et devient, dès septembre 48, secrétaire d'Etat aux affaires économiques dans le gouvernement radical Queuille. Il participera en cette qualité au 1er plan de stabilisation de l'économie et des prix dans les années 50, sous la direction du ministre des Finances Petsche. Il est ensuite nommé ministre des Travaux Publics sous le gouvernement Pléven. En 1952, en pleine débacle financière et inflation galopante, Vincent Auriol appelle notre homme à la Présidence du Conseil où il fera merveille : C'est le miracle Pinay.

Il met en place, en dépit de nombreuses résistances dans et hors son propre camp, un train de grandes mesures de stabilisation des prix, d'amnistie fiscale, d'emprunt et de budget équilibré, le tout dans un climat de confiance retrouvée. Il sera notamment le 1er à imposer la distinction entre les dépenses d'exploitation de l'Etat assurées par l'impot et les dépenses d'investissement finançées par l'appel à l'épargne. Il faut s'arreter un instant sur les originalités de l'emprunt Pinay : Garantie-or, rendement de 3.5% sur 60 ans, exonération de l'impot sur le revenu, exonération des taxes proportionnelle et progressive et des droits de succession, ce que l'opposition dénoncera comme un cadeau aux "nantis". Le résultat sera le drainage de 15 milliards en or et de 195 milliards en liquidités soit une ponction de 4.5 % de la masse monétaire de l'époque.

Pourtant, à l'automne, les nuages s'accumulent car les prévisions budgétaires se révèlent trop optimistes et un faisceau d'événements économiques jouent défavorablement (tassement de la conjoncture internationale, réduction des importations américaines après la guerre de Corée, reprise de la concurrrence allemande et faible compétitivité -déjà ! - de l'industrie française). Sa proposition de réforme fiscale (avec création de la TVA en remplacement des taxes sur la production et les transactions) est mal accueillie et il démissionne fin décembre devant l'impossibilité de faire voter le nouveau budget. Sa plus grande réussite aura été de détruire la psychose de l'inflation en redonnant confiance dans la monnaie et dans l'Etat. Son départ est regretté par une majorité de français, du jamais vu sous la 4ème République !

En 1953 le voilà propulsé à la présidence du C.N.I. devenu le C.N.I.P. (Conseil National des Indépendants et Paysans). Son esprit européen le pousse à défendre le projet de la C.E.D. (Communauté Européenne de Défense) qui sera bientot torpillé par les radicaux socialistes ayant à leur tete Edouard Herriot. En 1995 il accepte, à la demande de René Coty, de former un nouveau gouvernement mais y renoncera vite devant le faible soutien de son propre parti et des radicaux. Quelque temps après il accepte le ministère des Affaires Etrangères dans le nouveau Cabinet d'Edgar Faure et aura à régler l'épineux problème de la Sarre qui deviendra après referendum un nouveau lander allemand. Il représentera la France à la conférence de Genève en 1955, 1er pas vers la fin de la guerre froide, conférence au cours de laquelle il aura des entretiens "musclés" avec Kroutchev, les deux hommes n'étant pas des adeptes du langage diplomatique ! Son role sera très actif dans l'émancipation du Maroc puis il défendra devant l'O.N.U. la position française sur l'Algérie. Il quitte son ministère lors de la dissolution de l'Assemblée par Edgar Faure et les nouvelles élections amènent l'éclosion du poujadisme (12.5% des suffrages contre 15% pour le CNIP). En fin 56 il est à nouveau sollicité par René Coty pour former un nouveau gouvernement mais la chambre lui refuse l'investiture.

Il sera horrifié par le "pronunciamiento" de l'armée en Algérie lors de la journée du 13 mai 58 et la création du Comité de Salut Public. Il pense rapidement à De Gaulle comme ultime recours du pays au vu de la paralysie du gouvernement et sera le 1er visiteur politique d'importance à faire le pélerinage de Colombey avant que René Coty ne fasse appel au général pour constituer un nouveau gouvernement dont il confiera les Finances à Antoine Pinay afin de juguler l'inflation (de 16% en 58 !). Notre homme va donc concevoir une politique d'urgence assez semblable à celle de 1952 avec amnistie fiscale, recours à l'emprunt garanti-or (basé sur le Louis cette fois !) et stabilisation des prix. Son esprit d'indépendance va cependant vite se heurter au dirigisme gaullien, notamment sur la question algérienne. Pour assurer le redressement à long terme de l'économie française il faut un plan global d'austérité. Ce sera le plan Rueff-Pinay dans lequel De Gaulle, conscient de la gravité de la situation économique, jettera tout son crédit ( création du nouveau franc, dévaluation de près de 20%, retour à l'équilibre budgétaire et libéralisation des échanges). Pour assurer le succès de ce plan drastique diversement accueilli par l'opinion, Antoine Pinay sera reconduit aux Finances dans le 1er gouvernement Debré de janvier 1959 mais le contentieux avec l'équipe gaulliste ira en s'aggravant et il quittera le gouvernement en début 1960.

Ce départ fera l'effet d'un coup de théatre dans les opinions française et internationale qui prendront conscience des profondes dissensions au sein du gouvernement. La légendaire correction d'Antoine Pinay le retiendra d'étaler en public ses profondes divergences et ses nombreux désaccords avec le régime gaulliste.

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