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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 12:10


Extraordinaire et édifiant spectacle que cette émission présentée par la chaîne ARTE sur les premiers siècles d'existence de la religion chrétienne, toute entière bâtie sur un évènement inconnu de tous à son époque dans l'empire romain, c'est-à-dire l'apparition, aux confins de l'empire, d'un messie galiléen prêchant une nouvelle lecture du judaïsme puis cloué en croix par les romains, à l'instigation des autorités religieuses juives jalouses de leur autorité, comme fauteur de trouble encourageant à la révolte.
Les deux auteurs de cette émission, déjà connus par de remarquables essais précédents, ont réuni une cinquantaine d'experts mondiaux qui interviennent tour à tour, de manière brève, pour illustrer tel aspect, tel point de doctrine, telle controverse ou telle option historique et apportent au spectateur fasciné un éclairage d'une rare compétence, fruit d'années d'étude et de lectures des textes anciens.
Ce n'est évidemment pas un spectacle de détente ni un divertissement. Il est même requis d'avoir quelques bonnes connaissances historiques et religieuses pour ne pas se perdre dans les commentaires des experts.
Quand on est donc en situation d'apprécier une telle émission (ce qui est le cas du modeste auteur de ce blog qui s'intéresse depuis longtemps à l'histoire et qui reçut - subit serait plus juste - un enseignement catholique assez intensif  jusqu'au sortir de l'adolescence) on ne peut manquer d'être fasciné par le décalage qui existe entre les résultats de l'analyse critique moderne des textes primitifs et cette "vérité unique" ou "pensée unique" que l'église, à grands renforts de dogmes et d'affirmations non discutables, asséna à une soixantaine de générations.... jusqu'au retournement brutal de tendance vers la fin du 20ème siècle et l'abandon rapide de la pratique religieuse et de la fréquentation des lieux de culte. Dès que la pression morale puis sociale s'estompa, ce fut la débandade dans les rangs catholiques, preuve s'il en était besoin d'une religion devenue plus formelle et, en quelque sorte, plus institutionnelle qu'intérieure.

Livrons-nous ici au jeu - fort audacieux - d'une rapide synthèse du début de l'histoire. Elle commence comme on sait par un évènement, certes insignifiant à l'époque, mais qui va prendre des proportions formidables dans les siècles suivants au point de devenir la religion d'état de l'empire romain sous les empereurs Constantin (véritable "envoyé de Dieu" selon les auteurs chrétiens de l'époque mais qui ne reçut le baptême que sur son lit de mort après avoir mené une vie de monarque pleine de crimes et de sauvageries ! C'est dire la profondeur des nouvelles convictions religieuses du bonhomme !) et Théodose après un bref retour en arrière sous Julien dit l'Apostat (qui préférait - on le comprendra aisément - le culte de l'empereur, c'est-à-dire le culte de sa propre personne, au culte du Christ !)
Un prédicateur galiléen apparaît donc au début du 1er siècle. Phénomène récurrent, presque banal à l'époque. Il y avait alors régulièrement des illuminés qui parcouraient les routes de Judée ou de Galilée, excitant un peu une populace indomptable puis finissant souvent fort mal quand les romains leur mettaient la main dessus. Dès le départ, il y eu doute et rumeurs sur la naissance du nouveau prédicateur et même les textes évangéliques le désignèrent comme "fils de sa mère", ce qui n'est pas des plus glorieux ! Normal diront plus tard les exègètes puisqu'il est de "conception immaculée". Personnage sans doute très charismatique, il frappe les foules par son rayonnement au point d'être rapidement considéré comme le Messie qu'attend Israël, celui qui va restaurer le royaume et chasser les ocupants, programme d'ailleurs qu'il ne démentira jamais dans toute sa prédication. Il s'attache aussi une poignée de disciples fidèles...mais qui vont pourtant se faire bien petits lors de sa mise en accusation sauf Judas qui l'a trahi et le premier d'entre eux Pierre, qui va le renier. On a déjà vu fidélité plus constante mais faiblesse humaine est pardonnable. Il faut d'ailleurs croire que cette poignée de disciples n'était pas jugée bien dangereuse par le pouvoir romain puisque, selon les évangiles, aucun ne sera arrêté par la suite.
Arrive le grand moment : La découverte du tombeau vide par des femmes allant, selon la coutume, faire la dernière toilette du mort. Très vite la croyance en la résurrection va apparaître et s'incruster dans la conviction des premiers compagnons. Le Jésus de Nazareth devient Christ, fils de Dieu et Dieu lui-même. Il va apparaître plusieurs fois à ses disciples (à Paul en particulier, persécuteur des premiers chrétiens, sur le chemin de Damas) avant de s'élever au ciel - on retrouve là une croyance juive ancienne concernant les Justes comme Hélie, Moïse et d'autres....
Voilà donc posé le dogme de base de la foi chrétienne. Dieu s'est fait homme pour sauver le monde et la resurrection de Jésus, son fils fait homme, en est la pierre angulaire, la preuve fondamentale. L'apôtre ex-persécuteur Paul, né à Tarse en Cilicie (dans l'actuelle Turquie) d'une famille juive pharisienne, ce formidable propagandiste de la nouvelle foi dont l'enseignement nous est connu par les épîtres, écrites dans les années 50-60, qu'il adressait aux églises créées au quatre coins de l'empire romain, le confirmera dans sa première épître aux Corinthiens :
        "Et si le Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, vaine aussi est votre foi."
Comme preuve de cette resurrection, il énumère par le détail, dans la même épître, les différents témoins - dont lui-même - à qui le Christ apparut après sa mise au tombeau.
On ne peut être plus clair et ce fameux Paul (ou Saül) de Tarse, il fallait sacrément qu'il y croit pour quitter sa position confortable et honorable de pharisien persécuteur d'une nouvelle secte méprisée et accomplir son immense oeuvre de prédication au milieu des embûches, des procès, des mauvais traitements que lui infligeaient les juifs orthodoxes, des voyages épuisants, des naufrages, d'une vie précaire et menacée, des emprisonnements et enfin du martyr ! Sans lui, le christianisme serait sans doute rester une petite variante de la religion juive, destinée d'abord aux juifs et ne se serait sans doute répandu que fort lentement et timidement dans les milieux juifs des provinces voisines sans vraisemblablement ne jamais atteindre le centre même de l'empire.
Voilà qu'apparaît la première controverse et elle est énorme : Cette nouvelle religion est-elle detinée à tous, juifs et païens, ou bien est-elle réservée aux fils d'Israël ? Certains apôtres (Jacques notamment, le frère de Jésus) soutiennent la spécificité juive, d'autres (dont Paul essentiellement) soutiennent l'ouverture au monde païen. Pas facile de se mettre d'accord !
Mais ce n'est que le début des controverses ! Sur le plan doctrinal, çà va partir dans tous les sens, chaque église locale cultivant sa différence et ses préférences. Et d'abord ce fameux royaume annoncé est-il terrestre ou uniquement céleste ? Le problème, c'est que le Christ lui-même et les apôtres croyaient à l'imminence de la fin du monde et à la renaissance du royaume d'Israël sur les cendres du monde ancien. Dans les années 60 avec l'écrasement par Titus de la révolte juive et la destruction du temple de Jérusalem, l'espoir s'écroule !
Les controverses vont continuer de plus belle pendant les premiers siècles avec des écrits de toutes tendances (les évangiles apocryphes notamment et tous les écrits gnostiques) et des hérésies naissantes concernant notamment la nature exacte du Christ (Dieu, fils de Dieu, homme-Dieu, Dieu-homme, ...?). Les pères de l'Eglise auront un mal fou (certains d'entre eux seront même considérés par la suite comme hérétiques !) à extirper de ce fatras littéraire un Corpus de textes (appelé "Canon")  correspondant à la "vraie foi" avec tout le côté arbitraire que l'on peut imaginer lors d'une telle opération ! Bien plus tard il faudra même que le Pape se déclare "infaillible" pour que les tendances centrifuges ne reprennent le dessus !
Quand enfin le christianisme obtiendra le statut officiel de religion d'empire au 4ème siècle sous Dioclétien, ce dernier devra convoquer le fameux Concile de Nicée pour tenter (vainement d'ailleurs) de mettre de l'ordre dans la doctrine chrétienne sans éteindre pour autant les multiples polémiques. Il faudra encore de nombreux conciles avant que les choses ne se normalisent (souvent par la condamnation voire l'élimination des "déviants") et que l'organisation temporelle de l'Eglise ne se solidifie.
Entretemps, avec le support du pouvoir impérial, de persécutée la nouvelle religion était devenue persécutrice de tout ce qui lui était étranger. Dans ses propres rangs, la chasse au déviationnisme était ouverte.....et elle allait poursuivre pendant des siècles une route jalonnée de crimes et de massacres !
Pour reprendre une phrase célèbre du prêtre Loisy, ce qui lui avait valu l'excommunication  :
                 "Jésus avait annoncé le royaume de Dieu et c'est l'Eglise qui est venue"

Une Eglise vite pervertie par le goût du pouvoir et de l'argent, l'intolérance dominatrice, sa transformation en puissance temporelle, ses liens trop étroits avec les puissants, les intrigues politiques, les rapports de force et les luttes de pouvoir,......
On portera toutefois à son crédit d'avoir souvent tenté d'adoucir les moeurs sauvages des siècles anciens et de protéger les humbles même si elle eut de terribles égarements lors de la colonisation des Amériques par exemple voire à l'époque moderne quand un de ses prélats, lors de la guerre d'Espagne, s'en vint bénir des canons "sur les ruines desquels fleurirait l'évangile" ! ajoutant à la flagornerie franquiste une indifférence totale à la souffrance humaine.



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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 11:54


En tiuj tempoj de konfuzita periodo, kiuj subakvigas la tutmondon en la terurajxojn de potenciala kaj dauxrebla -sed oni el cxiuj esperas gxin - parte evitebla grava ekonomia katastrofo, cxiu povis mezuri lauxsiaskale kaj laux siaj informrimedoj la vastegan prenitan riskon kiam iaj ekonomiaj fortoj elcxenigxas for de cxiaj kontrolmetodoj, malhelpajxoj kaj naciaj aux internaciaj kontrolreguloj.
Ekde tie fari aux refari la akuzon de la Kapitalismo nur estis unu pasxo vigle trapasita per la marxsismaj tutobediencaj butikacxoj, la ekceso de unu flanko cxiam alvokanta la ekceson de la alia flanko.
Senirante gxis pensi, ke ia kapitalismo mortigxis en 2008 (la forgeskapablo de la "Homo economicus" estas stuporiga kaj ne cxesis mirigi nin !) forte probable estas, ke, postsentinte la kanonkuglan venton, la mondestraro atingos relancxi la ekonomian masxinon, malpliigi la plej evidentaj malekvilibroj de la tutmondigxo kaj adopti bonkondutregulojn notinde financajn, kiuj kelktempe sxirmpovos la mondon el nova katastrofo.

Nun sxajnas oportuna la momento por bone komprenprovi la fortojn, kiuj vivigas tiun kapitalismon, kiu estas hodiaux dedicxita al la gemonioj, klinigxi al gxiaj unuaj pasxoj iom arbitre lokitaj dum la dek sesa jarcento, sekvi la malrapidan iradon de tiu homa invento, kreinta ricxecojn kaj malegalecojn, kiu estis lauxvice favorita de faktoroj tiam kulturaj kiam konjunkturaj cxeestantaj aux ekvidigxantaj en la euxropaj societoj.
Unu faktoro el la plej granda graveco aperas dek kvinan jarcenton : Kulturnature gxi estas la efekto de la felicxa koluzio inter la disvolvigxado de la eksperimentaj sciencoj kaj la humanismo elirinta de la Renaskigxo. La Homo, el simpla regato submetita de la materio, de la tuj-kaj-necerta futuro, de la dia rajto el princoj kaj de la religia despotismo, estas denove lokita en la centro de la homa projekto. El viktimo de la destino, li igxas aktoro de la mondo rompante la ligojn, kiuj implikas lin.
La hierarkiaj strukturoj de la spiritaj kaj tempaj povecoj estas brutmaniere enkauxzigitaj kaj tiu liberecogajno estas liberigonta la individuan initiativon kaj ankaux favoronta la disvolvigxon de la kapitalismo.
Dum la dek sesa jarcento, la aperado de la luteranaj kaj kalvinismaj herezoj estas origine de forta kultura faktoro favore al kapitalismo. Efekte, la protestantismo rekomendas la aktivan vivon (negotium) kontraste al la kontemplativa vivo (otium) rekomendita de katolikaj medioj, tio,kio ne mankos krei kun la tempohelpo klivon en la socia kaj ekonomia sinteno de la protestantaj kaj katolikaj sxtatoj. La eksigo de la Eldono de Nanto per Ludvigo XIV la sekvontan jarcenton estos reala ekonomia katastrofo por la franca regxlando pro la elmigrado (profite de najbaraj protestantaj sxtatoj notinde de Prusio) de multegaj protestantaj familioj aktivaj kaj industriemaj.
Cxiam dum tiu fama dek sesa jarcento, oni estas asistonta al la disvolvigxo de financiloj, kiuj havigos la teknikan framon por la negoca bondisvolvado :
                       - La asekurpago, kiu estas permesonta kovri la malproksimajn monsxangxriskojn sen temendi la ruinon aux la bankroton kaze de perdoj, sxteloj, sxippereoj, piratagoj aux aliaj mesaventuroj.
                       - La sxangxletero, kiu estas permesonta la transdonon kaj la mobilizon de gravaj monsumoj bezonloke sen transloki (cxiam tre riskita afero) metalajn monspecojn kaj kiu estas permesonta trakti gravajn komercajn negocojn "sen bolso malligi".
                       - La duobloparta kontado (itala invento), kiu estas dononta koheran kvadron al la kontestrado kaj permesonta korektan estimon de la administrado de la komercaj negocoj kaj ankaux de la entreprenoj.
La kondicxoj tiam estos kunmetitaj por, ke la unuaj negocaj kompanioj povu plidensigi siajn retojn kaj, ke unua internacia kapitalismo aperu danke al (konjunktura faktoro) tiumomentaj transdonoj al Euxropo de altprezaj metaloj (oro kaj argxento) el nova mondo.
Oni asistis dum tiu fama dek sesa jarcento al impresenta urba multplipotencigxo, la kampara mondo grave restadanta en malfrua stato, kiel malkonektita. Cxiuloke, la negocestro igxas necesega por la princoj, ofte nekonsekvencaj kaj iom spertaj en monaferoj. Li estas la kreditoro, la financisto de la princo kaj profitas je sia pozicio por elrabi la komercajn privilegiojn ( ekzemple la monopolo de iaj komercoj) aux mem administraj (kolektado de imposxtoj) tio, kio estas permesonta al li amasi ricxecojn , kiujn li reinvestos en novaj negocoj. La urba burgxaro ne postrestos kaj ankaux implikos sin en pli kaj pli malproksimaj  transakcioj, en pli kaj pli gravaj negocoj. Individue aux per asocio, tiu burgxaro estas partoprenonta kun sia kapitalo al grandaj intersxangxfluoj, kiuj trairas la Euxropon per la grandegaj internaciaj foiroj (Anvers, Berg-op-Zoom, Frankfort, Lyon, ....) tiam apogeaj.
Fine de tiu dek sesa jarcento, oni vidos la gxenovaj financistoj arbitre regi dum unu duonjarcento la internaciajn monintersxangxojn kaj la mon-kaj-kredit-trafikojn.
La bazprincipo de la Kapitalismo tie estas ! kiu konsistas unue enirigi kapitalon en la intersxangxprocezon, longdauxrecigi gxin kaj fruktadigi gxin per la gajno el unuaj intersxangxoj, poste tie aux tie cxi investi gxin por novaj gajnoj en akumulada procezo. Tio evidente ne funkcias cxiufoje kaj multaj estas la rulfaloj, la ekbruegantaj bankrotoj kun multaj kialoj (trograndaj prenitaj riskoj, princomalfavoro, intrigoj, rapidaj merkataj returnigxoj, militoj, nesekureco, ktp ...) sen kontpreni, ke cxiuj batoj tiam estas permesitaj kaj la internaciaj komercoreguloj nur estas balbutantaj tiam ke la biena protektado dependas plejparte de la bonvolo de la princo kaj de lia polico. 
La kapitalismprincipo estos teoriita dum la dek sepa jarcento per du el la plejeminentaj ekonomiistoj Adam SMITH kaj David RICARDO kaj transformita en ekonomian doktrinon adoptitaj almenaux parte de cxiuj euxropaj sxtatoj.
Dum la dek sepa jarcento, la kapitalismo dauxrigas sian vojon malgraux ia gxenerala negocostagnado. La grandegaj foiroj cedas la pasxon al la borsoj kaj la seninterrompaj merkataj placoj. Cxiuloke oni asistas en Euxropo al masiva butika ekflorigo. Iamaniere la kontinua fluo anstatauxigas la perioda arangxo.
Dum la dek oka jarcento, kiu konis gxeneralan ekonomian akceladon, cxiuj intersxangxiloj estas operaciaj. La borsoj dsivolvigxas en urbegoj (Londono, kiu volas konkurenci Amsterdamon, Gxenevo, Parizo, kiu vigligxas,....). La mono kaj la kredito kuras desde unu loko al unu alia, akcelante la deklinon de la tradiciaj foiroj ekcepte en la landoj flankigxitaj de la grandaj negocfluoj. En Anglio ekaperas la "Private market" kontrauxe de la "Public market" kun gxiaj striktaj reguloj kontrolitaj de la urbaj auxtoritatoj.
La "Private market", tio estas la merkato, kiu liberigxas je la hierarkiaj reglamentaj gxenoj, tio estas la anticipata acxetado - fore de la tradicia merkato - de la venontaj produktajxoj (toloj, tukoj, teksadajxoj, diversaj bienoj,....) aux mem de la antauxrikoltoj (kotono, tritiko, lino,....). Tio estas ankaux la ekaperado de komercaj katenoj, auxtonomaj, efikaj, kelkfoje longegaj, utilaj kaj baldaux nepre necesaj al la sxtatoj sed profitantaj senhonte de gxiaj liberecoj por amasi la gajnojn senzorgante de la komuna bono. Tio estas la armita pugno de la kruda kapitalismo, kiu estas esence konjunktura, kiu faras pafojn kaj poste relokigxas en aliajn plimondonajn sektorojn.
Tie oni asistas al la unua fronta kontrauxstaro inter, unuflanke enreguligado kaj mastrumado de la Sxtato kaj aliflanke individua aux asocia iniciativo baze de kapitalo.
Plej malproksime estas ni ankoraux, dum la dek oka jarcento, de profunde disvastigo de la kapitalismo en cxiujn ekonomiajn aktivecojn de la societo (tio okazos dum la du sekvontaj jarcentoj) sed la du grandaj aktoroj de la ekonomia vivo cxeestas. La Sxtato en sia regna rolo por enreguladigo kaj kunordiga organizo de la societo kaj la privata Kapitalismo, efika, oportunema, predema, malamiko de la gxenaj reglamentoj, ekspansiema, dauxrecema, monopolema, potencema kaj cxefe profitema.

Tiuj du aktoroj ja ne cxesis interbatali  !!



Cxefa fonto : Braudel - La dinamiko de la Kapitalismo



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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 10:39


En cette fin d'année 2008, l'UNESCO vient d'organiser une manifestation solennelle en son siège parisien afin d'honorer l'inventeur de l'esperanto, le docteur Ludwig ZAMENHOF dans le cadre de l'année internationale des langues et du 150ème anniversaire de la naissance de cet éminent linguiste polonais qui a offert au monde cette langue internationale, construite sur des bases simples et rationnelles qui en facilitent grandement la maîtrise et a permis sa diffusion, en 120 ans d'existence, sur tous les continents.

Selon l'UNESCO, cette langue est couramment utilisée aujourd'hui par environ deux millions de personnes.



Une conférence solennelle a été organisée le 15 décembre dernier à l'instigation des délégations polonaise et lituanienne sous le parrainage du Directeur général de l'UNESCO, Koichiro Matsuura qui a invité à cette cérémonie des centaines d'esperantistes et de non-esperantistes.

Parmi les intervenants, le petit-fils du docteur Zamenhof  a pris la parole pour illustrer le projet idéaliste de l'inventeur, témoin en son temps de massacres inter-ethniques dans sa propre ville de Pologne et qui avait conçu le projet d'une langue commune pour rapprocher les hommes.


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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 15:32



Dans ces temps de période troublée qui plonge le monde entier dans les affres d'une potentielle et durable  mais - on l'espère tous - partiellement évitable catastrophe économique majeure, tout un chacun a pu, à son échelle et selon ses moyens d'information, mesurer l'immense risque encouru lorsque certaines forces économiques se déchaînent hors tous contrôles, entraves ou régulations nationales et internationales.  
De là à faire (ou refaire) le procès du capitalisme il n'y avait qu'un pas allègrement franchi par les officines marxisantes de toutes obédiences, l'excès d'un bord appelant toujours, par effet de miroir, l'excès de l'autre bord.

Sans aller jusqu'à penser qu'un certain capitalisme est mort en 2008 (la faculté d'oubli de l'Homo economicus est stupéfiante et n'a pas fini de nous surprendre !) il est fort probable qu'après avoir senti le vent du boulet, les dirigeants de ce monde parviendront à relancer la machine économique, réduire les déséquilibres les plus flagrants de la mondialisation et adopter des règles de bonne conduite notamment financières qui mettront le monde, pour un certain temps, à l'abri d'une nouvelle catastrophe.

Le moment semble aujourd'hui opportun, pour tenter de bien comprendre les forces qui animent ce capitalisme que l'on voue volontiers aujourd'hui aux gémonies, de se pencher sur ses premiers pas que l'on situera un peu arbitrairement au 16ème siècle, de suivre le lent cheminement de cette invention humaine, créatrice de richesses et d'inégalités, qui fut  tour à tour favorisée par des facteurs tant culturels que conjoncturels présents ou apparaissant dans les sociétés européennes.
Un premier facteur d'une extrême importance apparaît au 15ème siècle : De nature culturel, Il est l'effet de la collusion heureuse entre le développement des sciences expérimentales et l'humanisme issu de la Renaissance. L'Homme, de simple sujet soumis à la matière, au futur immédiat et précaire, au droit divin des princes et au despotisme religieux, est remis au centre du projet humain. De victime du destin, il devient acteur du monde rompant les liens qui l'entravent.
Les structures hiérarchiques des pouvoirs temporels et spirituels sont brutalement remises en cause et ce gain de liberté va libérer l'initiative et aussi favoriser le développement du capitalisme.
Au 16ème siècle, l'apparition des hérésies luthériennes et calvinistes va être à l'origine d'un puissant facteur culturel favorable au capitalisme. En effet, le protestantisme préconise la vie active (negotium) par opposition à la vie contemplative (otium) en vogue dans les milieux catholiques, ce qui ne manquera pas de créer avec le temps un clivage dans le comportement social et économique des états protestants et des états catholiques. La révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV au siècle suivant sera une véritable catastrophe économique pour le royaume suite à l'émigration (au profit des états protestants voisins dont notamment la Prusse) de quantité de familles protestantes industrieuses et actives.
Toujours pendant ce fameux 16ème siècle on va assister au développement d'outils qui vont fournir le cadre technique au bon déroulement des affaires :
                 - La prime d'assurance qui va permettre de couvrir des risques d'échanges lointains sans avoir à craindre la ruine ou la faillite en cas de pertes, vols, naufrages, pirateries ou autres mésaventures.
                 - La lettre de change qui va permettre le transfert ou la mobilisation de fortes sommes d'argent sur le lieu du besoin sans transfert (toujours fort risqué) d'espèces métalliques et qui va aussi permettre de traiter de grosses transactions "sans bourse délier".
                 - La comptabilité en partie double (invention italienne) qui va donner un cadre cohérent à la tenue des comptes et permettre une estimation correcte de la gestion des affaires et des entreprises.
Les conditions seront alors réunies pour que les premières compagnies d'affaires puissent densifier leurs réseaux et qu'un premier capitalisme international apparaisse profitant alors (facteur conjoncturel) des transferts vers l'Europe de métaux précieux (or et argent) en provenance du nouveau monde.
On assista au cours de ce fameux 16ème siècle à une impressionnante montée en puissance des villes, le monde rural restant quant à lui très en retard et, en quelque sorte, "hors circuit". Partout, l'hommes d'affaires devient indispensable aux princes souvent inconséquents et peu versés dans les affaires d'argent. Il est le créancier, le financier  du prince et profite de sa position pour rafler les privilèges commerciaux (monopoles de certains commerces par exemple) voire administratifs (perception des impôts), ce qui va l'amener à amasser des fortunes qu'il réinvestissera dans de nouvelles affaires. La bourgeoisie des villes ne va pas être en reste et va aussi se lancer dans les transactions de plus en plus lointaines, dans des affaires de plus en plus importantes. A titre individuel ou en association, elle va participer avec son capital au grands courants d'échange qui traversent l'Europe par le biais des grandes Foires internationales (Anvers, Berg-op-Zoom, Francfort, Lyon,..) alors à leur apogée.
En fin de 16ème siècle on verra les Gênois régner en maître pendant un demi-siècle sur les échanges monétaires internationaux, les trafics d'argent et de crédit.
Le principe de base du capitalisme est là, qui consiste d'abord à introduire du capital dans le processus d'échange, de le pérenniser et le faire fructifier par le gain tiré des premiers échanges puis de l'investir ici ou ailleurs pour de nouveaux gains dans un processus de type accumulatif. Cà ne marche évidemment pas à tous les coups et nombreuses sont les culbutes, les faillites retentissantes aux causes multiples (trop grands risques pris, défaveur du prince, cabales, retournement brutal de marché, guerres, insécurité,....) sans compter que tous les coups sont alors permis et que les règles du commerce international en sont à leur balbutiement tandis que la protection des biens dépend encore pour une large part du bon vouloir du prince et de sa police.
Ce principe sera théorisé au 17ème siècle par deux économistes parmi les plus éminents Adam Smith et David Ricardo et transformé en doctrine économique adoptée au moins partiellement par tous les états européens.

Au cours du 17ème siècle, le capitalisme poursuit son chemin malgré une certaine stagnation générale. Les grandes Foires cèdent le pas aux Bourses et aux places marchandes permanentes. On assiste partout en Europe à un épanouissement massif des boutiques. Le flux continu, en quelque sorte, remplace l'évènement périodique.
Au 18ème siècle, siècle d'accélération économique générale, tous les outils de l'échange sont opérationnels. Les bourses se développent dans les grandes villes (Londres qui veut concurrencer Amsterdam, Genève, Gênes, Paris qui s'anime,....). Argent et crédit courent d'une place à l'autre, accélérant le déclin des foires traditionnelles sauf dans les régions restées à l'écart des grands courants. On va voir apparaître en Angleterre le "Private market" par opposition au "public market" aux régles strictes et surveillées par les autorités urbaines.
Le "private market", c'est le marché qui se libère des entraves hièrarchiques réglementaires, c'est l'achat anticipé - hors marché traditionnel - des productions à venir (toiles, draps, tissages, biens divers....) voire des récoltes sur pied (coton, lin, blé,...). C'est l'apparition de chaînes commerciales autonomes, efficaces, parfois fort longues, utiles et bientôt indispensables aux Etats mais profitant sans vergogne de leurs libertés pour amasser les profits sans aucun souci du bien commun. C'est le poing armé du capitalisme sauvage qui reste d'essence très conjoncturelle, qui "fait des coups" puis se replace dans d'autres secteurs plus rentables.
On assiste là à la première opposition frontale entre, d'une part, régulation et dirigisme d'Etat et d'autre part, initiative individuelle ou associative à base de capital.
On est encore très loin, au 18ème siècle, d'une diffusion en profondeur du capitalisme dans toutes les activités économiques de la société (ce sera l'affaire des deux siècles suivants) mais les deux grands acteurs de la vie économique sont en place. L'Etat dans son rôle régalien de régulation et d'organisation de la société et le Capitalisme privé, efficace, opportuniste, prédateur, ennemi des règles qui l'entravent, avide d'expansion, de pérennité, de monopole, de pouvoir et de profit.

Ces deux-là n'ont pas fini d'en découdre !!



Source principale : Braudel - La dynamique du Capitalisme


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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 11:57


Grava rimarko
: Tiu esperanta artikolo estas la traduko de fresxdata franca teksto emitita de tiu blogo per la

 

komunumo : "Regards lucides sur le monde"  (Lucidaj rigardoj sur la mondo)

 

Remarque importante : Cet article en esperanto est la traduction d'un récent article publié sur ce blog dans la

 

communauté : "Regards lucides sur le monde"

 

Interesigxi al la rilato inter la ekonomio kaj la homo, tio rezultas esplori la homan kondutadon tra la ekonomia prismo, studi la Homo economicus (genra designo praktika kaj bone respondanta al nia racia simpliga bezono), postiranto de Homo Erectus, Sapiens, Romanus, Gallicus kaj mem Sovieticus.....en siaj pratikaj rilatoj kun la materiajxoj, abstrakto farite de siaj spiritaj kaj neprofitavidaj bezonoj kaj impetoj.

Cxiutempe, nature estis unu parto de "economicus" en la homo.
Li cxiam devigitis krei embrion de ekonomia sistemo, tiom malabunda kiom gxi estis por provizi siajn bezonojn kaj prizorgi sian longdauxrecon (nutrigxi, vestigxi, gardi sin el eksternaj minacoj, postvivi post klimataj katastrofoj, fabriki ilojn, intersxangxi kun aliaj homaj grupoj, organizi la vivon kaj la protekton de sia proksima cirklo, ....)
Tiu organizbezono estis plivastiganta kun la tempo kaj la ekvidado de pli grandaj homaj grupoj, pli malsimplaj kaj pli diversigaj. La trairado desde la homa migrado, kui sekvis la proprajn migradojn de la cxasbestoj gxis la fikslokigxo kun la invento de la agrokulturo estis kuntrenonta la unuan fundamentan sxangxon en la homa kondutado. Kun la unuaj vilagxoj kaj poste la unuaj urboj ekvidis la unuajn civilizaciojn, la unuajn sociajn organizojn kun distribuo de roloj, kvotigo de taskoj kaj do fakigxo de cxiuj aktivecoj.

Kio estas hodiaux la Homo economicus ?
Cxu li evoluis elirinte el tiu dudeka jarcento pli freneza ol la aliaj kaj enirinte en tiu grandbrua dudek unua, kiu ne atendis dum dek jaroj por puntrudi al ni unue enorman financan krizon kaj poste ekonomian ?
Cxu la nova Homo senteble diferencigxas el tiu de la antauxaj tri jarcentoj, kiu vidis la elovigxon kaj la disvolvigxon de la Kapitalismo tiel superstrukturon de la merkata ekonomia sistemo (preskaux tutmonde diskonita ekde la agxfundo) ?

Se estas esenca kaj nerefuzebla diferenco inter la moderna Homo economicus kaj tiu, kiu vivis tri jarcentojn antauxe, gxi estas kontenita de la sciodemokratigo kaj la rajto por cxiu ulo ekzerci sian mem-elektadon kaj sian entreprenemon.
Fakte, tri jarcentoj antauxe, nur parolante pri euxropaj landoj, la regulo estas la absoluta Regxeco (ekcepte notinde por la Anglio kaj tio ne estos senincenda pri la disvolvigxo de la kapitalismo en tiu lando). La naskigxeco cxion superis. Esti bone naskingxinta malfermis al vi cxiujn pordojn kaj unue tiun de la scio, kiun disdonis hejme privataj guvernistoj. Esti kampulido (tio estas proksime 90% de la popolo) fermis cxiujn al vi pro terligado, kies nur estis eble eskapi per la aventuro (armeo, kolonioj, banditismo,....) aux per escepta destino. Aldonante tiun bildon, la katolika Eklezio superis la konsciencojn. imponante al la landanoj kaj speciale al la kamparaj neinstruitaj amasoj tion, kio estis placxa  aux neplacxa al Dio, tra dogmoj kaj kondutreguloj, pri kiuj estis forte nekonsilita videble kontesti ! 
Nenio miriginta do, ke gxis la fino de la dek oka kaj mem dek nauxa jarcentoj, la mensverkoj same kiel la komercaj kaj monaj aktivecoj estis la ekskluziveco de la "bona socio" (korespondanta al la dek procentoj de la tuta popolo trelargxkalkulite). Necesos  la influo de la deksepjarcentaj "Lumières" (Lumpersonoj) kaj la dekokjarcenta potencigxo de la negoca burgxaro kontraux la senokupa kaj negocmalestima nobleco, por kulbuti la malnovan regximon en la historian enfalujon kaj finfine aboli tiun naskigxrajton per la Universa Deklaracio por la homaj kaj civitanaj rajtoj.

Inverse la modernaj tempoj kaj notidinde desde la mezdudekjarcento vidis aperi en cxiuj disvolvitaj landoj gravan mezan socian klason, instruitan, ofte entreprenantan, eksprimantan en tutaj aktivecaj kampoj siajn  kvalitojn kaj profitantan de la fama "socia lifto", kiun havigis al gxi la lernadoj kaj la scio-akirado. Tiam oni vidis laboristaj filojn aux instruistaj filojn atingi la sxtatsupron kaj la negocsupron aux brili en la sciencoj kaj la artoj. Samtempe la kampara mondo vakigxis por nur representi tiuepoke kelkajn procentojn de la plena majorite urbigxita landanaro.
Oni povas do aserti, sen granderara risko, ke la nuntempa Homo economicus, statistike plibone instruita, grandparte liberigita je la religia kaj rita sklaveco, formita de la kritika cerbumado kaj de cxiaj teknikoj, estas multe pli armata ol siaj antauxuloj por majstri la ekonomian sciadon (kaj do, oni penspovos, mastrumi plibonscie sian propan agadon kiel ekonomia agento).... sed tiu sciado, cxu por tiom li mastrumas gxin ?
Samtempe, ke la Kapitalismo, desde la deknauxa jarcento, tegis la tutajn sektorojn de la merkata ekonomio, la grandega (per gxiaj efektoj) marksisma ideologia noceco, bazita de malvera  ekonomia teorio sed kiel altigita kaj justigita de la ekcesoj mem de la kapitalismo, kaptis multajn mensojn, pli sentemajn al la justecaj kaj egalecaj ideoj ol la ekonomia performanco. La rezulto de tiu ekonomia ideologio estis la superregxado per la sxtata terurado de granda parto de la Euxropo poste parto de la Azio dum la plejparto de la dudeka jarcento, antaux ke gxia neevitebla ekonomia disfugxego (ekcepte en Cxinio, kie la komunista nomenklaturo elpensis kuriozan "sxtatan socialisman kapitalismon" kun impresantaj ekonomiaj rezultoj) jam redonis gxiajn rajtojn al la merkata ekonomio.
Sed same kiel la historiaj lecionoj nenion utilus, tiu marksisma spirito, malamiko de la libera entrepreno kaj de la individua iniciativo estas for de sia malaperito. Gxi cxiam havas sian pozicion dum la socialismaj kongresoj same kiel en la instruado kaj la universitariaj medioj kaj sia influado sur la publika opinio staradas forta. La kapitalismo cxiam estas tie maskita de misfara diablo, cxiafare preta por amasi ricxecojn, ekspluati la bonan popolon kaj forjxeti lin en la mizeron !  Unu politika partio "anti-kapitalisma" jxus estas kreita en Francio (sed kio povas hodiaux signifi tian nomon ? Temas pri forjxeti la kapitalismon for la merkatan intersxangxon sekigante la fontojn por la necesaj financaj investoj ? Nur temas pri batali kontraux la maljustecoj, kiujn gxi produktas ? Bone kasxita misterio malantaux vortdiluvo kaj demagogiaj anatemoj !) kaj la bonfaroj de la merkata ekonomio nur estas rekonitaj kovritvorte per la socialismestroj pli senpenaj kun la esprimoj tiel regulado, reglamentado, sxtatigado, publika sektoro, publika potenco,....la plej granda dangxero laux iliaj vidmanieroj sxajnante estas la ricxigxado de la entreprenulo elspeze de siaj laboristoj kaj de siaj klientoj, kiu devas esti malpermesita delokalizi aux foriri, malbonricxcoj faritaj, for sunaj cxieloj !!

La kapitalisma sistemo, en sia plej nuntempa versio, kun la eksaltoj kaj malekvilibroj de la tutmondigxo, kun la fresxdata ekvidado (maksimume dudek jaroj) de frenezekscesa financa industrio, kontrolkonturinta kaj iginta bolsojn tiel  kazinojn antaux rezulti en kaoso kaj disfugxego por la internacia banka sistemo, estas hodiaux tiom diskreditigita en la publika opinio, ke per natura pendolreturniro la sxtata intervenigxo kaj direktismo retrovas bondangxerajn kapabloj, kiujn oni kredis se ne forgesitajn almenaux longdauxre forigitajn.
La moderna Homo economicus tiel gluajxita en dialektiko konstrauxanta sxtaton kontraux ulon, direktismon kontraux liberecon aux initiativon kontraux protekton, sxajnas hodiaux for de generala konsento, sur kiu povus konstruigxi la regulojn de socia kaj tutmonda merkata ekonomio, staranta la homon kaj ne la monon en la centro de komuna projekto kaj aljunganta la potencialajn malbonagojn de la tutpotenca kapitalismo sen rompi gxiajn impetojn. La progresoj en sciado kaj klereco bone sxajnas kontrauxbalancitaj de la kompleksecigxo de ekonomia fenomeno brakumante nuntempe la  tutmondon.

Kompare kun sia pre-moderna antauxulo, la nuntempa Homo economicus havas do la superecon de pligranda kaj plidiskonigita sciado, de multe pli respektita mem-elektado , de rekonita kaj kelkfoje enkuragxigita rajto por individua entreprenado.
Jen tio, kio estas plej bona !...Ecx se tiu avantagxo gvidas nian bravan Homon economicus gxis la emocia kaj povre ridinda konstato de lia neebleco decxifri ekonomian sistemon, igxitan planedan kaj terure kompleksan !!


La leganto eltiros el tiuj kelkaj cerbumajxoj la konkludoj, kiuj trafaj sxajnos al li.



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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 13:57



S'intéresser à la relation entre l'économie et l'homme, cela revient à examiner le comportement humain au travers du prisme économique, à observer l'Homo economicus* (désignation générique commode et répondant bien à notre besoin rationnel de simplification) successeur des Homo Erectus, Sapiens, Romanus, Gallicus voire Sovieticus,...dans ses relations pratiques avec les choses matérielles, en faisant abstraction de ses besoins, de ses élans vers la spiritualité et les valeurs non marchandes.

De tous temps il y a naturellement eu une part "d'economicus" dans l'homme.

Il lui a, en effet, toujours fallu créer un embryon de système économique aussi succinct fut-il afin de pourvoir à ses besoins et veiller à sa pérennité (se nourrir, se vêtir, se protéger des menaces extérieures, survivre aux catastrophes climatiques, fabriquer des outils, échanger avec d'autres groupes humains, organiser la vie et la protection du cercle rapproché) .

Ce besoin d'organisation alla s'élargissant avec le temps et l'apparition de groupes humains plus larges, plus complexes, plus diversifiés. Le passage de la migration suivant celle des animaux-gibiers à la sédentarisation avec l'invention de l'agriculture va entraîner le premier changement fondamental dans le comportement humain. Avec les premiers villages puis les premières villes sont apparues les premières civilisations, les premières organisations sociétales avec distribution des rôles, répartition des tâches et donc spécialisation des activités.

Qu'en est-il de l'Homo economicus* d'aujourd'hui ?

A-t-il évolué au sortir de ce vingtième siècle plus fou que les autres et au départ tonitruant du 21ème qui n'aura pas attendu 10 ans pour nous infliger une énorme crise financière d'abord et économique ensuite ?

 Le nouvel Homo diffère-t-il sensiblement de celui des trois siècles précédents qui ont vu éclore puis se développer le Capitalisme en tant que superstructure du système d'Economie de marché (système à peu près répandu partout de par le monde depuis le fond des âges) ?

 

S'il est une différence indéniable et essentielle entre l'Homo économicus moderne et celui d'il y a - disons - 3 siècles, elle tient dans la démocratisation du savoir et le droit de chaque individu à exercer son libre-arbitre et son esprit d'entreprise.

Il y a 3 siècles, en effet, et pour ne parler que des pays européens, le régime de la Royauté absolue (à l'exception notable de l'Angleterre, ce qui ne sera pas sans incidence sur le développement du capitalisme dans ce pays) est la règle. La naissance primait tout. Etre bien né vous ouvrait toutes les portes et d'abord celle du savoir dispensé par de précepteurs privés attachés aux familles. Etre fils de paysan (environ 90% de la population) vous les fermait toutes en vous attachant à la terre natale dont on ne s'échappait que par l'aventure (les colonies, l'armée, la truanderie,...) ou par un destin exceptionnel. Pour ajouter au tableau, l'Eglise dominait les consciences, imposant aux individus et particulièrement aux masses rurales ignorantes ce qui est plaisant ou déplaisant à Dieu, à travers des dogmes et des règles de conduite qu'il était alors fort déconseillé de contester ouvertement !

Rien d'étonnant donc que jusqu'à la fin du 18ème siècle voire du 19ème  les oeuvres d'esprit comme les activités de commerce et d'argent aient été l'apanage de la "bonne société" (environ 10% de la population en comptant très large !). Il faudra l'influence des "Lumières" du 17ème siècle et, au 18ème, la montée en puissance de la bourgeoisie d'affaires au dépens d'une noblesse oisive et méprisant le négoce, pour faire basculer l'ancien régime dans la trappe de l'histoire et abolir enfin ce droit de naissance par la Déclaration Universelle des droits de l'homme et du citoyen.

A l'inverse, les temps modernes et particulièrement depuis la moitié du 20ème siècle ont vu émerger dans tous les pays développés, une classe moyenne importante, éduquée, souvent entreprenante, exprimant ses qualités dans tous les domaines et profitant du fameux ascenseur social que lui procuraient les études et l'acquisition des savoirs. On voyait alors des fils d'ouvriers ou d'instituteurs atteindre le sommet de l'Etat et des affaires ou briller dans les sciences ou les arts. En même temps le mode rural se vidait pour ne plus représenter à l'époque actuelle que quelques maigres % d'une population majoritairement urbanisée.

On peut donc affirmer, sans grand risque de se tromper, que l'Homo economicus contemporain, statistiquement mieux éduqué, libéré en grande partie de l'asservissement rituel religieux, formé à la réflexion critique et à toutes sortes de techniques, est beaucoup mieux armé que ses prédécesseurs pour appréhender le savoir économique (et donc, pensera-t-on, gérer à meilleur escient sa propre action d'agent économique).....mais ce savoir,  le maîtrise-t-il mieux pour autant ?

En même temps que le capitalisme, dès le 19ème siècle, recouvrait tous les secteurs de l'économie de marché, la formidable (par ses effets) nuisance idéologique marxiste basée sur une fausse théorie économique mais comme attisée et justifiée par la brutalité des excès mêmes du capitalisme s'emparait de beaucoup d'esprits plus sensibles aux idées de justice et d'égalité qu'à la performance économique. Le résultat de cette idéologie économique fut la domination au moyen de la terreur d'Etat d'une grande partie de l'Europe puis d'une partie de l'Asie pendant le plus clair du 20ème siècle avant que son inévitable débâcle économique (sauf en Chine où la nomenklatura inventa un curieux "capitalisme socialiste d'état" aux résultats économiques impressionnants) ne redonne ses droits à l'économie de marché.

Mais comme si les leçons de l'Histoire ne servaient à rien, cet esprit marxisant, ennemi de la libre entreprise et de l'initiative individuelle, est loin d'avoir disparu. Il a toujours sa place dans les congrès socialistes comme dans l'enseignement et les milieux universitaires et son influence dans l'opinion publique reste grande. Le capitalisme y est toujours déguisé en diable malfaisant, près à tout pour amasser des fortunes, exploiter le bon peuple et le jeter dans la misère ! Un parti "anti-capitaliste" (qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire aujourd'hui ? Veut-on exclure le capital de l'échange marchand ? mais alors d'où viendra l'investissement nécessaire à l'acte productif ? Veut-on seulement combattre les injustices qu'il génère ? Mystère bien caché derrière le déluge de mots et d'anathèmes démagogiques ...!!) vient même de se créer à l'extrême-gauche française et les bienfaits de l'économie de marché ne sont reconnus qu'à mots couverts par des dirigeants socialistes plus à l'aise avec les termes de régulation, réglementation, étatisation, secteur public, pouvoir public...le plus grand péril semblant être à leurs yeux l'enrichissement de l'entrepreneur sur le dos de ses employés et de ses clients, qu'il faut empêcher de délocaliser ou de fuir, mauvaise fortune faite, vers de cieux ensoleillés !

Le système capitaliste dans sa version la plus contemporaine avec les soubresauts et les déséquilibres de la mondialisation, l'apparition récente (20 ans tout au plus) d'une industrie financière aux fols excès, contournant les contrôles et  transformant les bourses en casinos avant de générer débâcle et chaos dans le système bancaire international, est aujourd'hui tellement discrédité dans l'opinion que, par un retour naturel de balancier, l'interventionnisme et le dirigisme d'Etat retrouvent de bien dangereuses vertus que l'on croyait sinon oubliées du moins mise pour longtemps sous le boisseau.

L'Homo economicus moderne ainsi englué dans une dialectique opposant Etat et individu, dirigisme et liberté ou initiative et protection semble donc aujourd'hui fort éloigné d'un consensus général sur lequel se construiraient  les règles d'une économie sociale et mondiale de marché remettant l'homme et non l'argent  au centre d'un projet commun et jugulant les méfaits potentiels de l'omnipotent capitalisme sans en briser les élans. Les progrès en connaissance et savoir semblent bien avoir été contrebalancés par la complexification d'un phénomène économique embrassant de nos jours le monde entier.

 

Comparé à son prédécesseur pré-moderne, on donnera donc à l'Homo economicus contemporain l'avantage d'un savoir plus important et plus diffusé, d'un libre-arbitre bien mieux respecté et exercé, d'un droit à l'initiative personnelle reconnu et même (parfois) encouragé.

Voilà qui est fort bien ...même si cet avantage amène notre brave Homo economicus au troublant et piteux constat de son impossibilité à déchiffrer un système économique devenu à la fois planétaire et formidablement complexe !

   

 

Le lecteur tirera de ces quelques réflexions les conclusions qui lui sembleront pertinentes.


* On tentera de définir L'homo economicus comme une sorte d'individu virtuel dont on ne prendrait en compte que la dimension économique sans toutefois faire abstraction de ses caractéristiques psychologiques qui peuvent commander ses actions et réactions devant le fait économique (avéré ou imaginé).

Son libre-arbitre - forcèment influencé et encadré par le conditionnement sociétal ambiant - pousse naturellement l'homme à la satisfaction de ses besoins d'abord vitaux puis plus élaborés (estime de soi, reconnaissance par les autres, intérêt, confort, sécurité, ambition, pouvoir, richesse, égalité, justice, créativité,...).

C'est donc l'ensemble de ses comportements économiques (rationnels ou irrationnels) découlant de son éducation et de sa position sociétale qui va caractériser notre virtuel "homo economicus".

 



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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 14:34



Grava rimarko : Tiu esperanta artiklo estas la traduko de fresxdata franca teksto emitida de tiu blogo per la

 

komunumo : "Regards lucides sur le monde"  (Lucidaj rigardoj sur la mondo)

 

Remarque importante : cet article en esperanto est la traduction d'un récent article publié sur ce blog dans la

 

communauté : "Regards lucides sur le monde"

 

 

Tiu paradoksa ekonomia nocio estis elpensita de Josefo Alois Schumpeter, naskingxinta en la auxstra-hungara imperio apud la fino de la dek nauxa jarcento kaj mortinta en mil nauxcent kvindek - vidu foton cxi-sube - post ekonomiista kariero cxe la Universitato Harvard. Li estis la unua ekonomiisto elparolinta la ideon de Kreanta Detruado en mil nauxcent kvardek du, zorginta gxin pri la ekonomia argumentado kaj teoriginta gxin kun la helpo de teknikaj novigadaj ekzemploj, kiujn donis al li la unuajn grandajn usonajn industrikapitanojn tiel John Ford.

 

Kiel multe da fortaj ideoj, la Schumpeter-a ideo estis tute simpla :

 

Merkata ekonomio sencxese ene relancxas sin dejxetante la malnovajn deklinantajn sektorojn kaj regvidante siajn ricxfontojn en novajn novigadajn kaj pliproduktajn sektorojn.

 

 

 

 

  Sxajne estas paradoksa tiu nocio cxar gxi asocias du ideojn (detruado - kreado), kiuj por la huma menso estas la neado unu la alian. Por gxia bona kompreno, necesas asocii kun gxi la esencan nocion de novigado.

En la malproksima estinto tiu fama kreanta Detruado ne estis necxeestita. Okaze de teknikaj novidajxoj, certe maloftaj - tio, kio donis tempon por "digesti" la novajxojn kaj ne endangxerigis krude la nesxangxeblecon de la aferoj kaj de la socioj - ekvidis novaj iloj aux produkrimedoj, novaj teknikoj (kreada nocio), kiuj anstatauxis kaj kadukigis (detruada nocio) la malnovajn procedojn aux permesis mem fari ajxojn antauxe konsideritajn tiel neeblajn.

Jen kelkaj ekzemploj :

- La fera metalurgio, kiu anstatauxis la bronzan metalurgion dum la antauxhistoriaj tempoj.

- La senfine Arkimeda  sxrauxbo anstatauxinta la brakforton aux la brutforton kaj ankoraux uzata nun por multaj ekstraktprocedoj.

- La etambot-a sxipdirektilo (asociita kun "kline" sxipokonstruado), kiu permesis altmaran navigadon kun la konstruado de altflankaj sxipoj kaj la malproksimajn marajn intersxangxojn kun la anstatauxigo de la marborda navigado.

- La metalsokla plugilo, kiu anstatauxis la malnovan lignofaritan roman plugilon (kiu nur surface skrapis teron) tiel permesinta returni pezajn kaj dikajn terojn, kulturebligi pli senpene kaj kreskigi agrokulturon en multaj regionoj.

- La elpensado de la blovita vitro, kiu permesis la anstatauxadon de potajxoj por la hejma enkondicxmetado kaj konsumado.

Ktp... sen paroli pri la privilegia tuttempa novigada fako de la militaj agadoj !!

 

Estis cxiufoje sed per forte progresiva maniero, la necesan tempon por la malrapida disvolvigxo de la novajxoj, la ekvidado de novaj metioj kaj do novaj oficoj, kiuj koincidis kun la parta aux plena malapero de aliaj metioj kaj aliaj oficoj sed kun la kreskinto de la entuta efikeco (manipulebleco, malpezeco, plibonfunkciecoj, disvolveco, kosto,....) de la produktado oni povis mezuri progreson kaj plibonigxon por la homa aktiveco. 

 

Kun la abundeco de la unuaj sciencaj inventoj , kiuj karakterizis la dek okan kaj dek nauxan jarcentojn, la problemo sxangxis je dimensio kaj la rapideco de la sxangxoj okazita de pli gravaj eltrovoj (karbo-fero-fandado, vapormasxinoj, elektro, interalie..), la aperado de la industria procezo (en Anglio unue) adiciis al Schumpeter-a fenomemo la nocion de adaptigxo, ligata mem al la nocio de necesa tempo por enverkmetado.

 

Unuafoje en la homa historio, la schumpeter-a fenomeno estis sxokigxonta al la rigidajxoj, inerciajxoj kaj pezantajxoj de ankoraux elementa ekonomio, kiu eniras en sian pre-industrian periodon. Tiu sxoko estis kelkfoje brutala kaj violenta. La novaj fabrikejoj necesis brakojn, kiujn oni elsxiris el la agrokulturo (kiu gxi mem rapide industriigxis, cxefe en Anglio, kun deposedo de la malgrandaj farmistoj profite de grandaj farmekspluatejoj) cxar la laborauxtomatigo estis nur tiam balbutanta. Oni estis vidpovonta kreigxi, cxe minejoj kaj altaj fornoj, homaj amasoj kun penigaj kaj nefirmaj vivkondicioj, humtero de la futuraj laboristaj luktadoj kaj ideologioj pri klasluktadoj. Aliloke la laboristoj detruos la novajn teksmasxinojn, taksataj kiel kulpaj je likvidi iliajn postenojn..... La brutala kapitalismo de la dek nauxa jarcento, per la akumulado kaj la mobilizado de la kapitalo investita en la estimitaj plej mondonaj aktivecoj ( fervojoj, sxipaj konstruejoj, logxkonstruajxoj, infrastrukturoj, grandkomercio,....) estis akcelonta la evolucirapidecon de multaj metioj kaj la malaperon de multe da aliaj sed ankaux modifi profunde la strukturojn de la socio, kiu estas komenconta neinverseblan iradon al tiam nekonita kiam neantauxvidebla futuro car ne plu bazita de la homa memorigo sed de la homa novigadkapablo.

 

Desde la dua parto de la dudeka jarcento, grandege akcelitaj de teknologiaj progresoj danke al la dua tutmondmilito, la schumpeter-a fenomeno estis invadonta cxiujn kampojn de la homa aktiveco gxis farigxi la esenca regulo de tuta materiala evolucio, gxis konstitui mem la centran dinamicon de la moderna kapitalismo.

 

 Inter la unuaj grandaj famaj ekzemploj de malapero de aktivecaj sektoroj, oni citos la Morse-telegrafteknikon, kiu konocis sian apogeon dum la tridekaj jaroj antaux esti anstatauxita de teleskribantoj poste de telefono kaj telekopiilo. Unu alia fama industria ekzemplo estas la anstatauxigo de la blankfera skatolo dum la sesdekaj jaroj per la aluminia skatolo kun gxia lingveta aperturo, kiu liberigis je malfermilo. Cxiuj trinkajxaj perantoj adoptis gxin startinte la deklinigxon de la siderurgio por la nutra pakajxo. Pli proksime el ni, dum la okdekaj jaroj, subefekte de la dereglementado starigita de la usona prezidento Ford, cxeestis la malkonstruado de la "dinauxzoro" ATT, la aparado de la persona komputiko kaj de la mini-komputiko konstrauxstariginte la centrigan komputikon kun gxiajn famajn "mainframes" notinde tiujn el IBM, eksplodo da kompaniaj fusiajxoj, acxetajxoj kaj restrukturigoj kiel neniam vidite en la estinto.

 

Finfine la masiva disvastigo en cxiuj aktivecaj sektoroj de la informada teknologio okazigis la eksplodon nomitan "High Tech" dum la nauxdekaj jaroj kaj frenezan akceladon, dum notinde la "interreta veziko", de la schumpeter-a fenomeno kun cikloj de kreado-disvolvigo-malapero de kompanioj kaj kapitalaj mobilizadoj transpasante la komprenon.

La procezo de la kreanta detruado estis efekte signife akcelita de la nova kapablo de la kompanioj kunmeti kaj disvastigi informadon, la kapitaloj tiam forlasantaj multe pli rapide la entreprenojn kaj industriajn sektorojn estimitajn iom novigantajn profite de tiuj pintaj.

 Tiel okazis nekredeblaj situacioj kiel la borsa kapitaligo de la kompanio Google atinginta dekunufoje la borsan kapitaligon de General Motors, la  industria giganto de la auxtomobilo !

 

La fenomeno de la kreanta detruado atingis tielmaniere sian apogeon dum la lastaj jaroj de la dudeka jarcento, aportinte al la mondo unu duonan jardekon de kreskado (la plej longa ekonomia eksplodo dum la moderna epoko) inter la frenezo de la necxesantaj restrukturigoj, de la kreado-malapero de kompanioj, de la eksplodo de la risko-kapitalo, de masivaj tutmondaj kapitalaj transdonoj al la sektoro "High Tech", de forta altigxo de la produktkapableco, de akcelita malmaterialiigxo de la ekonomio, de frenazaj borsaj altigxoj, de potencigxo de reala financa industrio progresive dekupligxinte de la reala ekonomio.....

 

La fama "neraciema jubilado" de la financaj merkatoj, priskribita de Alan Greenspan kaj potence subtenita de la nov-liberala deregado, estis irante. La infera masxino de la tutmonda ekonomio forfugxis el tuta kontrolado kaj estis kononta la nunan "big crunch" (1.500 miliardoj da dolaroj "vaporigxitaj" kaj pli aux malpli fortan regreson laux la nacioj gxis 2010) iniciitan de la krizo de la "subprimes" en 2007.

 

 

 

 

Fonto : "Le temps des turbulences" de Alan Greenspan

 

              " The Age of Trubulence : Adventures in a new world "  -  The Penguin Press, New York 2007

 

 

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 16:18



Cette notion économique paradoxale fut inventée par Joseph Aloïs Schumpeter, né dans l'empire austro-hongrois vers la fin du 19ème siècle et mort en 1950 - voir photo ci-dessous - après une carrière d'économiste à Harvard. Il fut le premier à exprimer l'idée de destruction créatrice en 1942, à la prendre en compte dans le raisonnement économique et à la théoriser en s'appuyant sur les exemples d'innovation technique que lui fournissaient les premiers grands capitaines d'industrie américains tels que John Ford.

Comme beaucoup d'idées fortes, la sienne est fort simple :

Une économie de marché se relance sans cesse de l'intérieur en se débarrassant des vieux secteurs sur le déclin et en réaffectant ses ressources dans de nouveaux secteurs innovants et plus productifs.




Cette notion est, en apparence, paradoxale car elle associe deux idées (destruction - création) qui, pour l'esprit humain, sont la négation l'une de l'autre. Pour sa bonne compréhension, il faut y associer la notion essentielle d'innovation.

Dans le passé lointain, cette fameuse destruction créatrice ne fut pas absente. A l'occasion d'innovations techniques, peu fréquentes il est vrai - ce qui laissait le temps de "digérer" les nouveautés et ne remettait pas en cause brutalement l'immuabilité des choses et des sociétés - on voyait apparaître de nouveaux outils ou moyens de production, de nouvelles techniques (notion de création) qui remplacaient et rendaient obsolètes (notion de destruction) les pratiques anciennes ou même permettaient la réalisation de choses considérées préalablement comme impossibles. Citons quelques exemples, au hasard :
La métallurgie du fer qui remplaca celle du bronze dans les temps préhistoriques.
La vis sans fin d'Archimède remplacant la force des bras ou des animaux et encore employée de nos jours dans de multiples process d'extraction.
Le gouvernail d'étambot qui permit (associé à la coque construite "à clin") la navigation en haute mer par la construction de navires à hauts bords et les échanges maritimes lointains avec remplacement partiel du cabotage et de la navigation côtière.
La charrue à soc métallique remplacant la vieille charrue romaine en bois ( qui ne grattait qu'en surface) permettant ainsi de retourner les terres lourdes et grasses, de défricher plus aisèment et de développer l'agriculture dans de nombreuses contrées.
L'invention du verre soufflé qui permit le remplacement des poteries pour le conditionnement et la consommation domestiques.
Etc...sans parler du domaine privilégié de l'innovation que, de tout temps, fut l'activité guerrière !

C'était à chaque fois mais de manière fort progressive, le temps nécessaire à la diffusion lente des nouveautés, l'apparition de nouveaux métiers et donc de nouveaux emplois coïncidant avec la disparition totale ou partielle d'autres métiers et autres emplois mais l'efficacité globale (maniabilité, légèreté, fonctionnalité, diffusion, coût,...) de la production ayant progressé, on pouvait estimer qu'il y avait progrès et amélioration et que, somme toute, l'opération était gagnante pour l'homme.

Avec le foisonnement des premières inventions scientifiques qui caractérisèrent les 18 et 19ème siècle, le problème changea de dimension et la rapidité des changements occasionnées par des découvertes majeures (fonte, machines à vapeur, électricité notamment), l'apparition du processus industriel (en Angleterre d'abord) ajoutèrent au phénomène inventé par Schumpeter la notion d'adaptation, elle-même liée à la notion du temps nécessaire à sa mise en oeuvre.

Pour la première fois dans l'histoire humaine, le phénomène schumpeterien allait se heurter aux rigidités, aux inerties et pesanteurs d'une économie encore élémentaire qui entrait dans sa phase pré-industrielle.. Ce heurt fut parfois brutal et violent. Les nouvelles fabriques ont besoin de bras que l'on va arracher à l'agriculture (qui elle-même va s'industrialiser rapidement, surtout en Angleterre, avec dépossession des petits fermiers au profit des grandes exploitations) car l'automatisation des tâches n'est encore que balbutiante. On va voir se créer,  près des mines et des hauts-fourneaux, des concentrations humaines aux conditions de vie à la fois dures et précaires, terreau des futures luttes ouvrières et des idéologies de luttes de classes . Ailleurs, les ouvriers détruiront les nouveaux métiers à tisser, jugés coupables de détruire leur emploi..... Le brutal capitalisme du 19ème siècle, par l'accumulation et la mobilisation du capital investi dans les activités qu'il juge les plus rentables (chemins de fer, chantiers navals, immobilier, infrastructures, grand commerce, ...) va encore accentuer la vitesse d'évolution de nombreux métiers et la suppression de bien d'autres mais aussi modifier en profondeur les structures mêmes de la société qui va alors entamer une irréversible marche vers un futur autant inconnu qu'imprévisible car non plus basé sur la mémoire des hommes mais sur leur faculté d'innovation.

A partir de la seconde moitié du 20ème siècle, formidablement accéléré par les progrès technologiques issues de la seconde guerre mondiale, le phénomène schumpeterien va progressivement envahir tous les domaines de l'activité humaine jusqu'à devenir la règle essentielle de toute évolution matérielle, jusqu'à constituer même la dynamique centrale du capitalisme moderne.
Parmi les premiers grands exemples célèbres de disparition de secteurs d'activité on citera la télégraphie en Morse qui connut son apogée dans les années 1930 avant d'être remplacée par les téléscripteurs puis par le téléphone et le télex. Un autre exemple industriel célèbre est le remplacement de la boîte en fer-blanc, dans les années 1960, par la boîte en aluminium avec son ouverture par languette qui affranchissait de l'ouvre-boîte. Tous les fournisseurs de boissons l'adoptèrent déclenchant le déclin de la sidérurgie dans l'emballage alimentaire.

Plus près de nous, dans les années 80, sous l'effet de la déréglementation instaurée par le Président américain Ford, eurent lieu le démantèlement du "dinausore" ATT, l'apparition de l'informatique personnelle et de la mini-informatique en opposition à l'informatique centralisée et ses fameux "mainframes" notamment ceux d'IBM, un boom de fusions, d'acquisitions et de restructurations d'entreprises jamais vu dans le passé.
Enfin, la difusion massive dans tous les secteurs de la technologie de l'information déclencha le boom High Tech des années 90 et une accélération folle, lors notamment de la bulle internet, du phénomène schumpétérien avec des cycles de création-développement-disparition de sociétés et des mobilisations de capitaux dépassant l'entendement !
Le processus de destruction créatrice a, en fait, été significativement accéléré par la nouvelle aptitude des entreprises à rassembler et diffuser l'information, les capitaux délaissant alors beaucoup plus rapidement les entreprises et les industries jugées peu innovantes au profit de celles de pointe.
On en arriva ainsi à des situations incroyables telle la capitalisation de Google atteignant 11 fois le montant de la capitalisation de General Motors, le géant de l'automobile !


Le phénomène de la destruction créatrice atteignait ainsi son apogée dans les dernières années du vingtième siècle, assurant au monde une demi-décennie de croîssance (le plus long boom économique de l'époque moderne) dans la frénésie des restructurations incessantes des groupes, de création et de disparition d'entreprises, d'explosion du capital-risque, de transferts massifs de capitaux mondiaux ves la High Tech, de forte hausse de la productivité, de dématérialisation accélérée de l'économie, de folles hausses boursières, de montée en puissance d'une véritable industrie financière se découplant progressivement de l'économie réelle.....

La fameuse "exubérance irrationnelle" des marchés, décrite par Alan Greenspan et puissamment soutenue par la dérégulation néo-libérale, était en marche. La machine infernale de l'économie mondiale échappait à tout contrôle et allait connaître le "big crunch" actuel (1.500 milliards $ "évaporés" et une récession plus ou moins marquée jusqu'en 2010) initialisé par la crise des "subprime" de 2007.


Source : "Le temps des turbulences" d'Alan Greenspan.



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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 13:05

 Jen kelkaj mesagxoj retsenditaj de esperantistoj :

Gratulon  Sinjoro Prezidento!
En  la nomo de la Budapeŝta Medicina Esperanto-Fakgrupo akceptu miajn
gratulojn  kaj bondezirojn!
Mi  deziras al Vi sukcesan prezidantecon, al la usona popolo kaj al la tuta
mondo  pacon, justecon kaj sekurecon!
Sincere,
D-ro  Lajos Molnár - Budapest, Hungario
---
Kara kaj estimata  Prezidanto Obama,
Mi kore gratulas vin pro via historia venko, kiu estas  venko de la tuta
usona popolo, kiu nepre bezonis ŜANĜON en la politiko de sia  lando.
Mi ne estas usonano, mi estas italo, tamen mi ĉi nokte tute ne  dormis, nur
por vivi kune kun la Demokratoj kaj la tuta usona popolo vian  "election
night". Fine, kiam estis la 6a matene ĉi tie en Italio, mi estis tre  laca, tamen mi
ĝojis kiam mi finfine povis aŭdi vian postvenkan paroladon: mi  ja havis la
impreson ke nun ne nur ŝanĝos Usono, sed la tuta mondo. Precipe  viaj vortoj
favoraj al la rajtoj al la instruado kaj al sano, favoraj al la  malpli
bonstataj tavoloj de la socio, favoraj al internacia diplomata  kunlaborado kaj al
paco, favoraj al definitiva forigo de antaŭjuĝoj kaj  
klasaj/rasaj/etnaj/seksaj/reli giaj/sekselektaj disdividoj ene de la socio,  vere favore impresis min.
Mi  deziras al vi kaj al tuta via skipo, precipe al via edzino, bonan laboron
por  pli justa Usono kaj por pli paca mondo.
Amike salutas  vin,
Andrea FONTANA - Instruisto - Italio.
---
Tre karaj amikoj,  
Kompreneble ni estas ege feliĉaj! Eĉ ploris mia kunulino pro ĝojo kaj eĉ  
mi preskaŭ ploris! Certe ĉivespere ni (celebros) pro ĝojo, amo, fiero por ame  
festi tiun gravan eksterordinaran neimageblan eventon: juna inteligenta  
prezidento por Usono kaj por la mondo! Dio  benu S-ro Obama, lian familion, Dio
benu Usonon kaj la usonanojn. Tio  instigas nin labori por plibonigi nian vivon
kaj la vivon de niaj plej  malriĉaj najbaroj eĉ kiam la najbaroj vivas
malproksime. Do ni kune, samtempe  laboru por solidareco en la mondo, por pli justa
kaj demokrata mondoj. Vivu  libereco kaj frateco!
Amike,
Jean  Claude - Francio
---
Al  la senatano Barack Obama, estonta prezidento de Usono, al viaj familianoj
kaj  al Via kampanja teamo
Elkore ni esperantistoj el Zagrebo, la ĉefurbo de la  Respubliko Kroatio
grastulas pro Via venko!
Via venko atestas ke en via  ŝtato, Usono venis la tempo pri kiu d-ro Martin
Luther King povis nur diri: Mi  havas revon!
Jes, eble venis tempo por sekvontaj pli grandaj ŝanĝoj en la  mondo. Ni
esperantistoj revas, ke post Via esperant-lingva kampanja teksto por  la
prezident-kandidato de Usono, ankaŭ malfermis pordo por ni – sonĝo –  lernante kaj
parolante Esperanton, ni povus interkompreniĝi egalrajte, rekte  kaj senpere.
Egalrajte sen ia privilegio aŭ dikriminacio en komunikado. Estu  tio la unua paŝ
o por ke la monda loĝantaro iru kune antaŭen. Iru antaŭen ne  nur riĉaj,
grandaj kaj monpotencaj ŝtatoj, sed ankaŭ ŝtatoj kaj popoloj sur  ĉiuj
kontinentoj.
Ni en Kroatio, scias kio signifas la batalo por la ŝtato,  por la teritorio,
por la historio kaj por nia lingvo kaj per la  lingvo.
Ankoraŭfoje  elkoregan gratulon al Vi kaj Viaj familianoj kaj al Via teamo!
Je la nomo  de ĉiuj esperantistoj,
Radenko Milošević, prezidanto
---
Gratulojn,  prezidanto Barack Obama. La Esperanto-parolantoj tra la mondo
estas alia  grupo, kiu atendas ion de vi. Se vi volas scii, kion ni atendas,
demandu unu  el la aktivulinoj en via aktivularo: Martha Cardenas .
Sincere,
Renato  Corsetti - Komitatano de la Monda Esperanto-Organizaĵo
---
Unue mi  volas ripeti mian gratulon al sinjoro Obama pro lia elektiĝo.
Sendube estis  por li jam longa revo preni sur sin la taskon gvidi usonon. Ĝi
 realiĝis.
Por antaŭaj  prezidentoj estis revo malpermesi sklavecon en usono kaj en la
ceteraj landoj  de la mondo. Ili (almenaŭ  grandparte) sukcesis.
Aliaj prezidentoj revis pri usonano sur la luno. Tio  realiĝis.
Iuj revis pri disfalo de muroj inter popoloj, ne nur tiun en  Berlino. Tio
realiĝis, almenaŭ parte.
Iuj, inter kiuj Zamenhof, revis, ke  ĉiuj homoj povu interkompreniĝi. Tio
eblas  kaj jam pli ol 120 jarojn realiĝas inter Esperantistoj.
Jes, estimata sinjoro Obama, eblas faligi la  murojn kaj barilojn inter
popoloj. Faligi la lingvajn barilojn inter ĉiuj  popoloj de la mondo ne estas
maleblaĵo. Jam multe helpus helpeto  viaflanka!
Usona prezidento estas potenca persono. Vi kapablos  realigi revojn! Multan
sukceson!
Leo de Cooman -  Belgio



Fonto :



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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 09:32


La première conférence de presse du nouveau président élu des Etats-Unis a sans doute permis aux esprits attentifs de faire une amusante comparaison du positionnement  des revenus dans l'esprit des citoyens de part et d'autre de l'atlantique.

En effet, le président Obama, dans la liste des actions qu'il envisage de mener en priorité, a cité la baisse des impôts concernant les classes moyennes et - c'est ici que se situe le point intéressant ce petit article - il a fixé à 250.000 $ (soit un peu plus de 200.000 € selon le taux de change des deux monnaies) la limite supérieure de revenus annuels de ces dites classes moyennes.
On se rappellera, en parallèle, qu'un de nos brillants esprits français de gauche, avait fixé, il n'y a pas si longtemps, à 4.000 € / mois (soit donc environ 50.000 € / an) le seuil de richesse en France.

Voici donc un nouveau président encensé par tous, y compris par nos chers dirigeants socialistes, soucieux du bien-être de sa population et des équilibres sociaux, qui fixe à un niveau quatre fois supérieur au notre le revenu maximum de la classe moyenne ou le seuil de richesse selon l'interprétation que l'on voudra en faire !

Impressionnante comparaison !

La population américaine serait-elle, statistiquement parlant, quatre fois plus riche que la française ? Pourrait-on légitimement se demander.

Voyons les chiffres : Le PIB / habitant américain, exprimé en $ courants 2006, n'est que de 25 % supérieur au notre (exprimé en PPA ou parité de pouvoir d'achat, il est d'environ 40%  supérieur)

On est donc très très loin d'un rapport 4 !!

Voilà qui en dit fort long sur les mentalités de chaque côté de l'atlantique !



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