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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 14:08

 

Nous sommes donc les champions toutes catégories de la sinistrose et nous caracolons en tête de toutes les études européennes sur le pessimisme !


Sinistrose-francaise.jpg

 

Une récente étude de BVA Gallup international a conclu que notre pays abordait l'année 2011 avec le plus d'angoisse et que 60% de nos compatriotes craignaient les difficultés économiques à venir contre environ 50% d'anglais ou d'espagnols...et 41% d'italiens !

On fera ici une première remarque. Les résultats ci-dessus indiqueraient plutôt une plus grande clairvoyance des français que des autres européens dans l'analyse de la situation économique...car il ne fallait pas être grand clerc, en janvier, pour prévoir les difficultés de l'année en cours !

Le psychiatre Serge Hefez nous explique qu'en grande partie notre pessimisme réside dans notre culture de l'Etat-providence de plus en plus mis à mal par nos déficits chroniques d'où en découle une perte du sentiment de protection mais aussi de certaines valeurs traditionnelles du système français et en particulier de l'égalité.

Des économistes attribuent notre surplus de pessimisme, en comparaison de nos voisins, à "la société de défiance" que crée dans notre pays ce mélange de corporatisme  et de dirigisme jacobin qui nous est propre et qui induit méfiance et incivisme.

Ces deux visions de notre pessimisme renferment sans doute beaucoup de vrai et il serait bien difficile de les réfuter sérieusement.

Et pourtant on peut se demander si le mal n'est pas plus profond !

On disait à une époque que le peuple français était "le plus intelligent du monde", ce que ne semblent guère corroborer les actuelles études internationales comparées de niveaux ou de résultats scolaires mais admettons - pour se faire un peu plaisir par ces temps difficiles - qu'il y ait un peu de vrai dans cette affirmation.

On aurait là une bonne piste d'analyse de nos performances en matière de pessimisme !

Si on imagine en effet que les français dans leur ensemble ont - par l'effet combiné de leur mémoire collective et de leur culture générale - une appréciation globale  de leur espace national mais aussi de l'espace européen et de l'espace mondial un peu supérieure à celles de leurs voisins européens, ceci pourrait expliquer une perception à la fois plus fine et plus pertinente des dangers qui menacent nos sociétés modernes et par là justifier un pessimisme plus fort car plus rationnellement établi.

L'espace national d'abord :

 - l'électeur de base (qui a donc oublié d'être bête !) a très bien réalisé que le creusement continu des déficits publics - que la crise mondiale récente n'a fait qu'empirer - aura des conséquences fâcheuses sur l'ensemble des protections dont il bénéficiait jusque-là (protection sociale, santé, retraite, indemnités diverses). Même les socialistes disent maintenant que le déficit est l'ennemi de la Gauche ! Quelle révolution sémantique de leur part (il n'y a plus qu'un Mélenchon pour dire que la dette publique, on s'en fout, on ne la remboursera jamais !)  ! 

 - Il a aussi très bien compris qu'il n'y a pas 36 politiques économiques possibles et que les options dont disposent les dirigeants politiques quel que soit leur bord sont proches les unes des autres (avec peut-être une exception pour une réforme radicale de la fiscalité mais est-elle réellement possible et en combien de temps ?) et qu'elles n'ont qu'un impact bien limité sur l'activité globale du pays et particulièrement sur un chômage devenu endémique depuis 40 ans.

- Il a enfin parfaitement intégré que réformer notre pays est extrêmement difficile car il y a trop de corporatisme, d'égoïsmes sectoriels, d'intérêts divergents, de barrières idéologiques, pas ou peu de culture du consensus mais au contraire une recherche systématique de l'affrontement et de l'épreuve de force et surtout d'un manque évident de "vivre ensemble" en un mot de civisme et donc de volonté collective de se donner un ou des  buts communs.

L'espace européen ensuite :

- Notre électeur (toujours aussi fûté) voit bien que l'Union Européenne est devenue un "grand machin" (pour reprendre l'expression fameuse de De gaulle au sujet de l'ONU) dans lequel les généreuses idées des Pères fondateurs se sont dissoutes et où s'affrontent les réflexes, les crispations, les égoïsmes nationaux avec une désolante inefficacité commune sans parler du "cheval de Troie" britannique qui n'a jamais vu dans l'UE qu'un simple espace économique ouvert à tous les vents. Il a bien compris, notre électeur de base, que cette Europe-là est incapable de protéger son emploi, sa vie sociale, son environnement voire même sa culture.

L'espace mondial enfin :

- Notre brave électeur découvre tous les jours les bienfaits (les prix qui baissent notamment dans l'électro-ménager, l'habillement et l'électronique en général) mais surtout les méfaits de la mondialisation (fermetures, faillites, délocalisations, précarité, pouvoir d'achat...) sur son environnement et a bien compris que cette circulation effrénée des services, des biens et des capitaux profite d'abord au capitalisme international et à tous ceux qui "font de l'argent avec de l'argent", accessoirement aux pays en voie de développement mais sûrement pas à lui, en tous les cas tant que des mécanismes internationaux efficaces de régulation ne seront pas mis en place....et quand il voit comment çà se passe au niveau européen on ne peut que partager son incrédulité sur une régulation mondiale à court ou moyen terme ! Le brave citoyen sent bien que la nouvelle organisation économique mondiale, basée sur des théories économiques ultra-libérales et une excessive financiarisation, privilégie le profit au dépens de l'homme, accentue les inégalités et que la vision humaniste de l'activité humaine (l'économie au service de l'homme) souvent évoquée du temps des "trente glorieuses" est peut-être perdue à jamais !

L'électeur de base, cartésien et raisonneur comme tout bon français qui se respecte, à l'examen de tout ce qui vient d'être développé ci-dessus, en arrive donc à la désolante conclusion...qu'il a plutôt bien raison d'être résolument pessimiste non par masochisme mais tout simplement par raison !!

 

 


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