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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 14:03

Le match Sarkozy - DSK pour les prochaines élections présidentielles de 2012 semble s'avérer de plus en plus probable et cela ne doit sûrement pas trop réjouir les tenants actuels du pouvoir qui préféreraient jouter avec un leader de gauche sinon contesté du moins mollement soutenu par certaines fractions de son électorat naturel.
Au cours de sa toute récente visite en France, notre DSK national a laissé la porte ouverte à son éventuelle candidature en avouant à RTL qu'il "se reposerait la question dans certaines circonstances...". Ce que l'on traduira - sans être grand clerc en la matière -  par un appel massif et incontestable des électeurs de gauche lors des primaires prévues en 2011 lui assurant ainsi l'hégémonie de la candidature socialiste.
Son mandat de Directeur Général au FMI se terminant en octobre 2012, il faudrait donc qu'il démissionne d'un poste fort juteux, valorisant et -disons-le- assez peu risqué (c'est toujours plus facile de faire la leçon économique aux autres du haut d'une chaire new-yorkaise que de mettre soi-même les mains dans un "cambouis" national !) pour se lancer dans la bagarre politique hexagonale contre la machine UMP.
Cédera-t-il aux sirènes de la gloire et à l'envie d'une empoignade avec le président sortant ?
On sait l'animal politique intelligent, calculateur mais on sait aussi qu'il n'a pas le courage héroïque d'un Don Quichotte et qu'il n'a qu'un goût fort modéré pour les combats confus et hasardeux ! Il faudra donc sans doute qu'il juge ses chances de gagner suffisamment fortes pour se lancer dans l'aventure.
Ses chances de l'emporter en 2012 sont-elles réelles ? 
Au regard de la situation politique d'aujourd'hui, beaucoup de facteurs militent sans aucun doute pour un succès socialiste. En premier lieu, l'usure classique du pouvoir qui semble avoir des effets précoces même au sein de la famille UMP dont beaucoup de membres n'ont plus la considération qu'ils avaient en 2007 pour leur intouchable et hégémonique meneur d'alors. Sarko et son escouade de conseillers paient sans doute là leur arrogance et leur précipitation à tout bousculer en voulant mener un ambitieux plan de réformes au pas de charge (mais comment réformer autrement cette ingouvernable pays figé dans ses clivages et ses idéologies dépassés ?)
En deuxième lieu, la lassitude d'une population traumatisée par l'ampleur de la crise économique actuelle et ses conséquences dramatiques sur l'emploi, le pouvoir d'achat et les déficits publics. Sarko n'est évidemment pour rien dans le déclenchement de cette épouvantable crise et son énergique réaction a même été internationalement appréciée mais il a eu la malchance de la subir au cours de son mandat et l'opinion désemparée, sous le matraquage médiatique de toutes les gauches trop heureuses de goberger sur "l'échec" économique du gouvernement, lui en tient injustement rigueur. Il est sans doute illusoire d'espérer de la part du français moyen de faire la part des choses. Il lui faudrait pour cela disposer d'une réelle culture économique qui le détournerait des aberrants discours égalitaristes, préconisant le "tout-état" ou - pire - le repli sur l'hexagone des différentes gauches françaises pour sortir le pays de ses difficultés.
Si donc les chances de l'emporter sont réelles pour DSK, quelles seront ses chances de mener avec succès une politique économique adaptée aux circonstances ?
L'équation actuelle de l'économie française est bien connue de tous ceux qui s'y intéressent ! 
On peut même parler, à ce sujet, de quadrature du cercle ! 
Il faut, en même temps :
       - redresser les comptes publics, ce qui suppose de contenir puis de réduire les déficits publics (Etat, organismes nationaux et régionaux, sécurité sociale)
       - dynamiser le secteur industriel qui se désertifie par manque de compétitivité et d'investissement et qui perd des parts de marchés à l'exportation.
       - réduire le chômage notamment des jeunes et des seniors
       - poursuivre les réformes de l'Etat (administration, fiscalité, répartition des richesses,...) indispensables à la bonne santé d'un Etat moderne dans l'environnement mondialisé qui nous est imposé, qu'on le veuille ou non.
L'homme DSK est brillant, sans conteste un excellent économiste qui sait quelle politique économique il lui faudrait mener mais où trouvera-t-il les supports politiques pour mettre en oeuvre la nécessaire rigueur (surimposer les "riches" et les classes moyennes, là çà ira tout seul mais il sait très bien que cela ne sera pas suffisant et cela ne constitue pas une politique) et les mesures forcément déplaisantes pour son électorat (sans parler de la gauche-gauche qui aura tôt fait de l'accuser de traîtrise et d'être devenu un agent du capitalisme !)
On se rappellera que le DSK, ministre des finances de Jospin avait brillamment réussi...dans une conjoncture économique très favorable (c'est quand même plus facile avec une croissance supérieure à 3% !)
Le DSK président ne retrouvera pas - sauf miracle toujours possible - la conjoncture économique des années 80. Il courra même le risque de subir une nouvelle crise (non plus venant des banques mais des Etats eux-mêmes) et comme, entretemps, la France s'est accrochée aux pieds l'énorme boulet de sa dette publique, il y a fort à parier qu'il ne se paie à l'Elysée une sacrée galère qui lui fasse regretter les délices new-yorkais !

Tout bien considéré, peut-être préférera-t-il - le dévouement à la cause publique n'étant sans doute pas sa vertu cardinale - laisser le "sale boulot" à un autre (voire à Sarko lui-même) plutôt que de ruiner sa réputation de surdoué de l'économie !








 

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