Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 11:05

 

D'intéressantes informations nous parviennent du Brésil qui pourraient nous porter à croire que le bon sens économique - que la mondialisation effrénée des capitaux, services et produits semble avoir fait perdre aux dirigeants de nombreux pays - a trouvé refuge auprès de madame Dilma Roussef, la brillante nouvelle présidente d'un grand pays devenu la huitième économie mondiale.


Dilma-Rousseff-oto-oficial-2011.jpg

 

Cette courageuse personne qui n'avait pas hésité à se dresser contre une dictature militaire de sinistre mémoire, a succédé il y a quelques mois au président Lulla dont elle avait été le chef de cabinet. Elle vient de lancer un plan national dénommé "Brasil maior" dont les mesures ont non seulement reçu l'assentiment des patrons de l'industrie mais frappent par leur bon sens et leur pertinence économique. 

Constat ayant été établi d'un manque général de compétitivité de l'industrie nationale malgré les grands succès économiques récents que l'on rappellera ci-dessous, la présidente n'hésite pas à dénoncer la concurrence déloyale de certains pays ou certaines formes de dumping (la monnaie locale le Real s'est appréciée par exemple  de 50 % par rapport au dollar depuis 2008 !)  et à prendre d'énergiques mesures de correction telles que :

         - Réserver 25% des contrats publics aux produits et services nationaux

        - Imposer au secteur du batiment bénéficiant de crédits pour la construction de logements sociaux l'emploi de produits  et services locaux.

       - mettre en place une politique industrielle à base d'incitations, financement, allégements fiscaux variables selon les secteurs pour les industrie de main-d'oeuvre menacées par la concurrence internationale avec contrôle des résultats par une commission mixte (gouvernement - producteurs - société civile)

       - renforcer les investissements dans l'innovation par la Banque Brésilienne de développement (BNDES)

        - assujettir l'octroi de licences d'importation à la mention de l'origine véritable des produits afin d'éviter des transits indirects évitant ou réduisant  les taxes d'importation.

 

Certains beaux esprits de par chez nous ne manqueront sans doute pas de faire remarquer que certaines de ces mesures fleurent bon le libéralisme économique qui n'a pour but que de "rendre les riches encore plus riches" (pour pasticher une nouvelle fois une de nos candidates-démagogues que les lecteurs de ce blog reconnaîtont aisèment).

C'est oublier que cette présidente (qui a un diplôme d'économiste en poche à la différence de qui vous savez) était la candidate du parti des Travailleurs qui est d'essence marxiste et qui a su évoluer vers un socialisme promouvant l'égalité sociale, la démocratie et la liberté d'organisation et d'expression.

Belle leçon de pragmatisme ! Cette dame a su mettre l'idéologie au placard pour d'abord penser performance économique et mieux-être de sa population.

 

On rêve que nos beaux esprits de gauche en prennent de la graine et on échangerait bien nos deux candidates-idéologues contre une telle dirigeante !

    

   

NB : Les résultats brésiliens :

            7.5% de croissance en 2010 (4% déjà assurés pour 2011)

            Réserves de devises de 327 milliards de dollars   (Le Brésil est devenu l'un des principaux créanciers des Etats-Unis !)

             Chômage de 6.5% en juin 2011 


Partager cet article

Repost 0

commentaires

caro-reseau socialLa resultato de tiu evento recev 08/08/2011 22:53



L"appréciation de la monnaie en tant que surévaluation de sa valeur est intéressante à court terme car elle rend les importations moins coûteuses; mais qu'en sera-t-il à long terme pour les
exportations? Cette stratégie n'est-elle pas dangereuse?



Pauledouard 10/08/2011 10:14



L'appréciation du "réal" est liée d'une part à la bonne santé de l'économie brésilienne mais aussi à l'inflation courante qui oblige la banque centrale brésilienne a maintenir des taux d'intérêts
élevés qui encouragent l'arrivée de capitaux internationaux, ce qui renforce encore la monnaie. La priorité ira sans doute d'abord à l'inflation puis ensuite à la résistance au dumping monétaire
des USA (qui pratiquent depuis fort longtemps le flottement à la baisse du $ pour faciliter leurs exportations) et de la Chine probablement par renforcement des taxes ou procédures contraignantes
à l'importation et des aides diverses à la production locale. L'art d'une politique économique est de trouver les bons équilibres entre des décisions aux effets souvent contradictoires. Sans une
régulation internationale - qui n'est pas pour demain -  de la mondialisation, chaque Etat ne peut qu'agir seul pour défendre sa production et le niveau de vie de sa population, ce qui
explique le blocage des négociations à l'OMC depuis des années. Le libre-échange est une invention de filous (anglo-saxons comme par hasard) qui profitent de la naîveté des autres !



Présentation

  • : le blog pauledouard
  • : Blog d'intérêts variés concernant l'économie, la politique, l'histoire, l'Esperanto, les sciences, l'astronomie, les souvenirs
  • Contact

Profil

  • Pauledouard
  • Ingénieur retraité. professeur d'Esperanto via Internet. Nombreux pôles d'intérêt: Actualités économiques, politiques, internationales. Histoire. Sports. Nouvelles technologies. Astronomie
  • Ingénieur retraité. professeur d'Esperanto via Internet. Nombreux pôles d'intérêt: Actualités économiques, politiques, internationales. Histoire. Sports. Nouvelles technologies. Astronomie

Recherche

Liens