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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 11:14

En feuilletant récemment une petite encyclopédie, je suis tombé sur le fameux Serment de Strasbourg scellant l'accord de "bon voisinage" entre les petits-fils de Charlemagne, Charles le chauve et Louis le germanique qui avaient hérités avec leur frère Lothaire des parties de l'empire carolingien.
Une version française de ce serment avait été établie, constituant le premier document officiel historiquement connu de la langue française.
Cette version française qui date de près de 12 siècles (an 842) n'a - comme on peut le constater ci-dessous - qu'un rapport fort lointain avec le français moderne et fournit l'occasion d'apprécier l'évolution de notre langue nationale au cours des siècles !

TEXTE ORIGINAL :
Pro Deo amur, et pro christian poblo et nostro commun salvament, d’ist di in avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre Karlo et in aiudha et in cadhuna cosa si cum om perdrei son fradra salvar dist in o quid il mi altresi fazet, et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai, qui meon vol, cist meon fradre Karle in damno sit.

 Ce qui peut se traduire en français moderne :

 Pour l’amour de Dieu et pour le salut commun du peuple chrétien et le nôtre, à partir de ce jour, autant que Dieu m’en donne le savoir et le pouvoir, je soutiendrai mon frère Charles de mon aide et en toute chose, comme on doit justement soutenir son frère, à condition qu’il en fasse autant ; et avec Lothaire je ne prendrai aucun arrangement qui, par ma volonté, soit préjudiciable à mon frère Charles que voici.

Une première évidence saute aux yeux de tous ceux qui dans leur jeunesse se sont frottés au latin. La "matrice" latine est partout présente tant aux niveau des racines de mots qu'aux lettres finales indiquant des restes de déclinaisons chères aux latinistes. il s'agit non pas du latin des lettrés (passé entretemps à la "moulinette" ecclésiastique) mais d'un latin "populaire", abâtardi après beaucoup de modifications, déformations et de simplifications au contact pendant 8 siècles avec les dialectes gaulois d'abord puis les parlers germaniques des envahisseurs à partir du 4ème siècle.
On y trouve aussi, assez naturellement, quelques occlusions germaniques et de manière amusante quelques mots qui ont traversé les siècles sans réels dommages et que l'on retrouve dans différents parlers romans, comme par exemple ce verbe "prindre" toujours présent dans le patois picard, le mot "aiudha" ("ayuda" en espagnol), le mot "cosa" (italien) ou le mot "plaid" devenu plaidoirie ou plaidoyer en langage juridique français.

 




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  • Ingénieur retraité. professeur d'Esperanto via Internet. Nombreux pôles d'intérêt: Actualités économiques, politiques, internationales. Histoire. Sports. Nouvelles technologies. Astronomie
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