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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 13:37

 

Dans notre grande revue des Maréchaux du premier Empire, nous avons vu successivement ceux que l'on a classé (arbitrairement, selon nos propres critères et sans tenir trop compte de leur popularité historique) au "top" puis un malchanceux accablé (Grouchy). Aujourd'hui, nous nous proposons d'examiner l'une des figures les plus pittoresques de l'époque :

Le Maréchal François-Joseph LEFEBVRE, duc de Dantzig.

 

 

Le goût des choses militaires lui fut sans doute transmis par son père, hussard du Roi ou gendarme selon les légendes. Tôt orphelin, il est recueilli par un oncle curé qui se met dans la tête de faire de ce neveu-là son successeur au service de Dieu. L'enfant gardera de l'enseignement de son oncle une solide formation en français, en Allemand (il faut dire au passage qu'il est né à Rouffach, en Alsace ce qui a dû grandemant faciliter la maîtrise de cette langue) mais aussi en grec et en latin ! S'il a des dispositions pour les langues, notre jeune gaillard n'en a guère pour les affaires d'église. Fatigué des soins et sermons de l'oncle, voilà notre adoslescent (il a alors 17 ans) qui fugue et s'enfuit vers Paris, balloche à l'épaule et dormant dans les fossés ! Sitôt arrivé, il s'engage dans les Gardes Françaises du Roi.

Après 10 ans de services, le voilà promu sergent. Nous sommes en 1782. Il épouse une blanchisseuse de la rue Poissonnière (la future fameuse madame "Sans-gêne" de la Cour impériale) qui lui donnera 14 enfants (les femmes étaient prolifiques à cette époque-là mais la mortalité infantile était terrible. 13 n'atteindront pas l'âge adulte !). Il est lieutenant en 1789 et son comportement pendant les émeutes de Paris sera celui d'un homme de devoir, fidèle à son serment. Il protégera le départ pour l'émigration de ses supérieurs et sera blessé en défendant la famille royale lors de son transfert aux Tuileries. Quand la République est instaurée, il sert d'abord dans la Garde Nationale puis va faire une carrière fulgurante aux armées du Nord où nous le retrouvons Général de brigade en 1793 puis Général de division en 1794 sous les ordres de Kellermann, un autre fameux général alsacien. Devenu Gouverneur de Paris, son soutien va être déterminant pour la réussite du coup d'Etat du 18 Brumaire qui amène Bonaparte au Consulat puis bientôt à la tête du pays. C'est lui qui pénètre (et non pas Murat), l'épée à la main dans la salle de réunion des Cinq-Cents et qui les expulse "manu militari", à la tête de ses grenadiers.  Napoléon le récompensera en le faisant sénateur en 1800 puis Grand-aigle de la Légion d'honneur et enfin Maréchal en 1804 lors de la première grande série de nominations militaires.  Ses rudes manières et le comportement de son ex-lingère de femme vont le desservir auprès de l'Empereur qui s'irrite que sa Cour impériale ressemble à un corps de garde !

Napoléon n'utilisera les talents militaires de notre nouveau Maréchal qu'à partir de 1805 et notamment lors de la campagne d'Allemagne de 1806 au cours de laquelle il commande à Ièna l'infanterie de la Garde impériale. En 1807 il va s'illustrer lors de la campagne contre la Prusse et après la bataille d'Eylau il va accomplir son fait de guerre le plus éclatant en s'emparant de la forteresse de Dantzig, ce qui lui vaudra de recevoir le titre de Duc. A ses artilleurs qui lui font part de leurs difficultés techniques lors du siège il a cette réponse superbe de soldat fonceur : "Je n'entends rien à vos histoires mais faites-moi un trou la-dedans et j'y passerai !"

L'année 1808 va le trouver en Espagne où il remporte de nombreuses batailles contre les espagnols mais aussi contre les anglais qui ont débarqué sur le continent. En 1809 il sert en Allemagne où sa connaissance de la langue est des plus utiles. Il va commander notamment l'armée du Tyrol sans toutefois venir à bout d'une révolte nationale. D'une fidélité sans faille, il va, à la tête de la Vieille Garde, accompagner l'empereur en Russie d'abord puis jusqu'aux ultimes combats de la campagne de France de 1814. Il ne le quittera qu'après la première abdication. Fait Pair de France par Louis XVIII, il vote par pragmatisme la déchéance de l'Empereur mais se ralliera à lui lors des Cent jours. Son âge et ses infirmités ne lui permetront pas de participer à la fin de l'épopée napoléonnienne. Il mourra en 1820 et sera enterré au Père Lachaise à côté du tombeau de Masséna.

Profil sympathique que celui de cet homme du peuple plongé dans les tourmentes historiques de son époque. Personnalité fort pittoresque aux manières frustres, c'est un homme bourru mais juste, au caractère trempé, populaire car proche de ses hommes qu'il emmène au combat avec la courage et la bravoure tranquilles du soldat de métier qui fait son devoir jusqu'au bout avec une fidélité sans faille. Voilà un bel exemple d'homme de devoir et de panache aux engagements indéfectibles.

 

 

 

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