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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 09:03

 

En janvier dernier dans un premier article sur ce sujet, avait été traitée la situation actuelle du SRM et les risques de crises financières qu'il risque d'engendrer dans un futur plus ou moins proche. Dans ce nouvel article, on revient sur les origines du système afin de mieux comprendre les motivations de sa création puis son évolution jusqu'à nos jours sous l'influence des nombreux évènements qui ont accompagné le développement  mondial depuis le milieu de 20ème siècle.

Le SRM est issu des Accords de BRETTON WOODS de 1944 qui virent aussi la création du fameux FMI (Fonds Monétaire International), accompagné d'autres institutions complémentaires tels que la BIRD (Banque Internationale pour le Développement et la Reconstruction), futur constituant de la BM (Banque Mondiale) et aussi le GATT, précurseur de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce). L'idée directrice des ces accords était d'assurer une sorte de police monétaire internationale afin d'éviter le retour de crises financières aigues de type de celle de 1929 avc son chapelet de conséquences mondiales catastrophiques (grande dépression économique suivie de la seconde guerre mondiale). Le système monétaire imaginé et ratifié à BW reposait sur les 3 règles suivantes : Etablissement d'un taux fixe officiel de chaque monnaie établi sur l'or ou sur l'US dollar convertible en or (le fameux "Gold exchange standard"); Autorisation de fluctuation de ces parités fixes dans la limite de 1%; Défense par chaque Etat de sa parité monétaire via l'équilibre de sa balance des paiements. Le FMI créé dans la foulée avait donc pour mission initiale principale de garantir la stabilité du nouveau système afin de permettre l'essor du commerce mondial. Ses moyens d'intervention seront des prêts accordés aux pays en difficultés. A noter qu'à BW un premier projet de Banque Centrale Mondiale émettant une monnaie internationale avait été présenté par le grand économiste anglais J.M. KEYNES mais aussitôt repoussé par les Etats-Unis, soucieux d'instaurer la suprématie du DOLLAR dans les échanges mondiaux, avec les conséquences que l'on verra par la suite.

Comment fonctionnait donc le FMI dans le cadre des accords de BW ? Ses ressources provenaient des versements des pays membres fixés selon leur puissance économique (les "quote-parts"), lui permettant d'assurer un rôle d'intermédiaire financier entre les Etats en octroyant des prêts aux banques centrales selon leurs besoins et sous certaines conditions (notamment de se conformer au recommandations du FMI sur leur politique monétaire). Sa gouvernance était assurée par un système de votes dans lequel les voix étaient pondérées par la quote-part versée, ce qui assurait une domination écrasante des pays les plus puissants et notamment, bien sûr, les Etats-Unis détenteurs de 25% des droits de vote, d'un droit de véto (ils sont les seuls à disposer de ce pouvoir !) mais aussi bénéficiant de la possession de la seule monnaie de réserve, l'US $ convertible en or, leur pemettant de s'affranchir des règles imposées aux autres Etats concernant les déficits, ce dont ils n'allaient pas se priver par la suite ! En résumé, il s'agissait donc tout bonnement d'un système taillé sur mesure pour assurer l'hégémonie américaine sur le monde dit-libre (l'autre monde étant, quant à lui, sous la domination soviétique). Dans le chaos de l'après-guerre, d'une Europe (Russie incluse) totalement épuisée, d'un Japon détruit et d'une Chine ravagée, c'est la loi du vainqueur donc du plus fort qui s'imposait. Rien de bien surprenant ! Mais un tel système déséquilibré n'allait pas manquer de générer des soubresauts :

Dès 1960 une 1ère crise éclate, résumée par le "paradoxe de Triffin" qui n'a, à ce jour, nullement perdu de sa pertinence si l'on remplace le terme" taux de convertibilité en or" par un autre terme "niveau de confiance" :  Pour alimenter le développement économique mondial les Etats-Unis doivent fournir des quantités de plus en plus importantes de $ (seule monnaie de réserve, rappelons-le) et, en même temps, restreindre leurs émissions de monnaie pour "tenir" le taux fixe de convertibilité du $ en or ! contradiction absolue et insoluble ! Triffin, économiste américain lucide, propose alors la création d'une Unité de compte propre au FMI, convertible en or mais indépendante du $. Cette deuxième tentative de création d'une monnaie internationale est, à son tour, repoussée par le veto américain, pour des raisons faciles à deviner.

A la fin des années 60, nouvelle crise créée par une spéculation contre le $, ce qui provoque en 1968 la suspension puis la suppression de la convertibilité du $ en or par le président NIXON. En 1969, nouvelle tentative de faciliter le financement des échanges par la création des DTS (droits de Tirage Spéciaux) qui sont toujours d'actualité et maintenant basés sur un panel de monnaies parmi les plus importantes.

En 1976, c'est la fin du système de BW et, via les accords de la Jamaïque, le retour au flottement des monnaies. Le FMI perd alors son rôle initial principal de garantie des taux de changes et va se contenter de soutenir, avec un succès très contestable, les économies en difficulté dans le cadre de 3 missions principales : Accorder des prêts; Conseiller (!) les Etats membres en difficulté; Fournir l'assistance technique et la formation nécessaires. On va donc maintenant entrer dans un nouveau système dont l'instabilité va aller croîssante.

Revoyons les règles de fonctionnement mises à jour du FMI : Il y a maintenant 185 membres. Les ressources (210 milliards de DTS soit environ 300 milliards $) sont toujours assurées par les versements de quotes-parts et le système de vote n'a guère changé, assurant de fait le droit de veto aux seuls Etats-Unis. Il existe un Conseil d'administration de 25 membres, où sont présents en permanence les pays le plus puissants en termes économiques. Les décisions sont prises à l'unanimité ou à la majorité qualifiée de 85%. La politique d'intervention auprès des Etats membres a été définie dans le fameux "Consensus de Washington" document ultra-libéral dans lequel les mesures imposées aux pays solliciteurs sont du type remède de cheval, plus apte à tuer le malade qu'à le guérir : Retour à l'équilibre budgétaire par réduction des dépenses (principalement sociales ou d'infrastructure) et augmentation des impôts (pour accabler un peu plus l'indutrie balbutiante ou déjà vacillante et les acteurs économiques !), dérégulation du marché du travail (pour plus de flexibilité dans le sens de la précarité) et moins de protection sociale. Armé d'une telle théorie, le FMI allait réaliser des "miracles" dans les décennies suivantes !

Et les mises à l'épreuve du système monétaire international n'allaient pas manquer dans les dernières décennies du 20ème siècle ! Dans les années 80 c'est la crise de la Dette du tiers-monde qui éclate. Le FMI va imposer aux malheureux pays étranglés par leur dette une politique d'ajustement structurel qui va les enfoncer un peu plus dans la pauvreté. Les années 90 voient l'éclatement du bloc soviétique et le passage brutal d'économies étatiques planifiées  à des économies démocratisées (souvent en apparence, les anciens apparachiks récupérant vite leur pouvoir) et libéralisées (avec tous les excès d'un changement trop rapide et mal contrôlé). Là encore le FMI sera incapable d'apporter une aide efficace. La Russie verra son PIB s'écrouler de 40% en quelques années et sa dette prendre des proportions apocalyptiques ! A la même époque, c'est le Mexique qui entre en crise suite à un endettement excessif. Il n'en sortira qu'avec l'aide (interessée) des crédits commerciaux des Etats-Unis qui vont imposer leur politique économique (pillage des actifs et destruction des industries locales par l'importation libérée des droits de douane des produits manufacturés américains) dans le cadre d'un accord par trop défavorable (ALENA). Dans les dernières années du siècle, les crises s'enchaînent : L'Indonésie, puis la Malaisie, puis la Corée du Sud et en partie le Japon sont pris dans la tourmente, bientôt suivies par l'Argentine. Toujours les mêmes causes liées à un niveau d'endettement excessif suivi d'une perte de confiance des prêteurs réclamant brutalement le remboursement et entraînant le plongeon des pays concernés dans la crise financière. Le FMI accordera des prêts...pour le remboursement prioritaire des créanciers et non pour les corrections structurelles nécessaires ! Bel exemple d'égoïsme des pays riches vis-à-vis des pays en développement ! Les pays du Sud-est asiatique retiendront bien la leçon et on les y reprendra plus ! Quant à l'Argentine elle annulera de son propre fait les 3/4 de sa dette lors du remboursement et se passera désormais des éminents services du FMI !

Bref, à l'aube du 21ème siècle, le bilan du FMI est tout sauf satisfaisant et le système monétaire mondial n'a pas du tout trouvé son équilibre. Il porte toujours en son sein la même contradiction fondamentale liée à l'emploi presque exclusif d'une monnaie de réserve (l'US dollar) dont l'expansion des liquidités (nécessaire au développement des échange mondiaux) est financée par le déficit de la balances des paiements américains ! Devant les risques d'une perte de confiance (de plus en pls perceptible) dans la monnaie américaine, des corrections apparaîssent qui ne pourront à terme pallier la nécessaire et profonde réforme du Système de Réserve Mondiale.

Cette réforme sera traitée dans un article ultérieur.

 

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