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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 12:15

 

On peut théoriser sans fin, et nos commentateurs politiques ne s'en privent pas en cette période pré-électorale, sur les clivages politiques : système/anti-système, gauche/droite, progressisme de gauche/conservatisme de droite, etc... Tous ces concepts permettent de brillantes constructions intellectuelles qui n'intéressent générallement que les initiés ou les professionnels de la politique mais qui permettent d'amuser la galerie, de faire de beaux "effets de manche" ou, pire, de réaliser de savants camouflages d'intentions plus ou moins avouables.

Tout bon citoyen s'intéressant à la chose publique et désireux d'avoir une vision claire des grands enjeux contemporains ne peut manquer de s'interroger sur ce qui caractérise l'époque actuelle comparée à un passé récent. Cette réflexion l'amène, en simplifiant sans trop d'outrance, à identifier les quelques points fondamentaux décrits ci-dessous :

Après l’échec patent des tentatives collectivistes d’organisation de la société et de la production et les désastres sociaux et économiques engendrés (il y a encore malheureusement des gens pour mettre cela en doute après les exploits des Staline, Mao, Pot Pol, Castro.. !!) force est de reconnaître qu’il n’y a qu’une seule chose qui marche si on veut à la fois le progrès social et le progrès économique : c’est l’économie de marché. Il y a 40 ans, c’était loin d’être évident pour tout le monde !

La rivalité politico-militaire Est/Ouest a été remplacée par la constitution de blocs économiques (Amérique - Europe - Asie du sud-est) à la fois concurrents et collaborant (peu ou prou) à travers des organismes internationaux encore fragiles mais qui échangent de plus en plus entre eux.

L’explosion des échanges internationaux via la mondialisation a rendu impossible le retour en arrière vers des économies nationales autarciques. S’en plaindre ne servirait à rien. Les nations doivent s’adapter ou péricliter. Au passage, cette mondialisation a permis une forte extension de la démocratie à travers le monde et une croîssance économique mondiale significative.

Cette mondialisation de l’économie et les énormes flux financiers qu’elle engendre, rend illusoire l’ambition d’un état de maîtriser les évolutions de sa propre économie, ne lui permettant que des évolutions à la marge via notamment ses politiques fiscales et sociales. En clair, un état, un pays ne maîtrise plus son propre destin. Bon gré, mal gré, il doit faire avec les autres !

Le modèle économique dominant (libéralisme économique) laissé à lui-même génère ses propres excès (financiarisation excessive, recherche du profit immédiat via les Hedge funds et autres fonds de placement divers au détriment d’un développement réfléchi et durable, délocalisations, pollutions incontrôlées, déforestations, exploitation des populations les plus faibles, sociétés multinationales et holdings financiers imposant leur loi...) considérés, à raison, comme des menaces par les populations nationales et rendant évident le besoin d'une organisation internationale puissante et contraignante, non seulement économique mais aussi politique, financière, juridique, pour la protection des faibles (populations, états, nations voire continents entiers comme l'Afrique) et la garantie ou - a minima -  la recherche de l'équilibre mondial des forces et des échanges.

A partir de tels fondamentaux que la sagesse populaire a mieux assimilés que ne le pensent souvent les hommes politiques, quelles sont les grandes options possibles - hors toute idéologie - à la disposition de nos candidats (ceux que l'on peut considérer comme sérieux, pas ceux qui rabachent un catéchisme gauchiste, alter-mondialiste, lobbyiste ou nationaliste outrancier : Aïe ! çà en fait pas mal à éliminer !) à l'élection présidentielle pour une politique nationale française ?

Tout bien réfléchi, il n'y a, en fait, que deux grandes options :

La 1ère option, la plus évidente et à peu-près partagée par les candidats (les sérieux, toujours !) à la présidence, est de chercher à renforcer l’organisation européenne (ce n'est pas une mince affaire !) et les organismes internationaux existants (OMC bien sûr mais aussi d'autres) afin de réduire les dysfonctionnements des échanges (dumpings divers, déséquilibre des monnaies et des forces en présence..), de protéger les économies européennes, d’améliorer les relations multilatérales et de protéger la nature.

La 2ème option, la plus ouverte, et sur laquelle nos candidats s'étendent beaucoup car elle conditionne directement la vie de nos concitoyens, consiste à renforcer nos moyens nationaux pour améliorer nos chances (donc notre croîssance, notre emploi, notre niveau de vie...) dans la compétition mondiale. Vaste sujet, s'il en est car il remet bien des choses en cause : nos institutions, l'organisation, le fonctionnement, les prérogatives et le train de vie de l'Etat et de l'Administration (vous savez, celle que le monde entier nous envie !), l'enseignement, la recherche, la santé, la solidarité nationale, notre économie (et donc notre fiscalité), nos habitudes, nos relations sociales...et j'en passe !! On ouvre la boîte de Pandore... ! Selon ses sensibilités, chaque candidat va retomber dans les fameux clivages qui font les délices de nos politiciens : Plus d’état pour l’un, moins d’état pour l’autre ; des réformes radicales pour l’un, quelques retouches pour l’autre ; Plus de liberté (économique) pour l’un, plus de contrôle et de planification pour l’autre ; plus d’initiative pour l’un, plus d’assistanat pour l’autre; plus de responsabilité pour l'un, plus de protection inconditionnelle pour l'autre, etc, etc ...On peut décliner tout cela à l'infini !

Fort bien ! mais que conclure au sujet de nos candidats (les sérieux, encore une fois !). Sont-ils pragmatiques ou idéologues ?

Réponse : Les deux, mon général ! On a indéniablement affaire à une nouvelle génération de politiciens pragmatiques qui connaissent parfaitement les tenants et aboutissants des fondamentaux évoqués plus haut. Ils savent très bien que leurs moyens d'actions nationaux sont limités et que le salut national ne peut-être que dans le renforcement du bloc européen, d'une part et d'une organisation mondiale plus équitable et plus efficace des affaires du monde, d'autre part. Voilà pour l'aspect pragmatique. Maintenant la politique est aussi un spectacle destiné à la séduction des foules. Et comment séduire une foule sinon en lui disant ce qu'elle aime entendre (Je t'aime, aies confiance, je ne pense qu'à ton bonheur, je te protège, je rétablis la justice, je chasse et punis les méchants...) ou en lui répétant les bons vieux refrains simplistes droite/gauche, riches/pauvres, justice/injustice (inusable celui-là !), patron/ouvriers, public/privé, favorisés/défavorisés, progrès/réaction, etc...qui interpellent l'émotion et non la raison. Voilà pour l'aspect idéologue mais il n'a plus l'excuse de la conviction des vieux tribuns illustres.  

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