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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 14:10

 

Une partie peut-être aujourd'hui majoritaire de l'électorat français voit avec tristesse et amertume la France engluée dans ses blocages psychologiques, sociaux et structurels sans discerner une probable sortie de cet état à horizon visible. Elle a bien conscience que cet état de blocage est issu autant de notre histoire récente que de notre histoire ancienne. 

Les causes de cet état de blocage sont sans doute multiples et, sans vouloir faire de simplisme outrancier, on peut en discerner deux qui paraîssent principales : On situera la première dans cette volonté de contrôle centralisatrice héritée de Louis XIV et de son ministre Colbert, jamais démentie par la suite quelque fut la nature du régime en place (révolution, empire napoléonien, restauration, différentes républiques) et ce, jusqu'à nos jours avec les corollaires caractéristiques de cette volonté, à savoir d'une part, sa défiance voire sa suspicion vis-à-vis de l'individu et de ses entreprises et d'autre part sa prétention à vouloir tout organiser, tout régenter, se posant elle-même en ultime recours de toutes les revendications catégorielles dont notre peuple gaulois, toujours prêt à grogner et à se défouler dans les rues, s'est fait une spécialité. La seconde cause, on la situera dans ce refus viscéral de l'économie de marché, du "libéralisme" (le gros mot favori de nos chantres libertaires, prêts à étrangler nos libertés individuelles au nom d'un concept, le "peuple" !) prôné par une idéologie marxiste qui régna en maître dans la seconde moitié du vingtième siècle et qui imprègne fortement encore les milieux de l'enseignement, du syndicalisme et des partis de gauche. Qui n'a entendu avec tristesse ces jeunes dirigeants étudiants, lors des manifestations anti-CPE, débiter des discours truffés de références idéologiques dépassées, encouragés et flattés qu'ils étaient par des dirigeants de gauche trop heureux d'avoir des élèves aussi actifs et passionnés ! Qu'importent les désastreux échecs des sociétés soviétisées, qu'importe l'abandon de cette théorie économique par quasiment tous les partis de gauche européens, voir mondiaux ! Nos penseurs de gauche (la vraie, pas celle dévoyée dans la social-démocratie !) restent droits dans leurs bottes, tétanisés dans leurs convictions : Il leur faut du tout-état, de la chasse aux riches, de l'égalitarisme pour tous et des entreprises vaches-à-lait pour financer le tout...et, bien entendu, un emploi (sans oublier le logement au passage) pour tous, le chômage étant l'injustice suprême infligé au peuple par le capitalisme ! 

Comment sortir d'une telle situation dont l'absurde ferait rire s'il n'était si dramatiquement affligeant ! La gauche comme la droite au pouvoir depuis 30 ans n'ont su répondre aux attentes que par le laxisme budgétaire et l'endettement continu de l'Etat, fragilisant de plus en plus l'économie nationale sans apporter un remède efficace au chômage, paralysées qu'elles étaient toutes les deux par la crainte des réactions corporatistes du personnel public. La prise de conscience populaire de la gravité de la dette est sans doute une chance et devrait offrir un terrain favorable aux réformes profondes qui ne pourront sans cesse ête différées. Elle semble encourager les deux principaux candidats à la prochaine élection présidentielle à teinter leurs propos de "blairisme" avec le probable objectif de faire évoluer leurs propres troupes vers des conceptions moins manichéennes de l'économie et par là, leur faire accepter les réformes jugées par eux nécessaires. Dame Ségo joue sur le registre "donnant-donnant" de responsabilisation de l'individu par opposition à l'assistanat généralisé prôné depuis toujours par le parti socialiste. Maître Sarko joue, quant à lui, sur la libération des potentialités individuelles  et les simplifications législatives et juridiques. Tout cela irait plutôt dans le bon sens. Malheureusement, ils intégrent tous les deux dans leurs discours, tant de promesses électorales qu'on ne voit pas très bien d'où sortiront les économies et les marges de manoeuvre dont ils auraient besoin pour appliquer leurs programmes respectifs !

Hélas pour nos deux héraults, ne fait pas du "blairisme "qui veut ! Le vrai "blairisme", quant à lui, est une philosophie politique redoutable à laquelle les français auraient bien du mal à se soumettre : D'abord le règne sans partage du marché dans ses aspects mercantiles les plus brutaux, le pragmatisme avant tout, balayant sans vergogne ce qui n'est pas économiquement profitable, de l'exception culturelle à nos modes de vie en passant par la bouffe industrielle et la presse "de caniveau", l'inégalité sociale exacerbée avec les soins payants, les retraites privées, l'acculturation par des médias aux ordres de magnats milliardaires et la disparition programmée de la langue française au profit d'un améranglais planétaire. Il y a là de quoi faire frémir l'honnête homme qui ne se résoud pas au culte du veau d'or et qui préfère voir l'Homme plutôt que le dieu-argent au centre du projet humain !

Mieux vaut donc une voie française, bien de chez-nous,  pour sortir par le haut de notre bien médiocre situation économique plutôt qu'un modèle anglo-saxon bien éloigné de nos modes de vie et de pensée.

Reste à en trouver l'inventeur !

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  • Ingénieur retraité. professeur d'Esperanto via Internet. Nombreux pôles d'intérêt: Actualités économiques, politiques, internationales. Histoire. Sports. Nouvelles technologies. Astronomie
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