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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 13:12

 

A la relecture d'un précédent article, je me suis amusé à approfondir la paternité du mot guillotine qui désigne comme chacun sait ce mortel instrument d'exécution des condamnés à la peine capitale (laquelle mérite doublement son nom puisqu'on y laisse effectivement ...sa tête !). On s'aperçoit vite, en plongeant dans la documentation de l'époque, que le bon docteur Guillotin évoqué dans l'article concerné n'a parrainé le mot guillotine que suite à un concours de circonstances. Dire qu'il n'y fut pour rien serait exagéré mais ce fut bien la rumeur publique qui lui affecta ce parrainage suite à la diffusion d'une chanson composée par un journal royaliste qui évoquait "la guillotine, machine inimitable du docteur Guillotin, propre à couper les têtes". C'est ainsi que le nom lui resta.

Qu'en était-il réellement de ce bon docteur Joseph-Ignace Guillotin ? Un personnage fort intéressant, au demeurant. Né à Saintes en 1738, élève brillant poussé par ses maîtres, il éprouve une vocation pour la robe écclésiastique, entre chez les Jésuites puis enseigne à Bordeaux. Mais notre homme a l'esprit trop indépendant pour rester chez les religieux et voilà qu'il se lance dans de brillantes études de médecine au point d'être bientôt nommé docteur-régent de la faculté de Paris et remarqué par Louis XVI qui lui confie des travaux de recherche.

Chose remarquable, c'est à son instigation que le Conseil du Roi, en fin 1788, décide d'accorder au tiers-état une représentation égale à celles de la noblesse et de l'église pour les prochains états-généraux qui seront le facteur matériel déclenchant de la révolution.

Le voilà député de Paris en 1789 et dès le mois d'octobre il propose à l'assemblée nationale d'adopter le principe de la peine personnelle et de l'égalité des peines (à noter le remarquable progrès juridique que d'attacher la peine à la personne et non plus la faire rejaillir sur la famille et de la rendre égale pour tous) et d'appliquer à toute condamnation capitale la peine de décapitation par le moyen d'une machine dont il n'était pas l'inventeur puisqu'il fait, dans sa proposition, référence à une machine appelée mannaia connue depuis le 16ème siècle à Gênes. La proposition du bon docteur ne sera adoptée qu'en 1792 suite au rapport du chirurgien Louis (nom qu'il devait être difficile à porter à l'époque !) qui dirigera la construction, confiée à un mécanicien allemand répondant au doux nom de Schmitt, du nouvel instrument de supplice. La 1ère exécution concerna un voleur de grand chemin le 25 avril 1792. Ensuite la cadence d'utilisation fut, pour le moins, impressionnante.

Pour la petite histoire, notre bon docteur, emprisonné sous la Terreur, fut à deux doigts d'expérimenter  sur lui-même son "invention". Il fut sauvé in extremis par l'arrestation de Robespierre le 9 fructidor. Il avait eu chaud ! Il mourut dans l'anonymat 20 ans après.

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