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22 septembre 2006 5 22 /09 /septembre /2006 14:55

   

On ne craint que ce que l'on ne connaît pas ou mal et la responsabilité des leadres politiques n'est pas mince dans cette méconnaissance ! Lesquels de ces leaders, en effet, osent en prendre la défense ?
Ceux de la gauche n’en parlent évidemment pas ! Ce n’est pas « tendance » et pour eux çà sent le soufre (le profit, les multinationales, le libéralisme, la libéralisation des échanges…). Cà ne peut pas être une idée de gauche puisque çà ne parle que de créer de la richesse et pas de la distribuer !..et puis c’est bien plus « payant » électoralement de faire peur aux braves français en leur disant que les polonais ou les chinois vont venir leur prendre leur boulot ! Tout au contraire, ils n’ont pas de mots assez durs pour diaboliser cette mondialisation.

Les leaders de droite, curieusement, n’aiment pas trop non plus en parler ! Le discours économique sérieux passe mal auprès du français moyen, on risque de le lasser et puis çà peut lui donner l’impression qu’on est plutôt du côté du patron ou bien on peut se faire prendre à partie si une délocalisation d’usine vient de faire la une des journaux (beaucoup de journalistes se complaisent à émouvoir le bon peuple avec la fermeture d’un atelier au fin fond de la Corrèze ou du Pas-de-Calais parce que çà fait social mais ne parlent jamais des créations d’entreprises. Il s’en est pourtant créé plus de 300.000 ces douze derniers mois, soit plus de 800 par jour !)…et puis encore, il faut bien reconnaître qu’accuser les autres (l’Europe, la mondialisation…) de nos malheurs domestiques est une faiblesse à laquelle cèdent la plupart de nos gouvernants depuis fort longtemps !

Bref, à part quelques économistes sérieux mais guère audibles, il n’y a pas beaucoup de monde pour nous éclairer sur le sujet. Par contre, il y a foison d’idéologues pour nous en dire pis que pendre !

Sur un tel sujet, il faut avoir la religion des faits. Quels sont-ils ?

D’abord, un première évidence incontournable : la mondialisation, qu’on le veuille ou non, est là et bien là ! Les échanges commerciaux entre états progressent rapidement. Ils représentent aujourd’hui 20 % du PIB mondial  (ils n’en représentaient que 8 %  il y a 30 ans) et un retour en arrière, c’est-à-dire un retour à des économies fermées sur elles-mêmes et autarciques, est à proprement parler impossible et même impensable ! L’interdépendance financière, technologique et commerciale des économies nationales est telle que le phénomène est devenu totalement irréversible. Dont acte.

Ensuite, cette progression des échanges a coïncidé avec une période d’expansion mondiale qui atteint actuellement un zénith avec une croissance supérieure à 4 % depuis 4 ans. A noter que les croissances les plus fortes sont le fait des économies émergentes (7,3 % en moyenne cette année) et particulièrement de la Chine (10 % cette année et en 2007). De telles croissances ne peuvent s’expliquer qu’à travers les effets de la mondialisation (échanges commerciaux, transferts de capitaux et de technologie) et ces effets se répercutent dans l’ensemble de l’économie mondiale faisant enfin sortir la zone Euro de son enlisement avec une croissance prévue de 2,4 % en 2006 grâce à la progression de ses échanges.

Cette ouverture économique a eu un impact très fort sur le comportement des états. Sur cette même période de 30 ans, le nombre de pays ayant accédé à la démocratie a été multiplié par 4 ! Nul ne contestera que le recul des systèmes autoritaires ou despotiques soit un bienfait pour l’humanité.

Enfin, la mise en concurrence des économies nationales contribue fortement à l’innovation et à la baisse des prix de la plupart de nos équipements domestiques (TV, Hi-Fi, informatique, électroménager, etc…) ainsi que des équipements industriels, constituant par là-même une arme efficace contre l’inflation.

La France profite, quant à elle, largement du système. Nous sommes l’un des champions mondiaux de l’exportation qui, en 2005 , a représenté 26 % de notre PIB (soit 1 français sur 4  travaillant pour la mondialisation !) et nos échanges progressent fortement avec les pays émergents (Chine, Inde, …)

Alors, tout est-il rose dans la mondialisation ?

Bien sûr que non ! Les scénarios roses, çà ne se rencontre que dans les romans à 4 sous et la vie dans ce bas monde est toujours proche du drame et de la tragédie.

D’abord les facteurs de risques sont multiples (catastrophes écologiques, climatiques, guerres, terrorisme, crise financière, chantage énergétique…) et toujours prêts à enrayer la machine économique et donc la croissance.

Ensuite, les échanges et les organismes internationaux sont aujourd’hui outrageusement dominés par les pays les plus riches qui imposent (souvent avec beaucoup de cynisme) leur loi aux autres. L’OMC est dans une profonde impasse à cause des réflexes égoïstes nationaux de nombreux pays (tout le monde veut être gagnant et ne rien céder, ce qui renvoie à la quadrature du cercle !). Cette situation engendre un risque de multiplication d’accords bilatéraux toujours préjudiciables aux plus faibles  (les Etats-unis sont les champions de ce type d’accord asymétrique).

Par ailleurs des pans entiers de l’économie mondiale, voire parfois des économies nationales sont entre les mains de « voyous » maffieux ou de dictateurs s’appropriant toutes les richesses produites pour eux-mêmes et leur clan. De même, de multiples paradis fiscaux et autres « pavillons de complaisance » faussent continuellement le jeu des échanges et de la concurrence au détriment des Etats.

Enfin, les pays développés comme la France ne sont pas à l’abri des effets de dumping liés à de bas coûts de production de pays émergents ou des effets de change défavorables (le yuan chinois actuellement) et à des délocalisations de services ou d’industries (sans toutefois perdre de vue que les 2/3 de nos échanges se font à l’intérieur de l’Union Européenne, ce qui relativise fortement les effets néfastes de la mondialisation)

En fait et pour faire simple, la mondialisation présente les mêmes caractéristiques que le libéralisme dont elle s’inspire. C’est le meilleur moyen de faire croître les richesses mais laissé à lui-même il accroît les inégalités et rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Il doit donc être encadré par des règles émises par des organismes démocratiques internationaux, acceptés par tous et faisant force de loi afin que ce ne soit plus la loi de la jungle qui domine mais qu’au contraire tous les états et en particulier les plus pauvres puissent profiter des richesses créées et connaître un développement harmonieux. C’est un bon moyen, au passage, pour réaliser le co-développement des états d’Afrique qui nous causent souci avec leur émigrants (qui deviennent nos immigrants).

La bonne nouvelle, c’est que des voix s’élèvent même aux Etats-Unis comme celle de Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001, pour préconiser un « autre monde » (titre de son récent livre) dans lequel l’état d’esprit des dirigeants évolueraient vers un sentiment d’identité mondiale afin de créer les conditions d’une mondialisation juste et acceptée de tous. Nous voilà renvoyés à un problème de société. C’est aux citoyens du monde d’agir dans leurs Etats respectifs pour que ceux-ci  ne soient plus les monstres froids que l'on connait, uniquement soucieux de leur gloire et de leur intérêt.

Pour en revenir à notre Hexagone, plutôt que de pleurer sur un danger inévitable, il nous faut développer nos avantages comparatifs (les activités industrielles et de services où nous sommes bons voire très bons – mais oui, il n’y a pas que l’Airbus, il y en a beaucoup d’autres !) , encourager et aider nos PME/PMI à grandir et à exporter, renforcer fortement l’investissement et la recherche (l’innovation est le maître mot de la compétitivité). L'idéal serait de coupler cela avec une administration plus efficace et moins dépensière, une réforme de nos comptes sociaux, une réduction de la dette libérant des marges de manoeuvre pour l'investissement, la recherche publique et les interventions conjoncturelles, une libéralisation des services (l'activité tertiaire est maintenant majoritaire dans les sociétés développées contemporaines), des syndicats réformistes

...Bref, on n'est pas au bout du chemin !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           

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