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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 09:11



On a déjà plusieurs fois évoqué la nécessité d'un outil de communication commun pour l'Union Européenne, notamment dans deux récents articles des 02 et 15 avril derniers. L'obsolescence rapide de nombreux parlers locaux ainsi que le retour en faveur de langues régionales longtemps étouffées par des politiques nationales coercitives plaident en faveur d'un outil de communication qui serait à la fois neutre vis-à-vis des parlers existants et qui favoriserait la pratique des langues reconnues ou non reconnues officiellement par l'UE.
Au niveau mondial, les statistiques indiquent que parmi les 7.000 langues existantes, plus de 3.000 sont utilisées par moins de 10.000 personnes et quasiment condamnées à disparaître au cours du XXIème siècle. A un niveau moindre, en Europe, parmi les 123 langues recensées, plus de la moitié sont en situation difficile et une trentaine proches de l'extinction. L'explosion des échanges auquel nous assistons aujourd'hui ainsi que le raccourcissement des distances inter-cultures vont avoir un terrible effet de laminoir sur les modes de vie, cultures et parlers locaux dont un relatif isolement et la volonté de pérennité avait permis jusqu'à ce jour la survie.

Pour ce qui concerne l'Europe qui a choisi, pour le court terme, la voie du plurilinguisme et malgré des chances de succès aléatoires - voir article récent à ce sujet - il faudra une volonté politique communautaire forte renforcée par des politiques nationales efficaces pour maintenir le cap choisi avec le risque toujours présent de favoriser involontairement la langue anglaise déjà dominante dans les échanges internationaux et dont le renforcement ne pourra que laminer et marginaliser les autres langues européennes. 

Une politique réaliste pour le long terme devrait répondre aux contraintes suivantes :
              - Choix d'un outil de communication commun et neutre, évitant toute tension, prédominance, frustration et rejet au sein des peuples européens.
              - Choix d'un outil simple (phonétique, grammaire, vocabulaire, construction des mots et des phrases) permettant un apprentissage rapide.
              - Solution au problème crucial du lien entre langue et culture
              - Acquisition dès le primaire mais aussi par les adultes, via la formation permanente volontaire ou organisée, des bases et de la maîtrise de cet outil commun.
              - Qualités propédeutiques reconnues de l'outil commun, facilitant et encourageant l'acquisition de nouvelles langues régionales et nationales.

Un examen factuel et sans a priori montre qu'un outil répondant à ces critères existe...depuis plus d'un siècle !
Il ne s'agit pas d'une nouvelle langue puisqu'elle est vivante depuis 1887. Elle a une histoire, une culture qui a développé autour d’elle la production de nombreuses œuvres originales mais aussi de très nombreuses traductions. Cette langue fonctionne et elle est utilisée tous les jours partout dans le monde par plusieurs millions de locuteurs. Depuis sa création, elle se développe et étend son envergure. A titre d'exemple, le vocabulaire initial conçu par son créateur comprenait 900 racines. Il en compte désormais 16.000, car chaque spécificité technique ou professionnelle y a créé son propre vocabulaire, en général selon les racines les plus répandues dans les langues européennes, et cela sous le contrôle d'une Académie Internationale de sorte que la langue puisse vraiment s’appliquer à tous les secteurs de l’activité.
Sa simplicité et sa puissance sont vantées par tous ceux qui l'ont sérieusement examinée. A une grande simplicité grammaticale (seize règles fondamentales, sans exception) elle associe une puissance lexicale remarquable par l'usage de l'agglutination (association à une racine d'affixes invariables et de sens constant, évitant le phénomène de polysémie - sens multiple d'un même mot ou groupe de mots - très fréquent dans l'anglais par exemple) en faisant ainsi une langue dont la facilité d'apprentissage est estimée d'un facteur 10 par rapport à la plupart des langues nationales.
Le créateur de cette langue, pourtant d’origine judéo-slave, mais qui connaissait dix langues européennes outre le yiddish, voulut la constituer essentiellement à partir des langues romano-germaniques, riches en voyelles, et toutes plus ou moins dérivées du latin. C’est pourquoi elle est basée à 60 % sur des racines latines, à 30 % sur des racines anglo-saxonnes, et à 10 % seulement sur des racines slaves et qu'elle fait plus penser aux langues française, italienne ou espagnole qu’à l’anglais, à l’allemand ou au russe.
Son principe de création est, en fait, très proche de celui des langages nationaux modernes bien que son processus corresponde à la démarche d'une intelligence humaine sur une courte durée alors qu'une langue nationale a fait l'objet d'une démarche d'usage tant naturelle que politique étalée sur une très longue période. Prenons l'exemple du français moderne, issu d'une décision politique : Le décret de Villers-Cotteret de 1539 du roi François 1er qui l'imposa dans les actes administratifs (en remplacement du latin), le transformant de facto en langue nationale officielle censée s’étendre à tout le territoire, ce qui lui prit d'ailleurs plus de 5 siècles tant la résistance des langues régionales fut forte ! mais ce français de l'époque venait du roman, lui-même synthèse influencée par les forces politiques et le poids des langues d'oÏ (picard, normand, bourguignon, saintongeais,..) et d'oc (provencal, aquitain, auvergnat,...). 
D'un côté donc, une synthèse raisonnée, logique, construite avec simplicité et rigueur et de l'autre une laborieux agglomérat tenant compte des rapports de force des différents parlers existants, d'un pouvoir politique fluctuant et de tout ce que peut drainer l'usage  pendant des siècles (incohérences d'orthographes et de prononciations, irrégularités grammaticales et sémantiques multiples, tournures vieillottes ou localisées, etc...)
Cette langue, c'est l'Esperanto, langue raisonnée, cohérente, logique, langue qui n’a rien d’artificiel puisque issue de nos langues européennes, langue aussi riche que toute autre, et parfois même davantage, langue qui n’entraîne la domination d’aucun peuple, n’étant celle d’aucun d’entre eux mais celle de tous, langue qui ouvre l’accès à toutes les cultures dans le respect de chacune.
L’espéranto ouvre la voie à la découverte et au partage de toutes les cultures, dont beaucoup sans lui resteraient ignorées. Comment saisir , par exemple, la poésie fantastique et légendaire d'une saga finlandaise si ce n'est via la traduction d'une maison d'édition esperantiste (il en existe aujourd'hui 150 de part le monde, offrant plus de 30.000 titres) ?
A la question, peut-il constituer un pont entre multilinguisme et citoyenneté ?, la réponse est positive. L’Europe a besoin d’une langue identitaire, tremplin d'une citoyenneté européenne et quel meilleur support qu'une langue construite à partir de ses principaux langages ?.
Ce rôle peut donc être assumé par l’Esperanto qui garantit à chaque citoyen d'Europe une neutralité et une égalité linguistiques totales, condition indispensable pour de véritables échanges inter-européens enfin décomplexés et non plus sous quelque dominance linguistique nationale. Pont vers le multilinguisme il le serait aussi car, grâce à ses qualités propédeutiques et à sa rapidité d’apprentissage, il facilite et encourage l'acquisition d’autres langues. 
Reste à régler le problème de la légitimité de l’esperanto par rapport à l’anglais qui est déjà bien installé, et notamment comme seconde langue pour la plupart des européens. Sans réfuter la réalité actuelle, il apparaît évident qu'une action volontariste forte serait nécessaire de la part de la Commission Européenne sous forme d'abord de campagnes d'information et d'explication des buts recherchés en évitant tout conflit frontal avec la langue actuellement dominante et en expliquant qu'un laisser-faire aurait des conséquences inacceptables pour l'Union Européenne et l'ensemble de ses peuples, à long terme. 

Le message culturel de l'esperanto est clair. Il ne vise pas à supplanter les langues existantes, avec les cultures dont elles sont porteuses, il souhaite seulement apporter aux citoyens un langage de communication politiquement neutre et facile à apprendre.

Reste aux organismes européens à accepter ce message et à la conscience collective européenne de sortir de sa fataliste apathie à l'égard de son parler ensemble.


NB : Les curieux peuvent naviguer sur Google en tapant le mot "esperanto"

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