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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 12:34

 

Propulsé à nouveau dans la lumière médiatique à la suite d'un sondage le désignant comme l'homme préféré des français pour devenir le premier Ministre d'un hypothétique gouvernement d'Union Nationale au vu de la situation économique et politique française toujours plus dramatique, ce cher Bayrou était l'intervenant en ce dimanche 28 avril dans l'émission politique de la CINQ.

Je dis "ce cher" car, dans le fond, comme, je le crois, de nombreux français, je l'aime bien et apprécie en ces temps troublés la droiture d'un homme qui n'a pas craint d'affronter en son temps un hyperprésident en exercice (même si les raisons qu'il invoquait pour justifier son acharnement ne semblaient pas toujours frappé du sceau de l'équité et du désintéressement !) puis de voir se dérober le terrain politique autour de lui, le laissant bientôt presque seul au milieu de ses certitudes, lui qui avait été à deux doigts d'affronter (avec de bonnes chances de gagner) ce futur hyperprésident lors du second tour présidentiel de 2007, ses maigres troupes étant naturellement attirées par les sirènes des partis dominants.

Force est de reconnaître que ce donc cher Bayrou a bien raison sur de nombreux points et d'abord sur cette stérile et ubuesque opposition politique droite - gauche qui est devenue une caricature de la vie politique et du débat d'idées, chaque camp exprimant de manière tellement systématique son rejet haineux à toute émission d'idée venant de l'autre camp que cela en est devenu risible et a beaucoup contribué à la triste opinion que le peuple français a aujourd'hui du personnel politique de tous bords.

On peut également mettre à son crédit qu'il clame depuis longtemps que la France vit au-dessus de ses moyens et qu'elle ne trouvera son salut qu'en elle-même et non en s'en prenant à l'Europe, à la mondialisation, à la finance internationale, etc...en faisant enfin les réformes de structure nécessaires, en dépensant mieux et non pas plus, en réduisant les gaspillages et les dépenses non indispensables, en simplifiant une administration devenue un monstre technocratique compliquant à plaisir la vie publique.

Son discours sur l'entreprise et les entrepreneurs est sain, équilibré, se tenant loin des extrêmes du libéralisme économique et du tout-Etat. Il ne dit, en fait, que des choses de bon sens, à savoir que l'entrepreneur, homme qui prend des risques personnels importants en créant et développant son affaire (on ne parle pas ici des dirigeants salariés du CAC 40 !) a besoin, entre autres, de la confiance et du soutien de l'Etat et non pas de la défiance d'une administration tatillonne, de simplification de ses charges administratives et du droit du Travail, de stabilité dans l'imposition de ses revenus et d'allégement de ses charges financières (ce qui ne veut pas dire réduction nominale des salaires nets qu'il paie à ses employés !) ou d'incitation à l'innovation et au développement à l'exportation.

Sur la moralisation de la vie publique, le non cumul des mandats, la réduction du nombre d'élus, la représentation proportionnelle on serait partiellement d'accord avec lui à condition toutefois de ne pas retomber dans les travers d'un régime d'Assemblée version Quatrième République qui a laissé aux plus anciens français le souvenir amer d'une instabilité politique chronique (on en faisait aussi, à l'époque, des gorges chaudes des magouilles entre partis politiques d'alors dans tous les Cafés du Commerce de France et de Navarre !) jusqu'à l'écroulement de l'Etat sous le poids d'événements extérieurs (insurrection de mai 1958 en Algérie en l'occurrence)

Enfin on a noté avec satisfaction sa passion européenne toujours vivace même s'il est bien conscient des lourdeurs, du déficit démocratique et de la paralysie de cette Europe dans les circonstances actuelles.

Bref, il semble tenir un programme d'action gouvernementale qui conviendrait sans doute à beaucoup de français fatigués de la cacophonie actuelle et de la non visibilité de l'action présidentielle.

Resterait à mettre tout cela en musique ...et là, ce n'est pas gagné d'avance car on peut imaginer la confusion et les convulsions qui en résulteraient dans les deux principales forces politiques ....et puis il faudrait un président qui en prenne la décision, lui dont l'art savant est dans le louvoiement, le pas de tango, la façon de dire puis de ne plus dire avant d'affirmer le contraire !

 

 

A titre d'encouragement personnel mais aussi aux lecteurs de ces quelques réflexions, on rappellera qu'en politique tout peut, en peu de temps, devenir possible !

 

 

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